Mondial 2026 : la grande exclusion des supporters africains
Entre visas difficiles, coûts prohibitifs et climat politique hostile, la Coupe du monde 2026 se déroule presque sans les supporters africains. Une absence qui interroge autant qu’elle scandalise.
La fête mondiale du football a commencé le 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Mais pour de nombreux passionnés africains, la Coupe du monde 2026 ressemble davantage à un spectacle regardé de loin qu’à une célébration vécue sur place. Pour la première fois dans l’histoire récente du tournoi, le continent africain est pratiquement absent des tribunes.
En cause, d’abord, le coût exorbitant du voyage. Entre les billets d’avion, l’hébergement, les déplacements intérieurs et le prix des tickets des matchs, assister au Mondial est devenu un luxe inaccessible pour la majorité des supporters africains. Dans certaines villes hôtes américaines, le coût de la vie atteint des sommets, rendant tout séjour particulièrement onéreux.
À cette barrière économique s’ajoute une autre, plus politique. Les mesures migratoires et sécuritaires renforcées mises en place sous l’administration de Donald Trump continuent de produire leurs effets. Les procédures de visas demeurent longues, complexes et souvent dissuasives pour les ressortissants de plusieurs pays africains. Certains candidats au voyage ont même renoncé avant d’entamer les démarches, convaincus que leurs chances d’obtenir une autorisation d’entrée étaient faibles.
Cette situation crée un contraste saisissant avec le discours officiel de la FIFA, qui ne cesse de promouvoir un football universel, inclusif et accessible à tous. Pourtant, l’absence massive des supporters africains dans les stades américains ne semble susciter aucune réaction notable de l’instance mondiale du football.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’Afrique compte neuf représentants dans cette édition 2026 et que le football y est plus populaire que jamais. Les équipes africaines sont présentes sur la pelouse, mais leurs supporters, eux, restent largement bloqués aux frontières ou freinés par des contraintes financières insurmontables.
