À LA UNEActualitésSports

Deux ex-employés bloquent les comptes de la Fédération togolaise de football

Le bras de fer judiciaire entre la Fédération Togolaise de Football et deux de ses anciens employés plonge aujourd’hui l’instance faîtière sportive dans une situation financière et administrative délicate.

C’est une révélation du confrère Togoscoop. La crise qui secoue actuellement la Fédération Togolaise de Football (FTF) trouve son origine dans une série de licenciements intervenus après la restructuration du staff des Éperviers du Togo. Dix ans après l’arrivée du Colonel Guy Akpovy à la tête de l’instance dirigeante du football togolais, l’affaire met en lumière les tensions persistantes autour de la gestion administrative et sociale de la fédération.

Élu président de la FTF le 16 février 2016, le Col Guy Akpovy avait hérité d’une fédération fragilisée par plusieurs années de crise. Dans la foulée, l’ancien sélectionneur français Claude Le Roy est recruté avec l’appui des autorités togolaises pour conduire un nouveau projet sportif. Malgré une qualification remarquée à la Coupe d’Afrique des Nations 2017 au Gabon, les résultats sportifs des Éperviers n’ont pas répondu aux attentes, conduisant finalement au départ du technicien français.

Dans le contexte de cette réorganisation, plusieurs membres du staff technique et administratif de la sélection nationale ont vu leurs contrats interrompus. Les conditions de ces départs ont rapidement suscité des critiques. Parmi les concernés figurent Augustin Améga, ancien officier média des Éperviers, et Pawinam Batema, Team Manager de l’équipe nationale.

Les deux anciens employés affirment avoir été licenciés sans concertation préalable ni respect des procédures prévues par le Code du travail. Selon Augustin Améga, la notification de rupture de contrat lui aurait été transmise par messagerie électronique alors qu’il était hospitalisé. Les deux hommes dénoncent également plusieurs années de collaboration sans rémunération régulière.

Après une tentative de règlement à l’amiable restée sans suite, les intéressés saisissent la justice en novembre 2021. Une phase de conciliation est engagée, avant l’ouverture d’une longue procédure judiciaire marquée par plusieurs reports d’audience.

Le 12 novembre 2024, le tribunal condamne la FTF pour licenciement abusif et ordonne le paiement d’arriérés de salaires ainsi que diverses indemnités. La fédération fait appel de cette décision quelques semaines plus tard. Mais le 8 mai 2026, la Cour d’appel confirme en grande partie le jugement rendu en première instance, rejetant toutefois les demandes de dommages et intérêts formulées par les plaignants.

À la suite de cette décision, Augustin Améga et Pawinam Batema ont engagé une procédure d’exécution par voie d’huissier. Le vendredi 15 mai 2026, plusieurs comptes bancaires de la FTF ont été bloqués, paralysant temporairement certaines opérations financières de l’institution.

Selon des sources internes à la fédération, cette situation pourrait compliquer l’organisation de certaines activités, notamment la tenue du prochain congrès financé en partie par une subvention de la FIFA. De son côté, la FTF aurait introduit une opposition à l’exécution de l’arrêt rendu par la Cour d’appel.

Au-delà du différend entre la fédération et ses anciens employés, cette affaire relance le débat sur les conditions contractuelles et la gestion des ressources humaines au sein des institutions sportives togolaises. Plusieurs observateurs estiment désormais que l’issue de ce dossier pourrait faire jurisprudence pour d’autres employés évoluant dans des situations similaires au sein de la FTF.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes