Journaliste et prêtresse : le double destin d’Antonia Dhossa
De la salle de rédaction au couvent Vodoun, le parcours d’Antonia Dhossa intrigue et fascine. Connue également sous le nom de Miannon Lalissi Sehoundji dans sa fonction spirituelle, cette journaliste béninoise devenue prêtresse du culte Sakpata raconte un chemin de vie marqué par des épreuves et un appel qu’elle dit impossible à ignorer.
Très active sur les réseaux sociaux, Antonia Dhossa n’est pas seulement une femme de médias. Formée dans une école de journalisme au Bénin, elle a exercé pendant plusieurs années dans ce domaine tout en poursuivant un destin spirituel singulier. Invitée récemment sur un média, elle a confié que l’entrée dans un couvent Vodoun ne relève jamais d’un simple choix personnel. Selon elle, il s’agit d’un appel qui se manifeste de différentes manières.
Elle explique que les premiers signes sont apparus lorsqu’elle était encore étudiante. À l’époque, elle vivait des épisodes troublants, marqués par des transes inattendues. « Ceux qui m’ont connue à l’université se souviennent que je pouvais entrer en transe dans des bars ou ailleurs. Je me retrouvais ensuite à la maison sans comprendre ce qui s’était passé », raconte-t-elle. Son père lui recommandait alors de limiter ses sorties, sans lui donner davantage d’explications.
Mais les manifestations ne se limitaient pas à ces épisodes mystérieux. Sur le plan sentimental, sa vie semblait également perturbée. Elle raconte que ses relations amoureuses se terminaient souvent de manière brutale et incompréhensible. « Il arrivait qu’un homme qui voulait être avec moi assiste soudain à une transe. Effrayé, il prenait la fuite », explique-t-elle.
Face à ces situations répétées, elle finit par interroger sa famille. Son père, dignitaire du culte Sakpata, lui révèle alors une vérité familiale : sa naissance serait liée à l’intervention des divinités ancestrales. Après avoir longtemps eu des difficultés à avoir des enfants, il aurait obtenu cette grâce grâce aux divinités. Antonia serait ainsi destinée à servir l’une d’elles.
Cette révélation n’a pourtant pas été facile à accepter. Élevée dans une éducation évangélique, elle percevait initialement le Vodoun comme quelque chose de négatif. Mais les phénomènes qu’elle vivait continuaient, la poussant finalement à chercher des réponses.
Elle décide alors d’affronter cette réalité en entrant au couvent. Pendant trois mois, elle suit des rituels initiatiques. À sa sortie, elle devient Vodounsi, avant de poursuivre son initiation jusqu’à accéder au rang de prêtresse, ou Hounon, avec l’accompagnement de son père.
Aujourd’hui, Antonia Dhossa affirme vivre pleinement ce double engagement. Journaliste et prêtresse, elle assure concilier ces deux identités sans complexe. « C’est très facile pour moi de gérer les deux vies et c’est même une fierté », dit-elle.
Mariée et mère de plusieurs enfants, elle reconnaît toutefois que son choix a provoqué des ruptures dans son entourage. Certaines personnes se sont éloignées, avant de revenir avec le temps.
Pour elle, le Vodoun reste une richesse culturelle africaine trop longtemps diabolisée. Elle estime qu’il est temps de dépasser les préjugés et de reconnaître la place de ces traditions spirituelles dans l’histoire et l’identité du continent.
Source : globalactu.com
