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Frontière maritime : le Ghana saisit l’arbitrage contre le Togo

Selon les autorités ghanéennes, cette démarche vise à clarifier de manière juridiquement contraignante les limites maritimes entre les deux pays, dans une zone considérée comme stratégique tant sur le plan économique que sécuritaire.

La présidence du Ghana a annoncé sa décision, dans une note rendue publique ce vendredi 20 février, de convoquer le Togo devant une procédure d’arbitrage fondée sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). L’objectif affiché est de parvenir à un accord définitif sur la délimitation de leurs frontières maritimes dans le golfe de Guinée.

Selon les autorités ghanéennes, cette démarche vise à clarifier de manière juridiquement contraignante les limites maritimes entre les deux pays, dans une zone considérée comme stratégique tant sur le plan économique que sécuritaire. La délimitation des espaces maritimes est un enjeu majeur en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États côtiers cherchent à sécuriser leurs droits souverains sur les ressources halieutiques et énergétiques.

La procédure d’arbitrage prévue par la CNUDM permet aux États parties de soumettre leurs différends à un tribunal constitué conformément aux dispositions de la convention. Ce mécanisme international offre un cadre légal reconnu pour trancher les litiges relatifs aux eaux territoriales, à la zone économique exclusive (ZEE) ou au plateau continental. En optant pour cette voie, le Ghana affirme privilégier une solution fondée sur le droit international plutôt que sur des négociations bilatérales prolongées.

Du côté togolais, aucune réaction officielle détaillée n’avait encore été rendue publique au moment de l’annonce. Toutefois, Lomé et Accra entretiennent traditionnellement des relations diplomatiques stables, marquées par une coopération économique et sécuritaire dans la sous-région. La saisine de l’arbitrage ne signifie pas nécessairement une détérioration des relations, mais traduit la volonté d’encadrer juridiquement un différend technique.

La question de la délimitation maritime est particulièrement sensible dans le golfe de Guinée, une région riche en hydrocarbures et traversée par d’importantes routes commerciales. Une clarification des frontières pourrait offrir davantage de sécurité juridique aux investisseurs et réduire les risques de tensions futures liées à l’exploration ou à l’exploitation de ressources offshore.

En choisissant l’arbitrage international, le Ghana engage un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, selon la complexité des arguments techniques et juridiques présentés par les deux parties. Le résultat, une fois rendu, aura un caractère obligatoire.

Au-delà du différend bilatéral, cette initiative illustre le recours croissant des États africains aux mécanismes du droit international pour résoudre pacifiquement leurs contentieux, dans un contexte où la stabilité régionale demeure un enjeu central

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