Heineken plie bagage en RDC après 40 ans de présence
Le groupe néerlandais a annoncé, ce vendredi 10 avril, la cession des activités de sa filiale Bralima (Brasseries, Limonaderies et Malteries), marquant ainsi son retrait total de la RDC.
Après quatre décennies de présence en République démocratique du Congo, le géant brassicole Heineken tourne une page majeure de son histoire africaine. Le groupe néerlandais a annoncé, vendredi 10 avril, la cession de sa filiale Bralima (Brasseries, Limonaderies et Malteries), marquant ainsi son retrait total du pays. Une décision stratégique qui intervient dans un contexte d’instabilité sécuritaire persistante, notamment dans l’est congolais.
Implanté depuis 1986, Heineken exploitait encore trois brasseries situées à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi. Ces unités, qui emploient environ 730 personnes, produisent notamment la célèbre bière locale Primus, très populaire auprès des consommateurs congolais. Selon l’entreprise, cette transaction vise à garantir la continuité des activités, préserver les emplois et assurer la disponibilité de ses marques sur le long terme.
Cependant, derrière ce discours rassurant, la décision de retrait s’apparente à un désengagement progressif amorcé après les événements de 2025. Cette année-là, le groupe avait perdu le contrôle de plusieurs de ses installations dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en proie à une offensive du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle accusé d’être soutenu par le Rwanda. Les villes stratégiques de Goma et Bukavu avaient été particulièrement touchées, rendant toute exploitation industrielle impossible.
Face à cette dégradation rapide de la situation sécuritaire, Heineken avait reconnu ne plus être en mesure d’opérer « dans des conditions responsables ». En novembre 2025, l’entreprise avait déjà cédé son usine de Bukavu pour un euro symbolique à une société mauricienne, signe d’un repli accéléré.
Ce départ illustre les défis auxquels sont confrontées les multinationales dans des environnements fragiles. Malgré le potentiel économique considérable de la RDC, avec ses plus de 110 millions d’habitants, l’instabilité chronique constitue un frein majeur aux investissements étrangers.
Désormais, Heineken entend recentrer ses activités africaines sur des marchés jugés plus stables et prometteurs, comme l’Éthiopie. Ce repositionnement stratégique traduit une volonté d’optimiser ses performances dans un contexte économique mondial incertain.
Pour la RDC, ce retrait soulève des interrogations quant à l’attractivité du pays et à sa capacité à retenir les investisseurs internationaux. Il met également en lumière l’urgence de restaurer la sécurité dans les zones en conflit afin de préserver le tissu économique et industriel national.
