Étiquette : Opposition

  • L’UFC « rend un vibrant hommage à » Aduayom et Aïdam

    L’UFC « rend un vibrant hommage à » Aduayom et Aïdam

    Ces deux personnalités, décédées il y a quelques jours, ont fait d’ «  importantes contributions au long processus d’enracinement de la démocratie et de développement » du Togo, retient l’Union des forces de changement (UFC).

    COMMUNIQUÉ DE L’UFC

    (Relatif au décès de Martin ADUAYOM de la CDPA et Georges AÏDAM d’UNIR)

    L’Union des Forces de Changement : UFC a appris par voie de presse le rappel à Dieu de deux acteurs politiques Togolais qui ont marqué le processus démocratique. Il s’agit du Professeur Martin Adimado ADUAYOM de la Convention Démocratique des Peuples Africains : CDPA et de M.Georges Kwawu AÏDAM de l’Union pour la République : UNIR.

    L’Union des Forces de Changement : UFC et son Président National Dr Gilchrist Sylvanus OLYMPIO saluent la mémoire de ces deux acteurs politiques qui ont fait leurs parts dans la longue marche de notre pays vers la démocratie et l’Etat de Droits.

    Le Professeur Martin Adimado ADUAYOM, ancien Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de 2006 en 2010 était le Secrétaire Général Adjoint, chargé des Relations Extérieures de la CDPA et enseignant d’universités.

    M. Georges Kwawu AÏDAM, ancien Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, était également vice-Président du parti UNIR depuis sa fondation. Ancien membre du Comité d’Action pour le Renouveau : CAR (opposition), Georges Kwawu AÏDAM a servi en tant que Directeur de Cabinet de l’ancien Premier Ministre feu Me Apollinaire Yawovi AGBOYIBOR.

    Les deux acteurs politiques ont participé activement au processus démocratique et ont pris part à divers dialogues et signatures d’accords notamment l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 Août 2006, dans un effort de réconciliation nationale entre le pouvoir et l’opposition.

    L’Union des Forces de Changement : UFC rend un vibrant hommage à ces deux acteurs politiques pour leurs importantes contributions au long processus d’enracinement de la démocratie et de développement de notre cher pays, le Togo.

    L’Union des Forces de Changement : UFC réitère ses condoléances les plus attristées à leurs familles biologiques et politiques ainsi qu’a tout le peuple Togolais.

    Que la terre leur soit légère et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin.

                  Fait à Lomé, le 13 septembre 2024

                  Pour le Bureau Directeur de l’UFC,

                  Le Secrétaire Général

                   Edwards Teddy MENSAH

  • Silence ou fuite : le dilemme togolais

    Silence ou fuite : le dilemme togolais

    Madjidou Modjokobo incarne le visage discret mais révélateur d’une réalité que dénoncent depuis des années des organisations de défense des droits humains et acteurs politiques : celle d’un exil contraint par la répression politique au Togo.

    Aujourd’hui installé hors des frontières de son pays d’origine, ce trentenaire, père de famille, affirme avoir fui son pays pour échapper à des persécutions liées à ses engagements militants.

    Son parcours, loin d’être isolé, s’inscrit dans un contexte politique marqué par plus d’un demi-siècle de pouvoir concentré entre les mains d’un même système, dominé par la dynastie incarnée  par Gnassingbé Eyadéma puis poursuivie par son fils Faure Gnassingbé.

    Engagement précoce

    C’est sur le campus de l’Université de Lomé que Madjidou Modjokobo fait ses premiers pas dans le militantisme. Membre actif de la Ligue togolaise des droits des étudiants (LTDE), il milite aux côtés de figures comme Foly Satchivi pour la défense des libertés académiques et de la liberté d’expression.

    Mais très vite, ces engagements attirent l’attention des autorités. Selon son témoignage, les activités étudiantes critiques du pouvoir sont étroitement surveillées, souvent réprimées. Arrestations arbitraires, intimidations, exclusions : autant de pratiques régulièrement dénoncées par des ONG comme Amnesty International.

    De l’opposition politique à la clandestinité

    En 2016, M. Modjokobo franchit un cap en rejoignant le Parti national panafricain (PNP), dirigé par Tikpi Atchadam. Le parti devient rapidement l’un des principaux moteurs de la contestation populaire.

    Le 19 août 2017 marque un tournant. Ce jour-là, une grande manifestation pacifique organisée par le PNP pour exiger des réformes constitutionnelles est violemment dispersée. Des rapports d’organisations internationales évoquent un usage excessif de la force par les autorités.

    Après ces événements, M. Modjokobo affirme avoir été activement recherché. Des agents en civil se seraient rendus à son domicile à plusieurs reprises. Craignant pour sa sécurité, il entre dans la clandestinité, se réfugiant loin de Lomé, dans des conditions précaires.

    Climat de peur généralisé

    Le cas de Madjidou Modjokobo s’inscrit dans un climat politique tendu, où l’opposition est régulièrement fragilisée. Après le départ en exil de Tikpi Atchadam, plusieurs militants du PNP auraient été arrêtés ou contraints à la fuite.

