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  • L’Égyptien Mohamed Salah s’approche du Ballon d’or

    L’Égyptien Mohamed Salah s’approche du Ballon d’or

    Qui succédera à Rodri au palmarès du Ballon d’or ? Actuellement beaucoup de regards se tournent vers l’attaquant égyptien de Liverpool, Mohamed Salah, au sommet de son art.

    A l’issue du match de ce dimanche 23 février contre Manchester City, ils sont nombreux les observateurs et commentateurs à saluer de nouveau la prestation XXL de Mohamed Salah, auteur ce soir-là d’un but et d’une passe décisive. Score final 2-0.

    Depuis le depuis de la saison, le buteur des Reds marche sur l’eau que ce soit en Premier league qu’en ligue des champions, à tel point que beaucoup pensent qu’il serait le prochain Ballon d’or.

    Ce qui lui manque actuellement, c’est de gagner un titre majeur pour faire taire certaines critiques. Liverpool est bonne position pour décrocher le titre de champion d’Angleterre voire la Ligue des champions. Ce qui fait dire son coach Arne Slot que l’international égyptien a de « de bien meilleures chances » de remporter le Ballon d’Or.

    Son entraîneur n’est pas le seul à penser que son buteur est bien parti pour succéder à George Weah, seul lauréat africain, sacre obtenu en 1995. « Ce que j’aime le plus dans sa carrière, c’est qu’il devienne de plus en plus fort. Il est plus clinique. Il a trouvé un bon équilibre entre l’obsession de marquer des buts et donner la balle », souligne Arsène Wenger.

    Si le Sénégalais Sadio Mané arrivé 2ᵉ en 2002, l’Ivoirien Didier Drogba 4ᵉ en 2007 et le Camerounais Samuel Eto’o 5ᵉ en 2009, l’ancien Leone Star cherche son successeur jusqu’aujourd’hui. Et Mohamed Salah, 30 buts, 21 passes décisives toutes compétitions confondues, a toutes les chances de succéder à l’Espagnol Rodri.

  • Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Après les révélations de la Cour des comptes du Sénégal sur l’état des finances publiques, l’agence américaine Moody’s fait passer le pays de B1 à B3.

    Moody’s dégrade la note du Sénégal suite aux révélations de la Cour des comptes. En effet,  la juridiction financière a annoncé, le 13 février dernier, qu’en 2023 la dette publique du pays est égale à 100% du Produit intérieur brut (PIB) ; le déficit budgétaire, lui, occupe 12,3%. Alors que la précédente administration chiffré la dette à 65,6%.

    Moody’s s’empare du sujet. : « La dégradation du Sénégal est due aux nouvelles données de la Cour des comptes révélant une situation budgétaire beaucoup plus fragile », souligne l’agence américaine de notation dans un communiqué. Elle va plus loin en dégradant le pays de B1 à B3 avec des perspectives négatives.

    Ousmane Sonko, le Premier ministre, peu après la publication du rapport de la Cour des comptes, a, devant les députés, déployé des « manquements graves » avec la menace que leurs auteurs seront poursuivis par la justice.

  • Togo: le choix du nouvel ambassadeur en France, le lieutenant-colonel Ouro-Koura Tchagara Agadazi, inquiète la diaspora

    Togo: le choix du nouvel ambassadeur en France, le lieutenant-colonel Ouro-Koura Tchagara Agadazi, inquiète la diaspora

    Le lieutenant-colonel Ouro-Koura Tchagara Agadazi a été nommé le 13 février dernier ambassadeur du Togo en France. Dans un courrier adressé au Quai d’Orsay, une coalition de la diaspora togolaise exhorte Paris de ne pas accepter ses lettres de créance. 

    Dans une lettre du 18 février, la coalition de la diaspora togolaise CODITOGO (Coalition de la diaspora togolaise pour l’alternance et la démocratie) demande au Quai d’Orsay de ne pas accréditer le nouvel ambassadeur du Togo en France.

    Le nom du lieutenant-colonel Ouro-Koura Tchagara Agadazi apparaît dans plusieurs rapports d’ONG dont celui de la Ligue togolaise des droits de l’homme pour son rôle auprès des bérets rouges lors, notamment, de la violente répression des manifestations post-électorales de 2005. Ancien ministre de l’Agriculture, de la pêche et de l’élevage au début des années 2010, le lieutenant-colonel était directeur général de l’ANSAT, l’agence en charge de la sécurité alimentaire.

    La diaspora togolaise s’inquiète. « Le nom suscite tout de suite l’indignation, rappelle ce qui s’est passé et pas seulement en 2005… Nous avons également en 1991 lorsque le colonel était lieutenant… Les gens se le rappellent bien : il était à la tête d’un groupe de militaires bérets rouges qui ont sévi dans la région de Tchaoudjo à Sokodé... », rappelle Raphaël Gbadoue, coordinateur de CODITOGO, joint par Christina Okello de la rédaction Afrique.

    « Est-ce qu’on doit encore nommer le colonel dans un pays comme la France, qui est un pays des droits de l’homme, ça suscite des interrogations. Je pense que toutes ces personnes… on ne devrait plus les mettre en avant de la scène. Certains de nos compatriotes qui vivent en France avec un statut de demandeur d’asile ou bien de réfugié, est-ce qu’ils seront libres sur le territoire français avec un représentant de notre cher pays qui est un des acteurs également de la répression ? ça ne peut que susciter des inquiétudes. »

    Le lieutenant-colonel Ouro-Koura Tchagara Agadazi succède au colonel Calixte Batossi Madjoulba, récemment nommé ministre de la Sécurité et de la Protection civile. 

    Avec RFI

  • Droits fonciers: NO VOX sensibilise des maraichers des Lacs

    Droits fonciers: NO VOX sensibilise des maraichers des Lacs

    L’association NO VOX Togo a procédé ce jeudi 20 février à Dévikinmé-Avélétui, dans la préfecture des Lacs, à la sensibilisation d’une vingtaine de maraichers sur les droits fonciers et les bonnes pratiques agricoles.


    C’était l’occasion de rappeler, pour ce qui est de la première communication, la nécessité de dépasser les contrats de bail verbaux qui ne présentent aucune garantie quant à leur respect par les deux parties. D’où la rédaction d’un accord avant toute exploitation de parcelle afin d’éviter des désagréments éventuels.


    Il est question également de respecter les procédures en matière foncière, notamment en ce qui concerne l’acquisition de biens immobiliers.


    Par ailleurs, la seconde phase de la communication a porté sur l’agroécologie qui présente d’innombrables avantages pour la santé, contrairement à l’agriculture conventionnelle, qui se distingue de par l’utilisation d’engrais chimiques.
    Les participants ont exprimé leur satisfecit tout en soulignant, au même moment, certaines préoccupations.
    D’abord, l’agriculture bio ou l’agroécologie, bien qu’idéale, revient chère à cause du coût lié à la production des engrais y afférents faute de subvention.


    Ensuite, sa durée moyenne pour pousser les produits agricoles est relativement longue par rapport à l’engrais chimique, quoique nocif.
    Enfin, l’adoption d’engrais bio par un agriculteur est vaine si dans son voisinage immédiat, c’est plutôt l’agriculture conventionnelle qui est pratiquée ; ce en raison de la dégradation des sols par les produits chimiques au-delà des surfaces sur lesquelles ils sont appliqués.
    “En tout état de cause, l’association NO VOX entend mener une double action: en dehors de cette sensibilisation pour une agriculture respectueuse de l’environnement, elle compte faire des plaidoyers auprès des décideurs pour l’adoption d’une politique agroécologique à la portée de tous.


    “Nous sommes tous conscients que seule l’agroécologie pourrait nous garantir un état de bien-être durable. Elle est également respectueuse de l’environnement. Pour cela, il est opportun de mener des plaidoyers auprès de tous les acteurs et partenaires pour subventionner véritablement les engrais organiques,” a déclaré Dosseh SOHEY, Coordonnateur de NO VOX Togo et point focal national de la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau.

  • L’opération maintenance du gazoduc de WAPCo évolue à un rythme rassurant

    L’opération maintenance du gazoduc de WAPCo évolue à un rythme rassurant

    Les travaux de maintenance du gazoduc de la West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo), entamés début février, avancent à un rythme qui rassure ses responsables.

