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  • Déclaration de Mombasa : l’Afrique tient peut-être enfin sa révolution bleue

    Déclaration de Mombasa : l’Afrique tient peut-être enfin sa révolution bleue

    La Déclaration de Mombasa offre à l’Afrique une occasion historique de transformer ses immenses ressources maritimes en un puissant levier de développement durable.

    Longtemps reléguée au second plan des grandes politiques maritimes mondiales, l’Afrique est en train de reprendre la main sur son destin océanique. La Déclaration de Mombasa, adoptée en marge de la 11e édition de la conférence internationale « Our Ocean » organisée au Kenya, pourrait constituer un tournant historique pour le continent.

    Ce texte appelle à une mise en œuvre rapide des engagements internationaux visant à protéger les océans, lutter contre la pêche illégale, renforcer la biodiversité marine et développer une économie bleue durable. Mais au-delà des considérations environnementales, cette déclaration est avant tout une opportunité économique majeure pour l’Afrique.

    Le continent possède près de 38 000 kilomètres de côtes, des ressources halieutiques considérables et des voies maritimes stratégiques qui demeurent largement sous-exploitées. Pourtant, de nombreux pays africains continuent de perdre des milliards de dollars chaque année à cause de la pêche illicite, de la pollution marine et de la faiblesse des infrastructures portuaires.

    La Déclaration de Mombasa ouvre ainsi la voie à un changement de paradigme. Elle encourage les États africains à investir dans les ports modernes, les énergies marines renouvelables, la recherche scientifique et la surveillance des espaces maritimes.

    L’Afrique a également une carte diplomatique à jouer. En accueillant pour la première fois cette importante conférence mondiale sur son sol, elle affirme sa volonté de devenir un acteur incontournable de la gouvernance des océans.

    Mais cette ambition ne se concrétisera qu’à une condition : passer des promesses aux actes. Les déclarations solennelles ne suffisent plus. Les gouvernements devront mobiliser des financements, harmoniser leurs politiques maritimes et associer les populations côtières à cette transformation.

    L’océan africain n’est plus seulement une frontière naturelle ; il peut devenir le moteur d’une nouvelle prospérité. La Déclaration de Mombasa rappelle une évidence trop longtemps ignorée : le futur économique de l’Afrique se joue aussi sur la mer.

    La Déclaration de Mombasa s’inscrit dans la dynamique de la conférence mondiale « Our Ocean » organisée pour la première fois en Afrique et met l’accent sur l’accélération des mesures de protection des océans, la lutte contre la pêche illégale et le développement de l’économie bleue.

  • Togo : diplômés mais invisibles, les personnes handicapées interpellent l’État sur leur droit à l’emploi

    Togo : diplômés mais invisibles, les personnes handicapées interpellent l’État sur leur droit à l’emploi

    Au Togo, des diplômés en situation de handicap brisent le silence et exigent que leurs compétences ouvrent enfin les portes de l’emploi.

    Ils ont étudié, obtenu des diplômes et nourri les mêmes ambitions que tous les autres jeunes Togolais. Pourtant, leur insertion professionnelle demeure un parcours semé d’embûches. À Lomé, des diplômés en situation de handicap sont récemment descendus dans la rue pour réclamer ce qu’ils considèrent comme un droit fondamental : un emploi décent et une véritable égalité des chances.

    Cette manifestation met en lumière une réalité souvent ignorée. Malgré les discours en faveur de l’inclusion, de nombreux jeunes diplômés handicapés peinent toujours à accéder au marché du travail. Ils dénoncent des recrutements insuffisamment inclusifs, des préjugés persistants et un manque de mécanismes concrets favorisant leur intégration professionnelle.

    Le paradoxe est frappant. Le Togo s’est pourtant engagé depuis plusieurs années dans des politiques de promotion des droits des personnes vivant avec un handicap. Le pays a ratifié en 2011 la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées et a mis en place plusieurs dispositifs destinés à encourager leur inclusion sociale et économique.

    Mais entre les textes et la réalité, l’écart reste considérable. Selon des données relayées par les Nations unies, plus de 80 % des personnes handicapées diplômées en Afrique sont sans emploi. Au Togo, les obstacles sont multiples : accessibilité limitée des lieux de travail, discrimination à l’embauche, manque de formations adaptées et faible application des politiques publiques.

    Cette colère intervient d’ailleurs dans un contexte où les autorités mettent en avant des efforts en faveur de l’employabilité des jeunes vulnérables. L’Agence nationale du volontariat au Togo affirme avoir accompagné plus de 13 000 jeunes vulnérables et handicapés entre 2024 et 2025. Une avancée saluée, mais qui reste insuffisante pour répondre à la demande croissante des diplômés en quête d’un véritable emploi stable.

    Au-delà de cette manifestation, ces jeunes adressent un message fort aux décideurs : le handicap ne doit plus être un facteur d’exclusion. Leur combat dépasse la simple revendication d’un poste de travail. Il pose une question essentielle à la société togolaise : à quoi sert un diplôme si ceux qui l’obtiennent restent condamnés à l’invisibilité ?

    L’inclusion ne se mesure pas aux promesses, mais aux opportunités réellement offertes. Pour ces diplômés, le temps des discours semble désormais révolu. Place aux actes.

  • Albert Agbeko couronné au Bénin : le journalisme togolais s’offre une consécration internationale

    Albert Agbeko couronné au Bénin : le journalisme togolais s’offre une consécration internationale

    En recevant à Cotonou le prix du meilleur directeur de publication en ligne lors de la première Nuit internationale de la presse, Albert Agbeko offre au journalisme togolais une reconnaissance continentale qui récompense près de vingt ans d’engagement au service d’une information crédible et indépendante.

    Le journalisme togolais vient d’inscrire une nouvelle ligne prestigieuse à son palmarès. À l’occasion de la première édition de la Nuit internationale de la presse (NIP), organisée du 11 au 13 juin 2026 à Cotonou, au Bénin, le journaliste togolais Albert Agbeko a été distingué comme « Meilleur journaliste-Directeur de publication » dans la catégorie presse en ligne.

    Cette récompense vient saluer un parcours marqué par la persévérance, l’innovation et un engagement constant en faveur d’une information crédible et accessible.

    Placée sous le signe de l’excellence, de la liberté de la presse et de la solidarité panafricaine, cette rencontre a réuni plus de soixante professionnels des médias venus de douze pays africains ainsi que de la diaspora. Une quarantaine de journalistes et trois chefs d’État y ont également été honorés pour leur contribution au développement du secteur médiatique sur le continent.

    Le fondateur et directeur de publication de TOGO SCOOP INFO a reçu son trophée des mains de Hermine Otounga Souna, Administrateur directeur général de l’Agence gabonaise de presse. À travers cette distinction, le comité d’organisation a voulu récompenser son engagement en faveur d’un journalisme professionnel et sa contribution au rayonnement des médias africains.

    Mais pour Albert Agbeko, cette récompense dépasse largement le cadre d’une réussite personnelle. Le journaliste a choisi d’en faire un hommage à toute la profession au Togo, souvent confrontée à des défis économiques et structurels.

    « Je dédie cette distinction à tous ces journalistes togolais qui, souvent dans l’ombre et parfois dans des conditions difficiles, continuent de défendre le droit à l’information et les libertés fondamentales », a-t-il déclaré.

    Un message fort qui traduit les réalités quotidiennes d’une profession essentielle à la vitalité démocratique, mais qui évolue dans un environnement de plus en plus exigeant.

    Le Togo était représenté à cette cérémonie par une délégation de sept journalistes composée notamment de Richard Maglo, Ayi d’Almeida, Zombléwou Kossi Segbé, Nao-Koura Kossi Gbandi, Adam Adjronou, Pascal Lossou et Joseph Gadah.

    Cette consécration internationale vient surtout couronner près de vingt années d’expérience dans l’univers des médias. Après avoir multiplié les collaborations éditoriales et managériales au sein de plusieurs organes de presse, Albert Agbeko a fondé en 2020 TOGO SCOOP INFO, un média en ligne qui s’est progressivement imposé parmi les références de l’actualité togolaise.

    Son parcours est jalonné de plusieurs distinctions majeures. En 2025, il figurait parmi les cinq journalistes les plus influents du Togo. En 2022, il avait été nominé pour le prix du meilleur journaliste de l’année par Togo Top Impact. Plus tôt encore, en 2018 et 2019, il avait remporté à deux reprises le Prix Journalisme d’Impact, soutenu par l’Union européenne, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ainsi que les ambassades d’Allemagne, de France et des États-Unis au Togo.

    Au-delà de la reconnaissance individuelle, cette distinction envoie un signal fort : le journalisme togolais gagne progressivement en visibilité sur la scène continentale. Dans un contexte où la désinformation, les pressions économiques et les mutations numériques bouleversent le paysage médiatique africain, le sacre d’Albert Agbeko apparaît comme une invitation à poursuivre la quête d’un journalisme rigoureux, indépendant et résolument tourné vers l’intérêt public.

    Une victoire personnelle qui devient, de fait, une fierté nationale.

  • Tunisie : les coulisses d’un séisme, pourquoi Sabri Lamouchi est tombé et comment Hervé Renard a pris le pouvoir

    Tunisie : les coulisses d’un séisme, pourquoi Sabri Lamouchi est tombé et comment Hervé Renard a pris le pouvoir

    En moins de vingt-quatre heures, la Tunisie a vécu l’un des plus grands psychodrames de son histoire footballistique. Entre colère populaire, improvisation fédérale et opération sauvetage, Sabri Lamouchi a été sacrifié et Hervé Renard appelé à la rescousse.

    La Tunisie n’aura pas attendu longtemps avant de devenir le premier grand feuilleton de la Coupe du monde 2026. Quelques heures seulement après la débâcle face à la Suède (5-1), les Aigles de Carthage ont brutalement changé de pilote en plein tournoi. Sabri Lamouchi a été débarqué et remplacé par le technicien français Hervé Renard. Une décision aussi spectaculaire que révélatrice des profondes tensions qui traversent le football tunisien.

    Pourtant, le score de Monterrey n’est que la partie visible de l’iceberg.

    Une confiance déjà largement érodée

    Nommé en janvier 2026 avec un contrat censé courir jusqu’en 2028, Sabri Lamouchi n’a jamais réussi à convaincre. En cinq rencontres, il n’a enregistré qu’une seule victoire et les signaux d’alerte se multipliaient depuis plusieurs semaines. Les lourdes défaites contre la Belgique (0-5) en amical puis contre la Suède (1-5) ont fini par rendre sa position intenable.

    Mais au-delà des résultats, ce sont ses choix tactiques qui ont provoqué la rupture.

    Face à la Suède, Lamouchi a surpris tout le monde en adoptant un système prudent qui a rapidement volé en éclats. Les observateurs ont dénoncé une équipe désorganisée, sans repères et incapable de répondre à l’intensité suédoise. Plusieurs spécialistes tunisiens ont pointé du doigt des erreurs de composition et un manque de cohérence dans la gestion du groupe.

    Après la rencontre, le sélectionneur avait tenté de se défendre en expliquant : « Nous avons encaissé un score lourd en raison de la qualité des joueurs suédois et de nos erreurs individuelles. » Une justification qui n’a convaincu ni les supporters ni les dirigeants.

    La journée de tous les rebondissements

    Lundi matin, alors que la délégation tunisienne était retranchée dans son hôtel de San Pedro Garza Garcia, au Mexique, les rumeurs ont commencé à circuler à une vitesse folle.

    La Fédération tunisienne de football hésitait encore entre une solution interne et un grand coup médiatique. Plusieurs noms ont émergé, notamment ceux de Mondher Kebaier et d’Anis Boujelbène. Mais très vite, l’option Hervé Renard s’est imposée.

    La journée a alors pris une tournure surréaliste.

    Des informations contradictoires se succédaient. Un message annonçant des changements aurait été brièvement diffusé puis retiré des réseaux sociaux, alimentant davantage le chaos. En parallèle, l’ancien international André-Pierre Gignac, véritable icône au Mexique où il évolue avec les Tigres de Monterrey, aurait été sollicité pour faciliter certains contacts et accompagner l’intégration express du nouvel entraîneur dans un environnement qu’il connaît parfaitement.

    Dans le même temps, des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place autour de l’hôtel des Aigles de Carthage, signe de la nervosité ambiante.

    Hervé Renard, l’homme des missions impossibles

    Face à l’urgence, les dirigeants tunisiens ont misé sur une valeur sûre.

    À 57 ans, Hervé Renard possède une réputation presque mythique sur le continent africain. Double vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015, il a également marqué les esprits avec le Maroc et surtout l’Arabie saoudite, qui avait battu l’Argentine lors du Mondial 2022.

    La Fédération tunisienne lui a confié une mission immédiate : sauver ce qui peut encore l’être dans cette Coupe du monde. Son arrivée a été officialisée mardi et il a obtenu carte blanche pour recomposer une partie de son staff technique. Seul Wahbi Khazri devrait conserver un rôle auprès du groupe.

    Une décision politique autant que sportive

    Ce changement express traduit surtout la peur d’une humiliation nationale.

    Dans un pays où le football demeure un puissant marqueur identitaire, la gifle infligée par la Suède a été vécue comme un affront collectif. Les autorités sportives ne pouvaient pas se permettre de laisser s’installer un sentiment d’abandon.

    Cependant, l’arrivée de Renard ne constitue pas une garantie de miracle.

    Le technicien français hérite d’un groupe qu’il n’a pas choisi, qu’il découvre en pleine compétition et qu’il devra reconstruire psychologiquement en quelques jours seulement avant les rendez-vous cruciaux contre le Japon et les Pays-Bas.

    Au fond, cette affaire pose une question plus profonde : le problème tunisien était-il Sabri Lamouchi ou un système qui change constamment de direction au moindre revers ?

    En sacrifiant un entraîneur après un seul match de Coupe du monde, la Tunisie a envoyé un message fort. Mais elle a aussi pris un risque immense : celui de croire qu’un homme, même nommé Hervé Renard, peut résoudre en quelques jours des problèmes qui se sont accumulés depuis plusieurs années.

  • 50 ans du soulèvement de Soweto : quand des écoliers ont fait vaciller l’apartheid

    50 ans du soulèvement de Soweto : quand des écoliers ont fait vaciller l’apartheid

    Le 16 juin 1976, des milliers d’élèves sud-africains ont transformé une simple marche de protestation en un tournant historique qui allait accélérer la chute du régime raciste de l’apartheid.

    Le 16 juin 2026 marque le cinquantième anniversaire du soulèvement de Soweto, l’un des épisodes les plus tragiques et les plus déterminants de l’histoire contemporaine de l’Afrique. Cinquante ans après, cette révolte étudiante continue de résonner comme le symbole du courage d’une jeunesse qui a osé défier un système fondé sur la ségrégation raciale.

    Ce jour-là, près de 20 000 élèves noirs descendent dans les rues de Soweto, vaste township situé au sud-ouest de Johannesburg, pour protester contre une décision du gouvernement d’apartheid : imposer l’afrikaans, langue associée à la minorité blanche au pouvoir, comme langue obligatoire d’enseignement dans les écoles destinées aux Noirs.

    La marche est pacifique. Les jeunes chantent, brandissent des pancartes et réclament simplement le droit à une éducation digne. Mais la réponse des autorités est d’une brutalité extrême. La police ouvre le feu sur les manifestants, utilise des gaz lacrymogènes et sème la panique dans les rues.

    L’image du jeune Hector Pieterson, âgé de seulement 12 ans, transporté sans vie dans les bras d’un autre adolescent, devient instantanément l’un des symboles mondiaux de la barbarie de l’apartheid. Si le gouvernement avait officiellement reconnu 23 morts, les historiens estiment aujourd’hui que plus de 200 personnes ont été tuées dès les premiers jours, tandis qu’environ 575 personnes ont péri dans les mois qui ont suivi les émeutes.

    Les conséquences de ce drame ont profondément changé l’Afrique du Sud.

