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Ousmane Sonko charge le FMI: une sortie au vitriol

Le ton était ferme, les mots soigneusement choisis mais sans détour. Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, s’en est frontalement pris au Fonds monétaire international (FMI), lors d’une récente intervention publique qui fait grand bruit à Dakar comme dans les cercles financiers internationaux.

Dans un contexte de tensions budgétaires et de renégociations de programmes économiques, le chef du gouvernement, au cours d’une séance très suivie à l’Assemblée nationale, a dénoncé ce qu’il considère comme une “tutelle déguisée” sur les politiques publiques africaines.

Une critique frontale des conditionnalités

Au cœur de son réquisitoire : les conditionnalités imposées par le FMI aux États en difficulté. Ousmane Sonko a fustigé des exigences qu’il juge “déconnectées des réalités sociales”, notamment en matière de réduction des subventions, de maîtrise de la masse salariale et de réformes fiscales rapides.

Selon lui, ces mesures, souvent présentées comme des remèdes techniques, ont des conséquences sociales lourdes : hausse du coût de la vie, tensions sociales accrues et fragilisation des services publics. “On ne peut pas exiger des sacrifices permanents des populations tout en prétendant soutenir le développement”, a-t-il martelé, appelant à une refonte des mécanismes d’intervention du FMI en Afrique.

Souveraineté économique en ligne de mire

Cette sortie s’inscrit dans une ligne politique assumée : la reconquête de la souveraineté économique. Ousmane Sonko défend depuis plusieurs années l’idée d’un modèle de développement plus autonome, moins dépendant des bailleurs internationaux.

Face au FMI, il a rappelé que le Sénégal entendait désormais négocier “d’égal à égal”, en mettant en avant ses priorités nationales. Il a notamment insisté sur la nécessité de préserver les dépenses sociales et les investissements structurants, même en période d’ajustement budgétaire.

Pour le Premier ministre, l’Afrique doit sortir d’une logique d’assistance pour entrer dans une dynamique de partenariat. Il a ainsi appelé à repenser les règles du jeu financier international, estimant que les institutions de Bretton Woods n’ont pas suffisamment évolué pour prendre en compte les spécificités des économies africaines.

Un discours qui résonne au-delà du Sénégal

La charge d’Ousmane Sonko dépasse le cadre strictement sénégalais. Dans plusieurs pays du continent, les programmes du FMI sont régulièrement critiqués pour leurs impacts sociaux. Sa prise de position trouve donc un écho particulier auprès d’une jeunesse africaine en quête de dignité économique et de justice sociale.

Toutefois, cette posture n’est pas sans risques. Le Sénégal reste engagé dans des discussions financières cruciales, et la stabilité macroéconomique demeure un enjeu central. Les partenaires techniques et financiers observent attentivement l’évolution des relations entre Dakar et le FMI.

Entre rupture et réalisme

Si le ton est offensif, la stratégie reste à préciser. S’agit-il d’un repositionnement rhétorique pour peser davantage dans les négociations ? Ou d’un véritable tournant dans les relations avec le FMI ?

Une chose est certaine : en “dézinguant” publiquement le Fonds monétaire international, Ousmane Sonko a envoyé un signal fort. Celui d’un pouvoir qui entend rompre avec certaines pratiques du passé et redéfinir les termes de la coopération financière. Reste à savoir si cette posture débouchera sur une nouvelle doctrine économique ou sur un bras de fer aux conséquences imprévisibles.

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