Étiquette : Justice

  • Foi, controverse et foule : le pari risqué d’Alves

    Foi, controverse et foule : le pari risqué d’Alves

    À Madrid, la trajectoire de Daniel Alves, 42 ans, ex-footballeur passé par la case prison, continue de susciter stupeur et débats.

    À Madrid, la trajectoire de Daniel Alves continue de susciter stupeur et débats. L’ancien international brésilien, passé notamment par le FC Barcelone et le Paris Saint-Germain, s’est affiché ce week-end dans un tout autre rôle : celui de prédicateur évangéliste devant des dizaines de milliers de fidèles.

    Invité vedette du rassemblement religieux « The Change Madrid 2026 », organisé au stade Metropolitano de l’Atlético de Madrid, Daniel Alves a pris la parole devant plus de 35 000 personnes. Dans une ambiance mêlant ferveur et curiosité, l’ex-footballeur a livré un témoignage personnel centré sur son passage en prison et sa foi retrouvée. « Vous savez que j’ai été emprisonné durant 40 ans… mais en prison, le Christ m’a rendu libre », a-t-il déclaré, suscitant les acclamations de la foule, malgré l’exagération manifeste de la durée évoquée.

    Cette apparition publique marque un tournant dans l’image de l’ancien joueur, dont la carrière sportive s’est brutalement interrompue à la suite d’une affaire judiciaire retentissante. En février 2024, il avait été condamné à quatre ans et six mois de prison pour un viol commis dans une discothèque de Barcelone, dans la nuit du 30 au 31 décembre 2022. Après 13 mois de détention provisoire, il avait été remis en liberté en mars 2024 contre une caution d’un million d’euros.

    Mais le feuilleton judiciaire est loin d’être clos. En mars 2025, la condamnation de Daniel Alves a été annulée, une décision qui a immédiatement provoqué la réaction du parquet espagnol. Celui-ci a depuis formé un recours devant la Cour suprême, laissant planer une incertitude sur l’issue définitive de l’affaire.

    Dans ce contexte, la reconversion religieuse de l’ancien latéral droit intrigue autant qu’elle divise. Pour certains, il s’agit d’une démarche sincère de repentance et de transformation personnelle. Pour d’autres, cette mise en scène publique interroge sur l’opportunité et le message envoyé, alors même que la procédure judiciaire n’est pas définitivement tranchée.

    Quoi qu’il en soit, Daniel Alves semble déterminé à écrire un nouveau chapitre de sa vie, loin des terrains de football. Reste à savoir si cette transition vers la prédication évangélique convaincra au-delà des cercles religieux, dans une opinion publique encore marquée par la gravité des faits qui lui sont reprochés.

  • Arrestation d’« Affectio » : le CNCC dénonce l’arbitraire

    Arrestation d’« Affectio » : le CNCC dénonce l’arbitraire

    Cette affaire, qui suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques et associatifs, pourrait relancer le débat sur les pratiques d’interpellation, le respect des délais de garde à vue et la protection des libertés individuelles au Togo.

    Le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC), regroupant plusieurs organisations de la société civile et des partis politiques notamment ADDI, ANC, FDR et PSR, a rendu public le 2 mai 2026 un communiqué conjoint dans lequel il exprime une vive indignation suite à l’arrestation de M. SOKPOR Kossi Sitsopé Honoré, plus connu sous le nom d’« Affectio ». L’organisation dénonce ce qu’elle qualifie d’« arrestation arbitraire, violente et illégale », et appelle à sa libération immédiate et sans condition.

    Selon les informations contenues dans le communiqué, les faits remonteraient au vendredi 24 avril 2026. Ce jour-là, M. Sokpor aurait pris des photographies de nouveaux caniveaux construits dans le quartier où vivent ses parents à Lomé. D’après ses proches et les témoignages recueillis par le CNCC, l’intéressé aurait agi dans une démarche d’observation citoyenne, souhaitant mettre en lumière l’importance de ces infrastructures dans la prévention des inondations récurrentes dans la capitale.

    C’est dans ce contexte que la situation aurait dégénéré. Alors qu’il se trouvait assis devant son domicile, M. Sokpor aurait été abordé par des individus lui demandant de supprimer les images prises. Bien qu’il ait accepté d’effacer les photos afin d’apaiser la situation, ces derniers l’auraient contraint à les suivre jusqu’à leur « chef », dont l’arrivée aurait tardé.

    Toujours selon le récit du CNCC, la tension serait montée lorsque M. Sokpor, pressé par un rendez-vous, aurait annoncé son intention de partir. C’est alors que quatre individus se seraient violemment jetés sur lui. Le communiqué évoque une agression d’une rare brutalité : l’homme aurait été plaqué au sol, étranglé et dépouillé de sa sacoche ainsi que de son téléphone portable. Il aurait également subi des blessures physiques lors de cette interpellation musclée.

    Après cette scène, M. Sokpor aurait été conduit à la gendarmerie d’Agoè-Nyivé, puis transféré au SCRIC (Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles) le 30 avril 2026, après un passage à la brigade anti-gang de Djidjolé. Depuis lors, il serait maintenu en détention, malgré un état de santé que ses soutiens décrivent comme fragile.

    Le CNCC affirme par ailleurs que les autorités justifient désormais la prolongation de sa garde à vue par l’exploitation de son téléphone portable. Des éléments numériques auraient, selon ces dernières, révélé la présence d’images jugées « suspectes », sans que la nature exacte de ces accusations ne soit détaillée publiquement à ce stade.

    Dans son communiqué, le CNCC s’insurge contre ce qu’il qualifie de « pratiques d’un autre âge ». L’organisation structure sa dénonciation autour de trois principaux axes. D’abord, elle condamne la violence physique exercée lors de l’interpellation, estimant qu’aucune justification ne peut légitimer de tels actes contre un citoyen ayant photographié des travaux publics visibles de tous.

    Ensuite, le cadre politique et associatif évoque une détention qu’il considère comme illégale. Selon ses calculs, M. Sokpor serait détenu depuis neuf jours au 2 mai 2026, soit bien au-delà du délai légal de garde à vue de 48 heures, renouvelable une seule fois. Cette situation constituerait, selon le CNCC, une violation grave des procédures en vigueur.

    Enfin, le communiqué dénonce des mauvais traitements supposés. Il est notamment affirmé que le détenu aurait été privé de nourriture et d’eau durant les premières heures de son interrogatoire, malgré un état de santé jugé préoccupant. Le CNCC appelle également à ce que les personnes impliquées dans les violences physiques alléguées répondent de leurs actes devant la justice.

    Au-delà du cas individuel, le CNCC voit dans cette affaire un symbole plus large des atteintes aux libertés fondamentales. L’organisation rappelle également que M. Sokpor aurait déjà été incarcéré par le passé pendant une année pour avoir écrit un poème, ce qui, selon elle, renforce le caractère de harcèlement ciblé.

    En conséquence, le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo formule trois exigences principales. Il réclame d’abord la libération immédiate et sans condition de M. Sokpor Kossi Sitsopé Honoré. Ensuite, il demande l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences physiques dénoncées lors de son interpellation. Enfin, il appelle les autorités à mettre fin à ce qu’il qualifie de « harcèlement systématique » contre ce citoyen.

    Le communiqué est signé à Lomé le 2 mai 2026 par le Front Citoyen Togo Debout ainsi que les organisations regroupées au sein de Novation Internationale ADDI – ANC – FDR – PSR.

    Cette affaire, qui suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques et associatifs, pourrait relancer le débat sur les pratiques d’interpellation, le respect des délais de garde à vue et la protection des libertés individuelles au Togo. Le CNCC, pour sa part, appelle à une mobilisation de l’opinion nationale et internationale afin d’obtenir ce qu’il considère comme une justice équitable et transparente dans ce dossier désormais hautement sensible.

  • Libération refusée, colère ravivée

    Libération refusée, colère ravivée

    Des organisations politiques et de la société civile accusent les autorités togolaises de mépris des décisions de justice et exigent la libération immédiate des détenus politiques, dans un contexte de tensions croissantes autour des droits fondamentaux.

