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Paul Biya : le silence de trop autour d’un président de 93 ans

L’absence prolongée du chef de l’État camerounais relance une question devenue incontournable : qui gouverne réellement le Cameroun ?

Depuis le 7 juin dernier, Paul Biya est absent du Cameroun. Ce 27 juillet, son séjour en Suisse atteignait déjà une durée exceptionnelle de cinquante jours, un record pour le président camerounais. Officiellement, les autorités gardent le silence ou minimisent les interrogations. Pourtant, cette absence prolongée nourrit les spéculations dans un pays où la transparence sur l’état de santé du chef de l’État demeure un sujet sensible.

À 93 ans, Paul Biya est le plus vieux chef d’État en exercice au monde. Arrivé au pouvoir le 6 novembre 1982, il dirige le Cameroun depuis près de 44 ans. Une longévité politique exceptionnelle qui force le respect, mais qui soulève également des questions légitimes sur sa capacité à exercer pleinement les responsabilités d’une fonction aussi exigeante.

L’âge impose des interrogations légitimes

Aucun responsable politique, aussi expérimenté soit-il, n’échappe aux effets du temps. À plus de 90 ans, il est raisonnable de penser qu’une personne puisse connaître une santé plus fragile ou des capacités physiques diminuées, même si seul son entourage médical est en mesure d’établir un diagnostic. C’est précisément parce que Paul Biya occupe la magistrature suprême que son état de santé devient une question d’intérêt public.

Le problème n’est donc pas tant son séjour en Suisse que le manque de communication qui l’entoure. Durant cette longue absence, aucune activité officielle majeure n’a été rendue publique, laissant les Camerounais dans l’incertitude. Dans un État moderne, les citoyens sont en droit d’attendre des explications lorsque le président de la République disparaît aussi longtemps de la scène nationale.

Le devoir de vérité envers les Camerounais

Au lieu de répondre aux préoccupations de la population, certains proches du pouvoir préfèrent dénoncer les interrogations comme des attaques contre les institutions. Une telle posture risque d’alimenter davantage la méfiance que de restaurer la confiance.

Les courtisans du régime gagneraient à comprendre que les Camerounais ne sont pas naïfs. S’interroger sur l’état de santé d’un président de 93 ans, absent de son pays pendant plusieurs semaines, ne relève ni de l’irrespect ni de la manipulation politique. Il s’agit d’une préoccupation légitime dans toute démocratie.

La véritable question qui traverse aujourd’hui l’opinion publique est simple : qui gouverne effectivement depuis le Palais d’Etoudi lorsque le chef de l’État est éloigné du pays pendant une aussi longue période ? Tant que les autorités refuseront d’apporter des réponses claires, les rumeurs continueront d’occuper le vide laissé par le silence officiel. Dans une République, la confiance se nourrit de transparence, pas de dénégations.

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