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Interview/Yawo Agbédévi: « Je guéris beaucoup de maux »

L’homme cultive la discrétion et laisse parler ses médicaments à base des plantes. Dans l’entretien ci-après, il parle des maux qu’il traite et des exigences de son métier, entre autres.

Pour commencer cette interview, explique-nous d’abord la différence entre un tradithérapeute et un herboriste ?

Y.A : Un tradithérapeute est quelqu’un qui maîtrise l’utilisation des feuilles, de la racine ou de l’écorce des plantes pour guérir une maladie. A travers les feuilles, la racine ou l’écorce, il peut en faire un médicament pour un traitement précis destiné à la commercialisation. Alors qu’un herboriste ne fait pas de médicaments. Par contre, il vend les feuilles, la racine et l’écorce des plantes. Il a aussi une connaissance approfondie des plantes.

Comment reconnaître un tradithérapeute d’un herboriste ?

Y. A : Lorsque tu exerces bien ton métier, cela se répand. Tes médicaments te rendent célèbre. C’est pareil aussi pour les hôpitaux. C’est pourquoi il y a des centres de santé de renom.

C’est à travers les médicaments qu’on peut reconnaître un tradithérapeute d’un herboriste. Je dois ajouter ceci : il y a des préjugés autour des plantes. La corète, le gombo, les épinards, etc. ne sont-elles pas toutes des plantes ? Et pourtant leur consommation n’a jamais engendré de décès. Pour dire qu’on ne peut pas vivre sans la nature.

Aujourd’hui, des voix en Afrique prônent de plus en plus le retour aux valeurs ancestrales. Quel est votre regard sur cette problématique ?

Y.A : Nous devons valoriser la médecine traditionnelle. Mais nous ne devons non plus négliger la médecine moderne. C’est une complémentarité. Dans le temps, des vies pouvaient être sauvées si devant certains cas inexplicables, nos grands-parents se faisaient consulter à l’hôpital. Par exemple, les aïeux décédaient parfois des maux de ventre chronique, mal diagnostiqués. Ils ignoraient que cette maladie pouvait être due à une hernie, à une plaie, à une appendicite, etc. Leur connaissance de la maladie était donc limitée. Cependant, la médecine traditionnelle est très importante aussi. Car il y des situations devant lesquelles la médecine moderne reste impuissante mais que les plantes guérissent.

Dites-nous un peu les exigences du métier de tradithérapeute

Y. A : Le métier exige de l’apprentissage. La connaissance est infinie. Le monde est vaste et Dieu qui a créé l’univers est un grand savant. Il y a des choses que nous ne maîtrisons pas totalement. Donc, nous devons continuer à apprendre de jour en jour. Par exemple, dans le traitement d’une maladie, on doit pouvoir savoir quelle plante médicinale associer avec une autre, ou savoir laquelle n’est pas compatible avec l’autre ; ou savoir quelles plantes utiliser pour faire les décoctions.

Cela fait combien d’années que vous exercez ce métier ?

Y.A :     C’était en 1995. J’ai traité la fièvre typhoïde à un enseignant. Il en souffrait terriblement. Les traitements à l’hôpital ne le guérissaient pas. Je lui ai préparé un médicament à base des plantes et il a recouvré la santé. Je dois dire que ça a été le déclic. Mais j’ai été pendant longtemps discret. Mais depuis plusieurs années, beaucoup de gens me connaissent à travers mes médicaments qu’ils considèrent efficaces.

Quels sont les cas que vous traitez ?

Y.A : Je guéris beaucoup de maladies, prostate, diabète, foie, reins, mycose vaginale, fibromes, hépatites, arthrose, stérilité masculine et féminine,  faiblesse sexuelle, et d’autres que je ne peux citer ici.

Quelle rare situation auquel faites-vous face parfois dans l’exercice de votre métier ?

Y.A : Il est vrai nous faisons face parfois à certaines situations. Il arrive que dans le traitement d’un patient, une autre maladie apparaît. Cela montre que cette nouvelle pathologie était en latence et c’est le traitement qu’il l’a rendue manifeste.

Les patients ignorent ces cas et s’affolent. Nous les rassurons et leur expliquons que c’est une réaction normale de l’organisme. Ils finissent par comprendre. Toutefois, il y a des maladies que ni la médecine moderne ni la médecine traditionnelle ne peuvent guérir. Par exemple, certains cas d’infertilité masculine et féminine sont inguérissables. Ce sont des manifestations divines. Certains viennent au monde sans concevoir malgré tous les traitements.

Comment êtes-vous arrivé dans ce métier ?

Y.A : Dieu a pourvu chaque être humain d’un don particulier. Je n’ai pas appris ce métier. Le cas du traitement de la fièvre typhoïde dont j’ai parlé plus haut m’a permis de découvrir ce don qui dormait en moi. Cette expérience a fait des échos puisque j’ai commencé par guérir les gens à base des plantes jusqu’à présent. Pour composer les médicaments, cela me vient comme un appel de l’intérieur. C’est quelque chose de divin.

Que répondez-vous au procès de dosage qui est souvent fait aux médicaments  dits traditionnels ?

Y.A : La non maîtrise du dosage des médicaments à base des plantes, est une réalité. Mais je pense que ce n’est pas évident dans tous les cas. Il y a des personnes qui ont vécu au-delà de 100 ans, et qui de toute leur existence, se sont soignés uniquement avec les plantes médicinales. Ces cas sont nombreux.

Pour conclure

Dieu a doté toute communauté de tout ce qu’elle a besoin pour sa santé. Il a pourvu l’Afrique des plantes comestibles et médicinales. Néanmoins, il y a certains préjugés qui tendent à détourner le regard de la médecine traditionnelle au profit de la médecine moderne qui n’est pas non plus sans reproche. Il y a tellement de choses infondées sur la médecine traditionnelle. Mais je peux vous garantir que la médecine traditionnelle traite beaucoup de cas. Nous traitons notamment les maladies non transmissibles. Il faut, toutefois, reconnaître les prouesses de la médecine moderne. Car devant certaines situations, nous dirigeons nos patients vers les hôpitaux. 

Propos recueillis par la Rédaction

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