Catégorie : Société

  • Serge Azialé : du livre au terrain

    Serge Azialé : du livre au terrain

    Au Togo, l’écrivain Serge Azialé, une figure marquante de la scène littéraire nationale, a lancé une tournée jubilaire nationale baptisée « Diamond Tour 2026 », placée sous le thème « LECTURE, moteur du développement ».

    Cette initiative culturelle d’envergure vise à rapprocher les œuvres littéraires de toutes les populations togolaises, dans les grandes villes comme dans les zones rurales, et à promouvoir la lecture comme un facteur essentiel d’éducation, de réflexion et de développement social.

    Tournée

    La tournée, qui s’inscrit dans l’année jubilaire de Serge Azialé, est ponctuée de rencontres publiques, de séances de dédicaces, de conférences et d’ateliers littéraires. Elle a débuté par une grande cérémonie d’ouverture ce 31 janvier à Hahotoé (préfecture de Vo), organisée en partenariat avec les Éditions Awoudy et divers acteurs du monde du livre.

    L’auteur sillonne ainsi plusieurs régions du Togo pour partager sa passion de l’écriture et encourager les jeunes à lire et à écrire. Ces activités comprennent, entre autres, des rencontres avec des lecteurs dans les bibliothèques publiques et les écoles ; des dédicaces d’ouvrages dans les librairies partenaires ; des discussions thématiques sur l’importance de la lecture et de l’éducation ; des ateliers pour jeunes auteurs, inspirés du parcours personnel de SerAz.

    Engagement

    Serge Azialé, né le 1er août 1966 au Togo, s’est imposé depuis plusieurs décennies comme un auteur polyvalent : poète, romancier, nouvelliste et journaliste freelance. Sa carrière, marquée par une passion pour les lettres et la transmission d’idées, est jalonnée de romans et recueils qui explorent les thèmes de l’amour, de l’identité et des défis sociaux contemporains.

    Parmi ses œuvres les plus connues figurent Pour l’amour de Jade et 14 rue St Valentin, qui ont souvent été présentées lors de manifestations littéraires, offrant ainsi au public l’occasion de mieux comprendre sa démarche artistique.

    Impact & avenir

    La tournée jubilaire n’est pas seulement une célébration personnelle du parcours de l’auteur, mais aussi une invitation collective à valoriser la culture togolaise et francophone. En mettant l’accent sur la lecture comme outil de développement, SerAz rappelle que la littérature est un vecteur puissant d’émancipation, de dialogue et de cohésion sociale.

    À travers cette tournée, il espère éveiller une nouvelle génération de lecteurs et d’auteurs, capables de porter les voix de leurs communautés tout en participant activement à la dynamique culturelle du Togo.

  • Togoville, l’incroyable histoire d’une petite ville qui a donné son nom à tout un pays

    Togoville, l’incroyable histoire d’une petite ville qui a donné son nom à tout un pays

    On l’appelle l’« âme spirituelle du Togo ». Togoville, dans le temps, était connue comme la ville sanctuaire de la religion vodoun avec la divinité Nyigblin (sur laquelle nous reviendrons plus tard dans cet article).

    C’est cette divinité qui la protège selon les nombreuses recherches universitaires que nous avons consultées. Mais la petite ville est devenue également aujourd’hui le lieu sacré des fidèles catholiques avec la Cathédrale qui la surplombe.

    Petite ville aujourd’hui calme, presqu’oubliée, elle était la première capitale qui a donné son nom au pays. Les natifs de ce milieu continuent de réclamer une reconnaissance pour cette partie du Togo, pour ce qu’il a été dans l’histoire du pays.

    « Notre localité est emblématique, mais elle est lésée. Si on reconnaît les mérites de Togoville et qu’on fait ce qui doit l’être pour mettre ses populations à l’aise, tout le Togo sera complètement sauvé », confie à BBC News Afrique, Folly-Notsron Barnabé, un cadre du milieu qui, nous a-t-il dit, s’est beaucoup battu pour la localité et a même fait la prison à cause de son engagement. Il est aujourd’hui à la retraite.

    Ce qu’il réclame, ce sont des routes bitumées, des infrastructures et une politique publique pour retenir les habitants de Togoville, notamment les jeunes qui la désertent. « Nous sommes isolés du reste du pays à cause du manque de route ».

    Située à environ 30 km de Lomé, la capitale togolaise, Togoville renferme pourtant des richesses culturelles qui peuvent être mises en valeur pour son développement. Elle a aussi connu l’esclavage et était importante au début du 20e siècle, époque où les colons allemands ont mis pieds pour la première fois dans la région.

    Aujourd’hui, Togoville ne vit que pour sa gloire du passé racontée dans les livres et qu’on peut écouter auprès des garants des us et coutumes de la localité. Pour les quelques natifs du milieu interrogés dans le cadre de ce papier, le temps s’est arrêté dans la cité qui les a vus naître. « Et il faut corriger cela », ajoute M. Folly-Notsron.

    Dans cet article, nous allons voyager dans cette petite ville qu’on pourra accéder aujourd’hui en faisant un long détour par une piste détériorée et poussiéreuse qui contourne le Lac Togo.

    Les ancêtres qui ont fondé Togoville sont des Adja qui viennent du Dahomey, actuel Bénin, selon le livre « Patrimoines », une collection de l’ancien président de l’Université de Lomé, le Professeur Nicoué L. Gayibor en collaboration avec Yves Marguerat et Jean-Claude Barbier.

    Ces ancêtres se sont ensuite installé au niveau de la rive sud du Lac Togo, notamment dans un village appelé Adjassémé. De l’autre rive, se dresse une colline avec une forêt et des terres derrière.

    Un jour, le chef de cette communauté, celui-là même qui veille sur la divinité Nyigblin, a voulu explorer cette autre rive et ce qui derrière la colline. C’est ainsi, selon l’universitaire, qu’il a trouvé des terres fertiles, propices à l’agriculture.

    Il a décidé d’y amener toute sa communauté et baptisé cette terre « Togo », dérivant de « to » qui veut dire « colline » en éwé, langue parlée au sud du pays, et « (a)go » qui veut « l’autre côté ou au-delà ». Togo peut s’expliquer donc par « au-delà ou de l’autre côté de la colline ».

    « De Adjassémé, on voyait sur l’autre rive du lac une colline. Un jour, l’un des principaux piliers de la collectivité Nyigblin, nommé Togbi Gbago, qui était chasseur de métier, décida de traverser le lac, ce qu’il fit sans grande difficulté à l’aide d’une pirogue de rônier. II visita ensuite la forêt qui couvrait le flanc et le sommet de ladite colline. À son retour, il dit aux siens « Toagodzi nyo nto », ce qui, littéralement traduit, signifie « c’est très bien du côté de la colline ». Après plusieurs visites successives des lieux, la population décida unanimement d’aller y habiter », lit-on dans « Patrimoines ».

    À Togo, la communauté, dont les membres appelés « les Togo », vivait dans la tranquillité avec la chasse et la pêche, et en harmonie avec ses voisins Baguida et Bè devenus aujourd’hui des quartiers emblématiques de la ville de Lomé, la capitale togolaise.

    C’est après la Seconde Guerre mondiale, avec la défaite des Allemands, que les Français ont ajouté « ville » à « Togo » qui devient Togoville.

    La responsabilité des Allemands

    Togo ou Togoville, comme les Français l’ont finalement baptisé, devenu un puissant royaume avec son administration traditionnelle et avec à sa tête le Roi Mlappa et son régent Plakoo, contrôlait les autres territoires, notamment Baguida et Porto Séguro (aujourd’hui appelé Agbodrafo, où s’est particulièrement déroulée la traite négrière au Togo).

    Baguida et Porto Seguro étant situés sur la côte, ils ont vu la présence des Portugais et Anglais qui y faisaient le commerce, surtout l’esclavage avant même l’arrivée des Allemands.

    C’est depuis la Gold Coast, actuel Ghana, que les Anglais perçoivent des taxes sur le commerce qui se déroulait sur le littoral jusqu’à Lomé. En décembre 1879, ils annexent Denu et Aflao et fixent l’actuelle frontière togolaise. Les Anglais avaient voulu annexer également tout le littoral qui est aujourd’hui le Togo.

    Selon le Professeur Nicoué Gayibor, historien et ancien président de l’Université de Lomé, « Malgré l’insistance des autorités d’Accra, Londres y demeurait hostile. Pourtant, sur l’ordre du gouverneur de la Gold Coast, le commandant de cercle de Kéta, le capitaine Reginald Firmhger, franchit la frontière d’Aflao le 18 juin 1884 et vint à Lomé, à Baguida, puis à Porto-Seguro pour forcer la main des chefs de ces localités. Il découvrit, lors de ce voyage, qu’il ne pouvait annexer ce territoire sans l’accord des chefs de Togoville ».

    Bien que les chefs de Togoville donnent la garantie aux Anglais que le littoral leur sera cédés, ils ont fait volte-face lorsqu’un navire allemand à bord duquel se trouve le Dr Gustave Nachtigal, arrive dans les eaux togolaises.

    Le régent Ananivi Plakoo de Togoville s’est alors approché des Allemands et leur a demandé une protection contre les Anglais. C’est ainsi qu’au nom du roi Mlappa, il a signé un traité de protectorat avec les Allemands.

    « Ne pouvant pas refuser une telle demande des chefs traditionnels et des commerçants allemands sur lesquels pèsent les menaces anglaises, Nachtigal débarque le 4 juillet sur la plage de Baguida, où l’attendent les chefs de Togo, de Baguida et autres localités. Le 5 juillet 1884, a lieu la signature du traité », relate « Patrimoines » de M. Gayibor.

    Avec les Allemands, le roi Mlappa a délimité le territoire qui porte aujourd’hui le nom de Togo.

    C’est ainsi que de « Togo », comme un petit royaume bien organisé avec sa propre culture, on est arrivé au « Togo », l’entité qui porte aujourd’hui les plus de 8 millions d’âme avec les 56 600 Km2, limité au nord par le Burkina Faso, au sud par le Golfe de Guinée, à l’est par le Bénin et à l’ouest par le Ghana.

    Le royaume lui-même est devenu Togoville grâce aux Français qui y avaient chassé les Allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    « C’est la politisation de la localité par les Français. C’est ce qui les a amenés à donner ce nom Togoville à notre village », croit savoir Folly-Notsron Barnabé.

    Togoville, le sanctuaire spirituel du Togo

    Depuis sa création, cette petite ville a toujours été le sanctuaire du culte vodoun. « Les Togo » ont leur divinité Nyigblin, leur dieu protecteur qui trône dans la forêt sacrée du village.

    « Nyigblin est le dieu principal du peuple de Togo. C’est un esprit qui, semble-t-il, ne se voit jamais à travers une quelconque représentation physique et matérielle, sauf à la place publique de Xétsiavi où, dit-on, est représentée l’une de ses manifestations, appelée “Mama Kpo “, protectrice du village », raconte l’ancien président de l’Université dans son livre.

