Au Togo, salaire indigne, presse fragile
Le SYNJIT alerte sur la précarité des journalistes et ses menaces sur la liberté de la presse au Togo à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2026.
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai 2026, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) tire la sonnette d’alarme sur les conditions de vie des professionnels des médias. Dans un communiqué rendu public à Lomé, l’organisation met en lumière une réalité persistante : sans dignité salariale, la liberté de la presse reste fragile et menacée.
Le SYNJIT rend d’abord hommage aux journalistes togolais qui, malgré un environnement socio-politique complexe et une précarité croissante, continuent d’assurer leur mission d’information avec engagement. Mais derrière cet hommage, le ton se veut ferme. Le syndicat rappelle qu’« il ne peut y avoir de liberté de presse sans travail décent ». Une affirmation qui résume l’enjeu central : un journaliste mal rémunéré devient vulnérable, et une presse vulnérable est exposée à diverses formes de pressions et d’influences.

Une précarité qui fragilise l’indépendance
Dans son communiqué, le SYNJIT insiste sur le lien direct entre conditions économiques et indépendance éditoriale. Selon lui, le journaliste togolais ne peut pleinement jouer son rôle de garant de la démocratie s’il reste prisonnier de difficultés financières. La précarité, devenue structurelle dans le secteur, constitue ainsi une menace sérieuse pour la qualité de l’information et la crédibilité des médias.
Le syndicat évoque également une « urgence sociale ignorée ». Il révèle avoir récemment saisi la ministre de la Communication et des Médias pour exiger la mise en place rapide du comité de suivi de la convention collective signée le 14 octobre 2022. L’objectif est clair : actualiser la grille salariale devenue obsolète, notamment depuis la revalorisation du SMIG à 52 500 FCFA entrée en vigueur le 1er janvier 2024.
Maintenir des journalistes sur des bases salariales dépassées n’est pas seulement une injustice sociale, dénonce le SYNJIT, mais aussi une atteinte directe à leur indépendance professionnelle.
Un appel à la responsabilité collective
Face à cette situation, le syndicat lance un appel solennel à trois acteurs clés. D’abord aux organisations patronales, invitées à collaborer sincèrement pour appliquer effectivement le nouveau SMIG dans les grilles salariales du secteur. Ensuite au gouvernement, appelé à respecter les engagements pris lors de la signature de la convention collective. Enfin, aux journalistes eux-mêmes, exhortés à rester mobilisés pour la défense de leurs droits.
Pour le SYNJIT, le travail décent ne relève pas du luxe, mais constitue le socle de l’indépendance économique des professionnels des médias. En cette journée symbolique, le message est sans ambiguïté : sans justice sociale dans les rédactions, la liberté de la presse ne peut être pleinement garantie au Togo.
