La Chronique de Yves de Fréau : Le gouvernement, les dirigeants de clubs et le public sportif devront faire leur part
Dans une sérieuse et profonde analyse, le Secrétaire Général de la FTF (Fédération Togolaise de Football), Tété Hervé Agbodan, a essayé de faire un court diagnostic de l’absence prolongée sur la scène continentale des sélections, toutes catégories, et clubs représentant le pays des Gnassingbé. Avant d’évoquer le problème lié à l’inefficacité des attaquants. Déjà à la fin de la saison dernière, le Colonel Guy Akpovy, le guide de la FTF, avait, lui, mis en lumière un problème majeur de ce football, lié à la corruption au niveau du corps arbitral…
Du coup, la première réaction du Chroniqueur, qui signe son retour après un silence peu voulu…
Le poète revient en ce début d’année, non pour souhaiter à toutes et à tous ses vœux de bonne santé, de réussite et de bonheur, mais pour rappeler à l’opinion sportive nationale qu’avant la 22e journée de la D1 Lonato et la 6e journée des Plays-offs du championnat de la D2 au Togo, la FTF avait initié la saison dernière, un certain vendredi 10 mai 2024 à son siège, une rencontre d’échanges avec les arbitres officiant dans les championnats D1 et D2. Rencontre qui faisait suite aux nombreuses plaintes formulées contre les arbitres après les rencontres de championnats. Le président de l’instance du football national, le Colonel Guy Akpovy, qui avait dirigé cette rencontre, avait d’emblée, été clair.
Son principal objectif, étant de trouver avec ses collaborateurs des pistes de solutions à ces plaintes reçues. Aussi, assurait-i, : « J’ai eu à convoquer les arbitres qui officient les matchs de la D1 et de la D2. C’est pour une cause que nous l’avons fait. Vous savez que ces derniers temps, il y a eu assez de rumeurs sur la qualité de l’arbitrage, des manquements et autres, et des accusations parfois aussi graves. Il serait quand même intéressant de les appeler, de les écouter et mettre les points sur les i ».
Le président avait poursuivi en disant que, « Sincèrement, nous avons découvert qu’il y a beaucoup de choses dans cette corporation. (…). Nous mettons quand même tous les moyens pour leur formation et le recyclage (…). Il déplore que, « C’est quand même décevant que vous constatez lors d’un match que par une décision simple de l’arbitre, on change le résultat du match. C’est ce qui fait mal. Et également le président des clubs qui nous propose, il faut me changer, je ne veux pas tel arbitre sur mon match et ainsi de suite. Alors ça devient un peu regrettable (…).
Assez de corruptions dans le corps arbitral… Et une campagne de sensibilisation des supporters
En effet, cette rencontre semblait permettre au président de bien cerner les problèmes de la corporation. Etant donné, affirmait-il ce jour-là… « Aujourd’hui, nous avons appris beaucoup de choses » avait-il révélé, avant de déclarer… « Je sais qu’il y a des non-dits, mais il y aura peut-être des décisions qui sortiront pour que les matchs vraiment se fassent dans de très bonnes conditions parce que bientôt nous allons finir le championnat, nous allons à la fin de la D2, c’est des play-offs où vraiment les enjeux sont énormes ». Le Comité exécutif de la FTF compte poursuivre aussi la sensibilisation auprès des supporters.
Les arbitres des première et deuxième divisions, ainsi agrafés par le Colonel Akpovy, il était clair qu’une partie des maux dont souffre le football togolais depuis une vingtaine d’années est établie. Et l’année dernière (le 10 mai 2024), la corruption du corps arbitral national a chuté d’un cran. Tout comme le Togo qui peine à se hisser dans les compétitions africaines majeures. Aussi bien que ses représentants en Ligue des champions et en Coupe de la Confédération. L’absence prolongée des Eperviers sur la scène continentale, combinée à des éliminations répétées dans les différentes catégories, soulève des questions sur l’état contemporain du football national. Et le Secrétaire général de la Fédération Togolaise de Football (FTF) a pris la parole pour analyser cette situation, mettant aussi de son côté, en lumière un autre problème majeur : l’inefficacité des attaquants.
