Mafille Woedikou : de l’étoile togolaise à l’AS Cannes, un nouveau défi en France
Malgré son talent indéniable et ses nombreuses sélections avec l’équipe nationale féminine du Togo, les Éperviers dames, Woedikou n’a pas encore réussi à franchir le fameux “cap” qui lui permettrait de s’imposer durablement dans un club de très haut niveau en Europe.
Dans le paysage du football féminin togolais, Mafille Woedikou s’est imposée comme l’une des figures les plus emblématiques de sa génération. Née à Lomé, Togo, Woedikou s’est d’abord forgée une réputation solide sur les pelouses de son pays natal où elle a été élue meilleure joueuse du championnat national avant de tenter l’aventure européenne.
Depuis son arrivée en France en 2019, Woedikou a multiplié les clubs et les expériences, passant par l’ES Trois Cités Poitiers, l’AJ Auxerre, le FF Yzeure Allier Auvergne, puis le RC Strasbourg et le FC Nantes en Division 2 féminine. Ces années en France ont été marquées par des hauts et des bas, mais surtout par une persévérance hors du commun et une volonté de toujours progresser.
Cette semaine, l’internationale togolaise a signé un nouveau contrat avec l’AS Cannes Football, club évoluant en Division 3 féminine française. La transaction a été officialisée par plusieurs sources sportives et sur les réseaux sociaux du club et de la joueuse elle-même, confirmant son arrivée dans l’équipe azuréenne pour la saison 2026.
Pour Woedikou, ce transfert représente une nouvelle étape dans une carrière déjà bien remplie. À 31 ans, la Togolaise apporte non seulement son expérience, mais aussi sa capacité à faire la différence offensivement au sein d’un collectif en quête d’ambitions. L’AS Cannes, qui figure parmi les équipes leaders de son championnat, voit en elle une joueuse capable d’apporter de la profondeur au secteur offensif.
Pourtant, malgré son talent indéniable et ses nombreuses sélections avec l’équipe nationale féminine du Togo, les Éperviers dames, Woedikou n’a pas encore réussi à franchir le fameux “cap” qui lui permettrait de s’imposer durablement dans un club de très haut niveau en Europe. En France, la majorité de ses expériences l’ont vue évoluer dans les divisions inférieures – D2 et désormais D3 – plutôt que dans l’élite du football féminin hexagonal. Ce constat soulève de nombreuses interrogations quant aux obstacles structurels et personnels auxquels les joueuses africaines doivent faire face pour intégrer les niveaux supérieurs du football européen.
Le parcours de Woedikou illustre parfaitement cette réalité : une joueuse dotée d’un talent reconnu, régulièrement décisive avec son équipe nationale (elle compte plus de 14 buts en sélection), mais qui se heurte à un plafond de verre lorsqu’il s’agit de franchir un pas décisif vers les clubs les plus prestigieux.
Les raisons de cette situation sont multiples. D’une part, la transition entre le football africain et européen exige une adaptation tactique et physique qui n’est pas toujours évidente. D’autre part, la visibilité moindre des joueuses évoluant en divisions inférieures rend plus ardues les opportunités de recrutement par les clubs de haut niveau. Enfin, les joueuses féminines africaines font souvent face à des défis culturels, linguistiques et logistiques qui peuvent freiner leur progression.
Pour Mafille Woedikou, la signature à l’AS Cannes est l’occasion de relancer sa carrière et de démontrer que son talent ne se limite pas aux succès nationaux ou à l’échelon amateur/semiprofessionnel. En rejoignant un club ambitieux en D3 française, elle espère non seulement aider son équipe à atteindre ses objectifs de promotion, mais aussi attirer à nouveau l’attention de clubs plus importants.
Alors que la saison bat son plein, tous les regards seront tournés vers cette joueuse togolaise qui, malgré les obstacles, continue de poursuivre son rêve, celui de briller au plus haut niveau du football féminin européen.
