À LA UNEActualitésCulture

« Les pleurs du bon Dieu » : Zeus Komi Aziadouvo ausculte un pays à l’envers

Avec ”Les pleurs du bon Dieu”, Zeus Komi Aziadouvo signe un récit satirique qui interroge les travers d’une société où les repères semblent vaciller.

Quand la satire devient miroir

Le titre intrigue autant qu’il interpelle. Dans Les pleurs du bon Dieu, Zeus Komi Aziadouvo imagine le Pafiland, une république singulière où « le mal semble avoir pris le dessus sur le bien », selon la présentation de l’ouvrage. Mensonge, corruption, népotisme et perte des valeurs s’y côtoient, dans un univers où même la foi semble impuissante à remettre de l’ordre.

À travers Tchaa, un enseignant retraité confronté aux désillusions de son époque, et une famille pieuse dont le fils préfère les hommes aux certitudes familiales, l’auteur joue avec l’ironie pour explorer les contradictions humaines, politiques et morales. Le roman entend ainsi pousser le lecteur à regarder autrement une société qui, derrière ses apparences, porte ses propres blessures.

L’ouvrage est publié aux Éditions Baudelaire. La couverture, sombre et volontairement théâtrale, donne déjà le ton : une ville en crise, une foule inquiète et, au premier plan, une figure couronnée semblant observer un monde en plein désarroi.

Un auteur qui n’en est pas à son premier regard

Avec ce nouveau livre, Zeus Komi Aziadouvo confirme surtout une trajectoire d’écrivain nourrie par son expérience de journaliste et d’observateur de la société. Son parcours éditorial avait commencé avec Sylvanus Olympio, panafricaniste et pionnier de la CEDEAO, publié chez L’Harmattan en 2013. L’ouvrage revisitait notamment le rôle de l’ancien président togolais dans l’intégration ouest-africaine.

En 2016, il publiait également Emmanuel Adebayor, la lumière, consacré au parcours de l’attaquant togolais, de ses débuts jusqu’à son passage à Crystal Palace.

De l’histoire politique au parcours sportif, puis à la fiction satirique, Zeus Komi Aziadouvo change donc de registre sans abandonner son terrain de prédilection : la société et ses contradictions. Avec Les pleurs du bon Dieu, le journaliste-écrivain invite ainsi le lecteur à sourire, mais surtout à réfléchir. Une manière, peut-être, de rappeler que lorsqu’une société cesse de s’interroger sur elle-même, il ne reste parfois au « bon Dieu » que les larmes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes