Étiquette : Justice

  • Affaire Bitala Madjoulba : la Cour d’appel militaire alourdit les peines

    Affaire Bitala Madjoulba : la Cour d’appel militaire alourdit les peines

    La Cour d’appel militaire du Togo a rendu son verdict, vendredi 27 février, dans le procès en appel relatif à la mort du colonel Bitala Madjoulba. La juridiction a confirmé la décision de première instance, tout en alourdissant les peines infligées aux accusés, avec une augmentation moyenne de cinq ans d’emprisonnement.

    Ce nouveau jugement vient clore un épisode judiciaire particulièrement suivi au Togo. En première instance, plusieurs accusés avaient été reconnus coupables dans cette affaire qui avait profondément marqué l’opinion publique et les rangs des forces armées. La Cour d’appel militaire, après réexamen des faits et des arguments développés par la défense et le ministère public, a estimé que les peines initiales devaient être revues à la hausse.

    Des peines confirmées et aggravées

    Dans sa décision, la juridiction a validé les déclarations de culpabilité prononcées en première instance. Toutefois, considérant la gravité des faits et les circonstances entourant la disparition du haut gradé, elle a jugé nécessaire de renforcer le caractère dissuasif des sanctions.

    Selon des sources judiciaires, l’alourdissement des peines vise à tenir compte de nouveaux éléments d’appréciation et à affirmer l’autorité de la justice militaire. Les accusés voient ainsi leurs condamnations augmentées de cinq ans en moyenne, un signal fort envoyé par la Cour.

    Une affaire sensible

    La mort du colonel Bitala Madjoulba, officier supérieur respecté, avait suscité une vive émotion au sein de l’armée et dans la population. Les circonstances de son décès avaient conduit à l’ouverture d’une enquête approfondie, débouchant sur un procès en première instance, puis sur cet appel.

    Tout au long de la procédure, les débats ont été nourris, les avocats de la défense plaidant tantôt l’innocence, tantôt l’atténuation des responsabilités. De son côté, le ministère public a soutenu la nécessité de sanctions exemplaires, au regard de la portée symbolique de l’affaire.

    Un tournant judiciaire

    Avec ce verdict du 27 février, la Cour d’appel militaire tourne une page importante du dossier. En confirmant la culpabilité des accusés tout en aggravant leurs peines, elle affirme sa volonté de garantir la discipline et la cohésion au sein des forces armées.

    Reste désormais la possibilité, pour les condamnés, d’exercer d’éventuels recours prévus par la loi. En attendant, cette décision marque une étape décisive dans une affaire qui aura durablement marqué la justice militaire togolaise.

  • Procès en appel sur la mort du colonel Bitala Madjoulba : des peines de 3 à 50 ans requises

    Procès en appel sur la mort du colonel Bitala Madjoulba : des peines de 3 à 50 ans requises

    Au Togo, le procès en appel des sept personnes accusées dans l’affaire de l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba a connu une étape judiciaire majeure le 25 février 2026, lorsque le procureur général de la cour d’appel militaire a requis des peines comprises entre 3 et 50 ans d’emprisonnement contre les prévenus.

    Cet événement relance un dossier qui a profondément marqué l’opinion publique togolaise et secoué l’armée nationale depuis la mort du haut gradé en mai 2020.

    Rappel des faits : une mort mystérieuse au cœur de l’armée

    Le colonel Bitala Madjoulba était commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR) des Forces armées togolaises, une unité d’élite. Il a été tué par balle dans son bureau à Lomé dans la nuit du 3 au 4 mai 2020, quelques heures après la cérémonie d’investiture du président Faure Gnassingbé pour un nouveau mandat.

    Sa disparition brutale avait suscité une vive émotion dans le pays, compte tenu de son statut et de son rôle dans l’appareil militaire. Une enquête judiciaire a été ouverte immédiatement, avec notamment des expertises balistiques demandées à la France.

    Première instance : un verdict jugé trop clément

    Lors du premier procès, qui s’est tenu devant le tribunal militaire de Lomé :

    Deux des accusés ont été relaxés. Cinq autres ont été condamnés à des peines allant de 5 à 20 ans de prison pour des chefs d’accusation tels que complicité d’assassinat, entrave à la justice et atteinte à la sécurité intérieure de l’État.

    Parmi les mis en cause figuraient des officiers supérieurs, dont l’ancien chef d’état-major général des Forces armées togolaises, le général Félix Abalo Kadanga, ainsi que le chauffeur du colonel Madjoulba et une secrétaire présente dans la garnison cette nuit-là.

    Cependant, ce verdict avait été considéré comme trop clément par l’État togolais, qui a décidé de faire appel afin d’obtenir des sanctions plus sévères.

    Réquisitions de l’appel : des peines plus dures

    Devant la cour d’appel militaire, le procureur général a vivement critiqué le jugement de première instance, estimant que les peines prononcées ne reflètent pas la gravité des faits. Il a présenté les faits comme le fruit d’un complot minutieux avec intention de tuer, arguant que les accusés faisaient appel « pour narguer la justice ».

    Le ministère public a ainsi requis des peines allant de 3 à 50 ans d’emprisonnement, avec la demande de la peine la plus lourde pour : le général Félix Abalo Kadangha, le colonel Ali Kodjo et le chauffeur du colonel Madjoulba.

    Les auditions récentes devant la cour d’appel ont révélé des positions très similaires à celles du premier procès, certains accusés affirmant notamment ne pas avoir entendu de coups de feu dans la nuit du drame, à l’exception d’une sentinelle qui avait cru à l’éclatement d’un pneu.

    Réactions et enjeux

    Ce procès en appel est perçu comme un test important pour le système judiciaire togolais, confronté à des questions sensibles sur l’état de droit, la responsabilité militaire et la transparence dans une affaire touchant directement l’armée et la sécurité intérieure.

    Du côté de la défense, certains avocats ont déjà dénoncé des vices de procédure et un manque de preuves tangibles dès le premier procès, accusations qui continuent d’être soulevées dans le cadre de l’appel.

    Les plaidoiries sont prévues pour se poursuivre dans les prochains jours, et l’on attend désormais les décisions de la cour pour mesurer l’impact de cette affaire sur le climat politique et institutionnel au Togo.

    Si tu le souhaites, je peux te mettre en forme cet article pour publication (version presse ou réseau social) ou te fournir un contexte plus large sur les conséquences politiques et sociales de cette affaire au Togo.

  • Achraf Hakimi renvoyé en procès pour viol

    Achraf Hakimi renvoyé en procès pour viol

    Le renvoi en procès signifie que les juges estiment les charges suffisamment sérieuses pour qu’un tribunal se prononce sur le fond de l’affaire.

    Le défenseur international marocain Achraf Hakimi est renvoyé en procès pour viol par la justice française, une décision qui relance une affaire suivie de près depuis son éclatement en 2023. Les faits présumés se seraient déroulés au domicile du joueur en région parisienne. Une jeune femme l’accuse d’agression sexuelle, des accusations que le footballeur a toujours fermement contestées.

    Selon les éléments de l’enquête, la plaignante aurait déclaré s’être rendue chez le joueur après des échanges sur les réseaux sociaux. Elle affirme avoir subi des actes sexuels non consentis. De son côté, Achraf Hakimi dément catégoriquement toute agression et évoque une relation consentie. Ses avocats dénoncent des accusations infondées et assurent disposer d’éléments de nature à disculper leur client.

    Une décision judiciaire attendue

    Le renvoi en procès signifie que les juges estiment les charges suffisamment sérieuses pour qu’un tribunal se prononce sur le fond de l’affaire. Il ne s’agit en aucun cas d’une condamnation, mais d’une étape procédurale clé dans le système judiciaire français. La date du procès n’a pas encore été officiellement communiquée.

    Cette décision intervient alors que le joueur poursuit sa carrière au plus haut niveau, aussi bien en club qu’en sélection nationale. L’affaire avait déjà suscité une vive réaction médiatique et un important débat sur les violences sexuelles impliquant des personnalités publiques.

    Une affaire aux répercussions multiples

    Au-delà du volet judiciaire, ce dossier pourrait avoir des conséquences sportives et contractuelles pour le joueur, en fonction de l’évolution de la procédure. Les instances concernées observent la situation avec prudence, rappelant le principe fondamental de la présomption d’innocence.

    Dans l’attente du procès, l’opinion publique reste divisée. Seule la décision du tribunal permettra d’établir les responsabilités dans cette affaire sensible, qui mêle justice, notoriété et enjeux médiatiques.

  • Cameroun : Deux anciens détenus d’Épervier libres après 20 ans

    Cameroun : Deux anciens détenus d’Épervier libres après 20 ans

    Après deux décennies derrière les barreaux, Gilles Roger Belinga et Emmanuel Gérard Ondo Ndong ont retrouvé la liberté ce 21 février 2026, marquant la fin d’un long chapitre judiciaire au Cameroun.