    Le dernier communiqué conjoint de plusieurs organisations politiques et de la société civile met une nouvelle fois en lumière la persistance des tensions entre les autorités togolaises et une partie de l’opposition sur la question des détenus politiques. À travers un texte particulièrement virulent, les signataires dénoncent ce qu’ils qualifient de déni de justice systémique et appellent à la libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes incarcérées pour des motifs politiques.

    Contestation

    Au cœur de la polémique figure l’Arrêt N°040/2026 rendu le 18 février 2026 par la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Lomé. Selon le communiqué, cette décision ordonnait la libération de 13 détenus politiques. Pourtant, les signataires affirment que cette décision n’a pas été exécutée, ce qu’ils interprètent comme une preuve d’ingérence du pouvoir politique dans le fonctionnement de la justice.

    Les personnes concernées incluraient plusieurs figures connues, dont ADAM Latif, BANAVEI Balan alias « Général du 19 août », ou encore YAYA Soulemani alias « Mengoua ». Pour les auteurs du texte, cette situation illustre une justice instrumentalisée et incapable de garantir l’indépendance de ses décisions.

    Critique

    Le communiqué ne se limite pas à ce cas précis. Il élargit son propos à plusieurs décisions nationales et internationales restées, selon lui, sans application. Il cite notamment des arrêts de la Cour de justice de la CEDEAO et des décisions du Groupe de Travail de l’ONU sur la détention arbitraire, concernant des affaires anciennes impliquant des militants politiques ou des cas présumés de torture.

    Cette accumulation de références vise à construire un argument central : celui d’un système où les décisions judiciaires, même lorsqu’elles émanent d’instances régionales ou internationales, ne seraient pas respectées par les autorités nationales.

    Tension

    Au-delà des cas individuels, les signataires dénoncent ce qu’ils considèrent comme une réduction progressive de l’espace civique au Togo. Ils évoquent environ 70 personnes toujours détenues pour leurs opinions politiques et citent des cas récents, dont ceux de l’humoriste Tayo et d’Affectio, présenté comme ayant été réincarcéré après une libération antérieure.

    Selon eux, ces pratiques traduisent une stratégie de gouvernance basée sur la restriction des libertés et la dissuasion des voix critiques.

    Mobilisation

    Le communiqué se termine par un appel à la mobilisation de différentes couches socioprofessionnelles pour dénoncer les détentions arbitraires et les abus de pouvoir. Les signataires exigent non seulement la libération des détenus, mais aussi la reconnaissance des préjudices subis et leur réparation.

    Derrière ces revendications, se dessine un enjeu politique majeur : celui de la confiance dans les institutions judiciaires et de leur indépendance réelle. Pour les organisations signataires, la situation actuelle constitue un test décisif pour l’État de droit.

    Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques récurrentes, ce communiqué risque de raviver le débat sur les libertés publiques et la gouvernance au Togo, tout en accentuant la pression sur les autorités nationales et leurs partenaires régionaux.

  • Double homicide à Kévé : une affaire de jalousie présumée secoue la localité

    Double homicide à Kévé : une affaire de jalousie présumée secoue la localité

    Un drame d’une rare violence s’est produit dans la soirée du lundi 27 avril 2026 à Kévé, dans le quartier Aŋɔ̃ve, suscitant une vive émotion au sein de la population.

    Selon les informations recueillies sur place, les faits se sont déroulés aux environs de 19 heures. Un homme de 45 ans, identifié comme AHAWO Attitso, originaire de Dzolo Vodome, est suspecté d’avoir attaqué à l’arme blanche son ex-compagne ainsi que le frère de celle-ci.

    D’après plusieurs témoignages concordants, le mis en cause aurait agi sur fond de soupçons de tromperie visant son ancienne partenaire, ADEKPE Yvonne, couturière et mère de quatre enfants. Le couple ne vivait plus ensemble au moment des faits, la victime ayant regagné le domicile familial.

    Le drame serait survenu alors que la victime se reposait sur la terrasse de la maison en compagnie de son frère, venu d’Agbelouvé. Ce dernier aurait été confondu avec un prétendu amant par le suspect. Profitant de leur vulnérabilité, l’homme aurait porté plusieurs coups de couteau aux deux personnes, alors qu’elles dormaient.

    Grièvement blessées, les victimes ont été transportées en urgence vers un centre de santé. Malgré les efforts des équipes médicales, elles ont succombé à leurs blessures peu après leur admission.

    Alertées, les forces de sécurité, notamment la gendarmerie, se sont rapidement déployées sur les lieux. Une opération de recherche a été engagée afin de retrouver le suspect, actuellement en fuite.

    Ce double homicide a profondément marqué les habitants de Kévé, où l’incompréhension et la tristesse dominent. De nombreux riverains appellent à l’arrestation rapide du présumé auteur et à l’ouverture d’une procédure judiciaire afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

  • Évacuation sanitaire de Charles Walla-Azoumaro : une affaire toujours sensible

    Évacuation sanitaire de Charles Walla-Azoumaro : une affaire toujours sensible

    L’évacuation sanitaire de Charles Walla-Azoumaro à l’étranger, intervenue le 15 avril 2026, relance un dossier judiciaire déjà complexe et largement commenté au Togo.

    Après trois années passées à la prison civile de Lomé, l’homme d’affaires aurait été transféré en urgence, selon plusieurs sources concordantes, en raison d’une dégradation jugée préoccupante de son état de santé, notamment sur le plan cardiaque. À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’est venue préciser les conditions exactes de cette évacuation.

    L’information, initialement rendue publique par un confrère, intervient dans un contexte où le dossier judiciaire de l’intéressé continue de susciter interrogations et débats. Son avocat, Me Zeus Ajavon, avait déjà évoqué par le passé ce qu’il considère comme un traitement particulièrement rigoureux à l’égard de son client, dénonçant une situation qui, selon lui, dépasserait le cadre strictement judiciaire. Ces déclarations restent toutefois à apprécier avec prudence, dans l’attente d’éléments vérifiables et contradictoires.

    Le parcours judiciaire de Charles Walla-Azoumaro est marqué par plusieurs accusations successives, dont certaines ont évolué au fil de l’instruction. Initialement mis en cause dans le décès de son épouse, Yvonne Gnassingbé, une hypothèse d’empoisonnement avait été évoquée avant d’être écartée à la suite d’expertises médico-légales. Le dossier s’était ensuite orienté vers une accusation de négligence, les enquêteurs estimant qu’un retard dans la prise en charge médicale aurait pu être déterminant.

    Par ailleurs, d’autres allégations, particulièrement graves, ont été portées à son encontre, notamment des accusations d’abus sexuels sur mineur et de transmission de maladie. Selon la défense, ces éléments auraient été contestés par des expertises indépendantes. À ce jour, il convient de rappeler que ces affirmations relèvent de positions opposées entre les parties, et que seule une décision de justice définitive pourrait établir les faits de manière incontestable.

    Au-delà du volet judiciaire, la question des conditions de détention et de la prise en charge médicale des détenus se trouve une nouvelle fois posée. Les proches de Charles Walla-Azoumaro évoquent depuis plusieurs mois une dégradation progressive de son état de santé, un point qui mérite également d’être examiné avec réserve en l’absence de données médicales officielles rendues publiques.

    Dans ce dossier à la croisée des enjeux judiciaires, familiaux et politiques, l’évacuation sanitaire apparaît comme un nouvel épisode, sans pour autant clore les nombreuses zones d’ombre qui persistent.

  • Justice : un avertissement sans détour

    Justice : un avertissement sans détour

    « On ne rentre pas en justice pour s’enrichir. » Le ton est donné. Face à une trentaine d’auditeurs de justice fraîchement diplômés du Centre de formation des professions de justice (CFPJ), le président de la Cour suprême, Abdoulaye Yaya, a livré un message à la fois ferme et sans concession.

