One Health 2026 : l’Afrique exige sa place
En prélude à l’ouverture du One Health Summit 2026 à Lyon, la question de la participation africaine s’impose comme un enjeu majeur.
Ce vendredi 3 avril 2026, un webinaire organisé par Galien Africa et le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a permis de poser les bases d’une mobilisation continentale autour de cette rencontre internationale stratégique.
Prévu du 7 avril 2026 dans la ville de Lyon, le One Health Summit se veut un rendez-vous de haut niveau réunissant experts, décideurs politiques et acteurs du développement. Objectif : transformer le concept « Une seule santé » en solutions concrètes face aux défis sanitaires mondiaux. À l’heure où les crises épidémiques et climatiques se multiplient, l’approche intégrée liant santé humaine, animale et environnementale apparaît plus que jamais indispensable.
Au cœur des échanges, une conviction forte : l’Afrique ne peut être reléguée au second plan. Pour Awa Marie Coll Seck, présidente de Galien Africa, la participation du continent dépasse le simple cadre scientifique. « C’est aujourd’hui un problème de souveraineté, et la voix de l’Afrique doit se faire entendre », a-t-elle affirmé avec fermeté à l’ouverture du webinaire.
L’ancienne ministre sénégalaise de la Santé insiste sur le rôle crucial que peut jouer l’Afrique dans la dynamique One Health. Selon elle, le continent, particulièrement exposé aux zoonoses, aux dérèglements climatiques et aux fragilités des systèmes de santé, dispose également d’un potentiel d’innovation et d’adaptation unique. « Nous sommes prêts à participer à ce sommet comme de véritables acteurs », a-t-elle souligné, appelant à dépasser les discours pour passer à l’action.
Le webinaire, qui a réuni divers spécialistes et professionnels des médias, s’est penché sur les systèmes intégrés liant santé, environnement et nutrition. Ces approches transversales sont perçues comme des leviers essentiels pour répondre efficacement aux crises globales. Les intervenants ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer la coopération interdisciplinaire et de favoriser l’émergence de solutions locales adaptées aux réalités africaines.
Au-delà des constats, les discussions ont mis en lumière un impératif : transformer les projets en programmes concrets et les initiatives isolées en politiques à grande échelle. « Le temps est à l’action », a martelé Awa Marie Coll Seck, plaidant pour une meilleure structuration des efforts et une valorisation accrue des innovations africaines.
L’approche One Health, promue par l’Organisation mondiale de la santé, repose sur une vision intégrée de la santé. Elle reconnaît l’interdépendance entre les humains, les animaux, les plantes et leur environnement. Cette stratégie vise notamment à lutter contre les maladies zoonotiques, la résistance aux antimicrobiens et les risques environnementaux, autant de défis qui affectent fortement les pays africains.
Dans ce contexte, la participation active de l’Afrique au sommet de Lyon apparaît comme une nécessité stratégique. Il ne s’agit plus seulement de subir les crises, mais de contribuer à leur résolution à l’échelle mondiale. Le webinaire de Galien Africa et du REMAPSEN aura ainsi servi de tremplin pour affirmer une ambition : faire de l’Afrique un acteur central de la santé globale.
À Lyon, le continent entend désormais faire entendre sa voix et peser sur les décisions. Car, comme l’ont rappelé les intervenants, il ne peut y avoir de réponse efficace aux enjeux sanitaires mondiaux sans une implication forte et structurée de l’Afrique.
