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FTF : et si l’option Samuel Ekoé Galé devenait une évidence ?

La question revient avec insistance dans les débats autour de l’avenir de la sélection nationale togolaise : et si, pour une nouvelle fois, la Fédération togolaise de football (FTF) faisait le choix audacieux mais assumé d’un sélectionneur local pour diriger les Éperviers ? Alors que plusieurs noms sont cités pour succéder à Nibombé Daré, une autre option, plus discrète mais non moins crédible, mérite aujourd’hui une attention particulière : celle de Samuel Ekoé Galé.

Ce débat n’est pas nouveau, mais il prend une résonance particulière dans un contexte où les résultats sportifs tardent à convaincre et où la construction d’un projet durable pour les Éperviers du Togo demeure un chantier inachevé. À travers le profil de Samuel Ekoé Galé, c’est toute la problématique de la confiance accordée – ou non – aux compétences locales qui se trouve posée de nouveau.

Un technicien formé, diplômé et ancré dans les réalités locales

Samuel Ekoé Galé n’est pas un inconnu du paysage footballistique togolais. Ancien joueur professionnel, il a progressivement construit sa reconversion dans le métier d’entraîneur, en misant sur la formation et la rigueur. Titulaire de la prestigieuse Licence UEFA Pro, le plus haut diplôme d’entraîneur reconnu au niveau international, il répond d’emblée à l’un des arguments souvent opposés aux techniciens locaux : celui du manque de qualification.

Au-delà du diplôme, M. Galé a dirigé plusieurs clubs emblématiques du championnat national, dont AS OTR et Étoile Filante de Lomé. Il a également marqué les esprits lors de son passage à Kotoko de Lavié, où son travail méthodique et son approche pédagogique ont été salués. Autant d’expériences qui lui confèrent une connaissance intime des réalités du football togolais : contraintes financières, infrastructures limitées, gestion des jeunes talents, pression populaire et exigences institutionnelles.

L’argument de l’inexpérience : un faux débat ?

Les détracteurs de l’option Samuel Ekoé Galé vont avancer un argument récurrent : son manque d’expérience au plus haut niveau international. Un reproche qui, à bien y regarder, interroge davantage le système que l’homme lui-même. Comment acquérir de l’expérience si aucune opportunité n’est offerte ? Tous les entraîneurs aujourd’hui cités comme références, qu’ils soient africains ou européens, ont commencé quelque part. Aucun n’est né sélectionneur national.

D’ailleurs, plusieurs techniciens étrangers passés par le banc des Éperviers découvraient eux aussi, parfois, le football africain ou les réalités spécifiques du Togo. Pourtant, la FTF n’a pas hésité à leur confier les rênes de la sélection. Pourquoi ce qui est toléré, voire encouragé, chez un expatrié devient-il rédhibitoire lorsqu’il s’agit d’un Togolais formé, diplômé et expérimenté localement ?

Une opportunité provisoire, mais stratégique

Certains observateurs avancent une proposition intermédiaire, empreinte de pragmatisme : accorder à Samuel Ekoé Galé une chance à titre provisoire, au moins jusqu’à l’issue de la prochaine fenêtre FIFA, prévue les 23 et 31 mars 2026. Cette période pourrait servir de test grandeur nature, permettant à la FTF d’évaluer concrètement ses capacités à gérer un groupe international, à préparer des matches officiels et à imposer une identité de jeu.

Une telle démarche aurait le mérite de limiter les risques tout en envoyant un nouveau signal fort aux techniciens locaux : le mérite et la compétence peuvent ouvrir des portes. Dans un football togolais en quête de repères et de stabilité, ce pari mesuré pourrait aussi renforcer le sentiment d’appropriation nationale autour de la sélection.

Et si le salut passait par un staff hybride ?

À défaut de lui confier immédiatement les clés des Éperviers, d’autres voix plaident pour une solution tout aussi constructive : intégrer Samuel Ekoé Galé dans le staff technique du futur sélectionneur, quel qu’il soit. Cette approche permettrait à l’ancien entraîneur de Kotoko de Lavié de s’imprégner du fonctionnement d’une sélection nationale A, d’apprendre aux côtés d’un technicien plus expérimenté et de se préparer, à moyen terme, à prendre la relève.

Une telle vision s’inscrirait dans une logique de continuité et de transmission, souvent absente dans la gestion des équipes nationales africaines. Former aujourd’hui le sélectionneur de demain, plutôt que de repartir à zéro à chaque changement, serait un signe de maturité institutionnelle pour la FTF.

Au-delà d’un homme, une philosophie à assumer

Le débat autour de Samuel Ekoé Galé dépasse largement sa personne. Il pose une question fondamentale : quelle place la FTF souhaite-t-elle accorder à l’expertise locale dans son projet sportif ? C’est vrai que le passage de Nibombé Daré, un local,  à la tête des Eperviers n’a pas donné les résultats escomptés. Mais miser sur un entraîneur togolais, c’est aussi parier sur une meilleure compréhension du championnat national, une relation plus naturelle avec les joueurs locaux et une communication plus fluide avec les acteurs du football national.

Certes, le risque existe. Mais le risque n’est-il pas inhérent à toute décision sportive ? Continuer à chercher systématiquement la solution à l’extérieur n’a pas toujours garanti le succès. Peut-être est-il temps d’oser une autre voie

Une chance à saisir, ou à regretter plus tard

En définitive, la question mérite d’être posée sans passion mais avec lucidité : et si la Fédération togolaise de football faisait enfin de nouveau confiance à un sélectionneur local comme Samuel Ekoé Galé ? Qu’il s’agisse d’un intérim, d’une intégration dans le staff ou d’une nomination pleine et entière, les options existent.

Ne pas tenter l’expérience, c’est aussi prendre le risque de freiner l’émergence d’une génération d’entraîneurs togolais pourtant formés, compétents et ambitieux. Donner une chance, en revanche, pourrait ouvrir une nouvelle page du football togolais, fondée sur la confiance, la transmission et la responsabilité. Et si le véritable tournant des Éperviers commençait justement par ce choix-là ?

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