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  • CAR : 35 ans de combat et d’alerte

    CAR : 35 ans de combat et d’alerte

    Trente-cinq ans après sa création, le CAR dresse un bilan sans concession de la démocratie togolaise et appelle à un sursaut politique pour sortir le pays de l’impasse.

    À l’occasion de son 35e anniversaire célébré le 30 avril 2026, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a livré une déclaration à la fois commémorative et critique, revenant sur plus de trois décennies de lutte politique au Togo. Fondé le 30 avril 1991 à l’initiative de feu Maître Yaovi Agboyibo et de ses compagnons, le parti s’était donné pour mission d’instaurer la démocratie par des moyens non violents, afin de garantir progrès et prospérité au peuple togolais.

    Dans un ton empreint de solennité, le CAR a d’abord rendu hommage à ses militants disparus, saluant la mémoire de ceux qui ont « combattu sur le champ d’honneur ». Le parti rappelle ensuite la longueur et la difficulté de son engagement en faveur de l’alternance démocratique, reconnaissant avec amertume que cet objectif n’a toujours pas été atteint. « Nous aurions aimé être comptés parmi les pays ayant connu plusieurs alternances », regrette la déclaration.

    Malgré ce constat, le CAR met en avant plusieurs acquis démocratiques obtenus grâce à son combat, notamment l’introduction du bulletin unique, la carte d’électeur biométrique ou encore la loi sur la décentralisation. Le parti souligne également le rôle joué par son président fondateur dans la recherche du dialogue politique, notamment à travers les accords des « 22 engagements » et l’Accord politique global (APG), destinés à favoriser le vivre-ensemble.

    Cependant, le tableau dressé de la situation actuelle du pays se veut particulièrement sombre. Le CAR dénonce une dégradation continue du climat sociopolitique et critique la gestion du pouvoir en place. Selon le parti, la célébration de l’indépendance, censée symboliser l’unité nationale, serait aujourd’hui détournée à des fins partisanes, excluant les formations politiques jugées critiques.

    Le mouvement pointe également du doigt des pratiques de gouvernance qu’il qualifie de préoccupantes, évoquant des soupçons de corruption et de mauvaise gestion des finances publiques. Il s’interroge notamment sur des mécanismes opaques de collecte et d’utilisation des taxes, appelant à plus de transparence. Le CAR demande ainsi un audit de la gestion financière des 117 communes entre 2019 et 2025 et exhorte le ministère de l’Économie et des Finances à apporter des éclaircissements.

    Dans le même élan, le parti propose des mesures concrètes pour soulager les populations, telles que l’exonération des taxes de péage pour les motos, largement utilisées par les couches populaires. Il invite également le gouvernement à lutter contre l’évasion fiscale plutôt que de recourir systématiquement à l’endettement.

    S’adressant directement aux citoyens, le CAR dresse un bilan sévère de ces 35 années, évoquant « espoirs déçus », « rêves non réalisés » et « avenir hypothéqué ». Le parti appelle néanmoins à un sursaut collectif, symbolisé par le choix entre deux voies : celle de la division, décrite comme facile mais destructrice, et celle de l’effort, de la solidarité et du patriotisme, jugée plus exigeante mais porteuse d’avenir.

    Enfin, le CAR réaffirme sa conviction que la cogestion du pouvoir constitue une condition essentielle pour garantir des élections crédibles et sortir le pays de l’impasse politique. En ce jour anniversaire, il formule le vœu que la nouvelle génération togolaise ne soit plus sacrifiée et que le Togo puisse enfin réaliser son potentiel.

  • 1er mai : le SYNBANK secoue le patronat et l’État

    1er mai : le SYNBANK secoue le patronat et l’État

    À l’occasion du 1er mai 2026, le SYNBANK dresse un réquisitoire sans détour contre les dérives du secteur financier togolais, dénonçant à la fois la mauvaise gouvernance, la précarité des travailleurs et les risques croissants qui menacent l’ensemble du système.

    Tension

    À l’occasion de la Journée internationale du Travail, célébrée le 1er mai 2026, le Syndicat national des banques et établissements financiers du Togo (SYNBANK) a livré un discours dense, engagé et résolument critique sur l’état du secteur financier togolais. Devant les autorités gouvernementales, les employeurs et les travailleurs, son secrétaire général, Yati Awoula Baba, a dressé un tableau préoccupant mêlant dérives structurelles, gouvernance contestée et conditions de travail jugées alarmantes.

    D’emblée, le SYNBANK met en lumière un contraste inquiétant entre le Togo et le reste de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA). Alors que la zone enregistre une amélioration progressive de la qualité de ses portefeuilles bancaires, le Togo connaît une détérioration notable.

    En 2025, le taux de dégradation du portefeuille de crédit a atteint 13 %, contre 7 % en 2024. Ce chiffre, largement supérieur à la moyenne régionale (autour de 9,1 %), traduit une augmentation du risque de crédit au niveau national. Pourtant, paradoxalement, l’activité bancaire reste dynamique avec une hausse de 22 % des nouveaux crédits accordés.

    Le constat est tout aussi préoccupant dans le secteur de la microfinance. Les Systèmes financiers décentralisés affichent un taux de dégradation de 6,7 %, soit plus du double de la norme communautaire fixée à 3 %. En trois ans, les créances en souffrance ont bondi de près de 50 %, mettant en péril l’équilibre du secteur.

    Face à cette situation, les autorités, notamment à travers le Conseil national du crédit, ont appelé à un renforcement de l’analyse des risques. Mais pour le SYNBANK, ces mesures restent insuffisantes sans une réforme en profondeur.

    Formation en berne

    Autre point de crispation : le déclin du Centre de formation bancaire du Togo. Créé pour renforcer les compétences des travailleurs du secteur, cet outil est aujourd’hui jugé inefficace.

    Le syndicat dénonce une absence d’évolution depuis plusieurs années, malgré des promesses de redynamisation. Cette inertie, selon lui, pénalise directement les carrières des employés et accentue les inégalités professionnelles. Le SYNBANK pointe également une asymétrie d’informations qui empêche une gestion transparente des opportunités de formation.

    Gouvernance contestée

    Le cas de SUNU Bank Togo cristallise les critiques les plus virulentes. S’appuyant sur un rapport de la Commission bancaire de l’UMOA, le syndicat met en cause la responsabilité des dirigeants dans les contre-performances de l’établissement.

    Parmi les griefs : une hausse excessive des frais généraux, une aggravation du coût du risque et une organisation interne jugée défaillante. Le SYNBANK dénonce également des décisions opaques, notamment la création et la suppression de départements sans base organigramme claire, ce qui serait révélateur de pratiques discriminatoires.

    Plus grave encore, la banque a été sanctionnée à deux reprises, en 2022 et 2025, sans que son conseil d’administration ne prenne de mesures fortes contre les dirigeants incriminés. Une situation que le syndicat qualifie de « scandale de gouvernance ».

    Précarité et dérives

    Au-delà des questions financières, le SYNBANK s’attaque aux conditions de travail dans le secteur. Il dénonce notamment le recours massif aux sociétés de placement, accusées de précariser les emplois et de compromettre la confidentialité des données financières.

    Selon le syndicat, une grande partie des travailleurs est recrutée via des cabinets liés à des dirigeants ou à des membres de conseils d’administration, en contradiction avec les principes d’éthique et de transparence. Cette pratique alimente les conflits d’intérêts et fragilise la cohésion professionnelle.

    Le syndicat appelle ainsi à la suppression de ces contrats de placement et à une meilleure adéquation entre les postes et les types de contrats, citant le cas des caissiers souvent employés en intérim.

    Recommandations

    Le discours ne se limite pas aux critiques. Le SYNBANK formule plusieurs recommandations. À l’endroit des employeurs, il demande la création d’un fonds commun pour la formation continue et une application stricte des règles liées à l’Assurance maladie universelle.

    Au gouvernement, il suggère un renforcement des contrôles dans le secteur financier, notamment en ce qui concerne les interventions de la Commission bancaire et de la Direction nationale des assurances. Il appelle également à l’application rigoureuse de la loi bancaire dans le dossier SUNU Bank Togo.