    Tout se découle comme prévu. Mieux, les travaux de nettoyage et d’inspection des pipelines offshore appelés raclage, débutés le 5 février,  pourraient se terminer avant même le 2 mars, date fixée pour que tout redevienne normal.

    WAPCo

    Optimisme

    A l’issue d’une visite  des installations de Tema ce jeudi 20 février, l’ingénieur Benoni Owusu Ayeh, surintendant des opérations et de la maintenance des opérations de la zone ouest, a confié aux médias son optimisme, rassurant que 70% des travaux sont déjà effectués.

    Et d’expliquer : « Compte tenu de la distance à parcourir et de ce que nous avons communiqué, nous pensons que nous devrions être en mesure de terminer cet exercice avant le 2 mars ».

    « Nous sommes dans les délais et nous pensons que tant qu’il ne se passe rien… mais sur la base de ce que nous avons vu, nous progressons », ajoute l’ingénieur.

    Progressivement, l’approvisionnement en gaz va redémarrer par Tema, ensuite Lomé et enfin Cotonou, promet-il. « Nous espérons reprendre l’approvisionnement de Tema, mais aussi de Lomé. Nous devrons encore mener certaines activités sur le latéral de Cotonou. Car à partir du chantier de Tema, le navire se déplacera vers Cotonou. À Cotonou, nous effectuons une inspection, nous faisons fonctionner plusieurs racleurs, environ six d’entre eux »,  insiste Benoni Owusu Ayeh.

    En résumé, le rythme de l’opération de maintenance et d’inspection devrait finir plutôt que prévu de telle que le flux inverse de Tema soit prêt avant le 2 mars.

  • UA: De l’excès de prudence à l’inefficacité

    UA: De l’excès de prudence à l’inefficacité

    Depuis que l’Organisation de l’Unité Africaine, au tournant du millénaire, est devenue l’Union africaine, dirigée par un Président (de la Commission), en lieu et place du secrétaire général, il est le premier à boucler deux mandats. Cette prouesse, si c’en est une, laisse dans une totale indifférence les peuples africains, peu convaincus de la réelle utilité de l’Organisation panafricaine.

    Dans son discours d’adieu, Moussa Faki Mahamat, le président sortant de la Commission de l’Union africaine s’est félicité de nombreux succès, en déplorant quelques « insuffisances, lacunes, difficultés et défis ». Que retiendront concrètement les Africains de ses deux mandats ? Et à quoi doivent-ils s’attendre, avec Mahmoud Ali Youssouf, qui lui succédera le 15 mars prochain ?

    Pour être franc, les Africains n’en sont déjà plus à se préoccuper de ce qu’a éventuellement réussi (ou n’a pas osé) Moussa Faki Mahamat. Quant à son successeur, ils sauront, avec ce qu’il leur reste de patience, attendre de le voir à l’œuvre, avant de porter un quelconque jugement. Cette indifférence de fait dénote un scepticisme, sinon une grande défiance des peuples du continent, dubitatifs, quant à l’utilité de cette organisation dans leurs vies. Mais cette défiance vise davantage les chefs d’État que les présidents de Commission plus ou moins malléables qu’ils élisent.

    Comme si les déconvenues passées de quelques trop fortes personnalités dans ces fonctions avaient fini par inciter la plupart des titulaires à se complaire dans un excès de prudence, confinant parfois à l’inefficacité. Cela n’est, certes, pas un travers particulier à la seule Union africaine. Mais, en raison de l’importance des défis à relever, les conséquences, ici, sont d’une ampleur colossale.

    Cette fonction requiert du courage, pour oser rappeler à leurs devoirs des chefs d’État plus souvent tentés d’utiliser cette tribune pour conforter leur pouvoir que pour défendre leurs peuples. Elle implique de savoir, à l’occasion, tenir tête aux dirigeants qui prennent des libertés avec les textes qui régissent l’organisation. Lorsqu’un État membre de l’Union européenne viole les règles de l’Union, la Commission de Bruxelles sait le rappeler à l’ordre, et même, au besoin, lui infliger les sanctions prévues par les textes.

    Certains premiers responsables de l’Organisation, qui ont osé tenir tête aux chefs d’État, ont eu à le payer très cher…

    Cela est certain. Le Guinéen Boubacar Diallo Telli, le Camerounais Nzo Ekangaki, le Togolais Edem Kodjo… autant d’expériences, dont les dirigeants africains semblent avoir tiré comme une leçon de médiocrité, préférant des présidents de Commission dociles et obéissants à de trop fortes personnalités. C’est pourtant, à l’échelle continentale, l’une des fonctions qui requièrent le plus de créativité, d’envergure et un leadership convaincant. Car, l’équation personnelle compte toujours pour beaucoup dans une telle fonction.

    En l’occurrence, le président sortant de la Commission dit avoir laissé aux dirigeants un document portant sur certaines questions relatives à la survie de l’organisation… N’est-ce pas courageux ?

    C’est ce qu’il semble suggérer, lorsqu’il affirme qu’un chef d’État a qualifié son document de « brûlot ». Mais il s’est aussi enorgueilli d’avoir passé dix-sept ans au Conseil exécutif de l’Union, qu’il nomme « Club des ministres des Affaires étrangères », entre l’époque où il y siégeait comme chef de la diplomatie tchadienne et ses deux mandats de président de la Commission. Cette longévité ne lui aura manifestement pas permis d’anticiper et de surmonter les « insuffisances, lacunes, difficultés et autres défis » qu’il décrit, par ailleurs.

    Pondre un « brûlot », alors que votre poste n’est plus en jeu, donc pas menacé, ce n’est ni du courage ni de la témérité. D’autres ont connu des difficultés pour avoir, justement, osé des actions qui valaient brûlots… Et il ne s’agit pas que de l’emblématique Boubacar Diallo Telli, sujet d’élite, achevé de manière inhumaine dans les geôles du panafricaniste et néanmoins dictateur Ahmed Sékou Touré.

    L’Afrique qui s’acharne à achever ses propres héros doit-elle s’étonner d’en manquer dans des positions aussi importantes ? Les peuples du continent sont plus que mal à l’aise, pour se plaindre du tort que leur font les autres, lorsqu’ils réalisent que, pour ne pas respecter les textes et les règles qu’elle se donne, l’Organisation panafricaine s’évertue à dissuader, sinon à casser les prétendants les plus courageux à tout leadership continental.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 22 février 2025 sur RFI

  • Togo- Orabank ferme une de ses agences de Lomé

    Togo- Orabank ferme une de ses agences de Lomé

    L’agence Orabank de la rue des chemins de fer à Lomé cessera ses activités à compter du 31 mars prochain. Pourquoi une telle décision? La direction n’en donne pas d’explication, se contentant de “rassurer que tous les comptes actuellement détenus dans cette agence seront disponibles dans toutes les autres agences environnantes et que les détails de vos comptes ne seront pas modifiés”.

    AVIS A LA CLIENTELE

    Chers clients,

    Nous voudrions vous informer qu’à compter du 31 mars 2025 votre agence de la rue des chemins de fer sera fermée.

    Ainsi tous les services fournis par cette agence cesseront, mais un guichet automatique sera mis à votre disposition afin de vous faciliter les opérations courantes.

    Nous tenons à vous rassurer que tous les comptes actuellement détenus dans cette agence seront disponibles dans toutes les autres agences environnantes et que les détails de vos comptes ne seront pas modifiés.

    Nous restons engagés à vous offrir un service de qualité et restons à votre disposition pour toute information complémentaire aux numéros suivants : +228 99 800 800 /+228 22 53 64 00.

    Bien cordialement.

    La direction Générale

  • Suspension de l’USAID: «L’annonce américaine peut servir de réveil pour les dirigeants africains» selon Kako Nubukpo

    Suspension de l’USAID: «L’annonce américaine peut servir de réveil pour les dirigeants africains» selon Kako Nubukpo

    Le 27 janvier, le président Donald Trump gelait pour trois mois les aides extérieures américaines. Plus de 68 milliards de dollars en 2023, gérés en majorité par l’agence USAID. Cette mesure a provoqué une onde de choc, particulièrement en Afrique, où l’avenir de millions de bénéficiaires est en jeu. L’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo appelle à repenser la solidarité internationale, et incite les dirigeants africains à sortir « d’une certaine posture misérabiliste ». Il répond aux questions de Liza Fabbian.

    RFI : Comment avez-vous réagi en apprenant la suspension de l’aide au développement américaine ? 

    Kako Nubukpo : Ce fut brutal comme annonce et, j’allais dire, un peu excessif. C’est quand même 20 milliards de dollars qui vont vers l’Afrique, normalement en provenance des États-Unis, qui n’arriveront pas cette année.

    Est-ce que vous pensez que cette décision de Donald Trump était prévisible en quelque sorte ? 

    Oui et non. Oui, parce que durant son premier mandat, il a eu parfois des propos qui marquaient, quasiment du mépris par rapport à l’Afrique. Et puis le fait d’avoir demandé à Elon Musk de faire un peu la revue des dépenses publiques américaines pouvait laisser présager des coupes sombres. Mais c’est clair que c’est surprenant parce qu’on a l’impression qu’il est resté dans une vision de l’aide « charité », alors que de toute évidence, aujourd’hui, l’aide, c’est de l’investissement gagnant-gagnant. 

    On peut peut-être parler de l’impact de cette décision américaine sur les populations et les pays africains. Est-ce qu’il y a une manière de mesurer cet impact ? 

    Il y a déjà les gens qui travaillent dans ces agences d’aide, comme l’USAID, qui se retrouvent au chômage technique. Il y a beaucoup d’ONG qui dépendent des financements de l’USAID qui vont se retrouver également à court d’argent. Et puis il y a surtout les populations bénéficiaires de cette aide. 

    Vous savez, depuis les programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, plusieurs secteurs, notamment sociaux en Afrique, dépendent quasiment de l’aide publique au développement : la santé, l’éducation. C’est-à-dire que le fonctionnement est assuré par le budget national. Mais pour l’essentiel, les budgets d’investissement dépendent en fait des aides. 

    Pourtant, vous appelez aussi à relativiser le poids et l’importance de cette aide américaine… 

    L’Afrique exporte à peu près 600 milliards de dollars en termes de recettes d’exportation qui ne sont pas forcément rapatriés. Et en plus, la CNUCED nous indique qu’il y a à peu près 90 milliards de dollars chaque année de flux financiers illicites qui quittent l’Afrique en direction du reste du monde. Donc en net, l’Afrique apporte plus au reste du monde que l’inverse. Et donc c’est une question au fond de narratif. 

    Alors que peuvent faire les États africains ? Est-ce que ce n’est pas justement le moment pour eux de repenser certaines de leurs politiques budgétaires notamment ? 

    Nous nous sommes complus dans l’acceptation du narratif occidental qui consistait à dire qu’on nous aide. Dans les faits, ce n’est absolument pas vrai. 

    Et comme en plus, nous avons toujours eu des dirigeants qui donnaient l’impression d’aller quémander auprès du reste du monde ce dont ils avaient besoin pour piloter leurs nations, il s’est installé ce narratif. Et donc il est temps d’assumer les fonctions régaliennes des États. 

    On ne peut pas laisser les fonctions régaliennes de l’État aux aléas des flux d’aide publique au développement. Et de ce point de vue, l’annonce américaine peut servir au fond de réveil pour les dirigeants africains qui doivent comprendre qu’ils doivent assumer pleinement la souveraineté économique. 

    Et alors, quels sont les défis qui se posent à eux ?  

    Il y a un enjeu autour de la dette parce qu’aujourd’hui, ce que nous constatons, c’est que le ratio du service de la dette sur les recettes totales est de 54 % en Afrique, contre 10 % dans les pays développés. 

    Ça veut dire que plus de la moitié de vos recettes fiscales et non fiscales est consacrée au remboursement de la dette. Donc, vous voyez, au moment où vous votez votre budget, vous savez déjà que vous êtes amputé de plus de la moitié de vos recettes. Et donc, comment vous voulez piloter les politiques économiques si vous n’avez que la moitié des ressources budgétaires. 