    Arrêtés en 2006 dans le cadre de l’Opération Épervier, une vaste campagne de lutte contre la corruption lancée par l’État camerounais, les deux hommes étaient parmi les premiers hauts responsables à avoir été inculpés pour de présumés détournements de fonds publics.

    Gilles Roger Belinga, ancien directeur général de la Société immobilière du Cameroun (SIC), avait été condamné en 2007 à une peine initiale de 35 ans, ramenée ensuite à 20 ans, pour des affaires de détournement de deniers publics dans la gestion de structures publiques.

    De son côté, Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ex‑directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM), avait vu sa peine révisée à plusieurs reprises avant d’être finalement libéré après deux décennies de détention pour des accusations similaires et des sommes considérables évoquées dans l’affaire.

    À leur sortie, les deux hommes ont regagné leurs proches dans une atmosphère mêlée d’émotions, après des années d’attente et de procédures judiciaires complexes. Leur retour en liberté relance le débat dans l’opinion publique camerounaise sur l’efficacité de l’Opération Épervier, initiée pour assainir la gestion des finances publiques, et sur les défis de la réinsertion post‑carcérale pour d’anciens hauts responsables de l’administration

  • Foncier/Togblé Botokopé-Sivédomé : victoire pour la collectivité Holo-Avla

    Foncier/Togblé Botokopé-Sivédomé : victoire pour la collectivité Holo-Avla

    Dans sa décision N°0752/2022 du 20 mai 2022, la justice togolaise constate que la collectivité
    Holo-Avla « est propriétaire par voie de première occupation » de la parcelle de terrain en question.


    Au Togo, la justice est inondée de dossiers liés aux litiges fonciers. « Terrain litigieux »,
    « Cessation des travaux », « Voir l’huissier de justice Me … », etc. sont les inscriptions qui se
    lisent sur les immeubles en construction. Si certaines de ces affaires se règlent en un temps
    record, d’autres traînent devant la justice, et leurs dénouements ne sont connus que plusieurs
    années plus tard.


    Après la pluie, vient le beau temps. Cette expression convient parfaitement à la situation qui prévaut
    actuellement à Togblékopé au lieu-dit Botokopé-Sivédomé, dans la commune d’Agoè-Nyivé 4.
    Dans cette localité, les acquéreurs et propriétaires terriens ont derrière eux les moments de tempête
    vécus à travers des procédures judiciaires qui paraissaient interminables.


    En mai 2022, après plusieurs mois de procédures, le Tribunal de Première instance de première
    classe de Lomé rend sa décision dans le dossier opposant la collectivité Holo-Avla au sieur
    Hamidou Aboudramane. La requête introduite par ladite collectivité visait à obtenir confirmation de
    son droit de propriété sur un domaine d’une contenance superficielle de 07 hectares, et l’expulsion
    et la démolition des ouvrages érigés sur ce domaine.


    Dans sa décision N°0752/2022 du 20 mai 2022, la justice togolaise constate que la collectivité
    Holo-Avla « est propriétaire par voie de première occupation » de la parcelle de terrain en question.
    Par conséquent, elle « confirme purement et simplement le droit de propriété de la requérante (la
    collectivité Holo-Avla, Ndlr) sur sa parcelle
    » sise à Togblékopé au lieu-dit Botokopé-Sivédomé.


    Cette décision a fait l’objet d’appel et d’une tierce opposition de la part des adversaires de la
    collectivité Holo-Avla. Les demandes introduites par le biais de leur conseil n’ont donc pas
    prospéré. Tout en recevant « le sieur Habidina Hamidou en sa tierce opposition, régulière », la
    justice l’a déclaré « mal fondée », déboutant ainsi « de toutes ses demandes, fins et conclusions » le
    sieur Habidina Hamidou. Le sieur Hamidou Aboudramane a été aussi débouté par la justice.


    Dans les décisions N°0897/2024 du 25 juin 2024 et N°0898/2024 du 25 juin 2024 tous deux du
    Tribunal de grande instance de Lomé, la justice togolaise « maintient le jugement n°0752/2022
    rendu le 20 mai 2022 par le tribunal de céans en toutes ses dispositions
    », confirmant ainsi le droit
    de propriété de la collectivité Holo-Avla sur la parcelle querellée.


