Étiquette : Togo

  • Séna Alouka : une voix pour la Terre s’est éteinte, un combat demeure

    Séna Alouka : une voix pour la Terre s’est éteinte, un combat demeure

    La disparition du Dr Séna Alouka laisse un grand vide dans la lutte environnementale au Togo et en Afrique, où son engagement en faveur de la jeunesse et de la planète aura profondément marqué les esprits.

    Le Togo et le mouvement environnemental africain sont en deuil. Séna Alouka, figure emblématique de la défense de l’environnement et fondateur des Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), est décédé le 31 août 2026 à Créteil, en France, après plusieurs années marquées par la maladie. L’annonce de sa disparition, rendue publique ce 3 septembre, a suscité une profonde émotion dans les milieux associatifs et environnementaux.

    Pendant plus de deux décennies, Séna Alouka aura consacré son énergie à une cause qui dépassait largement les frontières du Togo : protéger la planète et donner à la jeunesse africaine les moyens de prendre part aux décisions qui engagent son avenir.

    Avec JVE, créée en 2001, il a contribué à faire émerger un vaste mouvement de jeunes engagés dans la protection des écosystèmes, l’agroécologie, la lutte contre le changement climatique et la justice climatique. Sous son impulsion, l’organisation s’est progressivement étendue à plusieurs pays africains et s’est imposée comme une voix de la société civile dans les débats environnementaux.

    Mais au-delà des organisations et des chiffres, c’est surtout un homme de conviction que beaucoup retiendront. Un homme qui croyait profondément à la jeunesse, à l’engagement citoyen et à la nécessité de faire de la défense de l’environnement une responsabilité collective.

    Des communautés locales aux grandes rencontres internationales sur le climat, Séna Alouka n’a cessé d’alerter sur l’urgence écologique et climatique qui frappe particulièrement l’Afrique. Son combat l’a conduit à porter la voix des jeunes et des populations vulnérables dans de nombreux espaces de plaidoyer.

    Aujourd’hui, sa voix s’est tue. Mais ses idées demeurent. À travers JVE, les jeunes qu’il a formés et les causes qu’il a défendues, Séna Alouka laisse un héritage qui continuera de vivre.

    Repose en paix, Dr Séna Alouka. La Terre que tu as tant défendue se souviendra de toi.

  • Komi Aziangbédé: « La jeunesse de Djagblé doit prendre toute sa place dans le développement local »

    Komi Aziangbédé: « La jeunesse de Djagblé doit prendre toute sa place dans le développement local »

    À l’occasion de la 44ᵉ édition de Djagblé Za, la jeunesse du canton a été appelée à prendre une part active au développement local. Pour Komi Aziangbédé, vice-président du comité d’organisation, cette implication passe par une prise de conscience, la responsabilité et la volonté de sortir de sa zone de confort. C’est ce qu’il résume dans l’interview ci-après.

     Monsieur le Président, pourquoi avoir organisé cette conférence à l’endroit de la jeunesse de Djagblé ?

     Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la 44e édition de la fête traditionnelle Djagblé Za. Avec le comité d’organisation, nous avons voulu créer un espace d’échanges autour du rôle de la jeunesse dans le développement de notre localité. Notre objectif est d’amener les jeunes à prendre conscience de leur responsabilité et à devenir de véritables acteurs du développement local.

     Quels étaient les principaux sujets abordés au cours de cette rencontre ?

    Plusieurs questions importantes ont été abordées, notamment l’entrepreneuriat, le leadership, le développement local, la délinquance juvénile et le rôle de la mairie. Les échanges ont également permis aux participants de partager leurs expériences et de réfléchir aux solutions pouvant contribuer au progrès de Djagblé.

    Quelle place accordez-vous à la jeunesse dans le développement du canton ?

    La jeunesse représente une force essentielle. Aucun développement durable ne peut se faire sans sa participation. Les jeunes doivent donc sortir de leur zone de confort, prendre des initiatives et travailler avec les différentes forces vives de la localité.

    Des personnes ressources ont également participé à la rencontre. Quel a été leur apport ?

    Leur présence a été très enrichissante. Elles ont apporté leurs connaissances et leurs expériences dans différents domaines. Cela a permis aux jeunes de mieux comprendre les opportunités qui existent et les responsabilités qui sont les leurs.

    Quel message adressez-vous finalement à la jeunesse de Djagblé ?