    Il ajoute : « On nous a affirmé que sa forme matérielle -inconnue- se trouve dans la case des voduno et que personne n’est autorisé à entrer dans cette case. À l’intronisation d’un avéto, Nyigblin l’accompagne dans la forêt sacrée, et revient à sa place après le décès de celui-ci. Dans l’enceinte du couvent, on voit des jarres, des pots contenant de l’eau pure et bénite. Le python en est le symbole, c’est pourquoi il est interdit à la communauté nyigblin de le tuer, et même d’en voir le cadavre. Toute personne qui enfreint cette loi doit accomplir des cérémonies expiatoires pour se purifier, comme chez les Xwla, qui ont la même vénération pour le python. S’il advenait qu’on tue un python, on prendrait soin de l’enterrer avec les feuilles d’arbre et de s’agenouiller pour battre les mains un certain nombre de fois. Il en va de même lorsqu’on le trouve mort quelque part. Après les cérémonies d’enterrement, un jour plus tard, on se rend dans le couvent, chez le vodoun, pour lui soumettre sa mésaventure. C’est alors qu’on prend le bain du pardon et de la purification ».

    Le roi des Togo, Mlappa, n’a pas autant d’influence sur le peuple que le Vodounon qui veille sur Nyigblin. Il y avait bien sûr d’autres divinités et leur culte, notamment Xébiésso (la foudre). C’est avec ces cultes que la société était organisée jusqu’à l’arrivée des Allemands qui y ont introduit le christianisme.

    « Mlppa veut dire ce que le couteau ne transperce pas et que les balles de fusil ne peuvent pas perforer. C’est ce mystère que l’entourage du roi racontait aux Allemands qui le craignaient », souligne Folly-Notsron Barnabé.

    Mais l’arrivée des Allemands a bouleversé cette spiritualité qu’avait cette communauté qui s’attache fortement à sa religion.

    D’abord c’est l’école européenne qui a été introduite, ensuite l’évangélisation. Le christianisme, selon le Professeur Nicoué Gayibor, est arrivé au sein d’une communauté qui disposait de sa propre organisation, de ses chefs et de sa religion.

    Il s’agissait pour cette mission, de réussir à s’implanter et d’empiéter sur la tradition de cette collectivité paisible. La tradition subissait une perturbation qui se répercutait directement sur l’individu et la société toute entière. Car la mission porte avec elle certaines façons de vivre, de penser et de parler qui sont apprises à l’école ou à l’église, lieux de rupture et de contestation des conceptions ancestrales.

    « On y apprend des choses nouvelles qui dépassent le cadre du village, de la famille. Pour amener les gens à se convertir, la Mission a employé des stratégies qui consistent à faire croire que les païens allaient au diable, alors que les chrétiens allaient à Dieu. Ceux qui deviennent chrétiens doivent rompre avec le monde dit païen. La Mission remet en particulier en cause la polygamie. Les chrétiens qui la pratiquaient sont souvent exclus de la communauté des fidèles ».

    Nicoué L. Gayibor ajoute : « Il est donc clair que l’activité de la Mission a été destructrice des valeurs anciennes, à Togoville comme ailleurs. A la place, elle a produit des individus détribalisés : elle détruit les grands principes moraux et l’ordre de la communauté Nyigblin ».

    Aujourd’hui, la communauté à Togoville est fortement animiste. Mais la ville est partagée entre ceux qui ont gardé la religion ancestrale et les convertis au christianisme.

    En 1973, la Vierge Marie serait apparue dans une barque sur le Lac Togo à Togoville. Ce qui a conduit à l’intronisation de « Notre Dame du Lac Togo ». Mais pour certains, c’était une sirène. Jusqu’aujourd’hui, l’on ne sait pas exactement ce qu’il en est.

    L’Eglise Catholique y a érigé une grande cathédrale et la ville sert de lieu de pèlerinage à des milliers de fidèles de cette église chaque année, pour honorer la vierge Marie. Mais, la cohabitation entre chrétiens et animistes n’est toujours pas facile à Togoville.

    Les querelles de voisinage subsistent toujours. Il arrive qu’à Togoville, les prêtres vodoun décident que le tam-tam ne résonne plus dans la localité pendant une certaine période. En prélude à des rituels pour les divinités et la protection des habitants.

    Mais, selon Yao Koussougbo, cultivateur et ancien du village, les chrétiens font fi de cette interdiction et joue du tam-tam surtout lors des messes du dimanche et autres célébrations eucharistiques.

    En 1985, lors de la visite du Pape Jean-Paul II à Togoville, ce dernier a prêché la coexistence pacifique entre les deux religions.

    Le troc, l’identité même de Togoville

    Sur l’une de ses rues poussiéreuses qui vient du village voisin, Ekpui, BBC News Afrique a rencontré Yao Koussougbo, cultivateur, qui, des produits agricoles chargés sur sa vieille moto, se dirige vers le marché emblématique de la petite ville. Un marché où jusqu’aujourd’hui, on n’achète pas avec l’argent.

    « Non, je ne vais pas vendre mes produits. Mais j’irai les échanger avec des produits de la pêche ou ce que je n’ai pas à la maison avec ma famille », nous indique-t-il avec un sourire, comme pour se moquer de notre curiosité.

    Descendant avec lui ce chemin en terre rouge qui fait perdre la vue à une centaine de mètres lorsqu’une moto passe en soulevant la poussière, nous sommes arrivés dans le marché bondé déjà de monde pour ces premières heures matinales. Déjà à 8 heures, il s’anime avec divers produits agricoles et de la pêche qu’on y trouve.

    « Si vous arrivez ici vers midi, vous ne trouverez plus personne », confie M. Koussougbo qui nous informe que le marché s’anime seulement en quelques heures. « Mais chacun y trouve son compte. Nous savons que c’est comme ça ».

    Au milieu du marché, sous un baobab, est assise Manavi Aklobéssi avec son étalage garni de poissons fumés. Devant elle se tient une autre dame lui tendant un bol rempli de la farine de manioc. « J’ai besoin de poissons pour préparer la sauce pour mes enfants. Je viens les échanger avec du gari (Ndlr, farine du manioc) », confie-t-elle.

    Durant une heure de tour dans le marché, ce sont ces genres d’échange, sans la monnaie. « Ce sont des échanges des produits agricoles contre ceux de la pêche. C’est un système qui existait depuis le 19e siècle lors de la régence de Gâ Djossou Mlappa. On n’achète pas avec l’argent », raconte Folly-Notsron Barnabé.

    Il est vrai qu’aujourd’hui, c’est devenu une curiosité pour les touristes qui voyagent dans la région, mais pour cet ancien cadre du village, si le système perdure jusqu’à ce jour, c’est à cause de la pauvreté dans la région.

    « On peut avoir du maïs, du manioc ou de l’igname, mais ne pas avoir de l’argent pour acheter d’autres ingrédients pour se faire un repas copieux. Il faut alors se rendre au marché de troc pour échanger ce qu’on a avec les autres accessoires dont on a besoin. Avec ça, les familles ne se plaignent pas à Togoville ».

    Il souligne toutefois qu’« aujourd’hui, ce n’est pas interdit d’aller dans le marché avec de l’argent. On a veillé à ce que ceux qui n’ont pas de produits à échanger puissent aussi acheter et satisfaire leurs besoins ».

    D’ailleurs, selon le Professeur Nicoué L. Gayibor, le troc était devenu moins fréquent à partir de l’époque où l’économie s’est monétisée, avec l’arrivée des Européens sur la côte togolaise. La monnaie utilisée avant la colonisation allemande était le cauri.

    Togoville, l’âme du Togo, reste une ville historique et culturelle qui attire beaucoup de chercheurs et de touristes avec ses 10 000 habitants environ qu’elle abrite aujourd’hui.

    On peut y accéder à partir d’Agbodrafo, en traversant le lac Togo sur près de 2 à 3 km ou en contournant le lac sur la difficile piste en latérite.

    Source: https://www.bbc.com/afrique


  • Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Ce qui suit est basé sur une communication écrite par la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains et d’autres experts des Nations Unies et transmise au Gouvernement du Togo le 18 novembre 2025. La communication est restée confidentielle pendant 60 jours afin de permettre au Gouvernement de répondre. Malheureusement, le Gouvernement n’a pas répondu dans ce délai. Si une réponse est reçue, elle sera publiée dans la base de données des procédures spéciales des Nations Unies .

    Depuis l’envoi de la communication, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, les autorités togolaises ont libéré dix défenseurs des droits humains, parmi lesquels Yawo ATITSO, Abdoul Zoulkaneini LAMBONI, Armand AGBLEZE, Oséi AGBAGNO, Junior Yao Mario ZODJI, Chimène Akou APEVON et Julien Komandéga KATAKA, dont les cas avaient été traités dans cette communication. Tous les défenseurs des droits humains libérés demeurent sous contrôle judiciaire et sont soumis à une interdiction de voyager.

    CONTEXTE

    Sujet  : l’arrestation de responsables étudiants, d’activistes et de défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025, notamment M. Armand Agbleze , M. Osei Agbagno , M. Yawo Atitso , M. Julien Komandéga Kataka , M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni , Mme Chimène Akou Apevon , M. Mario Junior Zodji et M. Bertin Bandiangou .

    ALLÉGATIONS

    M. Armand Agbleze et M. Osei Agbagno sont des militants étudiants et membres de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), une organisation de défense des droits des étudiants, et de Tournons La Page Togo (TLP–Togo), une organisation promouvant la démocratie et les droits humains. Tous deux ont publiquement appelé à la libération d’un défenseur des droits humains et poète détenu arbitrairement depuis janvier 2025. Le 22 août 2025 vers 21 h 00, M. Agbleze et M. Agbagno ont été interpellés par des personnes en civil et utilisés de force dans un local du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC), une unité de la Gendarmerie nationale placée sous l’autorité du Ministère de la Sécurité. Ils ont été poursuivis pour troubles aggravés à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République. Sur la base de ces charges, M. Agbleze et M. Agbagno ont été transférés à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025, où ils sont détenus depuis.

    À la suite de leur arrestation, des personnes associées à M. Agbleze et M. Agbagno ont également été visées. Parmi elles figurent une avocate togolaise, Mme Chimène Akou Apevon, le secrétaire général de la SEET, M. Yawo Atitso, M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni, membre actif de la SEET, et M. Julien Komandéga Kataka, membre du Mouvement Martin Luther King. Mme Apevon a été arrêtée le 28 août 2025 et transférée à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025. M. Atitso et M. Lamboni ont été arrêtés le 3 septembre 2025, et M. Kataka le 8 septembre 2025. Mme Apevon, M. Atitso, M. Lamboni et M. Kataka font l’objet des mêmes accusations que M. Agbleze et M. Agbagno : trouble aggravé à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République.

    M. Bertin Bandiangou, président de la SEET, est un défenseur de longue date des droits des étudiants et des droits civiques. Le 19 avril 2024, à la suite de déclarations publiques critiquant le gouvernement, l’Université de Lomé l’a convoqué en vue de son expulsion. Des manifestations d’étudiants ont empêché son expulsion. Le 30 juin 2024, M. Bandiangou a tenu des propositions publiques dénonçant les mauvaises conditions de vie et d’étude des étudiants togolais lors d’une manifestation à Lomé. La nuit suivante, une trentaine d’hommes armés et masqués sont entrés de force dans la maison de son père dans le nord du pays. Son père a été arrêté et détenu pendant dix jours. Le 6 juin 2025, M. Bandiangou et un camarade étudiant, M. Mario Junior Zodji, ont été arrêtés lors de manifestations contre la répression gouvernementale à l’encontre de dissidents, la crise du coût de la vie et des modifications de la Constitution qui pourraient permettre au président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, de demeurer au pouvoir indéfiniment. M. Bandiangou a été libéré le 9 juin 2025, tandis que M. Zodji reste détenu. Lorsque M. Agbleze et M. Agbagno ont été arrêtés le 22 août 2025, M. Bandiangou s’est retrouvé à Ouagadougou pour le 32e congrès ordinaire de l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB). Depuis lors, il est porté disparu et se cache par crainte d’être arrêté et détenu par les autorités togolaises.

    PRÉOCCUPATIONS

    Dans cette communication, nous exprimons notre vive inquiétude concernant l’arrestation d’étudiants, de syndicalistes, d’activistes et de défenseurs des droits humains en représailles de leur protection et promotion pacifiques et légitimes des droits humains, en particulier leur défense des droits des étudiants. Les violations signalées à la rencontre des membres de la société civile constatées pourraient également constituer des atteintes aux droits à la liberté, à un procès équitable et à la liberté d’expression et d’association.

    Nous sommes également préoccupés par le fait que la persécution systématique, les arrestations et la détention de responsables étudiants et de défenseurs des droits humains, ainsi que les représailles signalées à la rencontre de leurs proches et des personnes associées aux défenseurs des droits humains, ont un effet dissuasif sur la liberté de la société civile au Togo et contraignent les activistes à se cacher ou à s’exiler.

    Source: https://srdefenders.org

  • Au Togo, le service cadastral de Davié est « bloqué » déplore la LCT

    Au Togo, le service cadastral de Davié est « bloqué » déplore la LCT

    Le service cadastral de Davié, couvrant les zones maritimes sans le Grand Lomé, reste « bloqué » depuis « plus d’un an » empêchant toute « signature des titres fonciers », regrette la Ligue des consommateurs du Togo (LCT). Elle « interpelle le gouvernement afin qu’il instruise les responsables de l’OTR à agir dans l’intérêt supérieur des populations ».

    DECLARATION N 002/01 DE LA LIGUE DES CONSOMMATEURS DU TOGO

    Relative au blocage des titres fonciers relevant du Cadastre de Davié

    Depuis quelques années, l’Office togolais des recettes (OTR) communique sur sa politique de dématérialisation dans le domaine du foncier.

    En 2020, la plateforme e-foncier a été mise en place pour recevoir les demandes de documents fonciers. Les dépôts physiques ne sont plus acceptés et les usagers sont obligés de s’adapter progressivement à la dématérialisation en allant sur la plateforme e-foncier pour faire leurs demandes d’état descriptif et de mutation, notamment.

    L’OTR a souligné que cette réforme va permettre d’éviter les attroupements devant les bureaux, mais surtout de gagner du temps dans la délivrance des documents, tout en améliorant la qualité des services du Cadastre et de la conservation foncière.

    Plus tard en 2025, l’OTR a demandé aux propriétaires ayant des titres fonciers établis avant 2007 de faire une mise à jour avec le géoréférencement avec la création du numéro unique parcellaire (NUP) assortie d’une obligation de versement d’une provision couvrant les frais avant toute formalité foncière. Toutes ces réformes citées plus haut sont destinées, selon l’OTR, à alléger la tâche et accélérer le processus d’immatriculation foncière.

    Dans les pratiques, les choses ne se déroulement pas aussi facilement. L’obtention d’un titre foncier peut durer jusqu’à deux ans au minimum. Parfois, les propriétaires attendent jusqu’à sept ans.

    Pendant ce temps, les propriétaires terriens initiaux cupides, revendent les mêmes parcelles, et il faut que les poursuites judiciaires pour stellionat ou pour confirmation de droit de propriété soient déclenchées avec leurs coûts, les pertes de temps et les risques collatéraux.

    Le cas du service cadastral de Davié est plus que préoccupant. En effet, depuis quelques mois, la LCT a été saisie et interpellée à plusieurs reprises par rapport à une situation préoccupante en lien avec la délivrance des titres fonciers pour les localités de la Région Maritime. Plus d’un an déjà que la signature des titres fonciers au niveau du Cadastre de Davié (qui prend en compte les zones de la maritime sans le Grand Lomé) est bloquée.

    Selon les informations reçues par la LCT, le Conservateur serait admis à la retraite et l’OTR n’a pas encore pourvu à son remplacement. Ce qui fait que plusieurs demandes d’établissement de titres sont toujours en attente depuis lors.

    Les usagers sont à bout de souffle et se demandent ce qui peut empêcher le remplacement d’une personne admise à la retraite alors que les compétences dans ce domaine ne font guère défaut.

    La LCT rappelle que les conséquences de cette situation inédite sont nombreuses. Beaucoup de propriétaires sont aujourd’hui dans le désarroi parce que leurs titres fonciers n’ont pas été signés pour qu’ils puissent les faire valoir devant les tribunaux. Certaines personnes ont pris des engagements pour aider les tiers à faire établir leurs titres. Elles se retrouvent aujourd’hui dans des situations inconfortables parce qu’elles sont accusées d’escroquerie.

    Face à cette situation, la Ligue des Consommateurs du Togo demande que la célérité des processus fonciers soit une réalité.

    La LCT exige aussi que les dispositions soient prises pour que le remplaçant du Conservateur du Cadastre de Davié soit nommé dans les plus brefs délais pour soulager les demandeurs.

    Pour finir, la LCT interpelle le gouvernement afin qu’il instruise les responsables de l’OTR à agir dans l’intérêt supérieur des populations.

    Fait à Lomé, le 19 Janvier 2026

    Le Président

    Dr Emmanuel SOGADJI

  • Nécrologie: Djatsougbé AKPAHOSSOU, épouse AMETOWOGBLO, sera inhumée le 7 mars

    Nécrologie: Djatsougbé AKPAHOSSOU, épouse AMETOWOGBLO, sera inhumée le 7 mars

    Décédée dans l’après-midi du vendredi 7 novembre 2025, Djatsougbé AKPAHOSSOU, épouse AMETOWOGBLO, à la suite d’une courte maladie, sera enterrée le samedi 7 mars prochain au cimetière de Hahotoé.

    Voici le programme des obsèques

  • Le ministre Sena Alipui rend hommage à François Agbéviadé Galley

    Le ministre Sena Alipui rend hommage à François Agbéviadé Galley

    François Agbéviadé Galley, homme politique togolais, membre de l’Union des forces de changement (UFC), ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche puis de l’Industrie, de la Zone franche et des Innovations technologiques, est décédé le 2 décembre 2025. Sena Alipui, l’un de son compagnon de lutte, aujourd’hui sénateur et ministre délégué de l’Eau et de l’Assainissement depuis 2025, lui rend homme à travers cette tribune.

    Tribune

    Akpé…Akpé… Akpé…Fo Galley !!!

    Le 01 décembre 2025, le temps s’est arrêté pour nous, enfants de l’Ablodé…

    Nous avons perdu un des piliers de notre mouvement que nous appelions affectueusement et selon les circonstances, ministre Galley, Fo François ou Excellence.

    Excellence en toute chose était ta quête quotidienne, bien faire, être juste, respecter les autres, se respecter, aider, donner, se donner, chercher le compromis sans se compromettre, coopérer, collaborer franchement et sans perdre son identité… et cette façon de vivre a fait de toi notre boussole qui malheureusement est tombée et s’est cassée… le 01 décembre 2025.

    Je m’en voudrais de ne pas rompre ce silence que je me suis imposé jusqu’à ce 10 janvier 2026 jour de ta mise en terre… Pour moi, tu n’es pas mort, parce que tu as bien vécu et tes œuvres te survivront…Tes contemporains et les livres d’histoires parleront de toi assurément…cependant, comme numéro 2 de notre parti de l’Ablodé, l’UFC et allié politique de toujours… il est de mon devoir de te rendre un hommage appuyé à toi l’architecte… politique de notre parti et distingué militant, exemplaire en tous points que tu as été… François Agbéviadé Galley.

    Généreux tu étais de ton temps, de ton argent et de ton savoir faire au service de notre pays…de notre parti…

    Acharné tu étais au travail, ne manquant aucune réunion, et d’une ponctualité sans égal.

    Libre était ta pensée et ta parole, que tu semais et partagéais à tout esprit ouvert, disposé à écouter pour comprendre, comprendre pour agir…

    Lumineuses étaient tes idées, qui plus d’une fois ont servi de boussole à tout un parti, notre parti, le parti de l’Ablodé auquel tu as évité une mort certaine à plusieurs reprises.

    Excellence comme on t’appelait affectueusement mais surtout excellant dans tout ce que tu entreprenais… allérgique à la médiocrité et à la paresse, ton coté prussient y était sans doute pour quelque chose. Ta pensée et ton action visait continuellement l’excellence, pour toi-même et pour tous ceux qui étaient autour de toi…

    Yodel, telle cette technique de chant qui permet de rapidement passer d’une voix grave à une voix aigue… tu étais souvent derrière les rideaux effectuant le travail difficile de conciliation entre parties et tu financais sans compter et ce, discrètement. Cependant, lorsque les circonstances l’exigeaient tu montais en première ligne, tel un lion et prenait les coups pour nous indiquant la voie à suivre avec l’assurance et la précision d’une boussole.

    Déboussolé par ton départ, le cœur en peine, nous te rendons hommage et te disons merci pour ce que tu as été pour nous, pour notre parti, pour notre pays… La lumière que tu es continueras de briller à travers tous ceux qui t’ont cotoyé et continuera d’éclairer la voie de tes contemporains et de la postérité…

    Akpé Akpé Akpé Fo Galley…

    So de nyuie.

    Sena Alipui.

  • Au Togo, cette religieuse a sauvé plus de 5000 orphelins du sida

    Au Togo, cette religieuse a sauvé plus de 5000 orphelins du sida

    En vingt-six ans, Soeur Marie Stella a recueilli plus de 5000 orphelins du sida. Cette religieuse togolaise refuse pourtant de passer pour une héroïne. Son moteur ? L’amour du Christ et le service des pauvres, pour lesquels elle a bâti toute une œuvre.

    En quelques années, vous avez sauvé plusieurs milliers d’enfants. Comment cela est-ce possible ?

    En 1999, j’étais une jeune religieuse, infirmière à l’hôpital pour enfants tenu par ma congrégation à Dapaong, ma ville natale située au nord du Togo. De plus en plus, on nous amenait des enfants dénutris que nous n’arrivions pas à guérir. Ces enfants étaient nés avec le VIH, d’une mère contaminée, le plus souvent par son mari. J’ai donc fondé une petite association, Vivre dans l’Espérance, avec quelques bénévoles qui pensaient, comme moi, qu’il fallait agir. 

    J’ai commencé à parcourir les villages à mobylette : j’apportais de quoi laver les malades, leur donner une bouillie… J’ai enterré bien des parents qui laissaient derrière eux des enfants. Venant d’une famille nombreuse, j’avais moi-même été élevée chez un oncle. Je pensais que ces orphelins pouvaient être accueillis, comme je l’avais été. Malheureusement, la discrimination envers les malades du sida avait brisé cette solidarité communautaire, qui fait pourtant la richesse de l’Afrique.

    Les gens avaient peur ?

    Oui. Les personnes séropositives étaient souvent enfermées dans leur case où on les laissait mourir de faim et de soif.

    Ou alors, elles étaient chassées du village, jugées inutiles, car trop faibles pour travailler, et surtout dangereuses. On pensait qu’elles allaient contaminer les autres. Et lorsque dans une famille, l’un des enfants était infecté, on considérait que tous les autres l’étaient aussi : je devais recueillir ainsi des fratries entières.

    Le reste à retrouver sur https://www.lepelerin.com

  • Sa Majesté le Roi Mohammed VI, merci

    Sa Majesté le Roi Mohammed VI, merci

    Le Maroc appartient à cette catégorie rare de nations dont la trajectoire ne se mesure pas uniquement à l’aune des événements, mais à la profondeur du lien qui unit l’État, le peuple et l’histoire.

    ”Merci,

    Sa Majesté le Roi Mohammed VI

    Par Ahmed Charai

    Il est des moments où une nation ressent le besoin de s’arrêter un instant, non pour se contempler, mais pour reconnaître. Reconnaître ce qui a été bâti avec patience, vision et constance. Reconnaître que derrière les grandes œuvres collectives, il y a toujours une volonté claire, une main ferme et un esprit éclairé. Que le Maroc ait pu accueillir l’Afrique, en 2025, autour d’une Coupe d’Afrique des Nations à la mesure de son histoire et de ses ambitions ne relève pas du hasard. Cette réussite procède d’une vision claire et assumée, dont il est juste de reconnaître l’inspiration première : celle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

    Le Maroc appartient à cette catégorie rare de nations dont la trajectoire ne se mesure pas uniquement à l’aune des événements, mais à la profondeur du lien qui unit l’État, le peuple et l’histoire. Royaume ancien, il a su traverser les siècles sans rompre avec lui-même, porté par une monarchie qui a fait de la stabilité un socle.

    Sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, elle s’est affirmée comme un pilier de stabilité et de transformation, dans un monde traversé par les doutes, les ruptures et les recompositions.

    C’est également sous l’impulsion personnelle du Souverain que le Maroc a renoué, avec profondeur et sincérité, avec son ancrage africain. Non par calcul circonstanciel, encore moins par effet de mode, mais par fidélité à une identité assumée. Depuis son accession au Trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tissé, avec patience et constance, des liens presque personnels avec la majorité des pays du continent. Il a parcouru l’Afrique, écouté ses dirigeants, compris ses peuples, et consacré du temps — ce bien si rare — à bâtir des relations fondées sur la confiance, le respect et la solidarité.

    Cette vision africaine n’a jamais été incantatoire. Elle s’est traduite par des partenariats concrets, des projets structurants, et une parole libre. On se souvient notamment du discours historique prononcé en Côte d’Ivoire, dans lequel le Souverain appelait les Africains à prendre leur destin en main, à croire en leurs capacités, et à construire leur prospérité par eux-mêmes. Ce moment révélait la profondeur de la vision d’un monarque africain par le cœur, convaincu que l’Afrique n’est ni un fardeau ni un problème à gérer, mais une promesse à accomplir.

    C’est dans cette cohérence royale, patiemment construite, que s’est inscrite l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 sur le sol marocain. Plus qu’une compétition sportive, cet événement fut un moment de communion continentale. Le Maroc, terre d’accueil et de paix, a ouvert ses portes à l’Afrique tout entière, rappelant que le sport, lorsqu’il est porté par une vision et une âme, devient un langage universel et un acte politique au sens noble du terme.

    Au cœur de la cérémonie d’ouverture, une image s’est imposée avec sobriété et force : celle du Prince héritier Moulay Al Hassan. Par son maintien naturel, son calme et sa justesse, il donnait à voir la rigueur d’une éducation exigeante, façonnée par un père attentif et un monarque de grande envergure, pour qui, la mesure et la responsabilité ne sont jamais des mots abstraits.

    Dans la présence du Prince héritier Moulay Al Hassan se lisait, en filigrane, l’attention que Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a cessé de porter à la jeunesse du Royaume.

    Fidèle à ses racines, pleinement ancré en Afrique, et porté par la vision claire et constante d’un grand Roi, le Maroc poursuit son chemin avec sérénité, équilibre et confiance — conscient de son histoire, maître de ses choix, et résolument engagé dans l’avenir commun du continent africain.”

    Par Ahmed Charai

    Source: page Facbook de L’Observateur du Maroc et d’Afrique (titre changé)

  • Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Les locaux du ministère des droits de l’homme ont servi de cadre ce 11 décembre 2025 à une cérémonie solennelle de remise d’un guide à l’usage des surveillants de l’administration pénitentiaire(SAP) du Togo.

