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Togo : diplômés mais invisibles, les personnes handicapées interpellent l’État sur leur droit à l’emploi

Au Togo, des diplômés en situation de handicap brisent le silence et exigent que leurs compétences ouvrent enfin les portes de l’emploi.

Ils ont étudié, obtenu des diplômes et nourri les mêmes ambitions que tous les autres jeunes Togolais. Pourtant, leur insertion professionnelle demeure un parcours semé d’embûches. À Lomé, des diplômés en situation de handicap sont récemment descendus dans la rue pour réclamer ce qu’ils considèrent comme un droit fondamental : un emploi décent et une véritable égalité des chances.

Cette manifestation met en lumière une réalité souvent ignorée. Malgré les discours en faveur de l’inclusion, de nombreux jeunes diplômés handicapés peinent toujours à accéder au marché du travail. Ils dénoncent des recrutements insuffisamment inclusifs, des préjugés persistants et un manque de mécanismes concrets favorisant leur intégration professionnelle.

Le paradoxe est frappant. Le Togo s’est pourtant engagé depuis plusieurs années dans des politiques de promotion des droits des personnes vivant avec un handicap. Le pays a ratifié en 2011 la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées et a mis en place plusieurs dispositifs destinés à encourager leur inclusion sociale et économique.

Mais entre les textes et la réalité, l’écart reste considérable. Selon des données relayées par les Nations unies, plus de 80 % des personnes handicapées diplômées en Afrique sont sans emploi. Au Togo, les obstacles sont multiples : accessibilité limitée des lieux de travail, discrimination à l’embauche, manque de formations adaptées et faible application des politiques publiques.

Cette colère intervient d’ailleurs dans un contexte où les autorités mettent en avant des efforts en faveur de l’employabilité des jeunes vulnérables. L’Agence nationale du volontariat au Togo affirme avoir accompagné plus de 13 000 jeunes vulnérables et handicapés entre 2024 et 2025. Une avancée saluée, mais qui reste insuffisante pour répondre à la demande croissante des diplômés en quête d’un véritable emploi stable.

Au-delà de cette manifestation, ces jeunes adressent un message fort aux décideurs : le handicap ne doit plus être un facteur d’exclusion. Leur combat dépasse la simple revendication d’un poste de travail. Il pose une question essentielle à la société togolaise : à quoi sert un diplôme si ceux qui l’obtiennent restent condamnés à l’invisibilité ?

L’inclusion ne se mesure pas aux promesses, mais aux opportunités réellement offertes. Pour ces diplômés, le temps des discours semble désormais révolu. Place aux actes.

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