    Reçus mercredi dans une atmosphère solennelle, ces jeunes professionnels s’apprêtent à embrasser une carrière exigeante, marquée par la responsabilité et l’éthique. Loin des discours protocolaires souvent attendus dans ce type de rencontre, le magistrat hors hiérarchie a choisi la voie de la vérité. Une vérité directe, presque austère, mais nécessaire à ses yeux.

    Au cœur de son intervention, une mise en garde claire contre toute tentation de cupidité. « On ne rentre pas en justice pour s’enrichir », a-t-il insisté, invitant les futurs magistrats à se détourner de toute comparaison avec d’autres corps de métier. Pour lui, la quête de gains matériels ne doit en aucun cas guider l’exercice de la fonction judiciaire. « Contentez-vous de votre rémunération », a-t-il martelé, appelant à une discipline personnelle rigoureuse.

    Au-delà de l’avertissement, Abdoulaye Yaya a rappelé la dimension presque spirituelle de la magistrature. Il la décrit comme un véritable sacerdoce, où l’intégrité et la droiture constituent les seules boussoles. « La justice n’est pas la voie légale de la marchandisation de la vérité », a-t-il affirmé, soulignant que la véritable richesse du magistrat réside dans la tranquillité de sa conscience.

    Dans un contexte où la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires est souvent mise à l’épreuve, ce discours résonne comme un appel à la responsabilité. Les magistrats, a-t-il rappelé, sont les garants de la quiétude sociale. Leur rôle est simple dans sa formulation, mais redoutablement exigeant dans son exécution : faire en sorte que chaque justiciable se sente en sécurité face à la justice.

    À l’aube de leur carrière, ces jeunes auditeurs repartent ainsi avec un message fort : servir la justice, c’est avant tout servir l’éthique, au prix parfois du renoncement matériel.

  • Un Français condamné pour trafic de drogue exécuté

    Un Français condamné pour trafic de drogue exécuté

    Un ressortissant français condamné pour trafic de drogue a été exécuté en Chine, ravivant les tensions autour de la peine de mort et des droits fondamentaux. L’annonce, faite samedi par le ministère français des Affaires étrangères, a suscité une vive réaction à Paris, qui dénonce une décision « consternante ».

    Chan Thao Phoumy, âgé de 62 ans et né au Laos, avait été condamné à mort en 2010 par un tribunal de Canton, dans le sud de la Chine. Il a finalement été exécuté malgré les démarches répétées des autorités françaises, qui avaient sollicité une mesure de clémence pour raisons humanitaires. Dans un communiqué officiel, le Quai d’Orsay a réaffirmé son opposition « en toutes circonstances » à la peine capitale, appelant une nouvelle fois à son abolition universelle.

    L’affaire remonte à 2005, année de l’arrestation de Chan Thao Phoumy. Initialement condamné à la prison à vie, il avait été rejugé après l’apparition de nouveaux éléments à charge. La justice chinoise l’accusait notamment d’avoir participé à un vaste réseau de fabrication, de transport et de trafic de méthamphétamine entre 1999 et 2003. Selon les autorités, ce réseau aurait produit plusieurs tonnes de cette drogue synthétique, faisant de cette affaire un dossier particulièrement sensible dans un pays où la lutte contre les stupéfiants est implacable.

    Cependant, au-delà de la gravité des accusations, les conditions de son procès ont suscité de vives critiques. Le ministère français a notamment regretté que la défense du condamné n’ait pas eu accès à la dernière audience, dénonçant une atteinte aux droits fondamentaux et aux principes d’un procès équitable. Cette situation alimente les inquiétudes récurrentes concernant la transparence du système judiciaire chinois.

    Le cas de Chan Thao Phoumy s’inscrit dans un contexte plus large. Selon l’organisation Ensemble contre la peine de mort (ECPM), il faisait partie, en 2025, des quatre Français condamnés à mort à travers le monde. Parmi eux figurent également Nora Lalam, condamnée en Algérie, ainsi que Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi, impliqués dans l’attentat de Marrakech en 1994 et condamnés au Maroc.

    À l’inverse, une issue différente avait récemment été observée dans le cas de Serge Atlaoui. Condamné à mort en Indonésie en 2007, ce dernier avait été transféré en France en février 2025 à la suite d’un accord diplomatique. Sa peine avait alors été commuée en trente ans de réclusion, avant qu’il ne soit libéré en juillet de la même année, illustrant les marges de manœuvre diplomatiques parfois possibles.

    Mais la situation en Chine reste particulière. Dans son rapport 2024, Amnesty International estime que le pays demeure celui qui exécute le plus grand nombre de condamnés au monde. L’organisation évoque « des milliers » d’exécutions chaque année, bien que les chiffres exacts restent inconnus, les statistiques étant classées secret d’État par les autorités chinoises.

    Cette exécution relance ainsi le débat international sur la peine capitale, opposant souveraineté judiciaire des États et respect des droits humains. Pour la France, engagée de longue date contre la peine de mort, ce drame constitue un rappel brutal des limites de son influence face à certains systèmes judiciaires étrangers.

  • En RDC, un tribunal pour traquer les prédateurs de l’État

    En RDC, un tribunal pour traquer les prédateurs de l’État

    Le président congolais Félix Tshisekedi a signé ce week-end une ordonnance créant un tribunal pénal économique et financier. Cette nouvelle juridiction aura pour mission de juger les affaires liées à la corruption, aux détournements de fonds publics et au blanchiment de capitaux. Un parquet spécialisé y sera également rattaché afin de renforcer l’efficacité des poursuites.

    La réforme part d’un constat préoccupant : de nombreux dossiers transmis aux parquets par les services de contrôle ou de renseignement restaient sans suite, faute d’expertise suffisante au sein de la magistrature sur les questions financières complexes. En créant une juridiction spécialisée, les autorités congolaises entendent donc doter la justice d’un instrument plus adapté pour combattre les crimes économiques qui minent l’État.

    Une initiative qui répond à une réalité préoccupante

    Dans un pays comme la République démocratique du Congo, la création d’un tribunal pénal économique et financier peut apparaître comme une nécessité. Depuis des décennies, la corruption et les détournements de fonds publics figurent parmi les maux qui freinent le développement du pays. Les scandales financiers impliquant des responsables publics se succèdent, alimentant une profonde défiance de la population envers les institutions.

    Les rapports d’organisations nationales et internationales dénoncent régulièrement l’ampleur des pertes financières liées à la mauvaise gestion ou aux détournements de ressources publiques. Dans ces conditions, renforcer les capacités de la justice pour traquer les auteurs de crimes économiques apparaît comme une démarche légitime.

    Un tribunal spécialisé pourrait en effet permettre d’accélérer le traitement des dossiers, de mobiliser des magistrats formés aux questions financières et de réduire l’impunité dont bénéficient souvent les auteurs de détournements. S’il fonctionne de manière indépendante et transparente, cet outil judiciaire pourrait contribuer à restaurer la confiance des citoyens et envoyer un signal fort aux gestionnaires des fonds publics.

    L’enjeu crucial de l’indépendance judiciaire

    Mais si l’initiative peut être saluée sur le principe, son efficacité dépendra largement de la manière dont cette juridiction sera utilisée. Dans plusieurs pays africains, les dispositifs de lutte contre la corruption ont parfois été accusés d’être instrumentalisés à des fins politiques.

    L’exemple le plus souvent cité reste celui de l’Opération Épervier lancée au Cameroun sous la présidence de Paul Biya. Officiellement destinée à combattre la corruption au sein de l’État, cette campagne judiciaire a conduit à l’arrestation de plusieurs hauts responsables. Toutefois, de nombreux observateurs ont estimé que cette opération avait parfois servi à écarter ou intimider des personnalités perçues comme de potentiels rivaux politiques.

    Ce précédent alimente aujourd’hui les interrogations sur les mécanismes de lutte contre la corruption dans les régimes où la justice peine encore à affirmer pleinement son indépendance. Si le nouveau tribunal congolais devait être utilisé pour régler des comptes politiques ou neutraliser des adversaires, il risquerait de perdre toute crédibilité.