    Son engagement se poursuit toutefois au sein de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), qui soutient la candidature d’Agbéyomé Kodjo lors de l’élection présidentielle de 2020. Cette élection, contestée par l’opposition, a ravivé les tensions politiques.

    Plusieurs figures associées à cette dynamique ont connu un destin similaire : exil, poursuites judiciaires, ou décès loin du pays. C’est le cas de Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro, figure morale de l’opposition, mort en exil, ou encore du journaliste Ferdinand Ayité, contraint de quitter le pays après des menaces.

    Critiques internationales

    Le Togo est régulièrement pointé du doigt pour des atteintes aux libertés publiques. Liberté de la presse, droit de manifester, indépendance de la justice, etc. autant de domaines où des organisations internationales appellent à des réformes. En vain ?

    Des médias indépendants ont été suspendus, des journalistes inquiétés, et des manifestations interdites ou réprimées. Pour de nombreux observateurs, le système politique togolais reste marqué par une forte centralisation du pouvoir et une faible tolérance à la contestation.

    Exil comme ultime recours

    Face à cette situation, l’exil apparaît souvent comme la seule issue pour de nombreux opposants. Des artistes engagés, militants politiques ou journalistes ont quitté le pays ces dernières années pour éviter des représailles.

    Le cas de Madjidou Modjokobo illustre cette dynamique. En septembre 2023, il quitte le Togo ne pouvant plus. Il se susurre qu’il a réussi à traverser la manche et se retrouverait aujourd’hui dans un pays en Amérique du nord, selon son entourage.

    Entre espoir et incertitude

    Aujourd’hui, Madjidou Modjokobo vit dans l’attente d’un changement dans son pays d’origine. Son cas, comme pour beaucoup d’autres, l’exil n’est pas un choix, mais une nécessité. Un départ imposé par un contexte où, selon ses mots, « il n’y a plus de justice, ni de sécurité pour ceux qui osent critiquer ». Son combat, désormais, se poursuit loin de Lomé. A-t-il réussi à obtenir une  reconnaissance de son statut de réfugié ?  La question reste posée.

  • Au Togo, le MPDD dans une nouvelle dynamique

    Au Togo, le MPDD dans une nouvelle dynamique

    Le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) tourne la page d’Agbéyomé Kodjo et s’inscrit désormais dans une nouvelle dynamique, consistant à parler à tout le monde y compris le parti au pouvoir…

    Son bureau politique l’a dit au cours d’une conférence de presse organisée ce lundi à son siège à Lomé.

    Déclaration liminaire à la conférence de presse du 26 août 2024

    Mesdames et Messieurs les journalistes, chers amis,

    Nous vous remercions de votre présence à ce point de presse du 26 août 2024. Le bureau politique du MPDD a souhaité vous rencontrer pour vous apporter des éclaircissements sur des sujets d’actualité concernant le parti, notamment six points essentiels :

    1. L’élection du président par intérim et l’organisation de l’intérim du parti.
    2. La décision de suspension des activités du parti au sein des organisations et mouvements extérieurs.
    3. La démission de Monsieur Paul Missiagbeto, ancien conseiller spécial chargé de la formation civique et politique.
    4. La réponse et la réaction du parti à cette démission.
    5. Clarification sur la prétendue disparition de Monsieur Paul Missiagbeto.
    6. Les lignes idéologiques du parti et les prochaines activités.

    1. Élection du président par intérim

    Vous avez pu entendre diverses déclarations concernant l’organisation de l’intérim à la suite du décès de notre regretté président, Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo. Conformément à nos statuts, particulièrement l’article 21-3, en cas d’empêchement définitif du président, c’est le vice-président qui assure automatiquement l’intérim, ou à défaut, le président par intérim est désigné par le bureau politique parmi les autres vice-présidents et le secrétaire général. Rappelons que le 1er Vice-président du MPDD a été exclu du parti en avril 2023.

    Sur cette base, le 12 juillet, nous avons chargé Monsieur Louis Adjossou, secrétaire national aux opérations électorales, d’organiser un scrutin pour désigner le président par intérim. Le 15 juillet, le bureau politique s’est réuni et, parmi les cadres éligibles, seul Monsieur Jonas Komlan Akewobudo Siliadin, 2e vice-président, s’est porté candidat. Le vote s’est donc déroulé sous forme de référendum pour ou contre sa nomination. Sur les 15 membres présents, 12 ont voté, et parmi eux, 11 ont approuvé le choix de Monsieur Siliadin comme président par intérim. Monsieur Paul Missiagbeto était présent et a participé au vote.

    2. Suspension des activités au sein des organisations extérieures

    La décision de suspendre temporairement notre participation aux regroupements et coalitions de partis et associations, prise le 29 juillet 2024, vise à repositionner le parti sur des bases solides et à définir clairement nos orientations politiques. Cette décision stratégique a été encouragée par les défis et les épreuves que nous avons traversées, y compris le choc du décès de notre président. Nous avons estimé qu’il était crucial de réévaluer nos alliances pour nous permettre de préparer un congrès qui réaffirme notre autonomie et notre vision politique sans être contraints par des engagements externes.

