À LA UNEActualitésEnvironnement

Agroforesterie : le Togo se positionne pour devenir un acteur majeur en Afrique

À l’Université de Lomé, chercheurs, chefs traditionnels et experts unissent leurs forces pour faire du Togo une référence continentale de l’agroforesterie.

L’agroforesterie prend une nouvelle dimension au Togo. En dressant le bilan de sa participation aux cinq dernières éditions du Congrès mondial de l’agroforesterie, le pays affiche désormais des ambitions continentales avec la création officielle de l’Union africaine pour l’agroforesterie, branche togolaise (AFRU-Togo). Une initiative qui pourrait placer le Togo au cœur des stratégies africaines de lutte contre le changement climatique et de restauration des écosystèmes.

Le 5 juin 2026, le Centre numérique francophone de l’Université de Lomé a servi de cadre à un important atelier de restitution réunissant enseignants-chercheurs, autorités traditionnelles, représentants de l’administration publique et acteurs de la société civile engagés dans la protection de l’environnement.

Organisée par le Centre de Recherche et de Formation sur les Plantes Médicinales (CERFOPLAM), en collaboration avec GASD/SADDA-Togo, l’Union des chefs traditionnels de Yoto (UCTY) et la Fondation Messanvi GBAESSOR de Recherche-Action pour le Développement (FOMGRADA), la rencontre avait un double objectif : évaluer les acquis de la participation togolaise aux cinq derniers Congrès mondiaux de l’agroforesterie et mettre en place une structure nationale capable de porter les ambitions du pays à l’échelle continentale.

Depuis 2009, le Togo a régulièrement pris part aux grands rendez-vous mondiaux du secteur, notamment à Nairobi, New Delhi, Montpellier, Québec et Kigali. Cette constance a permis aux experts togolais d’accumuler une expérience précieuse et de nouer des partenariats stratégiques.

L’un des artisans de cette dynamique, le Dr Koudouvo Koffi, maître de conférences à l’Université de Lomé, a rappelé la philosophie qui guide son engagement : « Le bruit ne fait pas du bien et le bien ne fait pas de bruit ».

À travers cette formule, il a voulu souligner la discrétion avec laquelle de nombreux acteurs togolais travaillent depuis plusieurs années à l’intégration des pratiques agroforestières dans les politiques de développement durable.

Le chercheur a notamment salué l’accompagnement du ministère de l’Environnement et des Ressources forestières ainsi que le rôle déterminant des chefs traditionnels dans la préservation des forêts sacrées, véritables réservoirs de biodiversité.

Les échanges ont permis de mettre en évidence les nombreux bénéfices tirés de la participation du Togo aux différentes rencontres internationales. Parmi eux figurent le partage des bonnes pratiques agricoles adaptées aux réalités locales, le renforcement des partenariats scientifiques, l’accès à de nouveaux appuis techniques et financiers ainsi que l’intégration progressive des mécanismes liés au crédit carbone.

Ces avancées constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour répondre aux défis environnementaux qui menacent le continent africain. Les participants ont particulièrement insisté sur la nécessité d’accélérer les actions de restauration des terres dégradées, de freiner la déforestation et de renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux changements climatiques.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Professeur Taïrou, premier vice-doyen de la Faculté des sciences, représentant le secrétaire général de l’Université de Lomé, a rappelé que la reconnaissance dont bénéficie désormais le Togo sur la scène africaine s’accompagne de nouvelles responsabilités.

Selon lui, la création d’un cadre national de concertation apparaît indispensable pour permettre au pays de jouer pleinement son rôle dans la gouvernance continentale de l’agroforesterie.

L’autre moment fort de cette journée a été la mise en place officielle de l’AFRU-Togo, avec l’élection de son premier bureau national.

Le Dr Koudouvo Koffi a été porté à la présidence de la nouvelle organisation. Il sera épaulé par un bureau composé à la fois de chercheurs, de responsables communautaires et de chefs traditionnels, une configuration qui traduit la volonté d’associer savoir scientifique et connaissances ancestrales.

Cette nouvelle équipe aura plusieurs missions stratégiques : structurer le réseau national des acteurs de l’agroforesterie, promouvoir les initiatives liées au crédit carbone et préparer la candidature du Togo à l’organisation du premier Congrès africain de l’agroforesterie envisagé en 2027.

Une échéance qui servirait de tremplin au prochain Congrès mondial prévu en 2028 au Costa Rica.

Au-delà d’une simple rencontre académique, cet atelier marque une étape importante dans la stratégie environnementale du Togo. En misant sur l’agroforesterie, le pays entend transformer ses défis climatiques en opportunités de développement durable et s’imposer comme l’un des laboratoires africains des solutions écologiques de demain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes