Addictions au Togo : des chiffres qui sonnent l’alerte chez les jeunes
L’alcool représente près de 39 % des substances consommées au Togo, tandis que les jeunes de 10 à 25 ans demeurent les plus exposés à ce phénomène inquiétant.
La lutte contre les addictions aux produits psychoactifs devient un enjeu majeur de santé publique au Togo. Réunis le 3 juin 2026 dans le cadre des « Rendez-vous du REMAPSEN », des professionnels des médias ont échangé avec les responsables du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP) afin de mieux comprendre l’ampleur du phénomène et renforcer la sensibilisation auprès des populations.
Les chiffres présentés par le coordonnateur du PNAPP, le Pr Francis Balaka, sont particulièrement préoccupants. Selon les données du réseau épidémiologique national et du rapport WENDU de la CEDEAO, l’alcool arrive largement en tête des substances les plus consommées avec 38,83 % des cas recensés. Une consommation qui concerne notamment le sodabi et les alcools frelatés.
Le cannabis occupe la deuxième place avec 23,59 %, soit près d’un quart des consommations observées. La cocaïne représente quant à elle 2,3 % des usages, tandis que d’autres substances comme le tramadol, le tabac et la chicha gagnent également du terrain en raison de leur grande accessibilité sur le marché informel.
Le profil des personnes les plus vulnérables interpelle davantage. Les jeunes âgés de 10 à 25 ans constituent la principale cible des addictions, avec une implication quotidienne dans la consommation d’alcool et de drogues.
Sur le plan géographique, le phénomène touche l’ensemble du pays, mais certaines zones apparaissent particulièrement exposées. Le Grand Lomé, la région Maritime et la région de la Kara figurent parmi les territoires les plus affectés.
Au-delà des statistiques, les conséquences sont lourdes. Les spécialistes évoquent des abandons scolaires, des pertes de mémoire, des lésions cérébrales, des atteintes du foie, des risques accrus de cancers et même des arrêts cardiaques.
Face à cette situation, le PNAPP, créé en 2020, articule son action autour de trois piliers majeurs : la prévention et l’éducation à la santé, la prise en charge médicale et l’accompagnement psychosocial.
Les responsables du programme lancent également un appel aux parents et aux médias. Les premiers sont invités à renforcer leur vigilance auprès des enfants, tandis que les journalistes sont encouragés à multiplier les actions de proximité afin de briser la chaîne des addictions.
Une certitude se dégage de cette rencontre : lorsque près de 4 consommateurs sur 10 sont concernés par l’alcool et que les adolescents et jeunes adultes deviennent les premières victimes, l’urgence n’est plus seulement sanitaire, elle est désormais sociétale.
