Catégorie : Sports

  • Taekwondo : hommage au maître de l’ombre

    Taekwondo : hommage au maître de l’ombre

    Dans l’ombre des podiums et des médailles, Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala apparaît comme l’un des artisans silencieux de l’ascension du taekwondo togolais à travers le parcours du champion Mamoudou Ibrahim.

    Dans le sport, les champions occupent souvent le devant de la scène. Pourtant, derrière chaque médaille, chaque victoire et chaque drapeau hissé sur un podium, se cache bien souvent un homme de l’ombre. Dans le taekwondo togolais, ce rôle est incarné par Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala, à qui un vibrant hommage vient d’être rendu par Oumarou Abdoul Rahamane.

    À travers une déclaration empreinte d’émotion et de reconnaissance, le président du Club Super Ramane a salué le parcours exceptionnel d’un homme considéré comme l’un des artisans silencieux du développement du taekwondo au Togo. Pour lui, les performances du jeune champion Mamoudou Ibrahim ne sont pas le fruit du hasard, mais celui de longues années de travail, de sacrifices et d’encadrement rigoureux.

    Selon le coach, tout a commencé lorsque Mamoudou Ibrahim n’était encore qu’un enfant animé par le rêve de réussir dans les arts martiaux. Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala aurait très tôt perçu en lui le potentiel d’un futur ambassadeur du Togo sur les tatamis africains et internationaux. Depuis lors, il n’a cessé de l’accompagner, aussi bien dans les moments de doute que dans les périodes de succès.

    « Il ne lui a pas juste appris le taekwondo. Il lui a appris la vie », souligne notamment Oumarou Abdoul Rahamane dans son message. Discipline, humilité, respect et persévérance figurent parmi les valeurs que le maître aurait transmises à son élève au fil des années.

    Cet hommage intervient à quelques semaines du Championnat d’Afrique de taekwondo prévu à Bamako en 2026, compétition au cours de laquelle Mamoudou Ibrahim représentera les couleurs togolaises. Pour plusieurs observateurs du milieu sportif, cette participation constitue une nouvelle étape importante pour le taekwondo national, en pleine progression sur la scène continentale.

    Mais au-delà des performances attendues de l’athlète togolais, c’est également le travail des formateurs qui est aujourd’hui mis en lumière. Dans sa déclaration, le président du Club Super Ramane insiste sur le rôle fondamental des encadreurs dans la construction des champions. Il appelle notamment les jeunes sportifs togolais à respecter leurs maîtres et à reconnaître les sacrifices consentis dans l’ombre pour leur réussite.

    « Le chemin vers Bamako, vers la Chine, vers le monde, passe par des hommes comme Grand Maître Oumar », affirme-t-il, dans un message adressé à la nouvelle génération d’athlètes.

    À travers cet hommage, c’est toute une vision du sport qui se dessine : celle où la transmission, la patience et l’éducation comptent autant que les trophées. Dans un contexte où les résultats sportifs attirent souvent toute l’attention, le témoignage rappelle que les grandes victoires naissent d’abord dans les salles d’entraînement, sous le regard exigeant mais bienveillant des maîtres.

    Pour de nombreux acteurs du taekwondo togolais, Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala apparaît ainsi comme l’un de ces bâtisseurs discrets dont l’influence dépasse largement les tatamis.

  • Clubs suspendus, crise annoncée dans la boxe togolaise ?

    Clubs suspendus, crise annoncée dans la boxe togolaise ?

    La décision de suspension prise par la Fédération togolaise de boxe contre plusieurs clubs jugés inactifs provoque de fortes contestations et relance les inquiétudes sur une possible crise interne dans la discipline.

    La décision de la Fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) de suspendre temporairement plusieurs clubs pour « non-participation aux activités fédérales » suscite déjà de vives réactions dans le milieu pugilistique togolais. Alors que l’instance dirigeante évoque une mesure d’assainissement et de restructuration, certains acteurs de la discipline dénoncent une décision jugée brutale et potentiellement porteuse de tensions internes.

    Dans une note officielle datée du 7 mai 2026 et signée par le président de la fédération, Dr Kpakpo Adoté Mawussé, la FETOBOXE explique avoir constaté que certains clubs affiliés n’ont participé à aucune activité fédérale depuis au moins deux années consécutives. En conséquence, une suspension temporaire a été prononcée contre les structures concernées.

    Selon le document, cette mesure vise notamment à « assainir le fichier des clubs affiliés », encourager une participation effective aux activités fédérales et renforcer la crédibilité de l’organisation. La fédération précise toutefois qu’elle reste ouverte à toute démarche de régularisation de la part des clubs suspendus.

    Mais sur le terrain, cette décision est loin de faire l’unanimité. Plusieurs acteurs de la boxe togolaise s’interrogent sur l’opportunité d’une telle mesure dans un contexte où la discipline tente encore de retrouver un véritable souffle. Certains estiment que de nombreux clubs font face à des difficultés financières, à un manque d’accompagnement et à l’absence régulière de compétitions nationales, rendant difficile leur participation continue aux activités fédérales.

    D’autres voix craignent surtout que cette affaire ne marque le début d’une crise au sein de la boxe togolaise. Dans les discussions entre entraîneurs, dirigeants de clubs et anciens boxeurs, une inquiétude revient avec insistance : la FETOBOXE risque-t-elle de s’enfoncer dans des querelles internes comme cela a déjà été observé dans d’autres fédérations sportives du pays ?

    Pour plusieurs observateurs, la question dépasse la simple suspension administrative. Elle touche à la gouvernance du sport, au dialogue entre les dirigeants et les clubs affiliés, ainsi qu’à la capacité de la fédération à rassembler les différents acteurs autour d’un projet commun de relance de la boxe togolaise.

    La discipline, autrefois très populaire et génératrice de talents au Togo, peine depuis plusieurs années à retrouver sa stabilité et son rayonnement. Les compétitions se font rares, les moyens manquent et plusieurs jeunes talents se retrouvent sans véritable encadrement structuré.

    Dans ce contexte, certains appellent la fédération à privilégier la concertation plutôt que les sanctions. « Il faut écouter les clubs avant de prendre des décisions aussi lourdes », confie un acteur du milieu sportif, qui redoute une fracture durable au sein de la famille de la boxe.

  • Taekwondo : quand le soutien mène au podium

    Taekwondo : quand le soutien mène au podium

    Grâce au soutien de plusieurs acteurs de l’ombre, la délégation togolaise de taekwondo a brillé à la Marpro Team Cup 2026 au Ghana, transformant solidarité et engagement en une moisson de médailles.

    La reconnaissance est souvent le moteur silencieux des grandes victoires. Après une participation remarquée à la Marpro Taekwondo Team Cup 2026 au Ghana, la délégation togolaise de taekwondo a tenu à rendre hommage à ceux qui, dans l’ombre, ont contribué aux performances des athlètes sur les tatamis.

    À travers une affiche forte en symboles et en émotions, le coach Rahamane, connu sous le nom de « Super Ramane », a exprimé la gratitude de toute une équipe envers plusieurs personnalités dont le soutien moral, financier et technique a permis au Togo de décrocher des médailles lors de cette compétition internationale.

    Parmi les personnes honorées figurent notamment Maître Febon, basé en France, Maître Agbezo Daniel, premier vice-président de la Fédération togolaise de taekwondo (FTTKD), ainsi que Maître Vossah Elom, secrétaire général de la fédération. Tous sont salués pour leur implication constante dans l’accompagnement des jeunes athlètes togolais.

    Le message est clair : derrière chaque médaille, il existe des sacrifices, des conseils, des encouragements et des soutiens financiers souvent méconnus du grand public. En mettant ces acteurs à l’honneur, la délégation togolaise veut rappeler que le sport de haut niveau ne se construit jamais seul.

    Organisée les 8 et 9 mai 2026 au Korean Sport Complex Community 3 de Tema, au Ghana, la Marpro Taekwondo Team Cup a réuni des combattants de différentes catégories, notamment cadets, juniors et seniors. Le tournoi a servi de véritable vitrine du talent ouest-africain dans cette discipline où le Togo cherche progressivement à se faire une place.

    Au-delà des performances sportives, cette initiative de reconnaissance traduit aussi une volonté de renforcer l’esprit de famille autour du taekwondo togolais. « La famille, on n’oublie jamais ceux qui nous portent », peut-on lire sur l’affiche. Une phrase qui résume parfaitement l’état d’esprit de cette génération d’athlètes déterminés à porter haut les couleurs nationales.

    Dans un contexte où les disciplines sportives manquent souvent de moyens et d’accompagnement, ce type de solidarité apparaît comme une nécessité pour maintenir l’espoir et encourager les talents émergents. Les responsables sportifs et mécènes qui acceptent de soutenir les équipes deviennent ainsi des piliers essentiels du développement du sport togolais.

    Avec cette moisson de médailles au Ghana, le taekwondo togolais envoie un signal encourageant. Mais pour transformer ces succès ponctuels en performances durables, les acteurs du milieu savent qu’il faudra continuer à investir dans la formation, l’encadrement et le soutien des athlètes.

    Une chose est certaine : au lendemain de la Marpro Team Cup 2026, le Togo n’a pas seulement célébré des podiums. Il a aussi célébré l’esprit d’unité et de reconnaissance qui fait grandir les grandes nations sportives.


  • Tour du Togo : la participation comme unique victoire

    Tour du Togo : la participation comme unique victoire

    À huit jours du démarrage du Tour cycliste international du Togo 2026, les coureurs togolais abordent encore la compétition avec davantage de courage et de passion que de véritables moyens pour rivaliser avec les meilleures équipes africaines.

    À huit jours du départ du Tour cycliste international du Togo 2026, prévu du 16 au 31 mars 2026, l’enthousiasme renaît chez les amoureux de la petite reine. Mais derrière l’ambiance festive et les discours officiels, une réalité persiste : les coureurs togolais semblent encore loin du niveau nécessaire pour rivaliser avec les grandes nations africaines du cyclisme. Pour beaucoup d’observateurs, l’essentiel pour les représentants togolais reste simplement de participer.

    Chaque année, le scénario se répète. Les cyclistes venus du Burkina Faso, du Mali, du Bénin, du Maroc ou encore de Côte d’Ivoire dominent largement les étapes, pendant que les Togolais peinent à suivre le rythme. Le constat est amer, mais il traduit surtout les profondes difficultés auxquelles le cyclisme togolais est confronté.

    Entre deux éditions du Tour, très peu de compétitions locales sont organisées pour maintenir les coureurs dans un véritable rythme de haute performance. Les stages de préparation restent rares et les moyens financiers limités. Dans plusieurs clubs, les vélos utilisés sont vieillissants et parfois inadaptés aux exigences du cyclisme moderne. À cela s’ajoute le manque d’équipements de récupération, de suivi médical et d’encadrement technique de haut niveau.

    Le problème des infrastructures demeure également central. Le Togo ne dispose pas de véritables centres spécialisés capables de former les jeunes talents sur la durée. Beaucoup de coureurs s’entraînent sur des routes dangereuses, sans sécurité adéquate, avec des risques permanents d’accidents. Certains abandonnent même prématurément faute de soutien financier ou de perspectives professionnelles.

    Le cyclisme togolais souffre aussi d’un déficit de sponsoring. Contrairement à d’autres pays où les équipes bénéficient d’un accompagnement structuré, les formations togolaises fonctionnent souvent grâce à la débrouillardise et à la passion de quelques dirigeants. Les primes restent faibles et les opportunités internationales limitées.

    Pourtant, le potentiel existe. Le Togo regorge de jeunes passionnés capables de progresser si un véritable projet de développement est mis en place. Mais sans politique sportive ambitieuse, sans compétitions régulières et sans investissements conséquents, les cyclistes togolais continueront probablement à courir davantage pour l’honneur que pour la victoire.

    À quelques jours du départ de la 31è édition du Tour 2026, l’espoir d’un exploit local demeure mince. Et une fois encore, le public togolais risque surtout d’assister au triomphe des autres nations sur ses propres routes.

  • Mamoudou Ibrahim, l’ambition en or

    Mamoudou Ibrahim, l’ambition en or

    Porté par une ambition olympique et une discipline de fer, Mamoudou Ibrahim rêve de hisser le Togo au sommet du taekwondo africain et mondial.

    À travers le sport, certains athlètes portent bien plus qu’un simple rêve personnel. Ils deviennent les symboles d’une ambition nationale. C’est le cas de Mamoudou Ibrahim, jeune taekwondoïste togolais dont les objectifs affichés traduisent une volonté claire, celle de hisser le Togo parmi les nations qui comptent sur la scène africaine et mondiale du taekwondo.

    Dans un visuel largement relayé sur les réseaux sociaux, l’athlète affiche sa détermination avec des mots forts : discipline, travail, persévérance et victoire. Des principes qu’il considère comme les fondements de sa carrière sportive. « Le talent fait gagner des matchs, mais le travail d’équipe et l’intelligence font gagner des championnats », peut-on lire sur l’affiche qui présente son projet sportif.

    Le combattant ne cache pas ses ambitions. Son premier grand rendez-vous est fixé pour 2026, lors du Championnat d’Afrique prévu à Bamako. Objectif annoncé : décrocher la médaille d’or et confirmer sa domination continentale. Une échéance importante qui pourrait marquer un tournant dans sa carrière.

    Pour l’année prochaine, en 2027 donc, Mamoudou Ibrahim vise encore plus haut avec les Jeux africains en Égypte. Là encore, le Togolais rêve d’un podium afin de faire rayonner les couleurs nationales sur le continent. À travers cette progression méthodique, l’athlète montre qu’il construit son parcours étape par étape, avec une vision à long terme.

    Mais le sommet de cette ambition reste sans doute les Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles, aux Etats Unis. Pour le taekwondoïste, participer à cette compétition mondiale représenterait déjà une immense fierté. Pourtant, il ne veut pas se contenter d’y figurer. Son ambition est simple et claire: décrocher une médaille olympique pour le Togo.

    Derrière cet objectif se cache un travail intense. L’athlète met en avant plusieurs piliers de réussite, notamment la préparation physique, la force mentale, la maîtrise technique, l’hygiène de vie rigoureuse et le travail d’équipe. Des éléments devenus indispensables dans le sport de haut niveau où la concurrence est de plus en plus rude.

    Au-delà des résultats sportifs, Mamoudou Ibrahim veut également laisser un héritage. Il ambitionne de devenir un modèle pour la jeunesse et de contribuer au développement du taekwondo au Togo et en Afrique. Une vision qui dépasse les tatamis et qui pourrait inspirer toute une génération de jeunes sportifs togolais.

  • 46 ans, cœur intact : Mangadewe ramène Abou Ossé en D2

    46 ans, cœur intact : Mangadewe ramène Abou Ossé en D2

    À 46 ans, Maiba Mangadewe prouve que la fidélité et la persévérance peuvent encore renverser le temps et ramener Abou Ossé d’Anié vers la lumière.

    À 46 ans, beaucoup de footballeurs ont depuis longtemps rangé les crampons. Mais Maiba Mangadewe, lui, continue d’écrire son histoire, avec la même passion intacte et une fidélité rare dans le football moderne. Son parcours, profondément lié à Abou Ossé d’Anié, ressemble à une promesse tenue, patiemment construite au fil des années.

    Tout commence en 2003. À 23 ans, Mangadewe fait ses premiers pas avec ce club qui deviendra bien plus qu’une simple équipe : une maison, une identité. Très vite, son talent attire l’attention. Solide, engagé, doté d’une intelligence de jeu remarquable, il s’impose comme un élément clé. Cette progression naturelle le conduit vers d’autres formations emblématiques du championnat togolais, comme Gomido FC, Kakadl FC ou encore AS OTR. Son aventure le mène même au Bénin, sous les couleurs de US Sème Kraké.

    Mais malgré les horizons élargis et les expériences accumulées, un lien ne s’est jamais rompu : celui avec Abou Ossé. Là où certains auraient tourné la page, Mangadewe, lui, est resté attaché à ses racines. Et c’est ce qui rend son retour en 2024 si symbolique. À un âge où d’autres songent à la retraite, il choisit de revenir là où tout a commencé, avec une mission claire : aider son club de cœur à retrouver sa grandeur.

    Car entre-temps, Abou Ossé avait traversé des périodes difficiles. Relégué, puis plongé jusqu’en troisième division, le club semblait s’éloigner de ses heures de gloire. Mais c’est précisément dans ces moments-là que les grandes figures se révèlent. Brassard au bras, Mangadewe ne s’est pas contenté de jouer. Il a guidé, conseillé, inspiré. Sur le terrain comme dans le vestiaire, il a incarné le leadership.

    Sa présence a été déterminante dans la montée en deuxième division. Non pas seulement par ses performances, toujours solides malgré le poids des années, mais surtout par son exemplarité. Discipline, hygiène de vie, sens du collectif : autant de valeurs qu’il transmet à une génération plus jeune. Il est devenu un repère, un modèle, presque un mentor.

    Ce qui frappe chez Mangadewe, ce n’est pas seulement sa longévité, mais sa constance. Le talent lui a ouvert des portes, certes. Mais c’est sa rigueur et sa fidélité qui lui ont permis de durer et, surtout, de revenir pour accomplir quelque chose de plus grand que lui : relever son club.

    Dans un football souvent marqué par les transferts opportunistes et les carrières éclatées, son histoire rappelle une vérité simple mais puissante : la fidélité peut finir par porter ses fruits. Lentement, parfois difficilement, mais sûrement.

    À 46 ans, Maiba Mangadewe n’est pas seulement un joueur qui a contribué à une montée. Il est devenu un symbole, celui d’un engagement sans faille, d’un amour sincère pour un maillot, et d’une persévérance qui, contre toute attente, a fini par triompher.

  • Rugby au Togo : la passion ne suffit plus

    Rugby au Togo : la passion ne suffit plus

    Malgré des initiatives prometteuses de la Fédération et l’appui de Rugby Afrique, le rugby au Togo reste freiné par un manque criant de moyens, de visibilité et de ressources humaines qualifiées.

    Le rugby peine encore à s’imposer comme un sport majeur au Togo. En dépit des initiatives encourageantes. La récente formation d’entraîneurs et d’encadreurs organisée par la Fédération togolaise de rugby (FTR), avec l’appui de Rugby Afrique, illustre pourtant une volonté réelle de structurer la discipline. Mais entre ambitions et réalités de terrain, l’écart reste considérable.

    Fondée en 2001 et affiliée à World Rugby depuis 2004, la FTR s’efforce de bâtir un socle solide pour le développement de ce sport. Avec 23 clubs et près de 1 500 licenciés, les chiffres témoignent d’un certain dynamisme. Toutefois, comparé au football, véritable passion nationale, le rugby demeure largement marginalisé.

    L’une des principales difficultés réside dans le manque criant de moyens matériels. Dans plusieurs régions du pays, les terrains adaptés font défaut, tout comme les équipements de base tels que les ballons homologués, les protections ou encore les infrastructures d’entraînement. Cette précarité limite non seulement la pratique régulière, mais freine également l’émergence de jeunes talents capables de rivaliser à l’échelle continentale.

    À cela s’ajoute une insuffisance de ressources financières. Contrairement à d’autres disciplines plus médiatisées, le rugby attire peu de sponsors et bénéficie d’un soutien institutionnel limité. Les compétitions locales sont rares et souvent organisées avec des budgets restreints, ce qui réduit la visibilité du sport et décourage les vocations.

    Le déficit en ressources humaines qualifiées constitue un autre obstacle majeur. Le programme de formation animé par l’expert tunisien Sahraoui Mohamed est une avancée notable, mais il reste insuffisant face aux besoins. Le pays manque encore d’entraîneurs certifiés, d’arbitres expérimentés et de cadres techniques capables d’encadrer durablement les clubs et les jeunes pratiquants.

    Au-delà des contraintes structurelles, le rugby souffre également d’un déficit de notoriété. Peu médiatisé, peu pratiqué dans les écoles, il peine à séduire un large public. Or, dans de nombreux pays africains où le rugby progresse, l’intégration dans les programmes scolaires et universitaires a été un levier déterminant.

    Dans ce contexte, les efforts de la Fédération, bien que louables, ne peuvent suffire à eux seuls. Le développement du rugby au Togo nécessite une mobilisation plus large : soutien accru de l’État, implication du secteur privé, partenariats internationaux et promotion active auprès des jeunes.

    Sans un engagement collectif et des investissements conséquents, le rêve de faire du rugby un sport d’élite au Togo risque de rester, encore longtemps, un objectif difficile à atteindre.

  • Ndala relancé trop tôt : la CAF joue avec le feu

    Ndala relancé trop tôt : la CAF joue avec le feu

    En reconduisant Jean-Jacques Ndala à un match aussi sensible, la CAF prend le risque d’alimenter une polémique encore vive après la finale controversée de la CAN 2026.

    À peine la poussière retombée sur la très polémique finale de la CAN 2026 au Maroc, la Confédération africaine de football (CAF) a fait un choix qui interroge. L’instance a décidé de confier à l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala la direction de la finale aller de la Ligue des champions africaine entre les Mamelodi Sundowns et l’AS FAR, prévue le 17 mai à Pretoria. Une désignation loin d’être anodine, tant l’officiel traîne encore les stigmates d’une prestation qui continue de diviser.

    Car Ndala est devenu, malgré lui, l’un des visages les plus controversés de la dernière Coupe d’Afrique des nations 2026. Lors de la finale opposant le Sénégal au Maroc, plusieurs décisions arbitrales ont suscité incompréhensions, critiques et accusations, alimentant un débat passionné sur la qualité de l’arbitrage africain. Depuis, le nom de Ndala cristallise tensions et frustrations, bien au-delà du rectangle vert.

    Dans ce contexte, la décision de la CAF de le désigner pour une affiche aussi prestigieuse et exposée apparaît pour le moins précipitée. L’instance continentale semble vouloir afficher sa confiance envers son arbitre, ce qui, sur le principe, peut se défendre. Mais fallait-il le faire aussi tôt, alors que l’émotion reste vive et que les critiques n’ont pas encore totalement reflué ?

    Une gestion plus prudente aurait sans doute consisté à mettre temporairement l’arbitre en retrait des rencontres à forte pression, le temps de laisser retomber la tension. En le propulsant à nouveau sous les projecteurs, la CAF prend le risque de raviver les polémiques et d’exposer davantage encore un officiel déjà fragilisé dans l’opinion publique.

    Au-delà de la responsabilité de l’institution, la question se pose également du côté de l’intéressé. À 38 ans, Ndala n’est plus un novice et mesure certainement les enjeux médiatiques et psychologiques d’une telle désignation. Dès lors, pourquoi ne pas avoir décliné cette mission ? Une mise en retrait volontaire aurait pu contribuer à apaiser les tensions, tout en protégeant son image et sa crédibilité à long terme.

    Car l’arbitrage, plus que jamais, est une affaire de perception. Et dans un climat aussi chargé, chaque décision sera scrutée, disséquée, amplifiée. Ndala, déjà au centre des critiques « à tort ou à raison », risque de porter à nouveau un poids démesuré sur ses épaules.

    La CAF, en maintenant sa confiance, envoie un signal de fermeté. Mais elle semble aussi négliger un impératif essentiel : celui de protéger ses arbitres. Car derrière le symbole, il y a un homme, dont la carrière pourrait être durablement affectée par une nouvelle controverse.

    À Pretoria, le 17 mai, le match se jouera autant sur le terrain que dans les esprits. Et une question demeure : la CAF a-t-elle pris la bonne décision, ou s’apprête-t-elle à raviver un incendie qu’elle n’a pas encore totalement éteint ?

  • CAN 2027 : l’Afrique de l’Est sur la sellette, un plan B déjà évoqué

    CAN 2027 : l’Afrique de l’Est sur la sellette, un plan B déjà évoqué

    Prévue du 19 juin au 17 juillet 2027, la CAN confiée au trio Kenya–Ouganda–Tanzanie suscite déjà des inquiétudes sur les infrastructures, au point de voir émerger l’ombre d’un plan B porté par l’Afrique du Sud.

    La prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations est désormais fixée. Selon des informations validées par la FIFA, la CAN 2027 se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027. L’organisation reste, pour l’heure, confiée au trio d’Afrique de l’Est composé du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie.

    Cette désignation, saluée au moment de son annonce comme un symbole fort de coopération régionale, représente un défi logistique majeur. Les trois pays hôtes doivent notamment répondre à des exigences strictes en matière d’infrastructures sportives, de transport, d’hébergement et de sécurité, afin d’accueillir une compétition continentale de plus en plus exigeante.

    Cependant, à un peu plus d’un an du coup d’envoi, des incertitudes persistent. Plusieurs sources évoquent des retards dans la construction et la modernisation de certains stades ainsi que dans la mise à niveau des infrastructures connexes. Ces inquiétudes alimentent des discussions en coulisses sur la capacité réelle des pays organisateurs à tenir les délais fixés.

    Face à ces doutes, un scénario alternatif commence à prendre forme. L’option d’un plan B est en effet évoquée, avec une possible reprise de l’organisation par l’Afrique du Sud en cas de retard jugé trop important. Forte de son expérience dans l’accueil de grandes compétitions internationales, notamment la Coupe du monde 2010, l’Afrique du Sud apparaît comme une solution de repli crédible.

    Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été prise en ce sens. Les instances dirigeantes du football africain continuent de suivre de près l’évolution des préparatifs en Afrique de l’Est. Les prochains mois seront donc déterminants pour confirmer ou non la tenue de la CAN 2027 dans les pays initialement désignés.

    Entre ambitions régionales et contraintes organisationnelles, l’équation reste ouverte. Une chose est sûre : l’enjeu dépasse largement le cadre sportif et touche à l’image du continent sur la scène internationale.

  • Racisme: Djené Dakonam brise le silence

    Racisme: Djené Dakonam brise le silence

    Dans une sortie médiatique rare, Djené Dakonam lève le voile sur les réalités du football en Espagne, entre racisme, exigence du haut niveau et parcours forgé dans la résilience.

    Longtemps discret face aux médias, Djené Dakonam a récemment accordé une interview au média espagnol Diaros, dans laquelle il se livre avec franchise sur plusieurs aspects marquants de sa carrière. Le défenseur central et capitaine de Getafe CF y aborde notamment des sujets sensibles, dont le racisme dans le football, ainsi que les exigences du très relevé championnat espagnol.

    Dans cet entretien, l’international togolais reconnaît avoir été confronté à des actes racistes au cours de son parcours en Espagne. Sans entrer dans les détails, il souligne que ces comportements, bien que condamnables, ne sont malheureusement pas nouveaux dans le milieu du football. Face à cette réalité, Djené explique avoir choisi de privilégier la résilience, en restant concentré sur ses performances sportives. Une posture qui traduit à la fois sa force mentale et son professionnalisme, même si, en filigrane, il laisse percevoir la difficulté d’évoluer dans un environnement parfois hostile.

    Au-delà de cette question délicate, le capitaine de Getafe revient également sur les exigences de la Liga, qu’il décrit comme l’un des championnats les plus compétitifs au monde. Selon lui, le haut niveau impose une rigueur constante, tant sur le plan physique que tactique. Défenseur reconnu pour sa solidité et son sens de l’anticipation, Djené insiste sur l’importance du collectif et de la discipline, deux éléments clés qui lui ont permis de s’imposer durablement au sein de son club.

    L’interview est aussi l’occasion pour le capitaine de Getafe d’évoquer les attaquants qui lui ont donné le plus de fil à retordre. Sans surprise, il mentionne des joueurs de classe mondiale, capables de faire la différence à tout moment grâce à leur vitesse, leur technique ou leur intelligence de jeu. Ces confrontations, explique-t-il, constituent autant de défis qui nourrissent sa progression.

    Enfin, Djené Dakonam revient sur son parcours, marqué par le travail et la persévérance. De ses débuts modestes à son statut actuel de cadre en Liga, il insiste sur les sacrifices consentis et la nécessité de ne jamais relâcher ses efforts. À travers cette prise de parole rare, le défenseur togolais offre un témoignage lucide et inspirant sur les réalités du football professionnel, tout en contribuant à alimenter le débat sur des enjeux majeurs comme le racisme dans le sport.

Radio Renouveau228

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