    Enfin, le syndicat exhorte les travailleurs à adopter des comportements irréprochables, en évitant fraudes, délits d’initié et conflits d’intérêts.

    Dialogue social

    Placée sous le thème du dialogue social et du travail décent, cette Journée internationale du Travail a servi de tribune pour rappeler l’urgence d’une réforme globale du secteur. Pour le SYNBANK, la paix sociale et le développement économique passent nécessairement par une meilleure gouvernance, une formation de qualité et des conditions de travail dignes.

    Dans un contexte marqué par des tensions croissantes, le message est clair : sans changement structurel, le système financier togolais risque de fragiliser non seulement ses travailleurs, mais aussi l’ensemble de l’économie nationale.

  • Togo : “60 ans de dictature, 60 ans de misère”, l’opposition dénonce et appelle à un sursaut national

    Togo : “60 ans de dictature, 60 ans de misère”, l’opposition dénonce et appelle à un sursaut national

    Une conférence-débat à forte portée politique s’est tenue dans l’après-midi de ce mercredi 29 avril au siège de la CDPA à Lomé, réunissant plusieurs forces de l’opposition togolaise, notamment la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP), la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et le Front « Touche Pas à Ma Constitution ». Le thème retenu, « 60 ans de dictature, 60 ans de misère : le peuple togolais dit ça suffit ! », a donné le ton d’un échange particulièrement critique à l’égard du pouvoir en place.

    Dans leurs interventions, les responsables politiques et militants présents ont dressé un tableau sombre de la situation socio-politique du Togo, qu’ils estiment marqué par des décennies de gouvernance autoritaire, de restrictions des libertés publiques et de difficultés économiques persistantes. Selon eux, le pays serait entré dans un cycle de gouvernance verrouillée depuis plus de six décennies, empêchant toute alternance démocratique véritable.

    Les organisateurs de la rencontre ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « confiscation de la souveraineté populaire » et ont appelé à une prise de conscience nationale face à la situation actuelle. Ils estiment que les réformes politiques récentes n’ont pas répondu aux aspirations profondes des populations, notamment en matière de justice sociale, de respect des droits humains et de participation citoyenne.

    Au cours de la conférence, plusieurs intervenants ont également évoqué les cas de répression présumée contre des militants et acteurs de la société civile. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et de manifestation, qu’ils jugent de plus en plus fragilisées.

    Les différentes organisations présentes ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coordination commune afin de « parler d’une seule voix » face aux défis politiques actuels. Elles ont appelé la jeunesse togolaise à s’impliquer davantage dans la vie publique et à refuser la résignation.

    Enfin, les conférenciers ont lancé un appel à la communauté internationale pour une attention accrue à la situation politique du Togo, estimant que la stabilité durable ne peut être obtenue sans dialogue inclusif et sans réformes profondes du système politique.

    La rencontre s’est achevée sur un message de mobilisation générale, les participants affirmant que « le peuple togolais a droit à un avenir de dignité, de liberté et de prospérité ».

  • Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    À Cotonou, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a servi de tremplin à un appel urgent à l’action collective pour inverser la tendance alarmante dans l’espace francophone et sauver des millions de vies.

    À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée le 25 avril 2026, le Bénin s’est imposé comme un carrefour majeur de la mobilisation contre cette maladie qui continue de faire des ravages en Afrique. Du 24 au 26 avril, la capitale économique Cotonou a accueilli une série d’activités de haut niveau réunissant décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, chercheurs, jeunes, acteurs de la société civile et figures du sport autour d’un objectif commun : accélérer l’élimination du paludisme dans l’espace francophone.

    Point d’orgue de cette mobilisation, le lancement officiel du rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » par le ministre béninois de la Santé, le Pr Benjamin Hounkpatin. Le document met en lumière une situation préoccupante : alors que les pays francophones ne représentent que 13 % de la population mondiale exposée au paludisme, ils concentrent plus de 42 % des cas et 40 % des décès liés à cette maladie.

