Amen Assignon : la voix des médias, en quête d’opportunité
Journaliste togolaise, mère et créatrice de contenus, Amen Assignon incarne depuis plus d’une décennie la passion et la résilience du métier de journaliste en Afrique de l’Ouest. Pourtant, derrière un parcours riche de plus de seize années d’expérience dans les médias, se cache aujourd’hui une réalité plus sombre : celle d’une professionnelle expérimentée actuellement au chômage et à la recherche d’une nouvelle opportunité. Son parcours illustre, à lui seul, la précarité persistante du journalisme au Togo et dans de nombreux pays africains.
Un parcours forgé par la passion du micro
Rien ne prédestinait véritablement Amen Assignon au journalisme. Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique (série D) au lycée de Tokoin, elle entame des études en sciences avant de se réorienter vers l’anthropologie à l’Université de Lomé. Mais parallèlement à son cursus universitaire, sa passion pour les médias prend rapidement le dessus. Elle commence alors à faire ses premiers pas dans le monde du journalisme tout en poursuivant ses études.
Ses débuts professionnels se font à Radio KNTB, avant qu’elle ne rejoigne en 2008 la Chaîne du Futur (LCF) où elle se distingue comme journaliste, reporter et animatrice d’émissions culturelles. Elle poursuit ensuite son parcours à City FM, puis à Taxi FM, où elle occupe plusieurs fonctions : reporter, présentatrice de journal et animatrice d’émissions dédiées aux femmes et aux questions sociales.
Au fil des années, sa voix et son style journalistique s’imposent. Sa voix, souvent décrite comme “semi-rock” et marquante, devient reconnaissable pour les auditeurs et téléspectateurs.
Une journaliste ouverte sur l’international
Grâce à son professionnalisme, Amen Assignon élargit progressivement son horizon au-delà des médias locaux. Elle collabore pendant plusieurs années avec la radio internationale allemande Deutsche Welle (DW) entre 2015 et 2021.
En 2022, elle franchit une nouvelle étape en devenant correspondante au Togo pour VOA Afrique (Voice of America), un média international de référence. À travers ses reportages, elle s’attache à mettre en lumière les initiatives positives du continent et à promouvoir les talents africains.
Pour elle, le journalisme n’est pas seulement un métier, mais une mission : montrer une Afrique dynamique, créative et capable d’écrire son propre avenir.
Une professionnelle aux multiples compétences
Au fil de sa carrière, Amen Assignon a développé une palette de compétences aujourd’hui très recherchées dans les médias contemporains.
Elle est à la fois : journaliste et reporter de terrain, créatrice de contenus, rédactrice freelance, spécialiste du storytelling, voix-off pour documentaires et productions audiovisuelles et monteuse audio et vidéo.
Elle s’intéresse particulièrement aux sujets liés au social, au bien-être et au développement, avec la volonté constante de raconter des histoires humaines et inspirantes.
Le revers du métier : la précarité journalistique
Malgré cette expérience solide et cette polyvalence, Amen Assignon se retrouve aujourd’hui sans emploi stable, une situation qui reflète un problème plus large.
Au Togo comme dans plusieurs pays africains, le secteur des médias reste marqué par :
- des contrats précaires
- la fermeture ou l’instabilité des organes de presse
- des salaires souvent faibles
- un manque de protection sociale pour les journalistes
La fermeture de certaines chaînes et radios, ou la dépendance économique de nombreux médias, fragilise les carrières. Beaucoup de journalistes expérimentés se tournent alors vers le freelance, la production indépendante ou la création de contenus, parfois sans garantie de revenus réguliers.
Le cas d’Amen Assignon illustre ainsi une contradiction fréquente dans les médias africains : des talents reconnus, mais peu de structures capables d’offrir une stabilité professionnelle durable.
Une voix qui cherche un nouveau chapitre
Aujourd’hui, Amen Assignon se définit comme journaliste freelance et créatrice de contenus, prête à mettre son expertise au service de nouveaux projets médiatiques, institutionnels ou audiovisuels.
Son parcours témoigne d’une conviction profonde : l’Afrique a besoin de journalistes engagés capables de raconter ses réalités autrement.
Mais pour que ces voix continuent d’exister, encore faut-il que les conditions du métier permettent à ceux qui l’exercent de vivre dignement de leur travail.
Contact : +228 90 13 71 64