    Et c’est pour ça que moi, je plaide pour une annulation de la dette parce qu’on voit qu’aujourd’hui le service de la dette empêche les États d’avoir de vraies politiques publiques volontaristes. 

    Il me semble aussi que vous, vous faites partie de ceux qui ont appelé en fait à une refonte du système de solidarité internationale, vous n’êtes pas non plus pour une suppression totale des mécanismes d’aide. Qu’est-ce que vous entendez par là ?  

    C’est simplement revenir aux fondamentaux. L’aide est utile, mais il faut qu’elle soit bien pensée, bien utilisée et bien évaluée. Et du coup, j’ai quasiment envie de dire par rapport à l’annonce américaine qu’il ne faut pas jeter l’aide avec l’eau du populisme.

     La communauté internationale construit depuis un demi-siècle quelque chose d’important dans lequel nous nous inscrivons, nous les Africains. Et donc ce multilatéralisme équitable, moi, je prône qu’il ne soit pas abandonné. Et c’est pour ça que je dis qu’il y a en fait tous les outils qui existent déjà pour qu’on fasse du bon travail collectivement. L’enjeu, c’est de sortir des dépendances subies et d’opter pour des interdépendances choisies. 

    Ça pourrait aussi inciter les pays africains à se tourner vers d’autres partenaires, j’imagine ? 

    Ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le « Sud global » avec des pays comme la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran et d’autres, vont certainement prendre la place que les Américains sont en train de laisser vide en Afrique. 

    Et c’est pour ça que, au fond, on a l’impression que l’Occident se tire une balle dans le pied par ce type d’annonce. Au fond, ça accrédite la thèse d’un retrait de l’Occident et ça légitime aussi une montée en puissance des BRICS. 

    Et donc c’est très intéressant, d’un point de vue géopolitique, de comprendre que ce type d’annonce n’est pas neutre.

    Source: rfi.fr

  • Tribune: le triomphe historique du Niger sur la cécité des rivières est une lueur d’espoir pour l’Afrique

    Tribune: le triomphe historique du Niger sur la cécité des rivières est une lueur d’espoir pour l’Afrique

    Le Niger est parvenu à éliminer l’onchocercose, maladie encore appelée la cécité des rivières. Une prouesse que Dr Paulin Basinga, directeur de la Fondation Bill Gates pour l’Afrique, salue dans la tribune ci-après.

    Dans un petit village de la région de Tahoua, au Niger, un homme du haut de ses 80 ans est assis à l’ombre, ses yeux voilés par une cécité irréversible. Sa femme, septuagénaire, est assise à proximité, son corps couvert de cicatrices sous ses vêtements. Ils font partie des dernières personnes au Niger que le Dr Salissou Adamou a traitées pour la cécité des rivières (également connue sous le nom d’onchocercose), une maladie cruelle qui prive les gens de leur vue, de leur santé et de leur dignité.

    Environ 70 % des membres de cette communauté ont souffert de la cécité des rivières, l’une des 21 maladies tropicales négligées (MTN) qui, à elles seules, touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde. Cette maladie a fait des ravages dans les écoles et les exploitations agricoles locales, plongeant les familles dans la pauvreté. Un grand nombre de leurs voisins ont fui en cherchant une solution, à la fois pour échapper à la maladie et pour fuir la peur.

    En moins d’une génération, le contexte s’est remarquablement amélioré. Cela est dû en grande partie grâce à M. Salissou, qui coordonne le programme national de lutte contre la cécité des rivières au Niger avec le soutien du Comité pour l’élimination de l’onchocercose, un réseau mondial d’ONG et d’experts de la maladie, ainsi que des sociétés pharmaceutiques et des donateurs. Plus tôt dans la journée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a certifié que le Niger avait éliminé la cécité des rivières en tant que problème de santé publique, ce qui signifie qu’aucun enfant né au Niger aujourd’hui ne craindra d’être aveugle de façon permanente à cause de cette maladie évitable.

    Cette avancée extraordinaire, qui s’est faite en 45 ans, n’est pas seulement un triomphe en matière de santé publique. C’est la preuve de ce qui est possible lorsque les pays touchés et les donateurs mondiaux s’unissent derrière un objectif commun.

    Reconnaissance

    Et ce ne sera pas la dernière, car chaque jour, des champions locaux comme le Dr Salissou font tomber les barrières pour éliminer les MTN et s’assurer qu’elles ne reviennent pas. Certains font office d’historiens, passant au peigne fin de vieilles cartes et de vieux dossiers pour identifier tous les villages qui ont signalé un cas. D’autres se portent volontaires pour servir d’appât humain, s’asseyant pendant des heures sur le lit des rivières – la peau exposée – pour attirer et attraper de minuscules mouches avant qu’elles ne piquent, une tâche dangereuse mais nécessaire qui permet aux scientifiques de suivre la propagation de la maladie.

    Leurs efforts inlassables méritent à la fois une large reconnaissance et le soutien total des bailleurs de fonds et des décideurs politiques.

    Les programmes visant à éliminer les MTN telles que la cécité des rivières font bien plus que restaurer la santé. Ils permettent aux enfants de rester à l’école, aux adultes d’aller travailler et aux familles d’échapper à la pauvreté. Rien qu’au Niger, on estime que l’élimination de la cécité des rivières ajoutera 2,3 milliards de dollars à l’économie du pays en permettant à un plus grand nombre de personnes de mener une vie productive. Le rapport coût-efficacité est frappant : de nombreuses personnes peuvent être atteintes et traitées pour moins de 50 cents de dollars par personne.

    À l’échelle mondiale, 55 pays ont désormais éliminé au moins une MTN, ce qui représente plus de la moitié du chemin à parcourir pour atteindre l’objectif de 100 pays d’ici à 2030 fixé par l’OMS. Plus de 20 de ces pays se trouvent en Afrique, ce qui constitue un exploit remarquable compte tenu de la charge de morbidité disproportionnée de ce continent. Pourtant, plus d’un milliard de personnes dans le monde restent exposées au risque. Pour honorer les efforts des champions locaux et accélérer les progrès, les programmes de lutte contre les MTN ont besoin de ressources plus importantes et de meilleure qualité.

    Tout d’abord, les gestionnaires de programmes ont besoin de données fiables pour comprendre les lieux de propagation des maladies afin que les personnes reçoivent un traitement en temps voulu. Des technologies telles que l’intelligence artificielle et la cartographie géospatiale, qui combinent des données sur les conditions météorologiques, les populations et d’autres éléments de manière visuelle, permettent de localiser plus précisément les habitats changeants des insectes vecteurs de maladies, afin que les équipes sachent dans quelles zones allouer des ressources. Les investissements dans le développement de ces outils permettront de s’assurer que les programmes les exploitent au maximum.

    Le dépistage des maladies n’est qu’une partie du défi. Les équipes chargées des programmes ont besoin de médicaments efficaces pour prévenir ou traiter rapidement les maladies. Bien qu’il existe de nombreux traitements éprouvés, des schémas thérapeutiques plus courts permettraient aux agents de santé de traiter les malades en moins de consultations et sur des périodes plus courtes, ce qui accélérerait les délais d’élimination. En 2023, moins de 10 % des fonds consacrés à la recherche et au développement pour la plupart des maladies infectieuses ont été affectés aux MTN, ce qui ne représente qu’une petite fraction de ce qui est nécessaire pour s’attaquer pleinement aux MTN.

    Même avec des données et des médicaments, les pays ont besoin d’un financement flexible pour s’adapter à l’évolution de la situation et pour orienter la planification. C’est précisément ce que fait le fonds « Reaching the Last Mile » (Atteindre le dernier kilomètre) (RLMF), une plateforme de financement collaborative et diversifiée, en réunissant des autorités locales, des bailleurs de fonds internationaux, des entreprises et des ONG pour soutenir les gestionnaires de programmes dans leurs priorités essentielles, qu’il s’agisse de renforcer les capacités des laboratoires locaux ou de donner aux travailleurs de la santé les moyens d’atteindre les populations vulnérables.