    Face à ce constat alarmant, le rapport appelle à une intensification des efforts autour de priorités clés, notamment le renforcement du financement, l’innovation, l’implication du secteur privé et la mobilisation de l’ensemble de la société. « Notre région est en première ligne, mais des progrès sont possibles si le leadership politique et la mobilisation collective sont au rendez-vous », a souligné le ministre de la Santé.

    Le Bénin illustre déjà cette dynamique. Entre 2022 et 2025, le pays a presque quadruplé son budget consacré à la lutte contre le paludisme, contribuant ainsi à une réduction significative du fardeau de la maladie. Cette performance repose sur une approche multisectorielle associant autorités publiques, parlementaires, société civile et secteur privé.

    Parmi les acteurs clés de cette mobilisation figure l’organisation Speak Up Africa, dont les initiatives ont permis de transformer cette journée de sensibilisation en un véritable levier d’action. Sa directrice exécutive, Yacine Djibo, a insisté sur l’urgence d’agir collectivement pour sauver des vies et financer durablement la lutte contre le paludisme.

    Les activités organisées à Cotonou ont également mis l’accent sur l’engagement des jeunes et des communautés, à travers des initiatives innovantes mêlant sport, culture et communication. Un tournoi de basketball 3×3, des ateliers de storytelling et un Media Day ont notamment permis de toucher un public élargi.

    L’ancien international sénégalais Khalilou Fadiga a, quant à lui, rappelé le rôle du sport comme vecteur de sensibilisation et de changement social. Au niveau international, les partenaires ont insisté sur la nécessité d’accélérer les efforts dans un contexte de financement sous pression.

    Au-delà du Bénin, les messages portés à Cotonou résonnent dans tout l’espace francophone, où l’urgence d’une action collective renforcée apparaît plus évidente que jamais, à l’approche du Sommet de la Francophonie prévu en novembre 2026.

  • Ferme Ahoéviwo : le naturel dans vos assiettes

    Ferme Ahoéviwo : le naturel dans vos assiettes

    Des produits 100 % naturels, sains et accessibles vous attendent ce samedi 2 mai 2026 à la Ferme Ahoéviwo pour une alimentation authentique et pleine de bien-être.

    Produits bio, sains et accessibles

    La Ferme Ahoéviwo invite chaleureusement toute la population à une grande journée de distribution de produits naturels ce samedi 2 mai 2026, de 10h à 15h. Dans un contexte où l’alimentation saine devient une priorité, la ferme met à la disposition du public une gamme variée de produits 100 % naturels, sans engrais chimiques, cultivés et transformés dans le respect de l’environnement et de la santé des consommateurs.

    Large gamme de produits naturels disponibles

    Pour cette vente exceptionnelle, la ferme propose :

    • 1 litre de Sodabi : 2000 F
    • 1 boîte de thé bleu (30 tasses) : 3000 F
    • 1 sachet d’Artemisia (21 tasses) : 1300 F
    • 1 litre d’huile de palme (Zomi, Amidjin) : 1500 F
    • 1 botte d’aloma : 500 F
    • 1 botte d’esroun : 500 F
    • 1 sachet de gboma : 500 F
    • 1 boîte de curcuma en poudre : 3500 F
    • 1 botte de citronnelle : 100 F
    • 1 boîte de bissap en poudre : 4000 F
    • 1 sachet de feuilles de laurier : 300 F
    • 1 plan d’aklikon-ti (pépinière de Spondias mombin) : 1000 F
    • 1 sachet de graines de bissap : 500 F
    • 1 sachet d’oranges : 500 F
    • 1 tas de manioc : 1500 F
    • 1 poulet (nettoyé et vidé) : 6200 F

    Les frais de livraison sont fixés à 1000 F, avec une offre exceptionnelle de livraison gratuite pour tout achat à partir de 20 000 F.

    Alimentation saine, locale et responsable

    La Ferme Ahoéviwo réaffirme son engagement pour une alimentation bio, locale et sans produits chimiques, favorisant ainsi la santé des familles et la valorisation des ressources naturelles locales. Chaque produit proposé est issu d’un savoir-faire agricole respectueux de la terre et des consommateurs.

    Consommer les produits de la ferme Ahoéviwo, c’est faire le choix : d’une meilleure santé, du soutien à l’agriculture locale, et d’une alimentation authentique et naturelle.

