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  • Togo : quelles sont les causes de la contestation citoyenne ?

    Togo : quelles sont les causes de la contestation citoyenne ?

    Le 6 juin, jour d’anniversaire du président Faure Gnassingbé, des Togolais ont bravé l’interdiction de manifester pour se retrouver dans les rues de Lomé. D’où vient la contestation ? Entretien avec Mohamed Madi Djabakaté, politologue et essayiste. 

    Mohamed Madi Djabakaté, vous êtes politologue et essayiste au Togo. Quelle est la situation sur place ? 

    Mohamed Madi Djabakaté,  politologue et essayiste : Il y a eu une montée d’adrénaline dans la nuit du 5 au 6 juin, les gens ont cru qu’ils allaient pouvoir manifester sans répression. Malheureusement ça n’a pas été le cas, mais ce 6 juin est un premier acte, il marque une rupture avec la peur. 

    Dans la rue, ce n’étaient pas que des leaders politiques classiques, mais aussi des Togolais ordinaires qui se sont retrouvés face à un système qui fait tout pour imposer le silence. Cette répression amène les gens à se dire : il faut parler, il faut agir, mais comment ? 

    Pourquoi parler de rupture ? 

    Mohamed Madi Djabakaté,  politologue et essayiste : Parce que la contestation a toujours été faite par la classe politique de l’opposition. Alors que cette fois, ce sont des gens issus de la société civile qui ont le courage de parler et de dénoncer. Que ce soit à Lomé, à l’intérieur du pays, ou dans la diaspora.  Et ils ont un canal via les réseaux sociaux surtout Tiktok. Les Togolais peuvent ainsi se partager leur vécu mais aussi se retrouver en ligne et partager ce qui ne va pas. Comme le social, le sanitaire, l’éducation, et la vie chère.

    Justement, quelles sont les revendications des Togolais ? 

    Ces derniers jours, il y a eu +12,5% d’augmentation des frais d’électricité, et les togolais ne l’ont pas digéré. Ils sont obligés de payer cher pour un service dont ils ne bénéficient pas en termes de qualité. Parce qu’il y a beaucoup de perte d’énergie, elle n’arrive pas à destination, et ce sont des pratiques qui permettent de pouvoir détourner des fonds. 

    Résultat : beaucoup de services en rapport avec l’électricité ont subi des augmentations. Les Togolais ont donc compris que la politique menée a un impact concret sur leur quotidien. Selon des analyses économiques, l’augmentation du prix de l’électricité pourrait entraîner une inflation de 10 à 15% dans les mois à venir.  

    Est-ce que la mobilisation vient surtout des jeunes ? 

    Pas que, mais ce sont eux qui sont sur le devant de la scène, c’est leur moment. Beaucoup n’ont pas eu de cadre approprié au Togo, ils ont dû s’enfuir et aujourd’hui ils osent donc dénoncer. D’autres jeunes n’ont plus de perspectives mais ne savent même plus où immigrer. Et la politique actuelle aux Etats-Unis est loin d’offrir des perspectives. 

    Le rappeur Aamron, très critique envers le pouvoir, a été arrêté il y a deux semaines. Il a présenté ses excuses sur Tiktok, mais selon son avocat, cela aurait été fait sous la contrainte. Qu’en pensez-vous ? 

    Aamron a contribué à accélérer l’indignation, c’est lui qui a suggéré la date du 6 juin. Il a proposé ironiquement aux jeunes de sortir dans la rue le jour de l’anniversaire du président Faure Gnassingbé. En ce qui concerne sa vidéo d’excuses, il suffit de la décoder pour comprendre. On voit son état physique, et qu’il fait ça sous la contrainte. 

    De toute façon, on connaît le système togolais et sa façon de faire. Ils ont cru que le fait qu’Aamron plie allait démobiliser les gens mais au contraire, ça a contribué à les exaspérer parce qu’ils ont vu que le régime garde les mêmes pratiques. L’indignation ne fait que monter, même si ça continue à aggraver la peur chez certains.   

    Malgré la peur, les Togolais ont quand même laissé exploser leur colère alors qu’ils n’avaient pas le droit de se rassembler ? 

    Beaucoup de Togolais ont ce dilemme : réagir aux violences. Ou continuer de maintenir une approche pacifique et restez soumis. Le terrain de prédilection du régime lui, reste le même : la violence. 

    Pensez-vous qu’on se rapproche d’une insurrection populaire comme en 2014 au Burkina Faso ? 

    Ce qui est sûr, c’est qu’un processus est enclenché et pas dirigé par une seule personne. C’est un conglomérat d’acteurs : certains dans le pays, mais aussi aux Etats-Unis ou en Europe et tous convergent à défier l’autorité en place. Les gens veulent voir Faure Gnassingbé dégager après 20 ans au pouvoir, et ils sont déterminés. 

    Source: TV5Monde/Afrique

  • Togo: important déploiement des forces de l’ordre à Lomé lors de manifestants contre le pouvoir

    Togo: important déploiement des forces de l’ordre à Lomé lors de manifestants contre le pouvoir

    À Lomé, au Togo, un important dispositif de sécurité a été déployé ce vendredi 6 juin lors de manifestations contre le pouvoir. Plusieurs journalistes ont été brièvement interpellés et obligés d’effacer les images tournées. Ces rassemblements, rares ces dernières années, dénoncent des arrestations ciblées, la hausse du prix du carburant et une récente réforme constitutionnelle renforçant le pouvoir du président Faure Gnassingbé.

    Nous y reviendrons plus en détails…

  • François Boko : « Aujourd’hui, le régime togolais est prêt à sacrifier la vie des Togolais pour se maintenir au pouvoir »

    François Boko : « Aujourd’hui, le régime togolais est prêt à sacrifier la vie des Togolais pour se maintenir au pouvoir »

    Le 21 avril 2005, François Akila-Esso Boko rendait le tablier de son poste de ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Il refusait de faire partie de ceux qui ont plongé le Togo dans ses plus sombres pages de l’histoire, pour ne pas dire « les plus sanglantes ». Vingt ans plus tard, marquées par le règne de Gnassingbé fils, le Togo est toujours confronté à une « démocrature » selon l’ex-ministre, qui estime que ce qui se passe actuellement dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest n’est que la suite logique des convictions politiques fondées sur le refus de l’acceptation de l’état de droit.

    François Akila-Esso Boko le réitère dans cet entretien qu’il a accordé à votre site lesnouvellesdafrique.info.

    Lesnouvellesdafrique.info : François Boko, bonjour.

    François Boko : Bonjour.

    Lesnouvellesdafrique.info (LNA) : M. François Boko, le 21 avril 2005, jour pour jour, vous démissionniez de votre poste de ministre de l’Intérieur de la Sécurité et de la Décentralisation. 20 ans après, qui coïncide avec les vingt (20) années d’accession au pouvoir de Faure Gnassingbé considérées comme les plus sanglantes de l’histoire politique du pays, vous ravivez cette lettre que vous avez intitulée « Par devoir de mémoire ». Pourquoi ?

    François Boko : Tout simplement par devoir de mémoire afin que nul ne l’ignore et que la nouvelle génération comprenne ce que les autorités togolaises lui cachent aujourd’hui, à savoir leur volonté de conserver vaille que vaille un pouvoir en marchant sur le cadavre des Togolais.
    Nous ne sommes pas étonnés que ces 20 années soient considérées comme les plus sanglantes de l’histoire politique du pays, comme vous le dites. Nous les avons vues venir et c’est pour cela qu’en 2005 déjà nous avons refusé de cautionner ce processus sanglant de captation de pouvoir en violation des règles constitutionnelles de notre pays. Car déjà, avant 2005, Faure Gnassingbé le disait clairement qu’il ne croyait pas en la démocratie comme principe de fonctionnement de nos sociétés.
    Ce que l’on voit aujourd’hui dans le comportement du régime togolais, c’est qu’il est prêt à sacrifier la vie des Togolais pour se maintenir. Ce n’est que la suite logique de ses convictions politiques fondées sur le refus de l’altérité, de la démocratie et de l’état de droit. Pour lui, seul l’outil militaire domestiqué à sa volonté est son instrument de gouvernance, le reste n’est que folklore et habillage pour donner un semblant de vernis à cet instrument de gouvernance que constitue une soldatesque de clientèle d’enfance triés sur le volet pour constituer une milice armée capable de tuer pour le maintenir au pouvoir.

    Nous sommes en présence de ce que j’ai appelé dans mes recherches antérieures la « démocrature », c’est-à-dire une dictature habillée dans une démocratie formelle.

    Je tenais à ce devoir de mémoire afin que les Togolais sachent que ce qu’ils vivent aujourd’hui n’est que la conséquence des convictions politiques de Faure Gnassingbé qui s’est emparé du pouvoir dans le sang pour mettre en œuvre une gouvernance politique violente et oppressive, avec des outils destinés à pérenniser son pouvoir à vie.