Tété Hervé Agbodan met en lumière l’inefficacité des attaquants
Dans son approche par rapport à ce sujet, le Secrétaire général de la FTF, estime que, : « Les matchs de nos sélections révèlent un véritable problème d’inefficacité offensive. Nous créons beaucoup d’occasions, mais nous peinons à les concrétiser. C’est un défi que nous devons relever », déclare-t-il. M. Tété Hervé Agbodan, qui fait allusion au match aller des éliminatoires du CHAN « Eperviers-Mena » (1-1) disputé à Kegue ! Il souligne en outre l’absence de buteurs performants dans le championnat local, disant ceci : « Sur ces dix dernières années, rares sont les joueurs ayant atteint les 20 buts en une saison. Une chose qui illustre clairement le manque de formation de qualité pour les attaquants », analyse-t-il. Et puis, selon HTA, cette carence offensive est liée à un manque de structures adaptées. « Pour remédier à ce problème, il faut des académies et des centres de formation bien structurés, capables de développer les compétences dès la base », ajoute-t-il.
C’est là où l’autorité suprême devrait intervenir pour faire comme chez nos voisins du Bénin. Autant soulever que le Gouvernement d’à côté, a lancé le 02 juillet 2018, conformément à son Programme d’Actions, la construction de vingt-deux (22) stades omnisports prévus. A travers ce projet de rêve pour les inconditionnels des sports, il s’agit non seulement, de rendre les sports béninois compétitifs, attrayants en valorisant leurs acteurs, mais encore plus de doter les communes du Bénin d’infrastructures aux normes. Les stades concernés sont dans les communes de Djougou, Banikoara, Bembèrèkè, Kouandé, Malanville, Nikki, Tanguiéta, Abomey, Covè, Ouèssè, Savalou, Toffo, Aplahoué, Comé, Djakotomey, Dogbo, Grand-Popo, Adjohoun, Avrankou, Kétou, Ouidah et Pobè.
Des stades omnisports qui font languir… Et un nouveau DTN prêt à faire évoluer les choses
Quiconque habite au Togo et est amoureux, passionné de sport notamment du football, en ce début du championnat de première division (Lonato D1) devrait avoir au fond de lui, une certaine tristesse. Les dirigeants de clubs aussi. Sans penser à tous ces joueurs qui évoluent dans l’élite. Et c’est justement pour elle que le Directeur Technique National, Dodzi Eklu Siabi, a rencontré ce mercredi 15 janvier, au siège de la Fédération Togolaise de Football, les représentants de l’Association des Entraîneurs et Éducateurs de Football du Togo (ANEEFOOT) ainsi que ceux de l’ASSAFT (Association des Anciens Footballeurs du Togo), patronnée par Anthonio Têtê Amouzou. Cette rencontre visait à échanger de manière constructive sur les défis et les perspectives du football national.
Et le DT national de planter le décor : «Nous avons échangé sur les problèmes auxquels est confronté notre football, aussi bien en ce qui concerne les joueurs, les encadrements que les infrastructures. De ce côté, nous nous orientons vers l’élaboration d’un statut du joueur de football. Qui peut-on appeler joueur professionnel, amateur, etc… et, à partir de là, fixer des conditions pour tous», a précisé l’ancien meneur de jeu d’Agaza Omnisport. Dont la mission, est à l’entame des échanges avec les acteurs du football. Dodzi Eklu Siabi a en effet rencontré Sebabi Gnéni, président de l’ANEEFOOT, ainsi que ses collaborateurs.
Et le DTN de poursuivre : «J’ai souhaité échanger aujourd’hui avec l’ANEEFOOT. Nous avons abordé des sujets concernant les éducateurs et entraîneurs, notamment leur formation. Ils nous ont fait part de leurs préoccupations. Nous avons également discuté de plusieurs aspects liés à l’employabilité des éducateurs et entraîneurs de football ». L’initiative bien appréciée par l’ANEEFOOT, souhaite d’autres rencontres pour approfondir les différents sujets évoqués. Et pour l’ancien DTN, : « Notre prise de contacts avec le nouveau DTN a été très importante. On a eu à échanger sur le projet d’élaboration du statut de l’entraineur de football. Nous avons été satisfaits sur plusieurs autres points. Tous les sujets qui étaient des préoccupations de l’ANEEFOOT ont été discutés », a indiqué Sebabi Gneni, devenu président de l’ANEEFOOT. Vœux, recommandations ou pas, il faut pour le poète une conclusion pour cette Chronique.
Et c’est une invite à faire en sorte qu’une douzaine de stades omnisports soient projetés sur toute l’étendue du territoire, que l’arbitrage fasse plus de progrès, que le champion et son dauphin soient de véritables méritants et que les sélections nationales ne déçoivent pas leurs supporters. Toutes les entités devraient faire leur part de sorte que notre football, qui était en Coupe du monde régénère des stars. Et qu’aussi, la monotonie ne s’installe pas dans le classement de notre championnat à la fin des 6 dernières saisons, comme ça a été le cas.
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