À LA UNEActualitésSanté

Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

À Cotonou, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a servi de tremplin à un appel urgent à l’action collective pour inverser la tendance alarmante dans l’espace francophone et sauver des millions de vies.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée le 25 avril 2026, le Bénin s’est imposé comme un carrefour majeur de la mobilisation contre cette maladie qui continue de faire des ravages en Afrique. Du 24 au 26 avril, la capitale économique Cotonou a accueilli une série d’activités de haut niveau réunissant décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, chercheurs, jeunes, acteurs de la société civile et figures du sport autour d’un objectif commun : accélérer l’élimination du paludisme dans l’espace francophone.

Point d’orgue de cette mobilisation, le lancement officiel du rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » par le ministre béninois de la Santé, le Pr Benjamin Hounkpatin. Le document met en lumière une situation préoccupante : alors que les pays francophones ne représentent que 13 % de la population mondiale exposée au paludisme, ils concentrent plus de 42 % des cas et 40 % des décès liés à cette maladie.

Face à ce constat alarmant, le rapport appelle à une intensification des efforts autour de priorités clés, notamment le renforcement du financement, l’innovation, l’implication du secteur privé et la mobilisation de l’ensemble de la société. « Notre région est en première ligne, mais des progrès sont possibles si le leadership politique et la mobilisation collective sont au rendez-vous », a souligné le ministre de la Santé.

Le Bénin illustre déjà cette dynamique. Entre 2022 et 2025, le pays a presque quadruplé son budget consacré à la lutte contre le paludisme, contribuant ainsi à une réduction significative du fardeau de la maladie. Cette performance repose sur une approche multisectorielle associant autorités publiques, parlementaires, société civile et secteur privé.

Parmi les acteurs clés de cette mobilisation figure l’organisation Speak Up Africa, dont les initiatives ont permis de transformer cette journée de sensibilisation en un véritable levier d’action. Sa directrice exécutive, Yacine Djibo, a insisté sur l’urgence d’agir collectivement pour sauver des vies et financer durablement la lutte contre le paludisme.

Les activités organisées à Cotonou ont également mis l’accent sur l’engagement des jeunes et des communautés, à travers des initiatives innovantes mêlant sport, culture et communication. Un tournoi de basketball 3×3, des ateliers de storytelling et un Media Day ont notamment permis de toucher un public élargi.

L’ancien international sénégalais Khalilou Fadiga a, quant à lui, rappelé le rôle du sport comme vecteur de sensibilisation et de changement social. Au niveau international, les partenaires ont insisté sur la nécessité d’accélérer les efforts dans un contexte de financement sous pression.

Au-delà du Bénin, les messages portés à Cotonou résonnent dans tout l’espace francophone, où l’urgence d’une action collective renforcée apparaît plus évidente que jamais, à l’approche du Sommet de la Francophonie prévu en novembre 2026.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes