Gestion concertée de l’eau : Séna Alipui prend les rênes du Conseil des ministres de l’ABM
La gestion concertée des ressources en eau transfrontalières s’impose aujourd’hui comme un levier majeur de stabilité, de développement et de paix. Ce message fort a marqué l’ouverture, à Lomé, de la 8ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin du Mono (ABM). À cette occasion, le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a rappelé l’enjeu stratégique que représentent le fleuve Mono et les aquifères partagés pour le Togo et le Bénin.
Dans son intervention, nourrie par un diagnostic lucide et des perspectives d’action, le ministre a insisté sur la nécessité d’une gouvernance intégrée, équitable et durable. L’ABM, créée conjointement par Lomé et Cotonou, a précisément pour mission de prévenir les conflits liés à l’eau, d’harmoniser les usages, eau potable, agriculture, industrie et énergie, et de préserver les écosystèmes.
Défis
Le bassin du Mono couvre environ 24 300 km², dont près de 88 % se situent sur le territoire togolais, ce qui confère au Togo une responsabilité particulière dans la préservation de cette ressource vitale.
Au terme des travaux, Séna Alipui a été porté à la présidence du Conseil des ministres de l’ABM, un mandat stratégique qui vient consacrer l’engagement du Togo en faveur de la coopération hydrique régionale. Cette nouvelle responsabilité l’expose toutefois à des défis majeurs. La pression démographique accrue sur les rives du Mono, les effets déjà perceptibles du changement climatique, alternance de crues et d’étiages sévères, ainsi que la concurrence entre usages productifs exigent des arbitrages éclairés et une coordination renforcée entre États et acteurs locaux.
Parmi les acquis de cette coopération figure le barrage hydroélectrique de Nangbéto, mis en service en 1987 et géré par la Communauté électrique du Bénin (CEB). Symbole d’un partenariat gagnant-gagnant, l’ouvrage fournit de l’électricité aux deux pays tout en illustrant les bénéfices d’une gestion partagée des infrastructures hydrauliques.
Urgence
Pour le nouveau président du Conseil des ministres de l’ABM, l’urgence est désormais de consolider les mécanismes de financement, d’améliorer le partage des données hydrologiques et de renforcer la résilience des communautés riveraines. « Seule une gestion solidaire et coordonnée garantira la sécurité hydrique et un développement durable », a-t-il martelé en conclusion.
À Lomé, la session de l’ABM aura ainsi consacré un leadership et tracé une feuille de route : faire de l’eau non pas un facteur de tension, mais un moteur de paix et de prospérité partagée dans le bassin du Mono.
