Procès en appel sur la mort du colonel Bitala Madjoulba : des peines de 3 à 50 ans requises
Au Togo, le procès en appel des sept personnes accusées dans l’affaire de l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba a connu une étape judiciaire majeure le 25 février 2026, lorsque le procureur général de la cour d’appel militaire a requis des peines comprises entre 3 et 50 ans d’emprisonnement contre les prévenus.
Cet événement relance un dossier qui a profondément marqué l’opinion publique togolaise et secoué l’armée nationale depuis la mort du haut gradé en mai 2020.
Rappel des faits : une mort mystérieuse au cœur de l’armée
Le colonel Bitala Madjoulba était commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR) des Forces armées togolaises, une unité d’élite. Il a été tué par balle dans son bureau à Lomé dans la nuit du 3 au 4 mai 2020, quelques heures après la cérémonie d’investiture du président Faure Gnassingbé pour un nouveau mandat.
Sa disparition brutale avait suscité une vive émotion dans le pays, compte tenu de son statut et de son rôle dans l’appareil militaire. Une enquête judiciaire a été ouverte immédiatement, avec notamment des expertises balistiques demandées à la France.
Première instance : un verdict jugé trop clément
Lors du premier procès, qui s’est tenu devant le tribunal militaire de Lomé :
Deux des accusés ont été relaxés. Cinq autres ont été condamnés à des peines allant de 5 à 20 ans de prison pour des chefs d’accusation tels que complicité d’assassinat, entrave à la justice et atteinte à la sécurité intérieure de l’État.
Parmi les mis en cause figuraient des officiers supérieurs, dont l’ancien chef d’état-major général des Forces armées togolaises, le général Félix Abalo Kadanga, ainsi que le chauffeur du colonel Madjoulba et une secrétaire présente dans la garnison cette nuit-là.
Cependant, ce verdict avait été considéré comme trop clément par l’État togolais, qui a décidé de faire appel afin d’obtenir des sanctions plus sévères.
Réquisitions de l’appel : des peines plus dures
Devant la cour d’appel militaire, le procureur général a vivement critiqué le jugement de première instance, estimant que les peines prononcées ne reflètent pas la gravité des faits. Il a présenté les faits comme le fruit d’un complot minutieux avec intention de tuer, arguant que les accusés faisaient appel « pour narguer la justice ».
Le ministère public a ainsi requis des peines allant de 3 à 50 ans d’emprisonnement, avec la demande de la peine la plus lourde pour : le général Félix Abalo Kadangha, le colonel Ali Kodjo et le chauffeur du colonel Madjoulba.
Les auditions récentes devant la cour d’appel ont révélé des positions très similaires à celles du premier procès, certains accusés affirmant notamment ne pas avoir entendu de coups de feu dans la nuit du drame, à l’exception d’une sentinelle qui avait cru à l’éclatement d’un pneu.
Réactions et enjeux
Ce procès en appel est perçu comme un test important pour le système judiciaire togolais, confronté à des questions sensibles sur l’état de droit, la responsabilité militaire et la transparence dans une affaire touchant directement l’armée et la sécurité intérieure.
Du côté de la défense, certains avocats ont déjà dénoncé des vices de procédure et un manque de preuves tangibles dès le premier procès, accusations qui continuent d’être soulevées dans le cadre de l’appel.
Les plaidoiries sont prévues pour se poursuivre dans les prochains jours, et l’on attend désormais les décisions de la cour pour mesurer l’impact de cette affaire sur le climat politique et institutionnel au Togo.
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