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Derrière le 8 Mars, se cache une certaine ”misogynie féminine”?

Bien que le 8 mars, la journée internationale de la femme, soit commémorée partout, dans certains milieux, elle cache une certaine “misogynie féminine” que Dosseh SOHEY, point focal national de la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau, une organisation de la société civile, relève dans le pamphlet ci-après.

Pamphlet

 La femme, le 8 Mars…

Progressivement, la journée internationale de la femme s’empare de la majeure partie du monde entier. A l’approche du 8 mars de chaque année, nombreux sont les gouvernements et les organisations de la société civile qui s’activent pour  marquer l’événement.

Des rencontres, des conférences, des ateliers, des causeries-débats, tout est exploré et expérimenté pour réussir ce moment spécial de la promotion de la femme. Dans certains pays ou milieux, pagnes, foulards et autres gadgets sont confectionnés à l’effigie de la femme.

C’est donc une prise de conscience collective pour reconnaître le rôle prépondérant de la gent féminine dans le développement de la société humaine. Certes, il y a toujours des poches de résistance qui rament toujours à contre-courant. Car, des préjugés et concepts religieux, des us et coutumes, ont, pendant longtemps, modelé les mentalités. Ces dernières, tellement moulées, sont en déphasage avec ce mouvement émancipatoire de celle qui donne la vie.   

De prime abord, il faut préciser que cette réflexion soutient entièrement l’idée selon laquelle l’émancipation de la femme ne restreint pas les responsabilités  dites traditionnelles qui lui incombent. En aucune manière.

Quand il s’agit de célébrer la femme, souvent le 8 mars, il est généralement  constaté que les exemples que l’on prend à titre de témoignage sont des personnalités féminines qui ont pu réussir au sein de leur société. Et la plupart des cas, elles sont dénichées dans les milieux intellectuels. Ce qui n’est pas contraire au principe. Il faut encourager tout le monde, y compris les jeunes filles élèves à redoubler d’effort pour arriver au sommet de l’échelle sociale. Cette exemplarité est une source de motivation et d’inspiration pour les élites féminines en fonction et celles dont le cursus scolaire est en cours.

Quid de celles qu’on appelle maladroitement analphabètes ? Qu’en est-il pour cette catégorie de femmes qui, malgré leur limite livresque, constituent, avec leur secteur informel, le socle de l’économie nationale ?

D’aucuns soutiendraient que leur importance dans l’économie nationale dépasse de loin l’apport des intellectuelles. Pourtant, elles sont marginalisées, consciemment ou non. Pour leur faire comprendre qu’elles ne déméritent pas du tout, des t-shirts et autres gadgets leur sont proposés, soit pour achat, soit en guise de don  afin de répondre massivement aux différentes rencontres lors de la journée de la femme. Eu égard aux accomplissements de celle-ci, elle mérite amplement ces honneurs. 

Il est à remarquer que celles qui ont pu faire de hautes études constituent le maillon non essentiel au plan quantitatif. Les prendre pour exemples reviendrait à écarter les autres de la motivation de réussir car, n’étant pas intellectuelles de haut niveau. Psychologiquement, on leur fait croire qu’avant d’atteindre un tel niveau de réussite, il faut avoir progressé dans les études.

Or, il y a celles, plus nombreuses d’ailleurs, qui n’ont pas fait les études supérieures mais qui sont impactantes dans leurs milieux respectifs. Les « Nana Benz » en sont une parfaite illustration. Toutes ou presque n’ont jamais connu Voltaire, Montesquieu, Einstein au travers de leurs ouvrages. Cependant, elles ont fortement marqué l’histoire de leur pays. Leur prouesse a traversé les frontières togolaises.

L’exhibitionnisme d’un leader féminin devrait être un modèle issu de la masse. Comme cela, et les intellectuelles et les non scolarisées sont toutes concernées en termes de motivation. Autrement, d’une part, l’intellectuelle se sent interpellée en raison de son niveau d’étude nettement élevé, apte à quitter sa zone de confort pour faire des exploits, et d’autre part, celle de très bas niveau d’étude ou à niveau intermédiaire comprend qu’il est possible de réussir au regard de la performance de sa congénère. Tout le monde est donc emballé par rapport à cette exemplarité.  

Souvent, la réussite d’une femme rurale ne se limite pas à son accomplissement personnel. Elle génère un impact profond et durable sur l’ensemble de la société. A travers son autonomisation économique et sociale, elle devient un véritable moteur de développement pour sa communauté et au-delà.

D’ailleurs, lorsqu’une femme (agricultrice, entrepreneure, commerçante ou artisane) réussit, elle crée des emplois, stimule l’activité économique et favorise l’innovation dans son domaine. Elle est souvent considérée comme étant toujours au sein de la masse de par ses relations sociales, contrairement à l’autre qui « regarde dorénavant les autres d’en-haut. » Ceci s’explique par le fait que sa réussite se traduit par le soutient à d’autres femmes et le renforcement des liens sociaux. Sa réussite dépasse généralement son cadre personnel.

Des rivalités, de la misogynie féminine

Lors de la journée internationale de la femme, l’on constate un certain antagonisme à peine voilé vis-à-vis de la race masculine. Une certaine solidarité, circonstancielle, malheureusement, se crée entre les femmes au travers des slogans et autres comportements, à la faveur de l’euphorie des rencontres ici et là.

Après ce moment festif, il semble que les hostilités ne tardent pas à retrouver leur place en leur sein.

Il est fréquent de rencontrer des femmes donner des témoignages quant à la torture émotionnelle, psychologique, morale dont elles sont souvent victimes de la part de leurs congénères. Ceci vient contredire la légendaire douceur reconnue à la femme.

La plupart des femmes préfèrent être suivies et prises en charge lors de l’accouchement par les hommes pour éviter ces comportements malsains à leur égard. Il y en a qui affirment que certaines accoucheuses procèdent aux bastonnades en lieu et place d’encouragements à l’endroit de la nourrice. Là encore, on parle d’une circonstance atténuante par rapport aux autres sages-femmes qui quittent carrément la salle d’accouchement pour des commérages ailleurs parce que, estiment-elles, la femme grosse n’arrive pas à fournir des efforts nécessaires pour la sortie du nouveau-né.  Du coup, des vertus attribuées à la femme, notamment la compassion, la sensibilité, l’écoute, l’empathie, la douceur, l’intelligence émotionnelle, la sensibilité, la recherche de l’harmonie, la créativité, la capacité à ignorer et à prendre soin des autres, volent en éclats.

Et ce n’est pas tout. La gynécologie, un autre domaine où les femmes souffrent des énormités des techniciennes qui les prennent en charge. La moindre supposée malpropreté de la patiente lui attire des propos insupportables, alors que cela passe inaperçu ou presque avec un gynécologue. Des exemples sont légion.

Il existe aussi des rivalités intra-familiales, qui s’exercent entre sœurs, belle-sœur et épouse, belle-mère et belle-fille, et des fois, mère et fille.

Dosseh SOHEY, point focal national de la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau

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