Mali : après un an de prison, Moussa Mara retrouve la liberté dans un climat politique toujours sous tension
L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a recouvré la liberté samedi 1er août, après avoir purgé une peine d’un an de prison ferme. Sa libération intervient dans un contexte de durcissement du régime militaire, où les opposants et les voix critiques continuent de faire face à une forte répression.
Selon un responsable de son parti, Le Changement (Yelema), ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, « Moussa Mara a été libéré ce samedi après avoir purgé sa peine. Notre leader est en route pour son domicile » à Bamako. Une source judiciaire a également confirmé qu’il avait quitté la prison de Koulikoro, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.
Ancien chef du gouvernement entre 2014 et 2015, Moussa Mara avait été arrêté le 1er août 2025 après avoir annoncé sur les réseaux sociaux avoir rendu visite à des prisonniers qu’il qualifiait de « détenus d’opinion », auxquels il avait promis qu’ils obtiendraient un jour justice. Ces déclarations lui avaient valu des poursuites pour « atteinte au crédit de l’État et opposition à l’autorité légitime ».
En février 2026, la Cour d’appel de Bamako avait confirmé sa condamnation à deux ans de prison, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA, validant ainsi le jugement prononcé en première instance en octobre 2025.
La libération de Moussa Mara ne modifie toutefois pas le climat politique qui prévaut au Mali. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays est gouverné par une junte dirigée par le général Assimi Goïta. Les autorités militaires sont régulièrement accusées de restreindre les libertés publiques, de réduire au silence les médias et les opposants, et d’avoir dissous les partis politiques ainsi que plusieurs organisations à caractère politique.
Alors que la transition devait aboutir à un retour des civils au pouvoir en mars 2024, cette échéance n’a jamais été respectée. En juillet 2025, les autorités ont accordé au général Assimi Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable sans limitation et sans élection, consolidant ainsi le pouvoir de la junte dans un pays toujours confronté à une grave crise sécuritaire, économique et politique.
