Catégorie : Société

  • L’État frappe, quatre églises suspendues au Togo

    L’État frappe, quatre églises suspendues au Togo

    À Lomé, la décision est tombée comme un coup de tonnerre. Quatre églises ont été suspendues pour non-respect des règles en matière de nuisances sonores.

    L’annonce faite le 23 février 2026 par les autorités togolaises marque un nouveau tournant dans la gestion des lieux de culte accusés de troubler la tranquillité publique.

    Depuis plusieurs années, les plaintes de riverains se multiplient dans différents quartiers de la capitale et de l’intérieur du pays. Cultes nocturnes, veillées prolongées, sonorisations excessives, haut-parleurs orientés vers les habitations : la cohabitation entre certaines églises et leurs voisins est devenue source de tensions permanentes.

    Une loi qui existe, mais peu respectée

    Au Togo, la réglementation en matière de nuisances sonores est pourtant claire. Les textes encadrent l’utilisation des amplificateurs et fixent des seuils sonores à ne pas dépasser, notamment la nuit. Les activités susceptibles de troubler le repos des populations doivent faire l’objet d’autorisations spécifiques et respecter des horaires précis.

    Mais dans les faits, nombre de pasteurs et responsables de lieux de culte semblent ignorer ces dispositions. Dans plusieurs quartiers de Lomé, des offices débutent à l’aube et se prolongent tard dans la nuit, parfois jusqu’aux petites heures du matin. Les habitants dénoncent un calvaire quotidien : sommeil perturbé, enfants incapables d’étudier, malades privés de repos.

    La liberté de culte est un droit fondamental garanti par la Constitution togolaise. Mais elle ne saurait s’exercer au détriment du droit des autres citoyens à la tranquillité et à la santé. C’est ce rappel à l’ordre que l’État semble vouloir faire passer à travers ces suspensions.

    Une prolifération incontrôlée ?

    Ces dernières années, le Togo a connu une multiplication spectaculaire des églises, notamment évangéliques et charismatiques. Dans certains quartiers, on compte plusieurs lieux de culte sur un même périmètre, souvent installés dans des habitations transformées ou des bâtiments inadaptés.

    Au-delà des nuisances sonores, se pose la question de l’encadrement administratif et financier de ces structures. Beaucoup fonctionnent sans réelle transparence, avec des responsables autoproclamés, sans formation théologique solide ni cadre organisationnel clair.

    Certains observateurs dénoncent l’émergence de « pasteurs-entrepreneurs », transformant la foi en véritable activité lucrative. Dîmes, offrandes, “semences de foi”, campagnes de délivrance payantes : pour de nombreux fidèles aux revenus modestes, la pression financière peut être lourde. L’église devient alors, selon les critiques, un modèle économique plus qu’un espace spirituel.

    Vers un modèle à la rwandaise ?

    La décision togolaise rappelle inévitablement ce qui s’est passé au Rwanda sous la présidence de Paul Kagame. À partir de 2018, les autorités rwandaises ont fermé plusieurs milliers d’églises pour non-conformité aux normes administratives, sanitaires et acoustiques. Kigali avait invoqué la nécessité de professionnaliser le secteur religieux et de mettre fin aux abus.

    Si le contexte togolais est différent, la question mérite d’être posée : le pays s’achemine-t-il vers un encadrement plus strict, voire une vaste opération de mise en conformité des lieux de culte ?

    Pour l’heure, les autorités togolaises n’ont pas annoncé de campagne massive de fermeture. Mais le message est clair : la loi s’applique à tous, y compris aux responsables religieux.

    Trouver l’équilibre

    Le défi pour l’État sera de trouver un équilibre délicat entre respect de la liberté religieuse et protection de l’ordre public. Les églises jouent un rôle social indéniable : soutien moral, solidarité, encadrement des jeunes. Mais elles ne peuvent prospérer dans l’illégalité ou au mépris du bien-être collectif.

    La suspension des quatre églises sonne comme un nouvel avertissement (ce n’est pas la première fois que des églises sont fermées par les autorités compétentes). Elle pourrait marquer le début d’une nouvelle ère où foi et responsabilité civique devront enfin marcher main dans la main

  • Cameroun : Deux anciens détenus d’Épervier libres après 20 ans

    Cameroun : Deux anciens détenus d’Épervier libres après 20 ans

    Après deux décennies derrière les barreaux, Gilles Roger Belinga et Emmanuel Gérard Ondo Ndong ont retrouvé la liberté ce 21 février 2026, marquant la fin d’un long chapitre judiciaire au Cameroun.

    Arrêtés en 2006 dans le cadre de l’Opération Épervier, une vaste campagne de lutte contre la corruption lancée par l’État camerounais, les deux hommes étaient parmi les premiers hauts responsables à avoir été inculpés pour de présumés détournements de fonds publics.