    En 2025, ces deux procédures ont été achevées par l’obtention des grosses des jugements
    N°0897/2024 du 25 juin 2024 et N°0898/2024 du 25 juin 2024. Par conséquent, le droit de propriété
    de la collectivité Holo-Avla sur ce domaine de 7 hectares est définitivement confirmé.

  • Un procès en appel très attendu s’ouvre dans l’affaire du général Félix Abalo Kadanga

    Un procès en appel très attendu s’ouvre dans l’affaire du général Félix Abalo Kadanga

    Après plusieurs reports, la Cour d’appel militaire de Lomé a enfin entamé ce lundi les débats dans le procès en appel du général Félix Abalo Kadanga, ancien chef d’état-major des Forces armées togolaises (FAT). Cette procédure judiciaire très suivie intervient trois ans après la condamnation en première instance de l’officier supérieur, au centre d’une affaire qui continue de diviser l’opinion publique togolaise.

    Rappel des faits

    En novembre 2023, le tribunal militaire de Lomé avait condamné le général Kadanga à 20 ans de réclusion criminelle pour son rôle présumé dans l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba, commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR), tué dans son bureau dans la nuit du 3 au 4 mai 2020.

    La juridiction l’avait reconnu coupable de complot contre la sûreté intérieure de l’État, complicité d’assassinat et entrave au bon fonctionnement de la justice. La sentence avait été rendue au terme d’un procès très médiatisé devant une chambre criminelle spécialement constituée au sein de la justice militaire.

    Félix Abalo Kadanga avait toujours rejeté ces accusations, clamant son innocence et qualifiant la procédure de procès politique. Sa défense avait ainsi interjeté appel de la décision dès la fin de l’instance initiale, ouvrant la voie à un nouveau jugement devant la Cour d’appel militaire.

    Cependant, ce procès en appel n’a pas été un long fleuve tranquille : programmé à plusieurs reprises, il avait déjà fait l’objet de reports. En novembre 2025, l’audience initialement fixée au 10 novembre avait été repoussée au 16 février 2026, faute de la présence de témoins ou d’experts jugés essentiels, selon les explications du procureur général.

    Fond du dossier

    Ce report à répétition avait suscité frustration et inquiétude : pour la défense, il illustrait les difficultés structurelles de la justice militaire togolaise et les possibles pressions externes pesant sur le dossier. Les avocats de Félix Kadanga avaient dénoncé, en amont, des irrégularités dans la procédure, un dossier incomplet et un manque de preuves déterminantes, estimant que ces retards équivalaient à une prolongation injustifiée de la détention de leur client.

    Ce lundi matin, la Cour d’appel militaire a donc entamé les débats dans une atmosphère tendue. Si les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué publiquement les détails complets des arguments, plusieurs avocats présents dans la salle ont souligné l’enjeu crucial de cette étape pour le système judiciaire togolais.

    Dans le camp de la défense, on attend désormais que la Cour examine les moyens de droit soulevés par les avocats, dont la contestation des éléments de preuve et la régularité de la première instance. Certains espèrent obtenir une révision du verdict voire, à défaut, une diminution de la peine. Du côté de l’accusation, le parquet général devrait, pour sa part, chercher à confirmer le jugement antérieur, estimant que celui-ci repose sur des éléments probants suffisamment solides.

    Ce procès en appel, qui pourrait durer plusieurs semaines, constitue donc un moment judiciaire déterminant pour le général Kadanga mais aussi pour le système de justice militaire togolais dans son ensemble. Alors que l’affaire Madjoulba reste encore dans les mémoires collectives, les décisions rendues dans cette nouvelle phase pourraient bien entrer dans l’histoire judiciaire du Togo.

  • Kaloum sous tension : tirs à Conakry, Toumba Diakité enlevé

    Kaloum sous tension : tirs à Conakry, Toumba Diakité enlevé

    De fortes détonations d’armes automatiques ont été entendues tôt mardi matin aux abords de la Maison centrale de Conakry, dans le quartier administratif de Kaloum, provoquant panique et confusion au cœur de la capitale guinéenne.

    Selon des habitants du secteur, les tirs ont débuté peu avant 9 h et se sont poursuivis pendant plus d’une demi-heure, remplissant les rues proches de rafales et forçant certains riverains à se mettre à l’abri. Un important dispositif de sécurité, composé de policiers et d’éléments des forces spéciales, a ensuite bloqué l’accès aux abords de la prison avant que la circulation ne soit progressivement rétablie.