    D’abord, le soulèvement a réveillé un mouvement anti-apartheid qui s’essoufflait depuis l’emprisonnement de Nelson Mandela et d’autres dirigeants dans les années 1960. Une nouvelle génération de militants est née. Des milliers de jeunes ont quitté clandestinement le pays pour rejoindre les mouvements de résistance en exil.

    Ensuite, l’évènement a provoqué une onde de choc internationale. Les images de la répression policière ont circulé dans le monde entier, accentuant l’isolement diplomatique de Pretoria et renforçant les appels aux sanctions économiques contre le régime raciste.

    Enfin, le soulèvement a contribué à fragiliser durablement l’apartheid, qui finira par tomber en 1994 avec l’avènement de la démocratie sud-africaine.

    Pourtant, cinquante ans plus tard, le combat n’est pas totalement achevé. L’Afrique du Sud reste confrontée à des défis majeurs : chômage massif des jeunes, inégalités sociales persistantes, pauvreté et violences urbaines. Plusieurs historiens estiment même que la portée politique du 16 juin risque d’être diluée dans les célébrations officielles, alors que son message demeure profondément actuel : une jeunesse privée d’avenir finit toujours par se lever.

    Le soulèvement de Soweto n’est donc pas seulement une page d’histoire. C’est un avertissement universel adressé à tous les dirigeants : lorsque l’éducation devient un instrument d’oppression, la jeunesse peut devenir la force la plus puissante du changement.

  • Espagne-Cap-Vert (0-0) : Le miracle Vozinha

    Espagne-Cap-Vert (0-0) : Le miracle Vozinha

    Josimar Dias, plus connu sous le nom de Vozinha, le gardien légendaire du Cap-Vert est devenu le héros planétaire de la Coupe du monde 2026 après sa performance monumentale contre l’Espagne (0-0).

    Pour son tout premier match en Coupe du monde, le Cap-Vert a arraché un nul historique face à l’Espagne (0-0). Un exploit immense signé par un homme : Josimar Dias, dit “Vozinha”, gardien de 40 ans devenu le héros de la planète football.

    Le football raconte parfois des histoires que même les plus grands scénaristes n’oseraient écrire. Celle du mardi 15 juin 2026 restera gravée à jamais dans la mémoire des 500 000 habitants du Cap-Vert, et bien au-delà. Face à la Roja, championne d’Europe en titre et immense favorite, les Requins Bleus ont dressé un mur. Un mur d’1,89 m nommé Vozinha.

    Sept arrêts face aux géants

    Pendant 90 minutes, le gardien du GD Chaves a écœuré les attaquants espagnols. Lamine Yamal, Pedri, Ferran Torres : tous se sont cassé les dents sur le vétéran cap-verdien. Auteur de sept arrêts monumentaux, Vozinha a été logiquement élu homme du match, portant son pays vers le plus grand exploit de son histoire sportive.

    Inconnu du grand public international avant le coup d’envoi, le gardien a vu sa vie basculer en quelques heures. Porté par un élan de sympathie massif de la communauté lusophone, son compte Instagram est passé de 50 000 à plus de 4,3 millions d’abonnés dans la foulée de la rencontre.

    Des rues de Mindelo au sommet du monde

    Ce destin hors norme s’est forgé tardivement. Contrairement à ses coéquipiers expatriés, Vozinha a découvert le professionnalisme à 25 ans passés, après avoir débuté chez lui, au CS Mindelense. Son surnom, qui signifie “Petite grand-mère”, lui vient d’ailleurs des rues de son enfance à Mindelo, où ses copains se moquaient de le voir rentrer chez ses grands-parents après des matchs disputés.

    Après avoir bourlingué en Angola, en Chypre, en Moldavie ou en Slovaquie, ce leader spirituel – déjà présent lors de la première CAN du pays en 2013 – s’offre à 40 ans l’apothéose d’une vie.

    Les larmes du héros

    En fin de contrat avec son club portugais à la fin du mois, Vozinha a fondu en larmes en zone mixte après le coup de sifflet final. Des pleurs d’émotion, mais aussi de regret, dédiés à ses grands-parents disparus et à sa mère, restée au pays à cause du coût du voyage et de problèmes de visa. Qu’elle se rassure : depuis son archipel, elle a vu son fils entrer de force dans la légende de la Coupe du monde.

