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Tata Avlessi sort l’artillerie lourde contre la CAF

La décision de la Confédération africaine de football de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 continue de provoquer une onde de choc sur le continent. Dernière voix en date à s’élever contre ce verdict inédit : celle de Tata Avlessi. Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, l’ancien dirigeant togolais dénonce une décision « inique et infondée » et s’en prend frontalement au duo formé par Patrice Motsepe et Gianni Infantino.

Une décision sans précédent

Le cœur de la polémique remonte au 17 mars 2026. Ce jour-là, le jury d’appel de la CAF prend une décision qui bouleverse l’histoire du football africain : déchoir le Sénégal de son sacre acquis sur le terrain face au Maroc, victorieux (1-0) après prolongation lors de la finale disputée le 18 janvier. Une décision rendue… 59 jours après la rencontre.

Pour justifier ce revirement spectaculaire, l’instance s’appuie sur l’article 82 du règlement de la compétition, relatif à l’abandon de match. Un argument que Tata Avlessi juge « absurde », s’interrogeant : comment évoquer un abandon alors que la rencontre est allée à son terme ?

« Une première dans l’histoire du football mondial », tranche-t-il, pointant du doigt ce qu’il considère comme une dérive grave de la gouvernance sportive sur le continent.

Avlessi sort l’artillerie lourde

Dans sa déclaration signée depuis Masséville, l’ancien président de la Fédération togolaise de football ne mâche pas ses mots. Il accuse directement la direction actuelle de la CAF d’avoir porté « un grand coup d’assommoir au football africain ».

Au centre de ses critiques, Patrice Motsepe, qu’il accuse d’allégeance à FIFA et à son président Gianni Infantino. Selon Avlessi, depuis son arrivée à la tête de la CAF en mars 2021, Motsepe aurait multiplié les gestes de soumission, au point d’être perçu comme un simple exécutant.

« Son incapacité à s’assumer a conduit à cette farce », affirme-t-il, estimant que la décision de retirer le titre au Sénégal s’inscrit dans une série de manœuvres antérieures à la finale.

Des accusations lourdes, qui traduisent un malaise plus profond au sein du football africain, régulièrement secoué par des controverses liées à la gouvernance et à la transparence.

Un passé qui ressurgit

La prise de parole de Tata Avlessi n’est pas anodine. L’ancien dirigeant rappelle implicitement son propre passé au sein des instances du football africain. Il évoque notamment son expérience entre 2007 et 2009, période durant laquelle il affirme avoir été confronté à des pratiques douteuses.

Il fait également référence à l’affaire de tentative de corruption d’arbitre lors de la CAN U-17 organisée au Togo en 2007, un épisode qui avait marqué sa carrière. Fort de cette expérience, il estime être bien placé pour juger de la crédibilité des membres du jury d’appel.

Pour lui, certains d’entre eux traînent déjà une réputation controversée dans leurs pays respectifs, ce qui jette un doute supplémentaire sur l’impartialité de la décision.

Le Maroc malgré lui ?

Dans sa déclaration, Avlessi prend soin de dissocier le Maroc de la polémique. Il salue les progrès remarquables du royaume en matière d’infrastructures sportives et son rôle dans le rayonnement du football africain à l’échelle mondiale.

Le pays, demi-finaliste historique de la Coupe du monde 2022, n’aurait selon lui « pas besoin d’un tel coup de pouce diabolique ». Au contraire, cette décision risque de ternir ses performances et d’alimenter des tensions inutiles sur le continent.

Une analyse qui rejoint celle de nombreux observateurs, pour qui cette affaire dépasse largement le simple cadre sportif et menace l’unité du football africain.

Un appel à la révolte des fédérations

Au-delà de la dénonciation, Tata Avlessi lance un appel clair aux 54 associations membres de la CAF. Il les exhorte à « prendre leurs responsabilités » face à ce qu’il qualifie de dérives graves.

Pour lui, l’inaction serait synonyme de complicité dans une crise qui pourrait porter un coup fatal à la crédibilité de l’institution. Il appelle également à un élan de solidarité en faveur du Sénégal, invitant les acteurs du football africain à faire bloc pour défendre l’intégrité des compétitions.

« Avant que le duo Motsepe–Infantino ne donne le coup de grâce au football africain », prévient-il.

Cap sur le Tribunal arbitral du sport

Dans ce contexte explosif, la suite du dossier pourrait se jouer en dehors du continent. Tata Avlessi encourage ouvertement le Sénégal à saisir le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne.

Il évoque son propre précédent, en mars 2008, lorsqu’il avait obtenu gain de cause devant cette juridiction. Un signal fort adressé aux autorités sénégalaises, invitées à aller « au bout de la procédure ».

Le recours au TAS apparaît aujourd’hui comme la principale voie pour contester une décision qui, si elle était confirmée, ferait jurisprudence et pourrait redéfinir les règles du jeu dans les compétitions africaines.

Une crise révélatrice

Au-delà du cas sénégalais, cette affaire met en lumière les tensions structurelles qui traversent le football africain. Entre accusations d’ingérence, soupçons de manipulation et rivalités politiques, la CAF se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une tempête.

La sortie médiatique de Tata Avlessi, aussi virulente soit-elle, traduit un sentiment partagé par une partie de l’opinion sportive : celui d’une perte de confiance envers les instances dirigeantes.

Reste désormais à savoir si cette contestation trouvera un écho suffisant pour provoquer un sursaut collectif. Car à travers ce dossier, c’est bien la crédibilité du football africain qui se joue — sur le terrain, mais aussi dans les coulisses du pouvoir.

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