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Samuel Ekoé Galé : le contraste qui interpelle entre le Ghana et le Togo

Le Ghana semble avoir compris une chose essentielle dans la gestion moderne du football : bâtir sur ses propres ressources humaines. La récente nomination de Desmond Offei comme deuxième adjoint de Carlos Queiroz à la tête des Black Stars n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique de valorisation progressive des compétences locales, en les intégrant au plus haut niveau de la sélection nationale.

Compétence locale

La récente nomination de Desmond Offei au poste du second adjoint de Carlos Queiroz à la tête de la sélection nationale fanion du Ghana apparaît d’autant plus stratégique que le prochain départ de Carlos Queiroz pourrait ouvrir la voie à une transition naturelle. Dans ce scénario, le natif de Mampong-Akwapim, 38 ans, déjà immergé dans l’environnement des Black Stars, représenterait une option crédible pour prendre les rênes de l’équipe. Il connaît les joueurs, le système et les exigences du haut niveau international.

Le Ghana ne se contente donc pas de recruter des techniciens étrangers. Il prépare l’avenir. En intégrant ses propres cadres dans l’encadrement technique, il crée une passerelle vers une autonomie durable. C’est une approche pragmatique, réfléchie, et surtout tournée vers le long terme.

Contraste

À quelques kilomètres de là, au Togo, la réalité est bien différente. Le cas de Samuel Ekoé Galé illustre parfaitement ce décalage. Titulaire de la prestigieuse licence UEFA Pro, le plus haut niveau de certification pour un entraîneur, il possède pourtant un profil similaire à celui de Desmond Offei. Mieux encore, les deux techniciens sont issus de la même promotion, preuve d’un niveau de formation équivalent.

Mais là où le Ghanéen gravit les échelons au sein de sa sélection nationale, le Togolais semble relégué à l’arrière-plan. La Fédération togolaise de football ne lui offre ni visibilité, ni responsabilité à la hauteur de ses compétences. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des ressources humaines dans le football togolais.

Pourquoi un entraîneur aussi qualifié est-il laissé de côté ? Pourquoi ne bénéficie-t-il pas d’opportunités similaires à celles de ses homologues dans la sous-région ? Ces questions traduisent un malaise plus profond dans la gouvernance du football au Togo.

Poids des habitudes et choix conservateurs

Le Togo semble encore prisonnier d’un modèle ancien, largement dépendant des entraîneurs étrangers. Ce choix, souvent justifié par la recherche d’expertise ou de résultats rapides, montre aujourd’hui ses limites. Les techniciens venus d’ailleurs, bien que parfois expérimentés, ne maîtrisent pas toujours les réalités locales, notamment la culture footballistique, la mentalité des joueurs, les contraintes structurelles.

À l’inverse, les entraîneurs locaux comme Samuel Ekoé Galé disposent d’un avantage évident : une connaissance intime du terrain. Ils comprennent les dynamiques internes, les attentes des supporters, et les défis spécifiques du football togolais.

Pourtant, cette richesse reste sous-exploitée. Le manque de confiance envers les techniciens locaux freine leur progression et, par extension, celle du football national. L’exemple de Nibombé Daré, un recruté et licencié aussi rapidement que possible, est un cas isolé.

Nécessité

Si le Togo aspire à faire évoluer son football, un changement de paradigme s’impose. Il ne s’agit pas de rejeter systématiquement les entraîneurs étrangers, mais de rééquilibrer les choix en valorisant les compétences nationales.

Des profils comme Samuel Ekoé Galé représentent une opportunité précieuse. Sa formation UEFA Pro atteste de sa capacité à encadrer au plus haut niveau. Son parcours témoigne d’un engagement et d’une rigueur qui méritent reconnaissance.

L’exemple du Ghana montre qu’il est possible de construire une élite technique locale tout en restant compétitif sur la scène internationale. En intégrant progressivement ses entraîneurs de haut niveau dans les staffs des équipes nationales, le pays crée une dynamique vertueuse.

Le Togo gagnerait à s’inspirer de cette approche. Donner leur chance aux entraîneurs locaux, c’est investir dans l’avenir. C’est aussi renforcer l’identité du football national, en s’appuyant sur des acteurs qui en comprennent les fondements.

Tournant

Le contraste entre Desmond Offei et Samuel Ekoé Galé dépasse les trajectoires individuelles. Il révèle deux visions du développement du football. L’une tournée vers la valorisation interne, l’autre encore hésitante.

À l’heure où le football africain cherche à s’affirmer davantage sur la scène mondiale, la question de la formation et de la promotion des entraîneurs diplômés locaux devient centrale. Le Togo dispose des compétences nécessaires. Encore faut-il avoir la volonté de les utiliser.

En somme faire confiance à des techniciens comme Samuel Ekoé Galé ne relève pas seulement d’un choix sportif. C’est une décision stratégique, capable d’influencer durablement la trajectoire du football togolais.

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