    LNA : Une partie de la société civile dénonce un triste anniversaire de l’histoire politique du Togo marquée d’une part par une gouvernance qui octroie les pleins pouvoirs au président de la République, d’autre part par un contexte où le rétrécissement de l’espace civique est flagrant. Quelle appréciation en faites-vous ?

    François Boko : Faure Gnassingbé a volé le pouvoir en 2005, alors que l’espace civique n’était pas encore complètement fermé, puis il s’est employé à le verrouiller au point qu’aujourd’hui il n’existe même plus. Très récemment d’ailleurs, lors d’un congrès de son parti UNIR, il a osé un faux lapsus en disant qu’il était nostalgique du parti unique. Un an après, on ne peut que constater qu’il est véritablement sur la voie de jeter par pertes et profits les derniers vestiges du pluralisme politique issus des luttes que les Togolais ont menées au début de la décennie 1990. Les Togolais doivent se réveiller, car ce qui se joue désormais n’est rien de moins que le règne à vie du pouvoir de Faure Gnassingbé dans le cadre d’une monarchie pas même constitutionnelle de roitelet de comptoir côtier.

    LNA : L’instauration de la nouvelle constitution promulguée, qui consacre le parti au pouvoir majoritaire à l’Assemblée nationale, n’est-ce pas selon vous une manière de conforter le président Faure dont le mandat finit le mois de mai prochain ? Mais encore faciliter la transition avec ce régime parlementaire qui dit que lui et le président du Conseil des ministres sont élus par les députés ? Je rappelle que tous les deux sont issus du parti majoritaire à l’Assemblée nationale.

    François Boko : Non, conformément à la prétendue nouvelle constitution de la Ve République, seul le Président de la République est élu par les deux (02) chambres, notamment l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en congrès. Le président du Conseil des ministres qui dispose de la réalité du pouvoir d’État n’est quant à lui pas élu. Il est tout simplement désigné par le parti majoritaire qui en informe le président de l’Assemblée nationale de cette désignation.
    Il n’est donc pas un élu et, comme vous pouvez le constater, il n’a aucune légitimité. Le président de la République est en revanche élu par des godillots siégeant dans les 2 chambres, notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il peut néanmoins se targuer d’avoir au moins été élu, contrairement au président du Conseil des ministres qui, lui, est désigné. Et c’est pourtant ce dernier qui est le chef de l’État et qui incarnera le pouvoir d’État du Togo à l’intérieur comme à l’extérieur. « Allez-y : cherchez l’erreur !»
    En réalité, là, nous sommes véritablement en face d’une « démocrature ». Les pseudos institutions parlementaires telles que le Sénat, l’Assemblée nationale, la présidence de la République, la présidence du Conseil des ministres, etc. ne sont qu’un habillage pour masquer la gouvernance brutale de Faure GNASSINGBÉ fondée sur la violence, les assassinats, l’étouffement et la suppression des espaces politiques et civiques pour agir en monarque absolu.

    LNA : la désignation du président Faure Gnassingbé comme prochain président du Conseil des ministres est automatique, pour ne pas dire une évidence. Comment concevoir cet état de fait si l’on sait qu’il est le président du parti Unir, le parti majoritaire à l’hémicycle ?

    François Boko : Comment peut-il en être autrement dès l’instant que tout cet habillage institutionnel payé à grands frais par le contribuable togolais n’avait qu’un seul objectif : pérenniser le pouvoir de Faure Gnassingbé qui, après quatre (04) mandats successifs, était confronté à la nécessité d’une alternance politique exigée par les Togolais et relayée d’ailleurs par une partie de la communauté internationale restée fidèle aux aspirations du peuple togolais pour la démocratie ?

    Vous comprenez alors que ces pseudos-institutions parlementaires visent un seul objectif : montrer aux yeux du monde que Faure Gnassingbé n’est plus président de la République et qu’il y a eu alternance au Togo. Une bien curieuse démocratie parlementaire dans laquelle le Président de la République est un élu réduit à la figuration et le chef de l’État, notamment le président du Conseil des ministres, qui n’est pas un élu mais qui détient la réalité du pouvoir.

    Ces pseudos institutions parlementaires à la togolaise portent les germes de conflits que les éléments tribaux les plus radicalisés autour de Faure Gnassingbé ont créés. Récemment, ils n’ont pas hésité, au palais des congrès de Kara, à exiger que Faure Gnassingbé soit à la fois président du Conseil des ministres et président de la République. Dans tous les cas, les débats furent houleux. Les propositions de modification de la Constitution de la prétendue 5ᵉ République sont déjà sur la table alors que cette constitution promulguée n’a pas encore connu d’application.

