Médecine traditionnelle : forces et faiblesses selon Togbui Dagban-Ayivon
Ce mercredi 12 février, à Lomé, l’antenne togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement a organisé une conférence, placée sous le thème « La place de la pharmacopée dans le domaine de la santé au Togo » et animée par la tête couronnée Dagban-Ayivon en présence d’un représentant de l’Organisation mondiale de la santé et du chef de la division de la médecine traditionnelle au ministère de tutelle.
La section togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a démarré la nouvelle année par une conférence animée par le chef traditionnel d’Adakpamé avec la modération de Kossivi Amétowogblona, le Secrétaire général dudit réseau. Parmi l’assistance, composée de journalistes, il y avait aussi Dr Malou Koboyo, le chef division de la médecine et pharmacopée traditionnelle au ministère en charge de la Santé et de Joseph Koivogui, le représentant du Représentant de l’OMS au Togo.

D’entrée de jeu, le conférencier a insisté sur le fait que la médecine traditionnelle togolaise, africaine, existe bel et bien. Il a expliqué le cheminement qui aboutit à la préparation des remèdes. « Nous avons notre propre paradigme, différent de celui de l’Occident », a-t-il ajouté, rappelant que la médecine traditionnelle intègre la dimension spirituelle.
« Grâce à un cauri, il est possible d’interroger la pharmacopée, de questionner le remède pour savoir s’il sera efficace dans un cas donné. Si la réponse est négative, on explore d’autres solutions complémentaires jusqu’à obtenir une confirmation », a-t-il expliqué.
Et de regretter qu’ « au Togo, la pharmacopée ne soit pas intégrée dans les protocoles de soins hospitaliers et soit trop souvent assimilée au charlatanisme ».
La médecine traditionnelle a des limites. En effet, a poursuivi la tête couronnée, «Les affections qui nous sont importées, qui nous viennent d’ailleurs nous limitent dans nos prestations et il va falloir faire des recherches pour venir à bout ».
« Généralement il y a certains types de cancer que nous ne savons pas guérir. Nous faisons des guérisons symptomatiques et à force de les guérir nous atteignons le résultat», a-t-il renchéri.

Pour finir, Togbui Dagban-Ayivon a souhaité que les démarches de la médecine traditionnelle soient intégrées dans un protocole de telle sorte à aboutir à la complémentarité entre la pharmacopée togolaise et la médecine conventionnelle comme on en voit dans certains pays de la sous-région. Objectif, « mettre au point des solutions efficaces pour les patients ».
En résume, comme l’a retenu Ambroisine Mêmèdé, la coordinatrice du REMAPSEN-Togo, la médecine traditionnelle et celle conventionnelle « doivent travailler en complémentarité pour le bien des populations », d’autant qu’elles « ne s’opposent pas » en réalité. Une approche également souhaitée par Dr Malou Koboyo et Joseph Koivogui.
Avant l’entame de la conférence, les membres du bureau du REMAPSEN-Togo ont validé le plan d’action 2025, identifié les partenaires, entre autres.