    Je l’invite à une véritable prise de conscience. Nous devons être une jeunesse responsable, engagée et porteuse d’initiatives. Le développement de Djagblé est l’affaire de tous, mais la jeunesse doit en être l’un des principaux moteurs. Nous souhaitons également que ce type de conférence soit régulièrement organisé afin de contribuer au changement de mentalité.

  • Togo : deux réalisateurs français autorisés à quitter le territoire après leur détention

    Togo : deux réalisateurs français autorisés à quitter le territoire après leur détention

    Arrêtés le 27 juillet dernier au Togo, les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont obtenu une mise en liberté provisoire, assortie d’une autorisation de quitter le pays. Une décision annoncée jeudi 3 septembre par le Quai d’Orsay.

    Le dossier connaît un dénouement qui apporte un « grand soulagement » aux proches des deux réalisateurs français détenus au Togo depuis fin juillet. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont été placés en liberté provisoire le 1er septembre, avec l’autorisation de quitter le territoire togolais, a annoncé jeudi le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

    « Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, réalisateurs arrêtés au Togo le 27 juillet 2026, se sont vus signifier une décision de mise en liberté provisoire le 1er septembre, avec autorisation de quitter le territoire », a indiqué le Quai d’Orsay dans un communiqué. Une source diplomatique française a précisé qu’ils devaient regagner la France « dans les prochaines heures ».

    « C’est un grand soulagement pour leurs proches et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, qui s’est pleinement mobilisé pour ce dénouement », a ajouté cette même source.

    Une arrestation lors d’un tournage

    Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani avaient été arrêtés le 27 juillet dans le nord du Togo alors qu’ils réalisaient un épisode de Les routes de l’impossible, une série documentaire diffusée sur France Télévisions. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, avait également été interpellé. Les trois hommes avaient ensuite été placés en détention à Lomé.

    En août, Sebastian Perez Pezzani avait bénéficié d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire, notamment pour lui permettre de suivre des soins médicaux à Lomé. Son passeport avait toutefois été confisqué.

    Mardi soir, plusieurs médias togolais avaient rapporté que Gaël Mocaër et Fred Vedomey avaient également obtenu une liberté provisoire. Leur avocat, Me Martial Akakpo, avait confirmé cette information à l’AFP mercredi.

    Des accusations contestées

    Les trois hommes sont poursuivis par la justice togolaise pour « fausses déclarations », des accusations qu’ils contestent. Fin août, les autorités togolaises avaient indiqué que la justice disposait « d’indices graves » à leur encontre.

    Lomé leur reproche notamment « plusieurs irrégularités dans la préparation et l’exécution » de leur mission, ainsi que l’absence d’autorisations jugées nécessaires pour certaines activités. La société de production des réalisateurs affirme, de son côté, que l’équipe était en règle.

    L’utilisation d’un drone figure également parmi les éléments évoqués par les autorités togolaises, notamment dans le nord du pays, une zone confrontée depuis plusieurs années à une situation sécuritaire tendue.

    Depuis 2021, l’extrême nord du Togo est régulièrement confronté à des incursions de groupes jihadistes opérant depuis le Burkina Faso voisin. Ce contexte sécuritaire explique notamment la sensibilité particulière des activités de tournage et de prise de vues dans certaines zones du pays.

    La décision de mise en liberté provisoire permet désormais aux deux réalisateurs français de quitter le Togo, tandis que la procédure judiciaire engagée contre eux demeure distincte de cette mesure.

  • Togo : depuis la Chine, Dr Thon veut transformer la coopération économique en emplois pour les jeunes

    Togo : depuis la Chine, Dr Thon veut transformer la coopération économique en emplois pour les jeunes

    En séjour en Chine, le président de La Nouvelle Vision, Dr Kodjovi Atna Thon, a échangé avec le département économique de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Au cœur des discussions : l’investissement, les projets structurants et surtout la création d’emplois pour la jeunesse togolaise.

    La coopération internationale peut-elle véritablement changer le quotidien des populations ? Pour Dr Kodjovi Atna Thon, la réponse passe par une condition essentielle : faire déboucher les partenariats internationaux sur des projets économiques concrets. En Chine, le président du parti La Nouvelle Vision a porté cette vision lors d’une rencontre avec le département économique de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

    L’ancien candidat à la présidentielle togolaise entend ainsi inscrire la question de l’emploi des jeunes au cœur des stratégies de coopération. Pour lui, les relations internationales ne devraient pas se limiter aux échanges institutionnels ou aux déclarations d’intention. Elles doivent également permettre de mobiliser des investissements, des technologies, des compétences et des marchés au profit des économies locales.

