Fiscalité 2026 : le patronat à l’école des réformes
Le secteur privé togolais se mobilise pour mieux appréhender les nouvelles règles fiscales. À l’initiative du Conseil National du Patronat du Togo, la 9ᵉ édition du « Petit Déjeuner du Patronat » s’est tenue jeudi 19 mars 2026, marquant la première grande activité de l’année entre opérateurs économiques et administration.
Organisée au siège du patronat, la rencontre a rassemblé de nombreux chefs d’entreprises et représentants d’associations professionnelles autour d’un objectif clair : décrypter les enjeux de la loi de finances 2026 et ses implications concrètes pour le tissu économique national.
En ouverture, Mme KLUTSE Kékéli, Directrice exécutive par intérim du CNP-Togo, a donné le ton. Représentant le président empêché, elle a salué la forte mobilisation des acteurs privés et rappelé la vocation de ce rendez-vous, désormais inscrit dans l’agenda économique togolais. « Le Petit Déjeuner du Patronat est devenu un cadre privilégié d’échanges entre le secteur privé et l’administration publique », a-t-elle souligné.
Insistant sur l’importance stratégique de la loi de finances, elle a rappelé qu’elle constitue un levier majeur de la politique économique nationale. Ses dispositions influencent directement la compétitivité des entreprises, l’attractivité du pays et, plus largement, l’environnement des affaires. Dans cette optique, elle a invité les opérateurs économiques à s’approprier les nouvelles mesures fiscales et douanières afin d’anticiper les mutations en cours et d’en tirer profit.
Partenaire de l’événement, l’Unité de Politique Fiscale (UPF) a ensuite pris la parole à travers son directeur, M. AHIAKPOR Koffi Delalom. Celui-ci a présenté les grandes orientations de la loi de finances 2026, mettant en avant une volonté affirmée de simplification du système fiscal, de réduction des contentieux et de consolidation du dialogue entre l’administration et les contribuables.
Dans le prolongement de cette intervention, M. PIGNANG, chef de la cellule fiscalité directe et indirecte à l’UPF, a détaillé les mesures phares de la réforme. Il a notamment mis l’accent sur trois axes structurants : la modernisation du système fiscal, le renforcement du partenariat public-privé et la diminution des litiges fiscaux.
Parmi les innovations majeures figurent plusieurs dispositifs touchant des secteurs clés. La TETTIC (Taxe sur les entreprises de télécommunications et des technologies de l’information et de la communication) fait son entrée, tout comme la TVA appliquée aux services numériques. La réforme introduit également la facturation électronique certifiée, une avancée destinée à améliorer la transparence et la traçabilité des transactions.
D’autres mesures concernent l’immatriculation des immeubles ainsi que la clarification des droits d’enregistrement sur les condamnations, autant d’ajustements visant à sécuriser les recettes publiques tout en facilitant les démarches administratives des entreprises.
Au-delà des aspects techniques, ces nouvelles dispositions traduisent une ambition plus large : instaurer une fiscalité plus équitable, soutenir l’investissement et renforcer la confiance entre l’État et le secteur privé.
La rencontre s’est achevée sur une session d’échanges interactifs, au cours de laquelle les participants ont pu exprimer leurs préoccupations, poser des questions et partager leurs expériences. Un moment d’écoute et de dialogue salué par l’ensemble des acteurs présents.
À travers cette initiative, le Conseil National du Patronat du Togo confirme son engagement à maintenir un dialogue constant avec l’administration publique. Un positionnement qui s’inscrit dans une dynamique plus globale d’amélioration du climat des affaires, à l’heure où le pays cherche à consolider sa croissance et à attirer davantage d’investissements.