    LNA : Peut -on dire que la démocratie au Togo a connu un recul ces deux dernières décennies ?

    François Boko : La démocratie au Togo n’a jamais existé. Il est juste une « démocrature » héréditaire qui, avec la résignation du peuple togolais malmené et sous le regard indifférent de la communauté internationale, se transforme en une monarchie dictatoriale, hélas sans histoire monarchique ancrée dans la culture togolaise.

    LNA : Que répondre à ceux qui ne voient pas d’un bon œil le choix porté en la personne du président Faure comme le médiateur de la crise en RDC en remplacement de son homologue angolais Joao Lourenco ?

    François Boko : La diplomatie togolaise, pour autant qu’on puisse encore l’appeler ainsi, n’a qu’un seul objectif : donner à Faure Gnassingbé de la visibilité et surtout la légitimité internationale qu’il n’a jamais eue dans son propre pays. Alors son globe-trotter de ministre des Affaires étrangères saute d’avion en avion à la recherche de la moindre crise dans laquelle il peut proposer les bons offices de son mentor. Faure Gnassingbé veut ressembler à son père, qui avait fait de la médiation internationale un axe politique malgré des résultats très peu probants. Faure Gnassingbé s’est impliqué sans résultat dans la crise terroriste au Sahel dans laquelle il a osé proposer à la France un dialogue avec les terroristes. Évidemment, Paris avait gentiment décliné l’offre et Le Canard enchaîné avait fait état de cette initiative indécente.
    Faure Gnassingbé et sa diplomatie ont offert leurs prétendus bons offices aux frères ennemis du Tchad en organisant des rencontres sans résultat à Lomé.
    La diplomatie de Faure Gnassingbé s’est encore ridiculisée au Soudan en s’impliquant malencontreusement dans une crise dont elle ne maîtrisait aucun des enjeux.
    Je ne suis plus étonné qu’après toutes ces initiatives ridicules et inconséquentes, Faure Gnassingbé s’engage de nouveau dans le vieux conflit en RDC. Il n’en a ni la légitimité ni la carrure, encore moins l’expertise nécessaire.

    Source: https://lesnouvellesdafrique.info

  • Togo: l’opposition contrainte de repousser son meeting prévu en marge du 65e anniversaire de l’indépendance

    Togo: l’opposition contrainte de repousser son meeting prévu en marge du 65e anniversaire de l’indépendance

    Le Togo a célébré le 65e anniversaire de son accession à l’indépendance, dimanche 27 avril. Pour l’occasion, un défilé militaire et civil de plusieurs heures a été organisé sur la place des Fêtes de Lomé II, non loin de la présidence de la République. En revanche, à la demande des autorités, l’opposition a été contrainte de reporter sine die son meeting prévu sur la plage de la capitale.

    Marine, armée de terre, armée de l’air et gendarmerie : pendant près de trois heures, dimanche 27 avril, tous les corps de l’armée togolaise ont participé à un défilé militaire sur la place des Fêtes du quartier de Lomé II. Organisée à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du pays, la parade s’est déroulée en présence du président Faure Gnassingbé et de nombreuses personnalités. 

    Alors que le Togo doit définitivement entrer dans la Ve République ces prochaines semaines avec la fin de l’installation des nouvelles institutions issues de la Constitution du 6 mai 2024, il s’agissait de la dernière fête de l’indépendance célébrée sous la IVe République.

    Annulation sine die

    En marge des célébrations officielles, plusieurs organisations de la société civile et quelques partis d’opposition avaient, eux, prévu de tenir un meeting populaire sur la plage de Lomé.

    Mais à la demande du ministère de l’Administration territoriale, l’événement a dû être annulé sans qu’une nouvelle date pour sa tenue ne soit annoncée, ce qui provoque la colère de ses organisateurs. « On a le sentiment que, face à l’organisation d’un événement, certains groupes obtiennent toutes les autorisations nécessaires alors que d’autres récoltent surtout des interdictions. Cela a encore été le cas aujourd’hui, avec ce feu vert à l’installation d’apatams [construction légère constituée d’un toit végétal soutenu par des poteaux, NDLR]  juste à côté de l’endroit où nous avions prévu de faire notre manifestation…», déplore le professeur David Dosseh, porte-parole de la coalition Togo-Debout, qui crie à l’injustice.

  • Décès de Pascal Adoko: hommage du Prof Ekoué Folikoué

    Décès de Pascal Adoko: hommage du Prof Ekoué Folikoué

    Hommage du Professeur FOLIKOUE Ekoué Roger à Pascal Adoko , le Secrétaire général adjoint de la CDPA inhumé le 29 dernier dans son village natal à Havé dans la préfecture du Zio.

    PASCAL ADOKO : UN NOM ET UNE CONVICTION

    Mon cher Pascal, nous recevons tous la vie de Dieu.Et nos parents sont chargés de nous la transmettre non seulement avec le nom de famille mais aussi ils nous attribuent un prénom, grande responsabilité.

    Et s’il est vrai que nos noms et prénoms nous identifient, ils tracent aussi un itinéraire qui ne se dévoile que dans une succession de présents appelés le temps.

    Et c’ est à ce titre que votre prénom dit quelque chose de vous.

    Pascal, renvoyant à Pâque(s) est tout un symbole : la traversée de la mer, le passage d’une vie à une autre, la joie de la résurrection.

    Si je retiens le terme passage, on peut y associer le fait de passer d’ une rive à une autre, ou encore la capacité de faire passer les gens d’ un lieu à un autre et en ce sens je peux y trouver egalement le sens d’ être un pont.

    Je me souviens alors de ce que m’ a raconté un jeune homme au sujet des hippopotames qui se transformaient en pont pour leur permettre de passer d’ une rive à une autre en l’absence d’ un pont sur leur fleuve.

    Un pont sert toujours, il est utile pour des générations présentes et futures. Il relie et reste toujours un passage.

    N’êtes vous pas comme un pont, un lieu de passage avec votre prénom Pascal? Votre prénom ne nous indique-t-il pas que quelle que soit la durée du vendredi saint, dans la lutte à laquelle vous avez consacré votre vie, le dimanche de Pâques est une certitude ?

    Vous ne serez certes plus là physiquement mais vous êtes présent par les différentes traces que vous avez laissées.

    Être un pont c’est aussi permettre à la future génération de ne pas tout recommencer mais de continuer le combat en empruntant les chemins balisés.

    Merci d’ avoir porté un prénom qui tout en étant un symbole vous permet de durer dans le présent de l’ histoire des hommes et des femmes de ce pays.

    Un prénom, on le reçoit d’habitude des autres mais on se donne un sens, une histoire par ses propres choix et cela est le fruit de ses profondes convictions.

    Je ne connais pas votre histoire et encore moins le contexte dans lequel vous avez adhéré au parti Convention Démocratique des Peuples Africains, CDPA. Mais ce dont je suis sûr c’ est que ce choix est l’ expression de votre conviction.

    En effet le terme convention désigne un accord entre deux ou plusieurs personnes et démocratique met en exergue la liberté et la reconnaissance des individus qui signent un accord dans un climat de dialogue.

    En choisissant, la CDPA , vous avez manifesté que, pour des peuples africains, un vivre ensemble, dans la reconnaissance des autres, est possible. Et par conséquent, vivre ensemble dans l’ harmonie des différences n’ est pas impossible pour notre continent.

    CDPA n’ est pas alors, pour vous, un sigle ou un titre mais est une véritable conviction.

    Que cette conviction que vous avez portée devienne pour nous tous un héritage pour lequel vous avez été un élément de liaison entre les uns et les autres.

    Le message que vous nous laissez est alors celui-ci : Et si les noms des différents partis politiques et des organisations de la société civile de notre pays n’ étaient en fait que divers aspects d’ une riche et dense réalité ?

    Et si nos diversités n’ étaient que sources de richesses? Alors le Togo, l’ Or de l’ humanité serait une oeuvre collective dans une solidarité agissante.

    Cher Pascal ADOKO, vous avez fait votre part.

    FOLIKOUE Ekoué Roger, la Joie de la Croix (RJC)

  • « Faure Gnassingbé a usé de toutes sortes de contorsions pour se  maintenir au pouvoir »

    « Faure Gnassingbé a usé de toutes sortes de contorsions pour se  maintenir au pouvoir »

    Le passage du Togo à la cinquième République ne passe toujours pas bien que la nouvelle Loi fondamentale ait été publiée au journal officiel depuis quelques mois. Un regroupement de partis politiques lance un « appel à l’arrêt du coup d’Etat constitutionnel en cours au Togo ».

    DÉCLARATION DE LA CLASSE POLITIQUE DE L’OPPOSITION DÉMOCRATIQUE ET DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DU TOGO.

    APPEL À L’ARRÊT DU COUP D’ÉTAT CONSTITUTIONNEL EN COURS AU TOGO.

    L’ensemble des partis politiques, des  organisations de la société civile et des personnalités signataires de cette déclaration ultime tiennent à rappeler à tout le peuple togolais aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur et à toute la communauté internationale ce qui suit :

    1)          Suite à la Conférence Nationale Souveraine organisée par l’ensemble des forces vives de la Nation Togolaise au cours de l’année 1991, le gouvernement de l’époque sous la présidence du Général Gnassingbé Eyadema, en accord avec la classe politique toute tendance confondue, a soumis au référendum en 1992, le projet de la constitution de la 4ème République qui a été voté par plus de 98% des Togolais.

    Cette constitution du 14 octobre 1992,  a subi plusieurs tripatouillages  par le même Régime RPT devenu Unir et ces différentes modifications n’avaient d’autre but que le maintien au pouvoir du clan Gnassingbé qui l’a capté depuis le coup d’État militaire de 1967 qui a suivi celui de 1963 ayant coûté la vie au père de l’indépendance le Président Sylvanus OLYMPIO.

    2)          Les modifications intervenues le 31 décembre 2002 avaient supprimé le principe de la limitation des mandats du Président de la République. C’est ainsi qu’en 2005, suite au décès du Général Gnassingbé Eyadema, son fils, Faure Essozimna Gnassingbé, avec la complicité de quelques officiers supérieurs des Formes Armées Togolaises a fait un autre coup d’État, confisquant le pouvoir d’État, en piétinant les pertinentes dispositions constitutionnelles prévues dans le cas d’espèce. Cette prise de pouvoir est intervenue après avoir tué plusieurs centaines de togolaises et de togolais.

    Depuis lors, le Togo a continué dans un cycle récurrent d’élections- contestations- répressions- dialogues.

    Les contestations de 2017 avaient conduit au dialogue sous l’égide de la CEDEAO.  La principale revendication de l’opposition à savoir le retour de la limitation des mandats à 5 ans renouvelable une seule fois a été réintroduite dans la constitution. Cette réforme, longtemps revendiquée par le peuple togolais dans sa majorité est intervenue au moment où Faure Gnassingbé bouclait déjà trois mandats de 5ans.

    Malgré un bilan très désastreux en terme de gouvernance économique, sociale et politique et aussi sur le plan des libertés publiques et des droits humains, Faure Gnassingbé a usé de toutes sortes de contorsions (coups d’État permanents, fraudes électorales, corruptions à grandes échelles, répressions féroces et aveugles, emprisonnements) pour se  maintenir au pouvoir contre le gré des Togolais.

    Aussi, et contre toute attente, alors que les derniers amendements de la constitution n’ont pas encore connu un début d’application, a-t-il décidé de changer carrément la constitution, en violation flagrante des textes en vigueur, tentant de faire passer le Togo d’un régime présidentiel à un régime parlementaire taillé sur mesure pour lui-même. Évidemment, ce renversement de la constitution  s’apparente à une monarchisation de la République Togolaise après 58 ans de règne de la famille Gnassingbé et sans aucun avis des Togolais.

    3)          C’est ainsi que dans la nuit du 26 mars 2024, au moment où le processus électoral était en pleine exécution pour le renouvellement des membres du parlement, les députés sortants, dont le mandat avait expiré depuis le 31 décembre 2023 s’arrogent le droit, en toute violation du protocole additionnel de la CEDEAO, de voter une loi pour renverser la constitution.

     Suite au tollé provoqué par ce scandale politique inédit, et pour tromper l’opinion nationale et internationale, le gouvernement a fait  suspendre le processus électoral en cours pour organiser un simulacre de consultation des chefs traditionnels en lieu et place d’un référendum.

    En tout état de cause, cette initiative ne peut prospérer car relevant d’une démarche anticonstitutionnelle inadmissible.

     En effet, la constitution de 1992 dans sa version révisée de l’année 2019 dispose en son article 59 que : << Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.

    Cette disposition ne peut être modifiée que par voie référendaire  >>.

    Dès lors, toute action contraire, en violation de cette disposition, relève d’un coup d’État.

     Sachant aussi que  l’article 150 de la même constitution dispose : << En cas de coup d’État ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle y compris le recours aux  accords de coopération militaire ou de défense existant.

    Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constitue le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs.

    Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la Nation et sanctionnée conformément aux lois de la République>>

    Dans ces conditions, les togolais ont le plein  droit de refuser ce coup d’État et de le combattre en toute légalité et avec détermination.