    Commandez dès maintenant !

    Le public est vivement invité à passer ses commandes sans attendre afin de profiter de cette opportunité unique.

    📞 Téléphone : +228 92 58 16 06
    📲 WhatsApp : +228 99 87 89 89

    Rendez-vous à ne pas manquer

    La Ferme Ahoéviwo vous donne rendez-vous ce samedi 2 mai 2026 pour une distribution spéciale de produits naturels. Venez nombreux et faites le choix du bien-être, de la santé et de la qualité.

    Ferme Ahoéviwo – Le naturel dans vos assiettes.

  • Ablam Estel Apeti, l’économiste du virage numérique

    Ablam Estel Apeti, l’économiste du virage numérique

    L’économiste togolais Ablam Estel Apeti, maître de conférences à Université Paris-Nanterre, mise sur la digitalisation pour transformer les finances publiques africaines. Son portrait !

    Parcours académique entre le Togo et la France

    Originaire du Togo, Ablam Estel Apeti incarne une nouvelle génération d’universitaires africains engagés dans une recherche utile et tournée vers les réalités du continent. Son parcours débute à Université de Lomé, où il obtient une licence en économie, avant de poursuivre l’intégralité de ses études supérieures en France, à Université Clermont-Auvergne, un établissement reconnu pour ses travaux en économie du développement.

    Ce socle académique solide lui ouvre les portes du monde universitaire français. Depuis 2024, il est maître de conférences à Université Paris-Nanterre, où il enseigne et développe ses recherches. Parallèlement, il collabore avec des institutions internationales majeures telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, renforçant ainsi son ancrage dans les débats économiques globaux.

    Reconnaissance continentale

    La trajectoire d’Ablam Estel Apeti connaît une visibilité accrue avec sa sélection parmi les finalistes de l’Africa NextGen Economist Prize. Ce prix, organisé par Jeune Afrique et The Africa Report en partenariat avec la Banque africaine de développement, distingue les économistes africains de moins de quarante ans dont les travaux contribuent à repenser les politiques publiques du continent.

    Face à plus de 70 candidats issus de quatorze pays, il se hisse parmi les deux finalistes, aux côtés du Sénégalais Abdoulaye Ndiaye. Le lauréat sera désigné lors de l’Africa CEO Forum, prévu à Kigali les 14 et 15 mai, un rendez-vous majeur réunissant décideurs économiques et politiques africains.

    Digitalisation au cœur de ses recherches

    Le fil conducteur des travaux d’Ablam Estel Apeti est clair : comprendre comment les outils numériques peuvent contribuer à améliorer la gouvernance économique en Afrique. Il s’intéresse notamment à la mobilisation des recettes fiscales dans un contexte de transformation digitale.

    Selon lui, « la digitalisation a un effet positif sur les recettes fiscales ». Cette conviction repose sur un constat simple : une large partie de la population africaine reste exclue des systèmes financiers traditionnels. Dans de nombreux pays, près de la moitié des citoyens n’ont pas accès à des services bancaires formels.

    Dans ce contexte, les solutions numériques apparaissent comme une alternative crédible. L’économiste cite notamment l’exemple de M-PESA, système de paiement mobile développé au Kenya, qui a permis d’élargir considérablement l’accès aux services financiers. Pour lui, ce type d’innovation constitue un levier essentiel pour renforcer l’intégration financière et, par ricochet, améliorer la collecte des impôts.

    Recherches appliquées aux réalités togolaises

    Loin de se limiter à une approche théorique, Ablam Estel Apeti s’inscrit dans une logique de recherche appliquée. Il travaille actuellement sur des mécanismes visant à améliorer la collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au Office togolais des recettes.

    L’objectif est de tirer parti des outils numériques pour réduire les pertes fiscales, améliorer la transparence et élargir l’assiette fiscale. Une telle approche pourrait permettre à l’État togolais d’accroître ses ressources internes, un enjeu crucial dans un contexte de contraintes budgétaires.

    Analyse critique des politiques budgétaires africaines

    Au-delà de la question fiscale, Ablam Estel Apeti s’intéresse également aux dynamiques macroéconomiques des pays africains. Il met en lumière la volatilité des politiques budgétaires, souvent marquées par des cycles d’endettement élevés et des arbitrages complexes.

    Selon lui, ces politiques peuvent apparaître « non optimales » vues de l’extérieur, mais elles répondent souvent à des contraintes internes spécifiques. Cette instabilité budgétaire peut toutefois engendrer plusieurs risques : ralentissement de la croissance, fuite des capitaux ou encore perte de crédibilité auprès des bailleurs internationaux.

    Ses recherches explorent ainsi les liens entre dette souveraine, inflation et discipline budgétaire, dans le but de proposer des cadres d’analyse plus adaptés aux réalités africaines.

    Comprendre l’architecture de la dette africaine

    Parmi ses projets en cours figure une étude approfondie de la structure de la dette en Afrique. En s’appuyant sur l’African debt database développée par des chercheurs de l’Institut Kiel, il cherche à identifier les facteurs expliquant l’hétérogénéité des niveaux d’endettement et des coûts d’emprunt entre les pays.

    Cette recherche vise à mieux comprendre les mécanismes qui conditionnent l’accès aux financements internationaux, un enjeu stratégique pour les économies africaines confrontées à des besoins croissants d’investissement.

    Ambition

    Au-delà des distinctions et des publications académiques, Ablam Estel Apeti revendique une vision engagée de la recherche. Son ambition est claire : produire un savoir utile, capable de transformer concrètement la vie des citoyens africains.

    Ayant grandi dans un contexte marqué par les défis économiques du continent, il souhaite contribuer à l’élaboration de politiques publiques plus efficaces et inclusives. « On veut produire une recherche qui sert », affirme-t-il, soulignant l’importance de relier la théorie économique aux réalités du terrain.

    À travers ses travaux sur la digitalisation, la fiscalité et la dette, Ablam Estel Apeti s’impose progressivement comme une voix montante de l’économie africaine. Son parcours, entre rigueur académique et engagement pour le développement, illustre le rôle clé que peuvent jouer les chercheurs africains dans la transformation du continent.

  • Au Togo, un réquisitoire sévère contre le discours du 27 avril

    Au Togo, un réquisitoire sévère contre le discours du 27 avril

    Une coalition d’acteurs politiques et citoyens dénonce un discours présidentiel jugé déconnecté et appelle à une rupture urgente face à la crise politique et sociale au Togo.


    Dans une déclaration conjointe rendue publique le 28 avril 2026 à Lomé, plusieurs organisations politiques et citoyennes ont vivement critiqué le discours prononcé par le président Faure Gnassingbé à l’occasion de la fête de l’indépendance. Le document, signé notamment par Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, dresse un constat sans concession de la gouvernance actuelle et appelle à une rupture politique immédiate.

    Discours jugé déconnecté

    Les auteurs de la déclaration dénoncent un discours « surréaliste », éloigné des réalités quotidiennes des Togolais. Selon eux, l’intervention présidentielle du 27 avril 2026 s’apparente davantage à un exposé académique qu’à une véritable adresse à la nation. Ils regrettent surtout l’absence d’un bilan clair après plus de deux décennies de pouvoir.

    Pour ces organisations, ce discours traduit l’essoufflement d’un régime incapable de répondre aux attentes de la population. Elles estiment que les propos du chef de l’État, bien que soignés sur la forme, ne parviennent pas à masquer les difficultés croissantes auxquelles font face les citoyens.

    21 ans de pouvoir sans résultats

    Le communiqué insiste sur ce qu’il qualifie de « vide comptable » après 21 ans de gouvernance. Les signataires reprochent au président d’avoir évité toute reddition de comptes, préférant des discours généraux à une évaluation concrète des politiques publiques.

    Ils évoquent une économie fragilisée, marquée par une dette croissante et une corruption persistante. Cette situation aurait, selon eux, contribué à accentuer les inégalités et à maintenir une grande partie de la population dans la précarité.

    Crise sociale

    Les auteurs dressent un tableau préoccupant des conditions de vie au Togo. Ils pointent notamment les difficultés d’accès aux soins, devenus inabordables pour de nombreux citoyens, ainsi que les pénuries d’électricité et d’eau potable, y compris dans les grandes villes.

    Le système éducatif est également critiqué pour son manque d’infrastructures et de moyens. À cela s’ajoute le désarroi d’une jeunesse qui, selon le document, voit son avenir compromis et envisage de plus en plus l’exil.

    Le communiqué évoque également des atteintes aux libertés, affirmant que certains citoyens seraient emprisonnés ou contraints à l’exil en raison de leurs opinions politiques.

    5è République toujours contestée

    Un autre point central de la déclaration concerne le passage à la 5e République. Les signataires y voient une « fuite en avant institutionnelle » destinée à prolonger le pouvoir en place.

    Ils estiment que cette réforme, imposée sans véritable consensus, ne répond en rien aux défis politiques et sociaux du pays. Au contraire, elle renforcerait, selon eux, une concentration du pouvoir et éloignerait davantage les citoyens des processus décisionnels.

    Rejet du dialogue proposé

    Les organisations rejettent également l’idée d’un dialogue évoqué dans le discours présidentiel. Elles considèrent cette initiative comme une manœuvre visant à consolider le pouvoir plutôt qu’à engager de véritables réformes.

    Face à cette situation, elles appellent à une « transition inclusive » comme seule issue pacifique à la crise politique actuelle. L’objectif serait d’éviter des tensions majeures et de poser les bases d’un nouveau départ pour le pays.

    Appel à la mobilisation

    En conclusion, les signataires lancent un appel direct au peuple togolais. Ils exhortent les citoyens à sortir de leur silence et à s’engager pour un changement profond.

    La déclaration, portée par la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), le parti Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas A Ma Constitution », se veut un signal fort.

    À travers les signatures de Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, ce texte s’inscrit dans une volonté affichée de mobilisation collective pour un avenir politique différent au Togo.

  • CAN 2027 : l’Afrique de l’Est sur la sellette, un plan B déjà évoqué

    CAN 2027 : l’Afrique de l’Est sur la sellette, un plan B déjà évoqué

    Prévue du 19 juin au 17 juillet 2027, la CAN confiée au trio Kenya–Ouganda–Tanzanie suscite déjà des inquiétudes sur les infrastructures, au point de voir émerger l’ombre d’un plan B porté par l’Afrique du Sud.

    La prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations est désormais fixée. Selon des informations validées par la FIFA, la CAN 2027 se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027. L’organisation reste, pour l’heure, confiée au trio d’Afrique de l’Est composé du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie.

    Cette désignation, saluée au moment de son annonce comme un symbole fort de coopération régionale, représente un défi logistique majeur. Les trois pays hôtes doivent notamment répondre à des exigences strictes en matière d’infrastructures sportives, de transport, d’hébergement et de sécurité, afin d’accueillir une compétition continentale de plus en plus exigeante.

    Cependant, à un peu plus d’un an du coup d’envoi, des incertitudes persistent. Plusieurs sources évoquent des retards dans la construction et la modernisation de certains stades ainsi que dans la mise à niveau des infrastructures connexes. Ces inquiétudes alimentent des discussions en coulisses sur la capacité réelle des pays organisateurs à tenir les délais fixés.

    Face à ces doutes, un scénario alternatif commence à prendre forme. L’option d’un plan B est en effet évoquée, avec une possible reprise de l’organisation par l’Afrique du Sud en cas de retard jugé trop important. Forte de son expérience dans l’accueil de grandes compétitions internationales, notamment la Coupe du monde 2010, l’Afrique du Sud apparaît comme une solution de repli crédible.

    Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été prise en ce sens. Les instances dirigeantes du football africain continuent de suivre de près l’évolution des préparatifs en Afrique de l’Est. Les prochains mois seront donc déterminants pour confirmer ou non la tenue de la CAN 2027 dans les pays initialement désignés.

    Entre ambitions régionales et contraintes organisationnelles, l’équation reste ouverte. Une chose est sûre : l’enjeu dépasse largement le cadre sportif et touche à l’image du continent sur la scène internationale.