    Elaboré par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), agissant au titre du Mécanisme National de Prévention de la torture (MNP), avec le soutien  du fonds spécial OPCAT, ce guide vise à outiller les surveillants pénitentiaires (SAP) du Togo pour :

    • garantir le respect des droits humains en détention ;
    • prévenir la torture, les abus et les mauvais traitements ;
    • améliorer la gestion humaine, sécurisée et efficace des établissements pénitentiaires.

    Présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits humains en présence du Président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la cérémonie a rassemblé des responsables du ministère de la justice et de droits humains, de la CNDH, de l’administration pénitentiaire, du commandement du corps des SAP ainsi que plusieurs surveillants de l’administration pénitenatiaire.

    Dans son allocution, le Ministre de la Justice Me ADJOUROUVI Pacôme a salué « un outil essentiel qui contribuera à l’amélioration de la gouvernance pénitentiaire, au renforcement des capacités des surveillants et à la promotion du respect de la dignité humaine au sein des lieux de privation de liberté ». Il a rappelé l’engagement du Togo à poursuivre les réformes engagées dans le secteur de la justice et à mettre en œuvre les standards internationaux en matière de détention.3

    Le Président de la CNDH Monsieur SANVEE Ohini Kwao a, pour sa part remercié le ministre pour sa disponibilité et sa sollicitude habituelle à l’endroit de la CNDH. Il a invité tous les responsables des lieux de privation de liberté à s’approprier le guide qui leur est destiné afin de renforcer l’image du Togo en matière des droits de l’homme en général et des droits des détenus en particulier.

    Le nouveau guide, élaboré avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, fournit des orientations pratiques sur :

    • la gestion humaine et sécuritaire des personnes détenues ;
    • les procédures disciplinaires ;
    • la prévention de la torture et des traitements inhumains ;
    • les droits fondamentaux des personnes privées de liberté ;
    • la gestion des situations d’urgence et des incidents en milieu carcéral ;
    • l’éthique professionnelle et la déontologie du surveillant.

    Pour leur part, le commandant du corps des SAP et le Directeur de l’administration pénitentiaire ont tour à tour souligné que « ce guide vient répondre à un besoin de formation continue et d’unification des pratiques ». Ils ont également salué le dévouement des surveillants et les ont exhortés à s’approprier pleinement le document.

    La cérémonie s’est achevée par la remise symbolique du guide au commandant du corps des surveillants de l’administration pénitentiaire.

    Des sessions de formation et de vulgarisation sont annoncées dans les prochaines semaines afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse du document.

    Avec ce nouvel outil, l’administration pénitentiaire togolaise renforce son professionnalisme et confirme sa volonté d’inscrire la gestion carcérale dans une approche centrée sur la dignité humaine et la réinsertion.

  • Lutte contre les VBG : ONG La Colombe implique les étudiants de l’ESIG dans la lutte

    Lutte contre les VBG : ONG La Colombe implique les étudiants de l’ESIG dans la lutte

    C’est parce que les filles et femmes handicapées sont plus exposées aux violences que l’ONG La Colombe a encouragé les étudiants de l’Ecole supérieure d’informatique et de gestion (ESIG) à faire leur part dans la lutte pour une société juste.

    La Lutte contre les violences faites aux filles et femmes handicapées est un mal qui ronge la société surtout que ces dernières sont deux ou trois fois plus exposées.

    La meilleure solution ? La sensibilisation voire la rééducation des uns et des autres. C’est dans cette optique que l’ONG La Colombe a animé une conférence ce vendredi au profit des apprenants de l’Ecole supérieure d’informatique et de gestion à Lomé.

    Cette rencontre a porté sur le thème « Violences faites aux filles et femmes handicapées ». Et a permis d’outiller les 200 participants de telle sorte qu’ils deviennent les relais auprès d’autres publics.

    «…approches basées sur l’estime de soi »

    Il s’est agi « D’une rencontre participative avec les étudiants enthousiasmés », a confié Thérèse Adjoa Akakpo, coordinatrice de La Colombe dans des propos rapportés par Grandreporter.

    Et d’ajouter : « Au lieu de les négliger, il est convenu au cours des échanges que les sensibilisations soient menées dans les zones rurales et auprès du public. Des personnes handicapées ne sont pas considérées au même titre que les autres au sein des communautés. Des approches basées sur l’estime de soi et le respect afin de prévenir le suicides et les violences ».

    Joël Batona, spécialiste en sauvegarde, genre et inclusion, a, de son côté, souligné que cette conférence a permis « de clarifier certains concepts liés au handicap, notamment la différence entre la déficience et le handicap, les notions de violences elles-mêmes ».

    Les participants ont donc été outillés sur la typologie des violences que subissent  les filles et les femmes handicapées, leurs conséquences. « Enfin, nous les avons amenés à nous proposer des approches de solutions pour créer un environnement favorable à l’épanouissement des filles et des femmes handicapées », a-t-il enchaîné.

    « Nous avons découvert des jeunes très excellents qui ont réfléchi et nous ont fait des propositions pertinentes, commençant par eux-mêmes et les sensibilisations qu’ils auront à faire dans leurs communautés pour créer un environnement exempt de violentes faites aux filles et femmes handicapées ».

    A la fin de la rencontre, ce sont des étudiants imprégnés des différentes notions liées à cette problématique qui promettent jouer leur participation qui sont repartis chez eux. C’est l’exemple de Camara Mah Sarah Samira, étudiante en comptabilité, qui a déclaré que « Nous devons changer notre mentalité et les (filles et femmes handicapées, NDLR) considérés à leur juste valeur » parce que, a-t-elle insisté,  « la personne handicapée est un être humain comme tout autre et mérite le même respect ».

Radio Renouveau228

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