    Entre espoir et vigilance

    La création du tribunal pénal économique et financier ouvre donc une nouvelle étape dans la lutte contre la corruption en RDC. Sur le papier, l’initiative constitue une avancée importante dans un pays où les crimes économiques ont longtemps prospéré dans un climat d’impunité.

    Mais pour que cette réforme produise les effets attendus, plusieurs conditions devront être réunies : une véritable indépendance des magistrats, des procédures transparentes et une application équitable de la loi, quel que soit le statut des personnes poursuivies.

    Car la lutte contre la corruption ne peut être efficace que si elle est perçue comme juste et impartiale. Si ce tribunal devient un outil pour traquer les véritables prévaricateurs et protéger les ressources publiques, il pourrait marquer un tournant dans la gouvernance congolaise. Mais s’il se transforme en arme politique, il risque au contraire d’affaiblir davantage la confiance déjà fragile entre l’État et les citoyens.

  • Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    La justice béninoise a tranché dans l’une des affaires criminelles les plus marquantes de ces derniers mois entre le Bénin et le Togo. Le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné, le 10 mars 2026, un ressortissant béninois à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de l’entrepreneur togolais Richard Gbédé. Un verdict lourd qui, sans effacer la tragédie, apporte un début de réponse judiciaire à une affaire ayant profondément ému l’opinion publique dans les deux pays.

    Une affaire qui a choqué deux nations

    Tout commence le 6 décembre 2025 lorsque Richard Gbédé, promoteur de la structure CISA, se rend au Bénin pour rencontrer son partenaire d’affaires, Jeannot Agbanha. L’objectif de ce déplacement est simple : récupérer une somme d’environ cinq millions de francs CFA liée à une activité commerciale menée précédemment au Maroc.

    Mais ce voyage d’affaires va se transformer en drame. Quelques jours après son arrivée, l’entrepreneur togolais disparaît. L’inquiétude gagne alors sa famille et ses proches. Les recherches finissent par conduire à une découverte macabre : son corps sans vie est retrouvé dans un bas-fond à Avlékété, une localité située dans la commune d’Ouidah.

    La nouvelle provoque une onde de choc, tant au Bénin qu’au Togo, où la victime était connue dans les milieux entrepreneuriaux.

    Une enquête aux multiples zones d’ombre

    Très vite, les investigations des autorités béninoises orientent les soupçons vers deux individus : le partenaire d’affaires de la victime, Jeannot Agbanha, et un tradithérapeute présenté comme ayant été sollicité dans le cadre de cette sombre affaire.

    Selon les éléments recueillis au cours de l’instruction, le tradithérapeute aurait été approché afin de provoquer mystiquement la disparition de l’entrepreneur togolais, notamment à travers un accident de la route. À la barre, l’homme a cependant nié toute participation au crime. Il a affirmé avoir refusé la demande et expliqué que son silence pendant plusieurs semaines était motivé par la peur.

    Face aux juges, l’accusé principal a multiplié les versions. Alors que des aveux avaient été consignés durant l’instruction, Jeannot Agbanha a tenté de se rétracter à l’audience. Il a évoqué l’intervention d’un tiers qui aurait commandité l’agression et a même soutenu qu’il avait été attaqué, avec la victime, par des inconnus armés de couteaux.

    Mais ces déclarations ont été jugées peu crédibles par la cour, qui a relevé de nombreuses contradictions dans son récit.

    Un message accablant

    Un élément déterminant a pesé dans la décision des juges : un message envoyé au tradithérapeute dans lequel l’accusé reconnaissait avoir tué son associé. Dans ce message, il affirmait toutefois que l’acte n’était pas prémédité et qu’il s’agissait d’un homicide involontaire.

    Pour la cour, cet élément venait contredire la version présentée à l’audience et renforçait la responsabilité pénale de l’accusé.