  • Racisme: Djené Dakonam brise le silence

    Racisme: Djené Dakonam brise le silence

    Dans une sortie médiatique rare, Djené Dakonam lève le voile sur les réalités du football en Espagne, entre racisme, exigence du haut niveau et parcours forgé dans la résilience.

    Longtemps discret face aux médias, Djené Dakonam a récemment accordé une interview au média espagnol Diaros, dans laquelle il se livre avec franchise sur plusieurs aspects marquants de sa carrière. Le défenseur central et capitaine de Getafe CF y aborde notamment des sujets sensibles, dont le racisme dans le football, ainsi que les exigences du très relevé championnat espagnol.

    Dans cet entretien, l’international togolais reconnaît avoir été confronté à des actes racistes au cours de son parcours en Espagne. Sans entrer dans les détails, il souligne que ces comportements, bien que condamnables, ne sont malheureusement pas nouveaux dans le milieu du football. Face à cette réalité, Djené explique avoir choisi de privilégier la résilience, en restant concentré sur ses performances sportives. Une posture qui traduit à la fois sa force mentale et son professionnalisme, même si, en filigrane, il laisse percevoir la difficulté d’évoluer dans un environnement parfois hostile.

    Au-delà de cette question délicate, le capitaine de Getafe revient également sur les exigences de la Liga, qu’il décrit comme l’un des championnats les plus compétitifs au monde. Selon lui, le haut niveau impose une rigueur constante, tant sur le plan physique que tactique. Défenseur reconnu pour sa solidité et son sens de l’anticipation, Djené insiste sur l’importance du collectif et de la discipline, deux éléments clés qui lui ont permis de s’imposer durablement au sein de son club.

    L’interview est aussi l’occasion pour le capitaine de Getafe d’évoquer les attaquants qui lui ont donné le plus de fil à retordre. Sans surprise, il mentionne des joueurs de classe mondiale, capables de faire la différence à tout moment grâce à leur vitesse, leur technique ou leur intelligence de jeu. Ces confrontations, explique-t-il, constituent autant de défis qui nourrissent sa progression.

    Enfin, Djené Dakonam revient sur son parcours, marqué par le travail et la persévérance. De ses débuts modestes à son statut actuel de cadre en Liga, il insiste sur les sacrifices consentis et la nécessité de ne jamais relâcher ses efforts. À travers cette prise de parole rare, le défenseur togolais offre un témoignage lucide et inspirant sur les réalités du football professionnel, tout en contribuant à alimenter le débat sur des enjeux majeurs comme le racisme dans le sport.

  • Mali : Paris appelle au départ

    Mali : Paris appelle au départ

    La France a officiellement recommandé à ses ressortissants de quitter le Mali, dans un contexte sécuritaire jugé de plus en plus préoccupant.

    Cette décision, annoncée par les autorités françaises, s’inscrit dans une dynamique de dégradation continue de la situation dans le pays sahélien, marquée par des tensions politiques persistantes et une recrudescence des violences.

    Le ministère des Affaires étrangères de France invite ainsi les citoyens français encore présents sur le territoire malien à organiser leur départ « dans les meilleurs délais ». Les déplacements non essentiels vers le Mali sont également fortement déconseillés. Cette mise en garde reflète les inquiétudes de Paris face aux risques sécuritaires accrus, notamment dans certaines régions où les groupes armés restent actifs.

    Depuis plusieurs mois, les relations entre Bamako et Paris se sont fortement détériorées, entraînant une réduction progressive de la présence française. Le retrait des forces militaires françaises, autrefois engagées dans la lutte contre le terrorisme, a contribué à redessiner l’équilibre sécuritaire dans le pays.

    Par ailleurs, les autorités françaises soulignent que les capacités d’assistance consulaire sur place pourraient être limitées en cas de crise majeure. Cette situation renforce l’urgence pour les ressortissants de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir leur sécurité.

    Cet appel au départ s’ajoute à une série de mesures similaires prises par d’autres pays occidentaux, témoignant d’une inquiétude partagée quant à l’évolution de la situation au Mali.

Radio Renouveau228

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