    Des projets concrets plutôt que des promesses

    Au centre des échanges, une préoccupation : comment transformer les opportunités offertes par la coopération internationale en activités économiques capables de générer durablement des emplois ?

    Dr Thon mise notamment sur des secteurs considérés comme stratégiques pour le développement du Togo : agriculture et agro-industrie, transformation locale, industrie, énergie, infrastructures, numérique, logistique, formation professionnelle, services et commerce.

    Dans cette approche, la création d’emplois ne doit pas être considérée comme une politique isolée. Elle doit découler d’un environnement économique favorable à l’investissement et à l’entrepreneuriat.

    « Un projet bien conçu peut devenir une entreprise. Une entreprise peut créer une chaîne de valeur. Une chaîne de valeur peut créer des emplois », résume en substance l’approche défendue par le leader de La Nouvelle Vision.

    Faire de la jeunesse une force économique

    Pour Dr Thon, la jeunesse africaine ne devrait plus être uniquement perçue comme une catégorie bénéficiaire des politiques publiques. Elle doit devenir un acteur à part entière de la transformation économique.

    Cela suppose, selon cette vision, de faciliter son accès aux compétences, au financement, aux marchés, aux technologies et aux réseaux d’affaires. L’objectif est donc de passer de la simple « création d’emplois pour les jeunes » à la création d’un écosystème permettant aux jeunes de devenir eux-mêmes entrepreneurs, producteurs, innovateurs et créateurs d’emplois.

    Cette démarche rejoint une ambition plus large portée par La Nouvelle Vision : replacer l’économie au centre de l’action politique. Pour Dr Thon, la diplomatie et les partenariats internationaux doivent servir de leviers à l’investissement, au développement industriel, au transfert de technologies et à la formation.

    Vers un portefeuille de projets bancables

    L’un des principaux défis reste toutefois le passage des idées aux réalisations. La vision défendue en Chine appelle ainsi à identifier les secteurs prioritaires et à sélectionner des projets à fort impact susceptibles d’attirer les investisseurs.

    Études de faisabilité crédibles, plans d’affaires solides, gouvernance transparente et mécanismes de financement adaptés sont présentés comme des conditions indispensables.

    L’ambition affichée est de constituer progressivement un portefeuille de projets économiques « bancables », capables à la fois de répondre aux priorités nationales et d’intéresser les partenaires internationaux.

    À travers cette démarche, Dr Thon cherche à promouvoir une coopération internationale davantage tournée vers l’économie réelle. Pour La Nouvelle Vision, le véritable enjeu est désormais de transformer les partenariats en investissements, les investissements en entreprises et les entreprises en emplois, notamment pour la jeunesse togolaise.

  • Au Togo, le CAR dénonce deux « calvaires » : le sang manque, les diplômes se font attendre

    Au Togo, le CAR dénonce deux « calvaires » : le sang manque, les diplômes se font attendre

    À Ahépé, le Comité d’action pour le renouveau (CAR) a profité de sa rencontre politique du 29 août 2026 pour mettre en lumière deux difficultés qui touchent directement les populations : la pénurie de sang dans les hôpitaux et les lourdeurs dans la délivrance des diplômes et attestations.

    La situation des réserves de sang dans les formations sanitaires préoccupe le CAR. Dans un communiqué publié le 29 août à Ahépé, le parti appelle ses militants et l’ensemble de la population togolaise à faire don de leur sang. Il justifie cet appel par la pénurie constatée dans les hôpitaux et par le nombre croissant d’accidents de circulation, que le parti relie notamment à « l’état calamiteux » des routes.

    Pour le CAR, le sang constitue une ressource indispensable à la survie des accidentés et des personnes souffrant d’anémie. L’appel au don est ainsi présenté comme un geste de solidarité destiné à « sauver les vies » des personnes en détresse.