    3. Démission de Monsieur Paul Missiagbeto

    Le 30 juillet 2024, nous avons appris par les médias la démission de Monsieur Paul Missiagbeto de son poste au sein du MPDD, tout en maintenant sa participation à la DMK. Contrairement aux procédures habituelles, il ne nous a pas informés préalablement ni expliqué les raisons de son départ. Nous avons abordé cette situation lors de notre réunion du bureau politique du 5 août, où nous avons décidé d’accepter sa démission et de respecter son choix. Le 6 août, il a déposé une copie de la lettre au siège du parti, à l’attention du Président par intérim. Nous regrettons le manque de communication directe de sa part, ce qui aurait pu permettre une meilleure gestion de cette transition.

    4. Réaction du parti à la démission de Monsieur Paul Missiagbeto

    En réponse à la lettre ouverte de démission de Monsieur Missiagbeto, nous avons relevé plusieurs anomalies, notamment l’utilisation de l’entête de la DMK et sa signature en tant que coordinateur de la DMK. Néanmoins, nous avons accepté sa démission. Nous l’avons remercié pour son engagement passé en faveur du parti et exprimé notre souhait de collaborer de nouveau dans le futur. Nous avons demandé à Monsieur Missiagbeto, par voie d’huissier, de libérer le bureau et le garage qu’il occupait au siège du MPDD. Par ailleurs, compte tenu de la campagne de dénigrement et des déclarations mensongères qu’il  orchestre, nous avons jugé nécessaire de clarifier notre position et de rétablir la vérité.

    5. Clarification sur la prétendue disparition de Monsieur Paul Missiagbeto

    Il nous a été rapporté que certaines informations circulent concernant une disparition de Monsieur Paul Missiagbeto. Sur la base des informations à notre disposition. La moto de M Paul Missiagbeto a été retrouvée garée dans une maison à Tokpli, à la frontière sud-est du Togo. Nous avons des raisons de croire qu’il se trouve actuellement dans un pays voisin d’où il entend continuer sa campagne de dénigrement contre le MPDD. Nous tenons à réaffirmer que ni à titre personnel, ni au niveau du parti, personne ne persécute Monsieur Missiagbeto. Nous sommes résolument engagés à suivre les principes de respect et de tolérance, et nous ne cédons pas à des actes de persécution ou de harcèlement. Tout cela relève de manœuvres dont seuls les auteurs connaissent la justification. 

    6. Lignes idéologiques du parti et les prochaines activités

    Selon les dispositions de nos statuts, notre parti, d’essence socio-libérale, est résolument tourné vers la concertation politique et la recherche de compromis républicains. Nous sommes engagés dans une opposition républicaine constructive et nous cherchons à bâtir des alliances avec tous les acteurs politiques et de la société civile. Bien que nous ayons adopté une posture plus radicale entre 2020 et 2024 en raison de la défense fervente d’une cause fondamentale, nous souhaitons désormais revenir à nos fondamentaux.

    Nos prochaines activités seront centrées sur la préparation de notre congrès, qui sera une étape cruciale pour repositionner le MPDD sur une trajectoire de prospérité et de développement. Nous travaillerons avec nos structures de base et nos militants pour faire de ce congrès un nouveau départ pour notre parti, en respectant les valeurs de démocratie, de justice sociale et de progrès que nous prônons depuis notre fondation.

    En conclusion, notre objectif est de préparer un congrès réussi qui repositionnera le MPDD sur une trajectoire de prospérité et de développement, toujours dans l’intérêt supérieur du peuple togolais. Nous continuerons à travailler avec nos structures de base et nos militants pour faire de ce congrès un nouveau départ pour notre parti.

    Je vous remercie de votre attention.

    Pour le bureau politique,
    Le président par intérim,
    Jonas Komlan Akewobudo Siliadin

  • Togo-NET : un seul parti, deux présidents

    Togo-NET : un seul parti, deux présidents

    Le Nouvel engagement togolais (NET), un parti politique se réclamant de l’opposition togolaise, dispose depuis quelques heures de deux bureaux exécutifs distincts. Synonyme de la pagaille qui y règne depuis quelques semaines.

    L’ambiance au NET pas tout nette. La confusion se poursuit après que son « président-fondateur » Gerry Taama aurait tenté de revenir à la tête du parti politique par des méthodes peu orthodoxes, attisant la guerre de succession qui couvait depuis quelques mois. Surtout que le député battu aux dernières élections législatives a démissionné et annoncé quitter la vie politique.

    Ce mardi 24 août, à Lomé, les deux camps qui se disputent sa direction ont tenu, chacun de son côté, leur congrès extraordinaire.

    D’un côté les soutiens de l’ancien député. Ces derniers ont porté à la tête du parti Ismaël Mamoudou-Tanko. « On vient d’être élu à la tête du seul NET que les Togolais connaissent. Mon chantier sera de travailler pour gagner la confiance des Togolais, renforcer les structures organisationnelles du parti afin d’aller vers la vision de notre formation politique, celle d’accéder au pouvoir », déclare-t-il à l’issue du congrès.

    De l’autre, d’autres militants ont élu Jules Amim. Et de confier que ceux qui l’ont choisi ont « fait la démonstration de vos capacités et de vos compétences politiques » afin de tourner la page de la crise.

    A partir de ce samedi 24 août, le Nouvel engagement togolais a deux présidents : Ismaël Mamoudou-Tango et Jules Amim. La démonstration de forces faite par le second montre qu’il aurait la main de qui on sait derrière lui.

    Cette affaire va sûrement se dénouer devant la Justice. Ainsi est en train de mourir un parti politique bien que se réclamant de l’opposition adopte des positions confuses voire problématiques sur les sujets imports du pays.

  • Togo- Jean Aklesso Anawi quitte l’ANC

    Professeur au lycée Agou, Jean Aklesso Anawi n’est plus membre de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), un parti de l’opposition togolaise, dite radicale.

    L’ANC ne peut plus compter sur son militant Jean Aklesso Anawi. Celui-ci annonce, dans une lettre  adressé à Jean-Pierre Fabre, le président national de la formation politique, sa démission.

    Motif ? Le démissionnaire a pris sa décision « afin de pouvoir me consacrer davantage au projet de refondation de notre pays », explique-il dans le courrier publié ci-dessous.

    Avant cette démission, Joseph Koamy Gloékpo Gomado, maire de la commune du Golfe 1, est suspendu de l’ANC, après son entrée au gouvernement du Premier ministre Victoire Tomegah-Dogbé.

  • Togo-Après son entrée au gouvernement, l’ANC suspend Joseph Koamy Gloékpo Gomado

    Togo-Après son entrée au gouvernement, l’ANC suspend Joseph Koamy Gloékpo Gomado

    L’autre surprise du gouvernement 2 de Victoire Tomegah-Dogbé est le choix porté sur Joseph Koamy Gloékpo Gomado, un cadre de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), d’occuper le ministère de l’Aménagement et du développement des territoires. Le parti politique de l’opposition dite radicale réagit en suspendant son cadre…

    Joseph Koamy Gloékpo Gomado, maire de la commune du Golfe 1, fait son entrée au gouvernement du Premier ministre Victoire Tomegah-Dogbé. Une grande surprise selon beaucoup d’observateurs de la scène politique nationale, d’antan que l’ANC, formation politique dont il est membre, dit toujours exclure toute collaboration avec le pouvoir en place.

    Suspension

    Le choix du maire ne passe pas auprès de ses camarades. C’est avec étonnement que l’Alliance nationale pour le changement dit avoir appris son entrée au gouvernement. Il s’agit d’une initiative personnelle et solidaire qui n’engage pas le parti, précise un communiqué.

    « L’ANC déplore et condamne le comportement de M. Joseph Koamy Gloékpo GOMADO, qui a succombé au chant des sirènes en rejoignant le camp de l’oppresseur », souligne la note rendue publique ajoutant que « Ce faisant, il rompt avec le parti qui l’a désigné pour le représenter à la Commune de Golfe 1 ».

    « … une faute lourde »

    « En tournant ainsi le dos à ses engagements envers le parti, M. Gomado commet une faute lourde, passible de sanctions », poursuit le communiqué. Dans la foulée, une procédure disciplinaire est ouverte contre lui. Une sanction selon les textes du parti sera décidée contre le nouveau ministre ultérieurement, assurent Jean-Pierre Fabre et sa suite.

  • Togo- Gaétan Gbati Zoumarou: “Aucune dictature ne lâche le pouvoir de gaité de cœur”

    Togo- Gaétan Gbati Zoumarou: “Aucune dictature ne lâche le pouvoir de gaité de cœur”

    Dans cet entretien exclusif qu’il nous a accordé, Gaétan Gbati Zoumarou, Secrétaire général du groupe des neuf (G9) de la diaspora togolaise et porte-parole de ce mouvement des membres dont certains sont exclus de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) à l’issue de la présidentielle de 2020, revient ici pour analyser la situation sociopolitique de son pays et se félicite de la création d’un nouveau mouvement dans la diaspora dénommé “FREEDOM Togo-Mouvement de Libération Nationale. L’opposant au régime de Lomé qui vit en exil depuis des décennies trouve qu’il est l’heure de s’organiser autrement pour provoquer l’alternance au sommet de l’Etat. Lecture !

    Gaétan Gbati Zoumaro, vous êtes membre fondateur et Porte-parole du Groupe des 9. Vous avez été membre de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) avant d’en être exclu.  Vous vivez en Hollande où vous suivez la situation sociopolitique et économique de votre pays le Togo. Quelle analyse en faites-vous aujourd’hui ?

    Merci pour l’occasion que vous me donnez de m’adresser à mes compatriotes à travers votre journal en ligne. La situation au Togo à l’heure actuelle est totalement confuse. On navigue entre deux régimes, avec un gouvernement démissionnaire qui est de nouveau remis en selle sans qu’on ne sache quelle sera sa mission et encore moins sa durée.

    Le Parlement nouvellement élu est boycotté par au moins deux formations de l’opposition qui pourtant avaient participé aux élections. Les conseils régionaux n’ont toujours pas été convoqués. Et pour couronner toute cette pagaille, l’élection du Président de la République prévue par la nouvelle Constitution pourtant promulguée n’a toujours pas eu lieu. Certainement pour la simple raison que le Parlement lui même est pour le moment hémiplégique vu qu’il lui manque le Sénat pour être complet.

    La gouvernance politique au Togo ressemble-t-elle pas plus à la Cour du Roi Pétaud qu’à celle d’un Etat normalement constitué ?

    Aussi apocalyptique qu’elle soit cette pagaille au sommet de l’Etat n’est pas ce qui nous préoccupe le plus au G9. Notre principale préoccupation, c’est la misère dans laquelle croupissent nos compatriotes togolais. Nos frères et sœurs n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Payer son loyer, se nourrir, mettre ses enfants à l’école, pourvoir aux frais de santé quand ils sont malades…voilà autant d’actes de la vie quotidienne qui sont devenus un cauchemar pour la grande majorité des Togolais.

    Les jeunes sont désespérés et la plupart d’entre eux ne pensent qu’à quitter le pays dès qu’ils auront la moindre ouverture. Le pays se meurt et les gouvernants ne s’en émeuvent guère !

    Qu’est-ce qui est devenu le G9 ?

    Le G9 est au travail. Dans la dernière période nous avons fais beaucoup de déplacements à la rencontre de nos aînés pour recueillir leurs analyses et surtout leurs conseils. Ces déplacements nous ont conduit aussi bien en Afrique que dans différents pays européens. Délibérément, nous avons voulu que ces tournées se fassent dans la discrétion par respect pour les “sages” rencontrés autant en Europe qu’en Afrique.

    Maintenant que cette phase est bouclée, nous nous apprêtons à organiser des rencontres avec nos concitoyens de la diaspora pour débattre démocratiquement de l’avenir de notre pays. Je tiens d’ores et déjà à préciser que ces rencontres n’auront pas pour principal objectif l’exposé de la vision ou d’un éventuel projet politique du G9. Ces rencontres seront plutôt l’occasion de co-construire un projet avec nos compatriotes dans le cadre d’un mouvement inclusif de toutes les synergies véritablement patriotiques. Le mouvement auquel aspire le G9 est et doit rester un mouvement horizontal. Nous ne croyons ni aux hommes providentiels ni aux guides éclairés ! Les directions verticales des organisations politiques dans notre pays ont suffisamment démontré leurs limites quant à l’efficacité nécessaire pour la conclusion de la lutte.

    Que dites-vous du combat mené par les partis politiques d’opposition du côté du peuple togolais ?

    Les Partis politiques d’opposition ont beaucoup de mérite au Togo. Ils ont beaucoup donné. On ne compte plus le nombre de leurs militants assassinés, emprisonnés ou contraints à l’exil. Et ceux parmi ces militants qui sont restés fidèles à leur conviction sont persécutés tous les jours. Ils perdent leurs emplois, ils sont menacés tous les jours. Je leur tire mon chapeau.

    Cependant, force est de constater que malgré tous ces sacrifices, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Bien évidemment, la faute incombe au régime qui reste sourd aux suppliques du peuple en désespoir. Voilà pourquoi nous pensons qu’il faut s’organiser autrement pour venir à bout de la dictature togolaise.

    Qu’est-ce qui a fait durer la lutte au point qu’après plus de trente (30) années du soulèvement populaire du 5 octobre 90, l’alternance ne soit pas encore au rendez-vous ?

    Aucune dictature ne lâche le pouvoir de gaité de cœur. Passer d’une dictature à un système démocratique est toujours un processus révolutionnaire, au vrai sens du terme. Pour démocratiser le Togo, il faut que tout change. On ne peut se contenter de petites réformettes en priant le ciel pour que le Chef de l’Etat soit subitement touché par la grâce divine.

    L’alternance dans une dictature est en général le résultat d’un rapport de force politique, diplomatique et populaire. Les différents soulèvements qui ont eu lieu depuis les années 90 ont toujours fini par des négociations permettant au régime de se remettre en selle. La seule fois où le peuple a réellement mené son propre combat jusqu’au bout, c’est lors du soulèvement populaire du 5 octobre 1990. Nous avions réussi à imposer une Conférence nationale souveraine au président Eyadéma en rendant le pays ingouvernable. Ensuite nous avons pu imposer un gouvernement de notre choix au dictateur d’antan.

    Malheureusement cette parenthèse démocratique n’a duré que très peu de temps. Le 3 décembre 1991, le Président Eyadéma sortait des chars pour bombarder la démocratie naissante. Et la France qu’on croyait être de notre coté s’est révélée plus que jamais un soutien indéfectible du régime des Gnassingbé.

    Si je vous raconte tout ça, c’est pour souligner la bravoure du peuple togolais qui a toujours fait sa part. Par contre le leadership politique ainsi que social n’a malheureusement pas été au rendez-vous à bon escient, soit par naïveté, soit par cupidité. Tant que le peuple mobilisé n’arrivera pas à se doter d’un leadership capable de franchir le Rubicon, nous n’aurons pas d’alternance au Togo.

    Les forces démocratiques à l’interne notamment les partis politiques d’opposition sont-ils épuisés ?

    Les partis politiques ne sont pas épuisés. Ils se sont mis dans une impasse dans laquelle ils n’arrivent plus à se sortir. Je crois qu’ils n’avaient d’ailleurs pas d’autre choix compte tenu de l’option unique dans laquelle ils se sont inscrits. Je suis bien conscient que les termes du débat ne sont pas les mêmes au Togo qu’en Occident. Cependant, je pense que l’on ne peut pas comprendre ce qui se passe au Togo si on ne plaque pas une grille de lecture partant de la lutte des classes sur notre situation.

    Nos grands partis politiques sont tous des partis de droite ou du centre. Nous n’avons pas de parti de gauche proprement défini au Togo. Bien évidement, il y a eu dans le temps la CDPA-BT, l’OTTD devenu plus tard le PT, le PADET etc. Mais tous ces partis ont été confinés à la marge de la scène politique. Or, le système Gnassingbé est profondément de droite. C’est la droite gaullienne et foccardienne qui a mis ce système en place. Le Président Eyadema a été lui-même un soldat de l’armée coloniale utilisée par De Gaulle pour mater les indépendantistes indochinois et algériens. Vous pensez donc bien que l’on ne peut rien attendre des leaders de l’opposition qui ont les mêmes intérêts que le régime en place ! Ils appartiennent à la même classe bourgeoise, aux mêmes réseaux d’influence et ont des intérêts communs dans les mêmes sociétés et autres organisations commerciales. Non, les partis d’opposition ne sont pas épuisés. Ils ont délibérément choisi soit d’accompagner le système, soit de tenter de le réformer tout en le laissant en place.

    Quel regard portez-vous sur le changement de la Constitution de votre pays qui le balance dans une autre République, la cinquième, avec un nouveau régime politique, le parlementaire ?

    Personnellement, cela fait plus de 20 ans que je réside dans un pays de régime parlementaire aux Pays-Bas. Malheureusement, je suis aux regrets de vous dire que le système mis en place par Faure Gnassimgbé n’a rien de Parlementaire. C’est plutôt le bon vieux système de parti-unique/parti-Etat qui a été ressuscité.

    En effet, dans un Parlement monocolore depuis 2018, conférer aux députés et Sénateurs le soin de désigner le président de la République et le président du Conseil de gouvernement revient à confier à Unir le soin de gérer le Pays. L’Etat Togolais se confond et se résume désormais au parti Unir. Si vous n’êtes pas membre de ce Parti, vous devenez presqu’apatride au Togo. C’est un scandale ! la mobilisation contre la cinquième République doit s’accentuer pour que nous nous débarrassions au plus vite de ce chiffon de papier pompeusement baptisé constitution.

    Il y a plusieurs organisations de la société civile togolaise et les partis politiques d’opposition qui sont vent debout contre le changement de cette Constitution. Croyez-vous que Faure Gnassingbé va faire un rétropédalage ?

    Pas volontairement. La seule manière de lui faire changer d’avis, c’est de l’y contraindre. Et comme un dictateur ne se laisse pas contraindre, pour se débarrasser de cette constitution, il faut une véritable mobilisation de sorte que les tenants du pouvoir reviennent sur leur décision.

    Ce changement de la Constitution a fait réagir les Togolais même ceux de la diaspora que vous êtes. Trois opposants installés dans la diaspora, notamment Kofi Yamgnane, Jean-Sylvanus Olympio et Me François Akila Esso Boko ont porté sur les fonts baptismaux Freedom Togo-Mouvement de Libération Nationale du Togo à Paris en France. Que pensez-vous de ce nouveau mouvement et de ses objectifs ?

    Je ne connais pas encore très bien le mouvement Freedom-Togo MLN. Cependant, je regarde avec beaucoup de sympathie cette nouvelle initiative se mettre en place. Après les diverses déceptions que nous avons endurées depuis 30 ans, beaucoup de compatriotes dans la Diaspora sont devenus très méfiants par rapport à toute nouvelle initiative. Mais qui ne risque rien n’a rien. Accordons le bénéfice du doute à ce nouveau mouvement et aidons-le à nous aider. Cela n’empêche pas les uns et les autres dans la Diaspora de continuer le travail de mobilisation qu’ils ont toujours mené.

    Dans ce combat que vous menez face au régime cinquantenaire en place au Togo, les mouvements et coalitions de partis politiques se sont succédé mais aucun résultat. Pensez-vous que là où les autres ont échoué jusqu’ici, le MLN va réussir ?

    Le MLN ne réussira que si la symbiose se fait entre l’opposition au Togo et la Diaspora. La diaspora doit être une force d’appoint et une force d’appui aux organisations qui sont sur le terrain.

    Nous devons apporter nos moyens financier, intellectuel et diplomatique à la lutte, et nous devons épauler les organisations et partis politiques qui sont sur le terrain afin que ces derniers puissent faire face à la dictature. Une révolution ne se mène pas à 5000 km de l’épicentre. Nous n’avons donc pas vocation à remplacer les organisations qui sont sur le terrain. Cependant, ces organisations et partis politiques doivent accepter de se réformer pour devenir des organisations véritablement patriotiques, plaçant l’intérêt général au dessus des intérêt particulier ou partisans. C’est à cette condition qu’une véritable symbiose pourra se faire pour constituer une véritable machine capable d’établir un rapport de forces face au régime.

    Le G9 est disposé à organier une table ronde des organisations sur le terrain et des organisations de la Diaspora si cela peut aider à sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.

    Vous croyez que la communauté internationale va entendre raison désormais pour soutenir peuple togolais dans sa lutte pour l’alternance ?

    La communauté internationale n’a ni sympathie ni antipathie pour la cause togolaise. Elle n’a que des intérêts à défendre. Et jusqu’à présent, elle croit que ses intérêts matériels et géostratégiques sont mieux défendus par le régime en place plutôt que par l’opposition qui probablement n’est peut-être pas parvenue à présenter un gage crédible. À nous de faire un travail sérieux pour montrer que c’est le contraire. D’ailleurs avec tous les bouleversements dans le sahel, les vieilles certitudes françafricaines ont volé en éclats en certains endroits et du plomb dans l’aile en certains autres. L’opposition togolaise doit diversifier ses réseaux à l’international et se rapprocher des réseaux qui sont aptes à mieux comprendre les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Le monde est devenu multipolaire ; il n’y a aucune raison de rester accroché au Quai d’Orsay ou à l’UE.

    Que dites-vous des dernières élections législatives et régionales du 29 avril dernier qui se sont déroulées dans votre pays d’origine? ?

    C’étaient des simulacres d’élection comme nous l’avions prédites. Nous n’avions même pas eu besoin d’appeler au boycott. Le peuple a lui-même pris ses responsabilités en refusant d’aller voter. Les bourrages d’urnes ont été orchestrés pour faire progresser le taux de participation puisque le pouvoir s’est rendu compte dès la mi-journée que les Togolais ne se sont pas déplacés dans les bureaux de vote. Ces élections se sont déroulées sans le peuple. Et le régime sait mieux que quiconque à quel point cette situation est dangereuse pour lui. La colère du peuple peut éclater au moment le plus inattendu…

    Après plus de deux mois de démission de Victoire Sidémého Tomegah-Dogbé au poste de Premier ministre et son gouvernement, le Chef de l’Etat l’a reconduite. Quel commentaire vous en faites?

    Faure Gnassingbé est dans une impasse. Tout porte à croire qu’aveuglé par le désir de se pérenniser au pouvoir il s’est précipité dans ce changement de Constitution sans réfléchir aux implications. Il est désormais obligé soit de reconduire la Première ministre, soit de désigner un Président de la République. Apparemment, il ne fait confiance à personne au sein de son entourage pour le poste de président de la République. Et a mon avis, il a bien raison d’être méfiant. On a beau avoir dépouillé le futur président de la République de toutes ses prérogatives, il restera Chef de l’Etat. Et l’appétit venant en mangeant, rien ne garantit à Faure Gnassingbé que le futur Chef de l’Etat ne lui damera pas le pion…

    Les Forces de Défense et de Sécurité en poste à Kpékpakandi au Nord du pays ont été attaquées par les djihadistes, il y a quelques semaines occasionnant des morts dans les rangs des corps habillés du Togo. De quelle façon vous pensez que cette lutte contre ces terroristes doit-elle être menée ?

    Le terrorisme est un phénomène sous-régional voire international. On ne peut lutter contre un tel phénomène qu’en ayant une bonne coordination des forces et des renseignements dans la sous-région. De plus, cette lutte requiert des moyens consistants et une vision stratégique cohérant. Sur tous ces aspects, on a l’impression que c’est la navigation à vue qui est opérée par les autorités “auto-désignées” du Togo grâce à des mascarades d’élections.

    Les bouleversements et les tensions au sein de la CEDEAO ont distendu les liens de coopération entre Etats. Les Sahéliens ont désormais leur propre AES et leur accord du Liptako-Gourma. Le Burkina-Faso ne coopère plus avec le Benin. Quand au Togo, on se demande à quel jeu il joue. Avec le double jeu que joue le pouvoir togolais entre la CEDEAO et l’AES, on finira par être vomi de tous.

    Pourtant, le pouvoir dit avoir mis beaucoup de moyens à la disposition de l’armée togolaise..

    Enfin, concernant la vision stratégique cohérente, on est surpris par le dernier remaniement à la tête de l’état-major des armées. Si ma mémoire est bonne, le chef d’état-major, le Gal Tassounti Djato avait été nommé il y a à peine un an. Pourquoi le remanier alors que depuis sa nomination, on n’avait plus entendu parler d’attaque terroriste ! Je croyais que l’on recherchait de l’efficacité et des résultats ! Le nouveau Chef d’état-major va-t-il poursuivre sur la même lancée que son prédécesseur ? Wait and see.

    Quel regard portez-vous sur le fonctionnement de l’institution sous-régionale qu’est la CEDEAO et son Parlement?

    La CEDEAO est morte ! Et malgré le courage du député Guy Marius Sagna, son Parlement mourra aussi probablement. Plus personne ne croit en la survie de cette organisation pour mener une action bénéfique aux populations en son sein. Quand on pense que du temps de sa gloire, la CEDEAO avait pu lever une force comme l’ECOMOG pour essayer de pacifier le Liberia !…

    À force de cautionner les différents coups d’Etats électoraux et les tripatouillages de Constitutions, la CEDEAO s’est complètement discréditée. Une organisation dans laquelle siège un Président Faure Gnassingbé au pouvoir depuis bientôt 20 ans et un Président Alassane Ouattara au pouvoir depuis bientôt 15 ans ne peut plus être prise au sérieux.

    Vivement que les pays de la sous-région ouest-africaine passent sans délai à autre chose.

    Si vous avez un mot à l’endroit de vos concitoyennes et concitoyens de la diaspora et qui sont au pays qui se battent pour se libérer. Que direz vous ?

    Aux uns et aux autres je dirai de garder espoir et de redoubler de vigilance. Après tant d’années de souffrance, mes compatriotes ont toutes les raisons de se méfier de tout le monde. Mais en même temps, ce n’est pas parce que le passé est douloureux que nous sommes condamnés à souffrir éternellement. Tendez l’oreille, soyez perspicaces pour distinguer le vrai du faux ; réfléchissez par vous-mêmes et engagez-vous non pas derrière quelqu’un mais à coté de ceux qui ont la même aspiration que vous. La libération nationale est irréversible.

    Propos recueillis par Justin Anani

  • Prisonniers politiques au Togo: «Nous ne devons pas les oublier !»

    Prisonniers politiques au Togo: «Nous ne devons pas les oublier !»

    Le front « Touche pas à ma Constitution » est en campagne pour la libération des prisonniers politiques. Dans les prochaines semaines, des meetings, des sit-in et des plaidoyers seront organisés pour exiger la libération de ces prisonniers, parmi lesquels 72 jeunes qui sont privés de liberté depuis plusieurs années. « Nous ne devons pas les oublier » a affirmé le coordonnateur du Front, Nathaniel Olympio, lors d’une conférence de presse à Lomé. 

    Une coalition de partis politiques d’opposition et d’organisations de la société civile togolais a lancé lundi 12 août à Lomé une campagne pour réclamer la libération des « détenus politiques ».

    Le front, baptisé « Touche pas à ma Constitution », a annoncé lancer une campagne de sensibilisation notamment via du porte-à-porte et des distributions de tracts en faveur de la libération des prisonniers politiques du pays qui « croupissent dans des conditions inhumaines », selon une déclaration écrite de la coalition.

    « Cette campagne répond à un principe très simple, on ne laisse pas un combattant blessé sur le champ de bataille et c’est ce que nous faisons. Nous revenons chercher nos blessés qui sont aujourd’hui en prison, explique Nathaniel Olympio, le porte-parole du mouvement, lors d’une conférence de presse à Lomé, à laquelle assistait notre correspondant Peter Sassou Dogbe.

    Et aujourd’hui, nous avons dénombré 92 prisonniers politiques au Togo. 92 ! Vous savez, certains sont en prison depuis tellement longtemps que leurs enfants (ne les reconnaissent pas). Prenons le cas de cette dame qui a eu la visite de son enfant, mais il ne l’a pas reconnue parce que ça faisait cinq ans que l’enfant est né et ça faisait presque cinq ans que la maman était en prison.

    Nous ne pouvons pas — en tant que responsables qui avons appelé les gens à manifester et les gens ont été arrêtés au cours de ces manifestations – nous ne pouvons pas ne pas nous battre pour que ces gens recouvrent la liberté. C’est le sens du combat que nous menons, d’autant que la lutte n’est pas terminée.

    Nous allons encore appeler la population à manifester, nous devons donc leur adresser un signal, un signal clair. Que personne ne sera abandonné en cours de lutte, c’est le sens de la démarche que nous menons. »

    Source : rfi.fr

  • Togo- Des attitudes pas nettes au NET

    Togo- Des attitudes pas nettes au NET

    Bien qu’il ait démissionné et annoncé son retrait de la vie politique, il y a trois mois, l’ancien député Gerry Taama est accusé par une partie des cadres du Nouvel engagement togolais (NET) de manœuvrer pour reprendre la tête du parti politique se réclamant de l’opposition.

    Un courrier écrit par l’actuel président intérimaire, le congrès étant fixé en fin d’année, donne une idée de l’ambiance morose qui prévaut au sein du NET.

  • Au Togo, les opposants de la nouvelle Constitution annoncent un sit-in à Lomé

    Au Togo, les opposants de la nouvelle Constitution annoncent un sit-in à Lomé

    Le Front « Touche pas à ma Constitution », composé de la CDPA, de Les Démocrates et du Parti des Togolais, etc. opposés à la nouvelle loi fondamentale, annonce la tenue d’un sit-in devant la Cour constitutionnelle le vendredi 9 août prochain.

    Le Front togolais « Touche pas à ma Constitution », dont sont membres la Convention démocratique des peuples africaines (CDPA), Les Démocrates et le Parti des Togolais, entre autres, est décidé à continuer la lutte contre le changement de Constitution.

    Dans un courrier (ci-dessous), adressé au ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires, ces opposants informent l’opinion nationale “de l’organisation d’un sit-in pacifique le vendredi 9 août 2024 à partir de 9 heures devant la Cour constitutionnelle”.

    Reste à savoir si le ministère de tutelle l’autorisera, étant donné que depuis quelques années, toute manifestation destinée à défier le pouvoir cinquantenaire est étouffé dans l’œuf.

Radio Renouveau228

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