    Dans la salle d’audience, la veuve de Richard Gbédé a suivi les débats avec une émotion palpable. À plusieurs reprises, elle est intervenue pour contester certaines déclarations de l’accusé et répondre aux questions de la juge, rappelant la douleur d’une famille confrontée à une perte brutale.

    Un verdict sévère, mais l’affaire n’est pas close

    Au terme du procès, le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné Jeannot Agbanha à trente années de réclusion criminelle. Le tradithérapeute impliqué dans le dossier a, quant à lui, écopé de huit ans de prison.

    Les deux condamnés devront également verser solidairement trente millions de francs CFA à la famille de la victime à titre de dommages et intérêts.

    Le ministère public, qui avait requis la prison à perpétuité contre l’auteur principal et vingt ans contre le tradithérapeute, a annoncé son intention de faire appel. Une décision qui pourrait conduire à un nouveau procès.

    Ainsi, même si la justice a parlé, l’affaire de Richard Gbédé reste encore ouverte, rappelant la fragilité de certaines relations d’affaires et la violence parfois insoupçonnée qui peut s’y dissimuler.

  • Extradition : décision mitigée pour Madiambal Diagne

    Extradition : décision mitigée pour Madiambal Diagne

    La cour d’appel de Versailles a rendu, mardi matin, un avis « partiellement favorable » à la demande d’extradition visant le patron de presse sénégalais Madiambal Diagne. Une décision nuancée qui ouvre la voie à une nouvelle bataille judiciaire entre Paris et Dakar.

    Une décision en demi-teinte

    Dans un communiqué, la juridiction française a précisé avoir émis un avis « partiellement favorable sur la demande d’extradition, compte tenu de la prescription partielle d’une partie des faits visés ». En clair, certains faits reprochés au journaliste seraient prescrits, réduisant ainsi le champ des poursuites susceptibles de justifier son renvoi vers le Sénégal.

    Les autorités sénégalaises avaient lancé en septembre un mandat d’arrêt international contre le patron de presse, critique assumé du pouvoir en place. Convoqué dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées transactions financières suspectes, Madiambal Diagne avait quitté le Sénégal pour la France à la fin du même mois.

    La justice sénégalaise lui reproche des infractions à caractère financier, notamment escroquerie et blanchiment, liées à des contrats passés entre deux sociétés et l’État sénégalais.

    Une « demi-victoire » pour la défense

    À la sortie de l’audience, l’intéressé s’est dit « serein » et « confiant », entouré de ses soutiens. Son avocat, Me Vincent Brengarth, a évoqué une « demi-victoire », regrettant que la cour n’ait pas entièrement suivi l’argumentation de la défense.

    Le conseil a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Si ce recours n’est pas suspensif de plein droit, l’avocat estime qu’au regard de la portée nationale et internationale de l’affaire, un éventuel décret d’extradition serait difficilement envisageable dans l’immédiat. Il a également rappelé qu’un tel décret pourrait être contesté devant le Conseil d’État.

    Madiambal Diagne, de son côté, a réitéré sa confiance en la justice française, estimant ne pas pouvoir bénéficier d’un traitement équivalent dans son pays d’origine. Toutefois, il considère que cette décision « qui coupe la poire en deux » pose un problème juridique et laisse présager « une nouvelle bataille judiciaire ».

    Un contentieux diplomatique sensible

    L’affaire a déjà pris une dimension diplomatique. Mi-décembre, la ministre sénégalaise de la Justice, Yassine Fall, avait annoncé la suspension de toute extradition vers la France, en attendant une réponse à la demande d’extradition de M. Diagne.

    Quelques jours plus tard, l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, avait souligné que les poursuites visant le patron de presse concernaient des faits délictuels et non criminels, contrairement aux demandes françaises portant majoritairement sur des crimes graves. Des propos qualifiés « d’ingérence » par le ministère sénégalais de la Justice.

    Entre considérations juridiques et tensions diplomatiques, le dossier Madiambal Diagne reste suspendu aux prochaines étapes procédurales, dans un climat déjà chargé entre les deux capitales.

Radio Renouveau228

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