    Investissements

    En 2023, le Fonds « Reaching the Last Mile » a audacieusement élargi son objectif afin d’atteindre tous les pays d’Afrique où la cécité des rivières et la filariose lymphatique sont endémiques d’ici 2030, soit cinq fois plus que l’objectif initial. La Fondation Gates est fière de s’associer à d’autres partenaires désireux de soutenir cette vision, mais l’augmentation des objectifs du fonds s’est accompagnée d’une augmentation de ses besoins de financement. Des investissements accrus de la part des bailleurs de fonds et des pays endémiques aideraient les pays du continent à mettre en place des programmes de traitement dans un plus grand nombre de communautés et à veiller à ce que les progrès durement acquis soient préservés même après l’arrêt du traitement – reproduisant ainsi le succès du Niger à grande échelle.

    Dans le contexte actuel, nous devons donner la priorité aux investissements qui ont un effet transformateur. S’il existe de nombreuses opportunités intéressantes dans le domaine de la santé publique, les programmes de lutte contre les MTN représentent une opportunité inégalée. Rien qu’au Niger, on estime que l’élimination de la cécité des rivières a ajouté 2,3 milliards de dollars USD à l’économie du pays entre 1976 et 2019 – lorsque la plupart des programmes étaient actifs – permettant ainsi à davantage de personnes de mener une vie saine et productive.

    Les bailleurs de fonds internationaux et les pays endémiques sont redevables à ceux qui sont en première ligne de la lutte et doivent faire plus en mettant tout leur soutien financier et politique au service des programmes de lutte contre les MTN. Ensemble, nous pouvons faire de la réussite historique du Niger le catalyseur d’un mouvement mondial, en permettant à des millions de personnes d’échapper à la négligence et en donnant de l’espoir à ceux qui souffrent encore.

    Au Niger, cela fait des années déjà que l’équipe de Salissou a traité les derniers patients atteints de cécité des rivières et qu’elle a entamé le long chemin vers la certification de l’élimination de la maladie. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes n’ont jamais entendu parler de la maladie, ce qui représente un profond symbole de progrès, que nous pouvons continuer à reproduire, j’en suis persuadé.

    Dr Paulin Basinga, Directeur de la Fondation Gates pour l’Afrique

  • Togo: une audience contre le poète «Affectio», poursuivi pour ses écrits

    Togo: une audience contre le poète «Affectio», poursuivi pour ses écrits

    Au Togo, l’activiste « Affectio » est retourné en prison mercredi 19 février après son audition devant le juge d’instruction de la cour d’appel.

    Interpellé le 12 janvier 2025, il a été incarcéré à la prison civile de Lomé, 48 heures après, pour avoir publié sur les réseaux sociaux un poème intitulé « Fais ta part ». Il est poursuivi pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État, il doit attendre encore huit jours pour connaître son sort.

    Honoré Sitsopé Sokpor, alias « Affectio », est arrivé à la cour d’appel de Lomé peu avant 8h30, menottes aux poignets et a été directement conduit dans le couloir n°3 où se trouve la salle d’instruction.

    C’est ici que, quelques minutes plus tard, il s’est retrouvé devant trois juges, en compagnie de ses deux avocats. L’audience n’est pas publique, comme à l’instruction, nous confie un avocat. Les juges doivent examiner l’appel interjeté par ses conseils en vue de sa libération.

    Accusé d’appel à l’insurrection

    « Affectio » est poursuivi pour avoir publié un poème sur les réseaux sociaux intitulé « Fais ta part » dans lequel il dénonce l’arbitraire, l’oppression et ajoute « indignez-vous ». Cette phrase est interprétée comme un appel à l’insurrection, à la révolte contre les institutions du pays.

    L’incarcération d’« Affectio » a provoqué un grand émoi dans l’opinion publique et a suscité auprès des acteurs politiques et des organisations des droits de l’homme des questionnements sur le respect de la liberté d’expression au Togo.

    Mercredi 19 février, des parents, amis et acteurs des droits de l’homme, venus en grand nombre le soutenir, sont retournés chez eux déçus et tristes.

    « Affectio » est ramené en prison, le délibéré est attendu dans huit jours.

    Source: rfi.fr

Radio Renouveau228

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