Golfe 4 : face à la menace de déguerpissement, les commerçants de Hanou-kopé sollicitent l’arbitrage de Faure Gnassingbé
Les exploitants de bars, buvettes, restaurants et autres commerces installés le long du canal d’équilibre de Hanou-kopé demandent l’ouverture d’un dialogue avec les autorités afin de trouver une issue concertée au projet de déguerpissement qui les concerne.
L’inquiétude reste vive parmi les tenanciers de bars, de buvettes, de restaurants et plusieurs commerçants installés le long du canal d’équilibre de Hanou-kopé, dans la commune du Golfe 4. Alors que des échanges auraient déjà eu lieu entre les autorités communales et l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP), les occupants des lieux estiment que leur situation demeure sans solution.
Réunis ce mercredi 8 juillet à Lomé au cours d’un point de presse, leurs porte-parole ont lancé un appel au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, afin qu’il favorise, selon eux, un règlement concerté du différend qui les oppose à la municipalité.
Selon la déclaration rendue publique à cette occasion, les commerçants affirment être confrontés à la perspective d’un déguerpissement imminent de leurs installations. Ils disent craindre les conséquences économiques et sociales d’une telle mesure sur leurs activités et sur les familles qui en dépendent.
« Notre cri est un cri de détresse, de dignité et de justice », ont déclaré les porte-parole, précisant qu’ils ne remettent pas en cause « le domaine public » ni « l’autorité » des pouvoirs publics, mais souhaitent avant tout être entendus avant toute décision définitive.
Dialogue et solution concertée?
Dans leur déclaration, les occupants des lieux soutiennent qu’ils n’ont pas l’intention de s’opposer aux travaux d’intérêt public qui pourraient être engagés sur le canal d’équilibre. Ils affirment notamment que leurs installations ne feraient pas obstacle, selon eux, aux opérations de curage.
« Nous ne bloquons pas le curage, nous entretenons les lieux », ont-ils déclaré, rejetant les accusations selon lesquelles leur présence empêcherait les travaux d’assainissement. Les commerçants assurent également contribuer régulièrement à l’entretien de leur environnement immédiat.
Les signataires du document estiment par ailleurs que toute opération de déguerpissement devrait, selon eux, s’accompagner d’un dialogue préalable ainsi que de mesures permettant d’atténuer les conséquences sociales pour les personnes concernées.
Ils évoquent les nombreuses familles qui dépendent de ces activités économiques pour faire face aux dépenses quotidiennes, notamment le paiement des loyers, de la scolarité des enfants ou encore des soins de santé.
« Si vous détruisez aujourd’hui sans solution, vous créez la misère demain », déclarent-ils dans leur communiqué.
Appel au secours

S’adressant directement au Président du Conseil, les représentants des commerçants sollicitent son intervention afin de favoriser, selon leurs termes, « un dialogue franc et sincère » entre toutes les parties concernées.
Tout en reconnaissant être installés sur une emprise relevant du domaine public, ils demandent qu’une solution négociée puisse être recherchée.
« Nous sommes sur le domaine public. Nous le savons. Mais nous sommes vos concitoyens. Aidez-nous à avoir une solution concertée à notre situation », peut-on lire dans leur déclaration.
À ce stade, les autorités de la commune du Golfe 4 n’avaient pas, dans le cadre de ce point de presse, rendu publique leur réaction aux différentes préoccupations exprimées par les commerçants. Les motivations précises des opérations envisagées n’ont pas non plus été détaillées au cours de cette rencontre avec la presse.
Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs collectivités locales poursuivent des opérations d’assainissement, d’aménagement urbain ou de libération d’emprises publiques, des initiatives qui peuvent parfois susciter des inquiétudes parmi les occupants des sites concernés.
Les commerçants de Hanou-kopé disent désormais espérer qu’une concertation permettra de concilier les impératifs d’intérêt public liés aux travaux d’aménagement et la préservation des moyens de subsistance des personnes concernées. En attendant une éventuelle évolution du dossier, ils réaffirment leur disponibilité à participer à toute discussion susceptible d’aboutir à une solution consensuelle.