    Dans la foulée de ces événements, des sources locales et plusieurs médias internationaux ont rapporté l’enlèvement d’Aboubacar Sidiki Diakité, mieux connu sous le nom de Toumba, un ancien commandant militaire déjà condamné à dix ans de prison dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry.

    Toumba, qui purgeait sa peine à la Maison centrale, aurait été extrait de l’établissement sous la protection d’éléments armés, le visage couvert, puis emmené vers une destination qui n’a pas encore été confirmée. Aucun communiqué officiel n’a pour l’instant été publié par les autorités guinéennes concernant l’identité des assaillants ou leurs motivations.

    Selon un communiqué du Parquet général près la Cour d’appel de Conakry, l’incident serait survenu à la suite d’une opération de contrôle et de fouille interne menée la veille à la Maison centrale, au cours de laquelle Toumba aurait adopté une attitude jugée agressive en refusant la fouille et proférant des menaces contre les agents de sécurité. Cette source officielle indique que le détenu a ensuite été transféré vers la prison de Coyah afin de rétablir l’ordre au sein de l’établissement pénitentiaire.

    La situation reste floue à Kaloum, où certains habitants rapportent que le calme est progressivement revenu, tandis que d’autres s’interrogent sur les implications de cet enlèvement dans un contexte déjà tendu autour de la justice guinéenne et du traitement de l’affaire du 28 septembre.

  • Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Le Togo traverse une nouvelle séquence politique délicate après l’extraction et l’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien chef de la junte burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba, une opération qui continue de susciter des critiques virulentes au sein de l’opposition togolaise et des observateurs nationaux.

    Le 17 janvier 2026, l’ancien dirigeant burkinabè, réfugié à Lomé depuis sa chute en 2022, a été arrêté puis remis aux autorités de Ouagadougou. Officiellement, cette extradition répond à une demande judiciaire du Burkina Faso et aurait été approuvée par les juridictions compétentes suite à la présentation de garanties sur le respect de son intégrité physique et de son droit à un procès équitable.

    Une décision diplomatique sous tension

    Sur le plan diplomatique, le gouvernement togolais a défendu l’opération comme une réponse aux exigences de coopération judiciaire internationale. Il l’a présentée comme conforme à ses engagements régionaux et bilatéraux, notamment avec son voisin burkinabè.

    Cependant, pour une partie de l’opposition togolaise, cette extradition représente un acte précipité, opaque et politiquement orienté. Jean-Pierre Fabre, figure emblématique de l’opposition, a dénoncé la mesure comme une violation des principes juridiques et humains élémentaires. Selon lui, l’absence d’information claire sur le sort de Damiba et les motifs réels de son renvoi vers Ouagadougou alimentent l’inquiétude sur la légitimité de l’opération.

    Fragilisation de l’espace politique

    Cette controverse sur l’affaire Damiba se déroule dans un climat politique déjà tendu au Togo, caractérisé par des accusations répétées de restriction des libertés civiles et politiques. Depuis 2025, plusieurs incidents ont mis en lumière une dynamique accusée de réduire l’espace démocratique : arrestations et détentions de défenseurs des droits humains dans le cadre de manifestations, blocage ou suspension de médias considérés comme critiques, et pressions sur des activistes de la diaspora.

    Ces événements ne sont pas isolés. En juin 2025, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication a suspendu la diffusion de médias internationaux tels que RFI et France 24 pour trois mois, invoquant des manquements à l’impartialité. Des organisations internationales et des journalistes ont perçu cette décision comme une restriction supplémentaire de l’information indépendante.

    Parallèlement, les contestations politiques contre la concentration du pouvoir autour du président Faure Gnassingbé — au pouvoir depuis 2005 — ont été qualifiées par l’opposition de « coup constitutionnel ». En 2025, l’attribution d’un nouveau rôle exécutif à Gnassingbé, susceptible de prolonger indéfiniment son exercice du pouvoir, avait déjà attisé de vives critiques.

    Une opposition fragmentée et des tensions régionales

    L’extradition de Damiba a également une dimension géopolitique : elle s’inscrit dans un contexte ouest-africain marqué par des transitions turbulentes, des coups d’État successifs et des enjeux sécuritaires régionaux. Le Burkina Faso, actuellement sous contrôle militaire, a fréquemment accusé Damiba de fomenter des tentatives de déstabilisation avant de demander son extradition.