    C’est pourquoi les signataires de la présente déclaration demandent au peuple togolais ce qui suit :

    a)          Rejeter ce coup de force constitutionnel en rentrant en résistance contre cette nouvelle constitution. 

    b)          Constater qu’à partir du 4 mai 2025, les règnes de fait, de M. Faure Gnassingbé  prendront officiellement fin et que le Togo connaitra un vide  constitutionnel sur le plan légal.

     En conséquence, les signataires de la présente déclaration demandent instamment au gouvernement, à toutes les institutions de la République et les organisations étatiques  d’organiser sans délais des assises nationales inclusives afin de parvenir à un compromis politique historique permettant de restaurer la République Togolaise.

    Une transition politique s’impose pour sortir le Togo de l’impasse dans lequel il se retrouve.

     Les signataires prennent à témoin l’opinion nationale et internationale que le peuple togolais se dresse contre toute forme de monarchisation qu’on veut lui imposer.

    À cet effet, les signataires de la présente déclaration lancent un appel pressant à tous les corps constitués notamment les enseignants de tout degré, les avocats, les magistrats, les étudiants et élèves, les syndicats de tous secteurs d’activité, les praticiens hospitaliers les journalistes, les autorités religieuses de toutes catégories, les chefs traditionnels les commerçants, artisans et agriculteurs, les transporteurs, toutes les forces vives, la diaspora etc… à se mobiliser et à se lever comme un seul homme pour engager ensemble ce combat décisif pour la libération nationale.

    Fait à Lomé le 20 mars 2025.

    Ont signé :

    DDI

    ALCADDES

    ADMIS

    CAR

    CDPA

    DSA

    FLAMBEAU DU PEUPLE(FDP)

    GALAXIE

    GAMESU

    LA RACINE

    LDP

    MJS

  • Togo-Sena Alipui, un sénateur droit dans ses bottes

    Togo-Sena Alipui, un sénateur droit dans ses bottes

    Candidat malheureux aux dernières élections législatives, Sena Alipui fait partie des vingt sénateurs nommés par Faure Gnassingbé, le chef de l’Etat. Il retrouve un nouveau canal pour continuer à faire passer ses idées.

    Ses détracteurs peuvent tout lui reprocher. Mais l’aspect sur lequel il ne transige guère reste ses convictions politiques, louent certains de ses visiteurs du soir. Très proche de Dr Gilchrist Olympio, le président national de l’Union des forces de changement (UFC), Sena Alipui fait partie des cadres de la formation à la couleur jaune à continuer d’assumer, publiquement, l’accord politique UFC-RPT du 26 mai 2010.

    Nomination

    C’est donc logiquement qu’il a été choisi pour faire partie des sénateurs par Faure Gnassingbé pour siéger au Sénat.  « C’est avec humilité, gratitude et sens du devoir  que j’ai pris fonction  ce 06 mars 2025 comme Sénateur », écrit-il sur sa page Facebook.

    Et d’enchaîner : « J’exprime mes remerciements au Président de la République, à mon patron et père politique Gilchrist Olympio, à mon parti de l’Ablodé  l’UFC, au peuple Togolais, particulièrement mes amis de l’Ogou et de l’Anié et à vous tous qui nous accompagnez dans cette lutte pour plus de Paix, plus de libertés et plus de prospérité pour tous les Togolais ».

    Le jeune sénateur promet « continuer par les voies du dialogue à bâtir un pays qui nous ressemble et nous rassemble…Le Togo d’abord, la patrie avant les partis… ».

    Opposant modéré, par comparaison à la veille garde, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale rassure s’employer pour un meilleur développement de son pays en mettant l’accent sur le social d’abord.

    Défis

    Celui qui est devenu vice-président de l’UFC à l’issue du congrès du 12 août 2023 sait que leur parti a perdu de sa verve. Vidé de la grande partie de ses militants, ‘’Détia’’ lutte pour retrouver une seconde jeunesse.  Un défi de taille attend donc cet inconditionnel du libéralisme politique et économique et ses camarades.

  • Togo: les oppositions se mobilisent contre la nouvelle Constitution

    Togo: les oppositions se mobilisent contre la nouvelle Constitution

    L’opposition togolaise est toujours vent debout contre la nouvelle Constitution promulguée le 6 mai 2024. Deux partis politiques, ainsi que plusieurs organisations de la société civile, ont mis en place ce lundi 3 mars à Lomé un cadre de travail pour se dresser contre la nouvelle Constitution.