    Gilles Roger Belinga, ancien directeur général de la Société immobilière du Cameroun (SIC), avait été condamné en 2007 à une peine initiale de 35 ans, ramenée ensuite à 20 ans, pour des affaires de détournement de deniers publics dans la gestion de structures publiques.

    De son côté, Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ex‑directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM), avait vu sa peine révisée à plusieurs reprises avant d’être finalement libéré après deux décennies de détention pour des accusations similaires et des sommes considérables évoquées dans l’affaire.

    À leur sortie, les deux hommes ont regagné leurs proches dans une atmosphère mêlée d’émotions, après des années d’attente et de procédures judiciaires complexes. Leur retour en liberté relance le débat dans l’opinion publique camerounaise sur l’efficacité de l’Opération Épervier, initiée pour assainir la gestion des finances publiques, et sur les défis de la réinsertion post‑carcérale pour d’anciens hauts responsables de l’administration

  • Jesse Jackson, une conscience morale des Etats-Unis s’éteint

    Jesse Jackson, une conscience morale des Etats-Unis s’éteint

    Le révérend Jesse Jackson, figure emblématique de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, est décédé mardi à l’âge de 84 ans, a annoncé sa famille. Atteint de paralysie supranucléaire progressive, il s’est éteint « paisiblement, entouré des siens », mettant un point final à une vie entièrement consacrée à la justice sociale, à la dignité humaine et à la défense des opprimés.

    Compagnon de route du pasteur Martin Luther King Jr., Jesse Jackson fut de ceux qui ont porté haut la voix du mouvement des droits civiques au-delà des années 1960. Pasteur baptiste, orateur charismatique et stratège politique, il a su transformer l’héritage de King en une action durable, mêlant militantisme de terrain, plaidoyer politique et médiation internationale.

    Fondateur de la Rainbow/PUSH Coalition, Jesse Jackson a œuvré pour l’égalité économique, l’accès à l’éducation, le droit de vote et la lutte contre les discriminations raciales. Son organisation est devenue, au fil des décennies, un pilier du combat pour les droits civiques, capable de fédérer communautés, syndicats et leaders politiques autour d’un agenda commun de justice sociale.

    Sur la scène politique, Jesse Jackson a marqué l’histoire en se portant candidat à l’élection présidentielle à deux reprises, en 1984 et 1988. Bien qu’il n’ait jamais accédé à la Maison-Blanche, ses campagnes ont contribué à élargir la base électorale afro-américaine et à imposer dans le débat national des thèmes alors marginalisés, comme la pauvreté, les inégalités raciales et la politique étrangère éthique.

    Au-delà des frontières américaines, Jesse Jackson s’est illustré par ses missions diplomatiques non officielles. Il a notamment négocié la libération d’Américains détenus à l’étranger, renforçant son image de médiateur infatigable, capable de dialoguer avec des régimes hostiles au nom de l’humanitaire et de la paix.

    En reconnaissance de son engagement, il avait reçu en 2000 la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile des États-Unis. Cette récompense venait saluer des décennies de combat, de sacrifices personnels et de leadership moral dans une Amérique souvent divisée.

    La disparition de Jesse Jackson laisse un vide immense dans le paysage politique et social américain. Pour beaucoup, il restera la voix des sans-voix, un homme de foi et d’action qui a consacré son existence à rappeler que la justice, la dignité et l’égalité ne sont jamais acquises, mais doivent être défendues sans relâche.

  • Togo-Helly Gbene, entrepreneur engagé et stratège du développement

    Togo-Helly Gbene, entrepreneur engagé et stratège du développement

    Helly Gbene est une figure montante du paysage entrepreneurial togolais, reconnu pour son dynamisme, son expertise en développement des entreprises et son rôle de CEO du Cabinet d’Ingénierie de Formation & Consulting – IF&C Togo (IF&C), une structure qu’il a positionnée comme un acteur majeur de la formation professionnelle, du consulting stratégique et de l’accompagnement des entreprises au Togo et en Afrique.

    Jeune leader, Helly Gbene s’est forgé une réputation non seulement dans le conseil aux organisations mais aussi comme promoteur de l’entrepreneuriat et du développement durable. Par sa vision, il cherche à impulser un nouveau paradigme d’action économique au Togo, où l’innovation, la compétitivité et la transformation sociale se conjuguent pour répondre aux défis structurels du pays.

    Une vision stratégique pour les entreprises et la jeunesse

    À la tête d’IF&C, Helly GBENE agit comme un éclaireur stratégique pour les dirigeants d’entreprises, les jeunes porteurs de projet, et les dirigeants institutionnels. Il encourage notamment les PME/PMI à adopter des pratiques de gouvernance modernes, à utiliser les nouvelles technologies,, comme l’intelligence artificielle, et à s’inscrire dans une dynamique de compétitivité durable.

    Son approche transcende le simple accompagnement business : elle intègre des enjeux sociaux, culturels et technologiques. Sous sa direction, IF&C a organisé à Lomé, entre autres initiatives, une formation internationale sur l’intelligence artificielle appliquée à l’entreprise, en collaboration avec des experts suisses. Cette formation vise à équiper les cadres, dirigeants et entrepreneurs africains des outils pour intégrer efficacement l’IA dans leurs organisations, en tenant compte des réalités économiques locales.

    Plaidoyer pour une économie inclusive et territoriale

    Helly GBENE ne se limite pas à la sphère privée : il s’exprime également sur les grands enjeux économiques nationaux et africains. Dans plusieurs tribunes et prises de position, il met en avant l’importance de repenser les modèles de gouvernance, de renforcer l’autonomie des territoires ruraux et de promouvoir un développement inclusif. Il souligne que l’avenir économique passera par la valorisation des communes rurales comme moteurs de croissance — une approche qui, selon lui, peut réduire les déséquilibres et stimuler l’innovation locale.

    Le jeune togolais défend également l’idée d’une souveraineté économique lucide, invitant les décideurs publics et les acteurs privés à se baser sur des données fiables et une stratégie claire pour renforcer la résilience économique du Togo : numérisation de la fiscalité, réforme des subventions, investissements dans l’agro-industrie et mobilisation des recettes sont ainsi au cœur de ses propositions.

    Entrepreneuriat chrétien et leadership éthique

    Engagé dans la promotion de valeurs sociales et éthiques, Helly GBENE est également à l’origine de rencontres qui réunissent jeunes entrepreneurs et décideurs chrétiens. À travers des événements comme la Rencontre des Jeunes Entrepreneurs & Décideurs Chrétiens (RJEDC), il vise à créer des espaces de réflexion stratégique et d’action pour l’autonomisation des jeunes et la redynamisation de l’église dans l’économie.

    Ces plateformes visent à encourager une culture entrepreneuriale chrétienne forte, où l’innovation, l’éthique professionnelle et l’impact social sont des moteurs de développement. Elles favorisent également le réseautage, le partage d’expériences et l’accès aux opportunités pour les jeunes entrepreneurs.

    Helly GBENE incarne une nouvelle génération de leaders africains qui conjuguent vision stratégique, innovation et engagement social. À la tête d’IF&C Togo, il œuvre pour l’autonomisation des jeunes, la transformation des entreprises locales et l’intégration des nouvelles technologies dans l’économie africaine. Son travail s’étend de la formation à la réflexion politique, faisant de lui un acteur influent dans le débat sur l’avenir économique du Togo et du continent.

  • REDM au Togo : Komi Aziangbédé à la manœuvre

    REDM au Togo : Komi Aziangbédé à la manœuvre

    C’est avec une profonde émotion et un sens aigu des responsabilités que Komi Aziangbédé a récemment annoncé sa nomination en tant que Représentant résident de l’ONG Réussir Ensemble dans le Monde (REDM) au Togo.

    Cette nomination, saluée par de nombreux acteurs de la société civile, marque une étape significative dans l’engagement de cet homme dynamique au service du développement local et national.

    Un parcours marqué par l’engagement communautaire

    Originaire du canton de Djagblé, Komi Aziangbédé a construit sa réputation sur des actions concrètes en faveur de sa communauté. Bien avant sa nomination à la tête de REDM au Togo, il s’était distingué comme Délégué Pays du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) section Burkina Faso, où il s’est investi activement dans le soutien des populations de sa localité.

    Il est le Secrétaire des associations faitières des Togolais au Burkina Faso, Délégué du Haut conseil des togolais de l’extérieur (HCTE) au Burkina Faso. De retour au pays, il a été nommé conseiller spécial auprès du représentant résident du réseau des chambres des experts européennes département Afrique de l’ouest au Togo.

    La proximité du Directeur d’AZIKOM Service SARL-U avec les jeunes et les initiatives sportives en dit long sur son sens du lien social : il a notamment offert des maillots et une contribution financière significative à l’équipe de football de Djagblé après leur victoire historique à la Coupe Ayizã, démontrant ainsi qu’il sait mobiliser ses ressources au profit du rayonnement et de la cohésion sociale de ses pairs.

    Mais au-delà de la seule sphère sportive, ce sont bien les actions sociales et les projets structurants qui ont forgé son image de promoteur de développement. En tant que Président d’honneur de Renaissance FC de Hlan-Kopé, il n’a cessé de porter des initiatives permettant aux jeunes de trouver des opportunités d’engagement constructives.