    Des poches de sang au cœur d’une vive dénonciation

    Au-delà de l’appel au don, le parti interpelle directement le gouvernement sur les conditions d’accès aux poches de sang. Il dénonce des pratiques de corruption dans les services concernés, estimant que certains usagers seraient contraints de soudoyer des agents avant d’obtenir satisfaction. Pour le CAR, « la vie humaine ne doit pas faire objet de marchandage ».

    L’éducation constitue l’autre dossier abordé lors du « Je dis politique » organisé à Ahépé. Sous le thème « La délivrance des diplômes et attestations au Togo : un calvaire ? », le CAR s’est intéressé aux difficultés rencontrées par les diplômés pour obtenir leurs documents officiels.

    Dapaong-Lomé, un parcours du combattant

    Le parti pointe particulièrement le cas des diplômes du CEPD et du BEPC, encore écrits à la main et délivrés uniquement au service des examens et concours. Pour un candidat résidant à Dapaong, cela implique plusieurs déplacements vers Lomé, avec les coûts de transport, les files d’attente et l’incertitude sur la disponibilité du document.

    Le CAR critique également les coûts et la centralisation des duplicatas et diplômes du BAC 2. Il propose notamment l’utilisation d’imprimantes adaptées, la décentralisation des demandes et retraits dans les régions et préfectures, ainsi que l’accélération de la digitalisation des services éducatifs.

    À travers ces deux sujets, le CAR met donc en avant une même préoccupation : faciliter l’accès des citoyens aux services essentiels, qu’il s’agisse de sauver une vie ou de permettre à un diplômé de faire valoir son parcours.

  • « Girls Take Over 2026 » : 95 jeunes Togolais bientôt aux commandes

    « Girls Take Over 2026 » : 95 jeunes Togolais bientôt aux commandes

    Au Togo, 95 jeunes, dont 77 filles, se préparent à prendre les commandes d’institutions, d’entreprises et d’organisations partenaires dans le cadre de l’édition 2026 de l’initiative « Girls Take Over » de Plan International Togo.

    Depuis le 18 août 2026, Plan International Togo déploie une série de formations dans ses différentes zones d’intervention pour préparer les jeunes sélectionnés à cette expérience de leadership et de prise de responsabilité.

    En amont, des rencontres ont été organisées avec les parents et tuteurs afin de présenter le programme, son déroulement et les mesures de sauvegarde destinées à assurer la protection et la participation des jeunes. L’édition 2026 réunira au total 95 « championnes et champions », répartis entre les régions des Savanes, de la Kara, de la Centrale, des Plateaux, de la Maritime et le Bureau national.

    Leadership, droits et compétences

    Les sessions de formation abordent plusieurs thématiques, notamment le leadership, les droits des filles, le genre et l’inclusion, la sauvegarde, le mariage des enfants, les changements climatiques et les crises humanitaires.

    Les jeunes bénéficient également de modules pratiques consacrés à l’orientation professionnelle, à la rédaction de CV, au storytelling, à la communication responsable, à l’influence digitale, au personal branding et à la prise de parole en public. Un apprentissage destiné à leur donner davantage d’assurance avant leur immersion au sein des structures partenaires.

    Pour Viviane, l’une des championnes de l’édition 2026, cette expérience constitue l’aboutissement d’un rêve né l’année précédente. Après avoir été témoin de la prise de commandes d’une mairie par une jeune fille dans le cadre du programme, elle s’était promis de vivre un jour la même expérience.

    Alors que les formations se poursuivent encore dans certaines localités de la Centrale et de la Maritime, les jeunes sélectionnés se préparent désormais à franchir une nouvelle étape : passer de la formation à l’action et faire entendre leur voix dans les espaces de décision.

  • Clarisse Agbegnenou, le retour en force cinq mois après son accouchement

    Clarisse Agbegnenou, le retour en force cinq mois après son accouchement

    Cinq mois après la naissance de son deuxième enfant, Clarisse Agbegnenou a réussi son retour à la compétition en décrochant, samedi 29 août, la médaille de bronze au Grand Slam de Lausanne.

    La Française, d’origine togolaise, n’a pas retrouvé directement l’or, mais elle a confirmé qu’elle reste une sérieuse prétendante au plus haut niveau. Engagée dans sa catégorie des -63 kg, la sextuple championne du monde a remporté quatre de ses cinq combats disputés sur les tatamis suisses.

    Son parcours s’est arrêté en demi-finale face à la Polonaise Angelika Szymanska, vice-championne du monde 2024. Battue sur un simple yuko à dix secondes de la fin, Agbegnenou a reconnu une « grosse » frustration, tout en préférant retenir les enseignements de cette première sortie.

    La médaillée olympique a notamment marqué les esprits en quarts de finale en dominant la Néerlandaise Joanne van Lieshout, championne d’Europe en titre et championne du monde 2024. En petite finale, elle a pris sa revanche sur la Tchèque Renata Zachová.

    À 33 ans, Agbegnenou regarde déjà vers ses prochains défis. Elle vise une septième couronne mondiale à Bakou, en octobre, avant de rêver d’un nouveau titre olympique à Los Angeles en 2028.

    Déjà mère d’un premier enfant après les Jeux de Tokyo, la judoka avait effectué un retour similaire cinq mois après son accouchement, avant de décrocher un sixième titre mondial onze mois plus tard. À Lausanne, elle démontre une nouvelle fois que maternité et sport de très haut niveau peuvent se conjuguer.

  • Kokou Ekouagou, un triple rendez-vous artistique en France sous la bannière du Collectif Fragments Nomades

    Kokou Ekouagou, un triple rendez-vous artistique en France sous la bannière du Collectif Fragments Nomades

    L’artiste plasticien togolais Kokou Ekouagou s’apprête à porter la voix de la création contemporaine africaine en France à travers trois rendez-vous artistiques majeurs prévus en octobre 2026.

    L’agenda s’annonce chargé pour Kokou Ekouagou. L’artiste togolais prendra part, en octobre prochain, à trois manifestations consacrées à la création artistique en France. Une présence qui revêt une dimension particulière puisqu’il y participera notamment sous la bannière du Collectif Fragments Nomades, qu’il préside. Une nouvelle étape dans le parcours de cet artiste engagé dans la promotion des expressions artistiques contemporaines.

    Le premier rendez-vous est prévu du 2 au 4 octobre 2026 à Paris, dans le cadre des Journées nationales des artistes (JNA) 2026. Kokou Ekouagou y exposera aux côtés de Lielie Sellier, également membre du Collectif Fragments Nomades. Les deux artistes présenteront leurs univers respectifs.

    Une première pour Fragments Nomades aux JNA

    Cette participation constitue une première pour Kokou Ekouagou dans le cadre des Journées nationales des artistes avec l’étiquette du Collectif Fragments Nomades. Une étape symbolique pour cette structure qui entend favoriser les échanges artistiques et offrir davantage de visibilité aux créateurs issus de différents horizons.

    À travers cette participation, le collectif présidé par l’artiste togolais entend ainsi inscrire son action dans une dynamique internationale, en mettant en avant la diversité des regards et des pratiques artistiques. La présence de Kokou Ekouagou et Lielie Sellier permettra notamment de confronter leurs approches et de faire découvrir leurs œuvres au public parisien.

    L’Art & lard, deuxième escale artistique

    Quelques jours plus tard, le plasticien togolais prendra la direction du Petit-Pressigny, dans la région de la Touraine, pour la 18ᵉ édition du festival L’Art & lard, programmée les 10 et 11 octobre 2026.

    Placée sous le thème « Les talents de nos artistes et créateurs – Les délices de la région », cette manifestation associera arts et découvertes culturelles. Kokou Ekouagou y poursuivra ainsi son exposition dans un autre cadre, offrant une nouvelle occasion de présenter son travail et celui du Collectif Fragments Nomades.

    Il sera présent également à l’exposition-vente d’art autonome 2026. Lui, est annoncé se dérouler du 17 au 31 octobre toujours en terre française.

    Ces trois rendez-vous successifs illustrent la volonté de l’artiste togolais de multiplier les passerelles entre les scènes artistiques africaines et européennes. Pour Kokou Ekouagou, octobre 2026 s’annonce donc comme un mois placé sous le signe de la création, du partage et de la visibilité internationale.

  • CAN 2027 : Patrice Neveu peut-il briser la malédiction des Éperviers ?

    CAN 2027 : Patrice Neveu peut-il briser la malédiction des Éperviers ?

    Les Éperviers connaissent désormais leurs deux premiers rendez-vous sur la route de la CAN 2027. Face au Burundi à Lomé, puis à la Zambie à Ndola, Patrice Neveu joue déjà une partie importante de son pari : ramener le Togo à une phase finale continentale après une décennie de disette.

    Le calendrier est connu, le décor est planté et la pression commence à monter. La Confédération africaine de football (CAF) a officialisé les deux premières rencontres du Togo dans les éliminatoires de la CAN 2027. Le vendredi 25 septembre, les Éperviers recevront le Burundi au stade de Kégué à 16h GMT. Quatre jours plus tard, ils seront attendus au Levy Mwanawasa Stadium de Ndola pour défier la Zambie, également à 16h GMT.

    Deux matches en quelques jours, deux adversaires directs et surtout deux occasions de mesurer la véritable valeur du nouveau Togo de Patrice Neveu.

    Un groupe difficile, mais pas impossible

    Le Togo évolue dans le groupe I avec l’Algérie, la Zambie et le Burundi. Sur le papier, les Fennecs partent avec les faveurs des pronostics. Mais derrière l’Algérie, la bataille s’annonce ouverte. La Zambie possède une solide expérience continentale, tandis que le Burundi a montré ces dernières années qu’il pouvait poser de sérieux problèmes à des sélections mieux cotées.

    Pour les Éperviers, le calcul est donc relativement simple : il faudra éviter de laisser filer des points à domicile et être capable de prendre des résultats à l’extérieur. Le premier rendez-vous contre le Burundi revêt, à ce titre, une importance particulière. Une victoire à Kégué permettrait non seulement de lancer la campagne sur une bonne dynamique, mais aussi d’installer une certaine confiance avant le déplacement en Zambie. À l’inverse, un faux pas à domicile placerait immédiatement Neveu et ses hommes sous pression.

    La difficulté supplémentaire réside dans l’enchaînement. Entre le Burundi et la Zambie, il n’y aura que quatre jours. La gestion de l’effectif, la récupération physique, les déplacements et la capacité du staff à adapter son approche tactique seront donc déterminants.

    Neveu a-t-il les armes pour réussir là où les autres ont échoué ?

    La question est désormais incontournable. Patrice Neveu réussira-t-il là où plusieurs de ses prédécesseurs se sont cassé les dents ? En effet, depuis la dernière participation du Togo à la CAN, en 2017, les Éperviers n’ont plus retrouvé la phase finale. Les campagnes 2019, 2021, 2023 et 2025 se sont toutes soldées par des éliminations.

    Claude Le Roy avait conduit le Togo à la CAN 2017, mais n’avait pas réussi à prolonger l’aventure lors de la campagne suivante. Paulo Duarte, arrivé en 2021, n’a pas davantage réussi à qualifier les Éperviers pour la CAN 2023. Son bilan à la tête de la sélection s’est arrêté à 23 matches, pour 7 victoires, 10 nuls et 6 défaites.

    Nibombé Daré, nommé en 2024 avec la mission de conduire le Togo à la CAN 2025, n’a pas non plus réussi à inverser la tendance. Le Togo a encore manqué le rendez-vous marocain.

    C’est dans ce contexte que Patrice Neveu a été nommé en février 2026. Le technicien français, qui connaît bien le football africain après ses passages notamment en Guinée, en Mauritanie, au Gabon et en RDC, a signé un contrat de trois ans avec la FTF.

    Et ses premiers résultats donnent quelques raisons d’espérer. Depuis son arrivée, le Togo reste invaincu en quatre rencontres : nul 2-2 contre la Guinée, victoire 1-0 face au Niger, nul 1-1 contre la République centrafricaine et spectaculaire succès 5-1 devant le Bénin.

    Ce dernier résultat est particulièrement encourageant. Au-delà du score, Neveu a montré sa volonté d’élargir son groupe en donnant leur chance à plusieurs joueurs locaux. Il dispose également d’un secteur offensif capable de faire la différence, avec notamment Kevin Denkey, auteur de quatre buts lors de ses quatre premiers matches sous les ordres du technicien français.

    Mais les matches amicaux ne garantissent rien. C’est précisément lorsque les points compteront que le véritable test commencera.

    Kégué doit redevenir une forteresse

    Le premier objectif de Neveu sera probablement de transformer le stade de Kégué en véritable avantage compétitif. Le Togo ne peut raisonnablement ambitionner de terminer devant la Zambie ou de résister à l’Algérie s’il abandonne des points à domicile face au Burundi.

    La victoire sera donc recherchée, mais elle devra être accompagnée de maîtrise. Les Éperviers devront éviter le piège d’une équipe qui pourrait venir à Lomé avec un bloc bas et miser sur les contres.

    Puis viendra la Zambie. Un déplacement qui pourrait déjà constituer un premier révélateur du caractère de cette sélection. Prendre un point à Ndola serait précieux. Gagner serait un énorme coup dans la course à la qualification.

    Patrice Neveu devra surtout réussir à construire une équipe capable de voyager. C’est peut-être là que se trouve l’une des clés de cette campagne. Les Éperviers ont souvent affiché de belles intentions à domicile avant de perdre de leur efficacité loin de leurs bases.

    Une pression qui dépasse Patrice Neveu

    L’enjeu ne concerne finalement pas uniquement le sélectionneur. Il touche toute la chaîne du football togolais. Après quatre CAN manquées consécutivement, le public n’attend plus de simples promesses. Il veut des résultats. La Fédération togolaise de football (FTF), les joueurs et le staff technique savent donc que cette campagne sera scrutée avec une attention particulière.

    Patrice Neveu, lui, avait demandé du temps, de la patience et de l’unité autour des Éperviers lors de sa prise de fonction. Il dispose désormais de plusieurs mois pour préparer son groupe, mais le compte à rebours vers le 25 septembre est lancé.

    La question n’est donc plus de savoir si le Togo possède des joueurs talentueux. Il en possède. Elle n’est plus non plus de savoir si cette équipe peut produire du beau football. Le 5-1 contre le Bénin a apporté un début de réponse. La véritable interrogation est ailleurs : les Éperviers ont-ils enfin acquis la régularité, la solidité mentale et l’efficacité nécessaires pour gagner les matches qui comptent ? Burundi à Kégué, Zambie à Ndola : les deux premières réponses seront données en septembre.

    Et si le technicien français réussit à transformer les promesses de ses premiers mois en résultats compétitifs, alors le rêve d’une CAN 2027 ne sera plus une simple ambition. Il pourrait devenir une perspective crédible.

    Après neuf ans d’attente, le Togo n’a plus droit à une nouvelle campagne sans lendemain.

    Fabrice KA

  • Journalistes du privé : le SYNJIT dénonce une précarité alarmante

    Journalistes du privé : le SYNJIT dénonce une précarité alarmante

    À l’occasion de ses 15 ans, le SYNJIT dresse un constat préoccupant sur les conditions sociales des journalistes du secteur privé et réclame des réformes urgentes.

    Précarité

    Créé le 27 août 2011, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) célèbre ses 15 ans sur fond d’inquiétude. Dans une déclaration rendue publique à Lomé, le syndicat estime que le journalisme privé togolais traverse une « asphyxie sociale », quatre ans après la signature de la Convention collective des journalistes, le 14 octobre 2022.

    Cette alerte s’appuie sur une enquête menée entre avril et mai auprès de 69 journalistes du secteur privé. Selon les résultats présentés par le SYNJIT, 91,3 % des professionnels interrogés gagnent moins de 100 000 FCFA par mois, tandis que 49,3 % disposent de moins de 50 000 FCFA. Par ailleurs, 60,9 % travaillent sous CDD, à la pige, en stage ou dans le bénévolat prolongé.

    Le syndicat relève également l’absence de protection sociale pour plus de la moitié des journalistes interrogés et des retards ou irrégularités de paiement pour près de 38 % d’entre eux.

    Mesures urgentes

    La situation préoccupe particulièrement le syndicat quant à l’avenir de la profession. Selon l’enquête, 78,3 % des journalistes déclarent ne pas pouvoir exercer ce métier jusqu’à la retraite. Le SYNJIT évoque ainsi une fuite des talents et une satisfaction professionnelle très faible, évaluée à 1,26 sur 5.

    Face à cette situation, le syndicat appelle à une réforme sociale immédiate et réclame l’application stricte de la Convention collective, la fixation d’un salaire plancher professionnel, ainsi que le conditionnement de l’aide publique aux médias au respect des obligations sociales, notamment la déclaration à la CNSS et la régularité des salaires. Il demande également un encadrement juridique des stages afin de lutter contre le bénévolat déguisé.

    Pour ses 15 ans, le SYNJIT dit vouloir rester mobilisé pour la défense de la dignité et des droits des journalistes du secteur privé.

Radio Renouveau228

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