    Ce n’est pas une coalition ni une alliance, mais un cadre de travail qui veut se dresser contre la nouvelle Constitution du 6  mai 2024 au Togo. Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile se sont réunies ce lundi 3 mars à Lomé pour le mettre en place : une chose peu aisée pour l’opposition togolaise, après plusieurs déboires ces dernières années.

    Une « forfaiture » pour les opposants

    La Constitution promulguée le 6 mai fait basculer le Togo dans une nouvelle République. Elle instaure un régime parlementaire avec une présidence honorifique dont le mandat est limité. C’est le président du conseil qui détient tous les pouvoirs. Le nouveau texte fondamental du Togo est une « forfaiture », affirme le leader de l’alliance nationale pour le changement, Jean-Pierre Fabre : « Vous avez quelqu’un qui est chef d’un parti, c’est-à-dire qu’il n’est pas élu, en tout cas par le peuple, mais lui, il a la capacité de dissoudre une institution émise par le peuple. Et ça fait partie des incongruités de la Constitution. » 

    Paul Dodji Apévon, président des Forces démocratiques pour la République (FDR) plaide pour des actions pour que les Togolais prennent conscience de la situation : « Qui ose, qui dit non à ce qui se passe dans notre pays ? Qu’est-ce qu’on fera demain pour sortir de la bêtise, si ce n’est pas par des actions de ce genre, pour réveiller la conscience des Togolais ! »

    Appel à la mobilisation

    Ces opposants ont signé une charte ce lundi 3 mars. Elle reste ouverte à toutes les parties engagées contre la Constitution. Pour le professeur David Ekoué Dosseh, membre du nouveau cadre contre la Constitution, l’objectif est de remobiliser et de resensibiliser les populations, contre « cette machine infernale qui n’a que trop duré à la tête de cette nation et qui a détruit la dignité et la liberté du peuple togolais. »

    Un meeting sera organisé le dimanche 23 mars 2025 par toutes les entités qui ont signé le cadre de travail, ont annoncé les participants. 

    Source: rfi.fr/fr

  • Sénatoriales: Sena Alipui rappelle le projet de société de l’UFC

    Sénatoriales: Sena Alipui rappelle le projet de société de l’UFC

    Reçu chez nos confrères de New World TV, à la veille des élections sénatoriales du samedi 15 février, Sena Alupui, ancien député, aujourd’hui deuxième vice-président de l’Union des forces de changement (UFC), décline, une nouvelle fois encore, le projet de société du parti auquel il appartient.

    Le jeune opposant rappelle le pourquoi il est important que la formation politique à la couleur jaune prenne part à ce scrutin boycotté par une partie de l’opposition. Suivez-le plutôt à travers cette vidéo.

    Il a fait le même exercice sur les plateaux de radio Victoire FM. La démocratie, c’est aussi la participation aux élections, estime-t-il.

    https://www.facebook.com/watch/live/?mibextid=oFDknk&ref=watch_permalink&v=1737592260136536&rdid=J2kEaA9HsvuscSgd.

  • Alternance: le CAR appelle à s’inspirer de l’expérience du Ghana au Togo

    Alternance: le CAR appelle à s’inspirer de l’expérience du Ghana au Togo

    La dernière élection présidentielle au Ghana doit faire électorale au Togo. C’est le souhait du Comité d’action pour le renouveau (CAR), un parti se réclamant de l’opposition togolaise.

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Relatif à l’élection présidentielle du 7 décembre 2024

    Le peuple ghanéen a, à travers les élections générales organisées ce 7 décembre 2024, démontré à la face du monde sa maturité politique et l’encrage de la démocratie dans cet Etat voisin de notre pays le Togo.

    Le CAR a appris ce dimanche 8 décembre 2024, soit 24 seulement après le vote, que l’ancien Président John Mahama a remporté l’élection présidentielle, réalisant ainsi l’alternance au sommet de l’Etat entre le NPP et le NDC.

    Cette victoire a été immédiatement reconnue par le principal challenger, le candidat de NPP, le Vice-président M. Mahamudu Bawumia, consolidant ainsi de nouveau l’alternance au pouvoir sans violence.

    En attendant la confirmation de ces résultats par les instances habilitées du Ghana, le CAR félicite les acteurs politiques ghanéens pour avoir mis l’intérêt du pays au-dessus de leurs intérêts partisans.

    Le CAR appelle le Gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques togolais à s’inspirer de cette expérience du Ghana pour notre pays le Togo.

    Fait à Lomé, le 8 décembre 2024

    Pour le CAR

    Le Président National

    Yao Date

Radio Renouveau228

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