  • Kagame à Lomé : le Togo, un nouveau carrefour diplomatique africain?

    Kagame à Lomé : le Togo, un nouveau carrefour diplomatique africain?

    La visite de travail du président rwandais Paul Kagame à Lomé, ce lundi 15 juin, dépasse largement le cadre protocolaire. Elle confirme l’émergence du Togo comme une plateforme diplomatique incontournable en Afrique et traduit la volonté des deux pays d’accélérer un partenariat devenu stratégique.

    Invité par Faure Gnassingbé, le chef de l’État rwandais effectue sa première visite officielle au Togo après plusieurs années de rapprochement discret mais constant entre Kigali et Lomé.

    Cette rencontre intervient dans un contexte particulier, marqué par la tenue à Lomé de la Convention et exposition africaines du transport aérien 2026, un rendez-vous continental qui réunit des décideurs politiques, des experts et des investisseurs autour de l’avenir de la connectivité africaine.

    Au-delà de l’agenda officiel, cette visite symbolise la convergence de deux modèles de gouvernance qui misent sur la modernisation des administrations, la digitalisation des services publics et l’attractivité économique. Depuis plusieurs années, le Togo s’inspire de certaines réussites rwandaises dans des secteurs clés tels que la transformation numérique, la logistique, la gouvernance publique et le climat des affaires.

    Lomé et Kigali cultivent également une proximité diplomatique sur plusieurs dossiers africains. Les deux capitales privilégient le dialogue, le pragmatisme et le renforcement des mécanismes africains de résolution des crises.

    Cette visite intervient aussi à un moment où le Togo multiplie les initiatives diplomatiques et accueille régulièrement des dirigeants étrangers, consolidant ainsi son statut de médiateur et de hub politique en Afrique de l’Ouest.

    Plus qu’une simple rencontre bilatérale, l’arrivée de Paul Kagame à Lomé est un signal envoyé au continent : l’Afrique des partenariats Sud-Sud gagne du terrain. Et le tandem Lomé-Kigali entend bien en devenir l’un des principaux moteurs.

  • Les paradoxes de l’Afrique au XXIe siècle

    Les paradoxes de l’Afrique au XXIe siècle

    Dans leurs désirs légitimes de se libérer des jougs de la colonisation, les citoyens des pays africains dénoncent avec virulence le morcellement de l’Afrique à la Conférence de Berlin en 1884. Ils crient au scandale de la division de l’Afrique sans les Africains.

  • Sénégal : Ousmane Sonko défend le pouvoir et balaie les rumeurs de crise

    Sénégal : Ousmane Sonko défend le pouvoir et balaie les rumeurs de crise

    Face aux rumeurs de tensions au sommet de l’État, Ousmane Sonko a profité de son interview accordée à France 24 et RFI pour défendre le bilan des autorités, réaffirmer la cohésion du pouvoir et tracer les grandes orientations du Sénégal de demain.

    Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a choisi les antennes de France 24 et RFI pour livrer une longue mise au point sur la situation politique du Sénégal, ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye et les défis économiques qui attendent le pays. Un exercice médiatique très attendu, dans un contexte marqué par des interrogations sur la cohésion au sommet de l’État sénégalais.

    Dès les premières minutes, Ousmane Sonko a cherché à éteindre les spéculations sur une prétendue crise institutionnelle. « Il n’y a pas de crise au Sénégal », a-t-il affirmé, rejetant les analyses qui évoquent des tensions irréconciliables entre les différentes composantes du pouvoir.

    Face aux interrogations sur ses rapports avec le chef de l’État, l’ancien Premier ministre a reconnu l’existence de divergences, tout en rappelant que celles-ci n’étaient pas synonymes de rupture. Sonko a défendu la nécessité d’un débat permanent au sein des institutions afin de préserver les engagements pris devant les Sénégalais.

