France: Bally Bagayoko, l’Insoumis qui veut réinventer Saint-Denis
À 52 ans, Bally Bagayoko s’impose comme l’un des nouveaux visages de la gauche française. Ancien basketteur semi-professionnel devenu cadre à la RATP, ce père de quatre enfants a réussi à conquérir la mairie de Saint-Denis sous la bannière de La France insoumise. Une victoire symbolique qui pourrait redessiner le paysage politique de cette ville emblématique de la banlieue parisienne.
Un enfant de Saint-Denis devenu figure politique
Né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens, Bally Bagayoko grandit dans les quartiers populaires de Saint-Denis, au sein d’une famille qu’il décrit comme « nombreuse et heureuse ». Son enfance en HLM, marquée selon lui par la solidarité et l’importance du service public, façonne durablement son engagement.
Très tôt impliqué dans la vie associative et sportive de la ville, il se distingue d’abord sur les parquets. Basketteur semi-professionnel puis entraîneur, il développe un goût pour le collectif et la discipline, deux qualités qu’il revendique aujourd’hui dans son parcours politique. Dans l’un de ses clips de campagne, il n’hésite d’ailleurs pas à se mettre en scène en train de marquer un panier spectaculaire, dos au panier — une métaphore assumée de son ambition politique.
Une ascension politique patiente
L’engagement politique de Bally Bagayoko remonte à 2001 lorsqu’il rejoint l’équipe municipale de Patrick Braouezec, alors maire communiste de la ville. Celui-ci se souvient d’un « jeune très impliqué » dans la vie sportive et sociale locale.
Au fil des années, Bagayoko acquiert une solide expérience dans la gestion publique, notamment comme vice-président du conseil général. Cette trajectoire lui confère une double légitimité : celle d’un enfant du territoire et celle d’un élu rompu aux rouages institutionnels.
Une figure populaire et accessible
Ceux qui travaillent avec lui décrivent un homme proche des habitants. Sa colistière, Sofia Boutrih, parle d’une personnalité « accessible » et « très à l’écoute ». Une image qu’il cultive volontiers, revendiquant son parcours de « jeune des quartiers populaires » ayant connu les injustices et les discriminations.
Durant la campagne, Bally Bagayoko a souvent évoqué les difficultés vécues par une partie des habitants de Seine-Saint-Denis, évoquant notamment les discriminations et certaines dérives policières. Pour lui, la politique doit être un levier de transformation sociale au service des territoires populaires.
Une victoire politique à forte portée symbolique
Sa victoire à Saint-Denis constitue un tournant. La ville, deuxième plus grande d’Île-de-France après Paris, est historiquement un bastion de la gauche. En s’imposant face au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin, Bally Bagayoko confirme l’ancrage local de La France insoumise.
Pour Éric Coquerel, il incarne d’ailleurs une figure représentative de la population dionysienne : un élu issu des quartiers populaires, dans un département marqué par l’histoire des migrations.
L’espoir d’un nouveau récit pour la banlieue
Derrière son parcours se dessine aussi un message politique : celui de « casser les caricatures » qui entourent souvent les responsables politiques issus des banlieues. Bally Bagayoko veut incarner une nouvelle génération d’élus, capables de transformer l’expérience des quartiers en projet politique.
À Saint-Denis, beaucoup voient désormais en lui plus qu’un maire : le symbole d’une banlieue qui cherche à écrire son propre avenir politique.