    Cette convergence entre diplomatie régionale et politique intérieure renforce l’impression d’un Togo au centre de tensions multiples, où des décisions gouvernementales affectent aussi bien l’équilibre politique national que les relations avec ses voisins.

    Perspectives et enjeux

    L’affaire met en lumière plusieurs enjeux fondamentaux pour le Togo : la transparence et l’état de droit, avec des critiques portant sur l’absence de communication officielle et de garanties claires pour la justice et les droits de l’homme ; l’espace politique et la liberté d’expression, remis en question par les arrestations de militants, les blocages de médias et les tentatives de surveillance de l’activisme diaspora ; la stabilité institutionnelle, alors que les réformes constitutionnelles et la prolongation des mandats concentrent le pouvoir autour du président.

    Dans un paysage politique déjà polarisé, cette affaire d’extradition cristallise les méfiances envers les institutions togolaises et stimule des débats plus larges sur la gouvernance, la démocratie et les normes juridiques dans un pays qui reste sous les projecteurs régionaux.

  • Expulsion de familles à Kégué Zogbedzi (Togo) : une situation dramatique

    Expulsion de familles à Kégué Zogbedzi (Togo) : une situation dramatique

    Ce samedi 20 janvier 2025, une matinée de peur et d’incompréhension a régné à Kégué Zogbedzi, dans la commune du Golfe 1, à Lomé, au Togo. Plusieurs personnes ont été chassées de leur habitation. La plupart y sont depuis au moins trois décennies.

    Des familles ont été expulsées de leurs maisons dans des conditions violentes, avec des portes défoncées et des effets personnels sortis de force. Les occupants affirment être en règle et avoir acquis leurs parcelles auprès d’un vendeur vivant et détenteur de documents fonciers authentiques.

    Le différend fait l’objet d’une procédure judiciaire en cours. Les victimes appellent les autorités administratives et judiciaires à intervenir rapidement pour faire respecter le droit et prévenir toute escalade de la violence.

    Il est important de noter que l’expulsion est une mesure extrême qui ne doit être utilisée qu’en dernier recours. Les autorités et les propriétaires doivent respecter les droits des personnes menacées d’expulsion et trouver des solutions alternatives.

    Le samedi 24 janvier, les concernés ont organisé une manifestation sur le site. Avec plus ou moins de réussite. Ils ne comptent pas baisser les bras. « C’est dire que cette affaire ne fait que commencer », nous glisse un délogé.

  • Togo: plusieurs détenus de la prison de Lomé en grève de la faim illimitée pour dénoncer leur situation

    Togo: plusieurs détenus de la prison de Lomé en grève de la faim illimitée pour dénoncer leur situation

    Au Togo, un groupe de détenus de la prison civile de Lomé ont entamé une grève de la faim illimitée cette semaine, pour attirer l’attention sur leur situation. Une grande partie d’entre eux ont été arrêtés dans le cadre des manifestations de 2018 contre le pouvoir. Ils demandent la libération de ceux qu’ils qualifient de « prisonniers politiques », et dénoncent leurs conditions de détention.

    À l’origine de ce mouvement dans la prison de Lomé, au Togo, deux détenus qui ont entamé une grève de la faim illimitée il y a une semaine. Abdoul Aziz Goma, citoyen irlando-togolais. Il a été arrêté fin 2018 au moment des manifestations contre le pouvoir et condamné en février dernier à 10 ans de prison. Il entame sa 2ᵉ grève de la faim en quelques mois, précise son avocat, Me Ferdinand Amazouhoun.

    Grace Koumayi, sage-femme et activiste, a, elle, été arrêtée début octobre et inculpée pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». Elle avait déjà été interpellée lors des manifestations du mois de juin.

    Dans une lettre manuscrite adressée à l’administrateur de la prison civile de Lomé, 25 détenus se joignent au mouvement. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines : des cellules surpeuplées et insalubres et un accès insuffisant aux soins médicaux.

    Tous demandent la libération de ce qu’ils considèrent être des « prisonniers politiques », et le respect des avis de plusieurs instances internationales en leur faveur : de la Cour de justice de la Cédéao et du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

    « C’est un recours ultime », selon Maitre Raphael Kpande Adzare, président d’honneur de la ligue togolaise des droits de l’homme, qui rappelle que certains d’entre eux sont détenus depuis plusieurs années sans avoir été jugés.

    Source: rfi.fr/afrique

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