    L’autre point majeur de l’entretien a concerné la situation économique du pays. Le dirigeant du Pastef a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes engagées et de clarifier la question de la dette publique, alors même qu’une mission du Fonds monétaire international doit reprendre ses discussions avec Dakar. Les échanges porteront notamment sur « les perspectives macroéconomiques, les besoins de financement du Sénégal et ses priorités en matière de réformes », selon le FMI.

    Ousmane Sonko a également réaffirmé sa volonté de rester fidèle au programme politique qui a conduit son camp à la victoire en 2024. Il a notamment défendu la poursuite des renégociations des contrats stratégiques, la lutte contre la corruption et une meilleure gouvernance des finances publiques. Ces priorités figuraient déjà parmi les exigences récemment formulées par le Pastef : « la fidélité au programme ayant conduit à la victoire de 2024 », « la clarification de la gestion de la dette souveraine » et « la lutte contre la corruption ».

    En choisissant France 24 et RFI, deux médias à forte audience internationale, Sonko a aussi voulu envoyer un message au-delà des frontières sénégalaises : celui d’un Sénégal qui entend défendre sa souveraineté sans s’isoler du reste du monde.

    Cette intervention apparaît finalement comme une opération de clarification politique. Plus qu’une simple interview, elle constitue un exercice de repositionnement destiné à rassurer les partenaires internationaux, à remobiliser sa base militante et à réaffirmer que le projet porté par le duo Diomaye-Sonko demeure, malgré les turbulences, la boussole du pouvoir sénégalais.

  • Afrique de l’ouest : la faim, une bataille sans fin ?

    Afrique de l’ouest : la faim, une bataille sans fin ?

    En cette Journée mondiale contre la faim du 15 juin, l’Afrique de l’Ouest est confrontée à une question essentielle : malgré ses immenses ressources agricoles, pourquoi peine-t-elle encore à nourrir sa population ?

    Chaque année, le 15 juin rappelle au monde une évidence douloureuse : des millions de personnes continuent de souffrir de la faim alors que la planète produit suffisamment de nourriture pour tous. En Afrique de l’ouest, ce paradoxe est particulièrement frappant. Région fertile, riche en terres arables, en ressources halieutiques et en main-d’œuvre agricole, elle demeure pourtant l’un des principaux foyers mondiaux de l’insécurité alimentaire.

    Le constat est alarmant. Selon les dernières estimations de la FAO, près de 52,8 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure, entre juin et août 2026, si des mesures urgentes ne sont pas prises.

    Le Nigéria, le Mali, le Niger, le Tchad, le Ghana et la Guinée figurent parmi les pays les plus touchés. Plusieurs facteurs se combinent et se renforcent mutuellement : les conflits armés, les attaques djihadistes, les déplacements massifs de populations, les inondations, les sécheresses répétées, la flambée des prix des denrées alimentaires et la baisse des financements internationaux.

    Pourtant, le problème n’est pas seulement celui de la production agricole. L’Afrique de l’Ouest produit chaque année des dizaines de millions de tonnes de céréales, mais elle souffre d’un déficit d’organisation, de transformation et de conservation des produits agricoles. Les pertes post-récolte, le manque d’infrastructures de stockage, la dépendance aux importations et la faiblesse des chaînes de distribution aggravent la vulnérabilité des populations rurales et urbaines.

    Alors, cette partie du continent peut-elle un jour éradiquer la faim ?

    La réponse est oui, mais à plusieurs conditions. Les gouvernements devront investir davantage dans l’agriculture familiale, accélérer la mécanisation, sécuriser les zones rurales, développer les industries de transformation alimentaire et favoriser la consommation des produits locaux. La souveraineté alimentaire ne pourra être atteinte sans une volonté politique forte et durable.

    L’objectif mondial de « Faim zéro » fixé pour 2030 paraît désormais hors de portée. Mais cela ne signifie pas que la bataille est perdue. L’Afrique de l’Ouest possède les terres, les compétences et la jeunesse nécessaires pour inverser la tendance.

    La véritable question n’est donc plus de savoir si elle en est capable, mais si ses dirigeants sauront enfin transformer cet immense potentiel en une sécurité alimentaire durable. Car, au XXIe siècle, mourir de faim dans une région aussi riche constitue sans doute le plus grand des échecs collectifs.

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