    Une expertise déjà reconnue dans la promotion du développement durable

    L’engagement de Komi Aziangbédé ne se limite pas à une seule activité ou une seule organisation. Il a également exercé des responsabilités déterminantes dans des structures orientées vers le développement socio-économique et humanitaire. À titre d’exemple, il a été Président de l’Association Solidaire pour un Développement Durable (SDD), une organisation humanitaire basée au Burkina Faso et axée sur la promotion du développement socio-économique, culturel et environnemental.

    Sous sa responsabilité, cette association a eu pour objectif d’améliorer l’accès des populations vulnérables aux services sociaux de base, de soutenir l’éducation des enfants nécessiteux, de lutter contre le travail des enfants et de promouvoir l’énergie renouvelable, l’eau potable ou encore l’assainissement.

    Cet engagement multiforme illustre non seulement sa capacité à piloter des projets concrets, mais aussi sa vision holistique du développement durable, qui intègre des dimensions sociales, économiques, éducatives et environnementales. Un profil particulièrement pertinent pour la mission ambitieuse que REDM souhaite mener au Togo.

    Un leadership fondé sur la proximité et l’écoute

    L’un des traits distinctifs de Komi Aziangbédé est sa proximité avec les populations qu’il sert. À plusieurs reprises, il a été décrit comme un acteur à l’écoute, apportant un soutien financier et matériel direct aux habitants de sa région natale.

    Ce style de leadership, fondé sur la participation citoyenne et la mobilisation locale, est essentiel pour les ONG de développement qui cherchent à co-construire des solutions avec les communautés plutôt que d’imposer des stratégies externes. Dans le contexte actuel du Togo, où les défis en matière d’éducation, d’infrastructures sociales, d’accès à l’eau et à l’assainissement restent cruciaux, une telle approche collaborative est un véritable atout.

    Des compétences transférables pour la mission REDM au Togo

    La mission qui attend Komi Aziangbédé à la tête de l’ONG Réussir Ensemble dans le Monde est ambitieuse : elle vise à promouvoir un développement inclusif, durable et fondé sur l’initiative locale. REDM, comme beaucoup d’ONG engagées dans la transformation sociale, a besoin de leaders capables de conjuguer vision stratégique, sens de l’organisation et capacité à mobiliser des partenaires multisectoriels.

    L’expérience de Komi Aziangbédé à la tête de la SDD, ainsi que son engagement antérieur au sein d’associations et d’initiatives communautaires, montrent qu’il possède ces qualités. Il a déjà su structurer des actions allant de l’accès à l’éducation à l’accompagnement des populations vulnérables, en passant par la promotion de services sociaux essentiels.

    À travers ses différentes responsabilités, il a démontré une capacité à fédérer autour d’objectifs communs, à ne pas se limiter à des discours mais à traduire ses convictions en actions concrètes. Sa nomination à la tête de REDM au Togo s’inscrit donc dans une logique de continuité, mais aussi d’élargissement de portée : il aura désormais l’opportunité de multiplier l’impact de ses initiatives à une plus grande échelle nationale.

    Un horizon de collaboration et de résultats

    Dans son message aux partenaires, Komi Aziangbédé a exprimé sa gratitude et son engagement total pour réussir les objectifs de l’ONG REDM, une organisation internationale basée en Côte d’Ivoire. Son sens de responsabilité et son enthousiasme à travailler avec les différentes parties prenantes — institutions, acteurs de la société civile, populations locales — sont des signaux forts d’un leadership tourné vers la coopération et l’efficacité.

    Alors que le Togo s’efforce de renforcer sa trajectoire vers un développement durable et inclusif, la nomination de personnalités dynamiques, proches des réalités locales et dotées d’une expérience solide dans la gestion de projets sociaux, constitue un atout précieux. L’expérience et l’engagement de Komi Aziangbédé, ainsi que sa capacité à travailler avec divers partenaires, laissent présager un mandat fructueux pour REDM au Togo — au service des populations et du développement de notre nation.

  • Séna Alipui : un ministre au cœur des défis hydriques du Togo

    Séna Alipui : un ministre au cœur des défis hydriques du Togo

    Nommé récemment ministre délégué à l’Eau et à l’Assainissement au lever de rideau de la Cinquième République, l’ancien pilier de l’Assemblée nationale délaisse les dorures pour la poussière des chantiers du grand nord. Portrait d’un ministre qui a décidé de ne pas perdre de temps.

    Depuis le 8 octobre 2025, le paysage politique togolais s’est enrichi d’une dynamique nouvelle avec la nomination de Séna Alipui au poste de ministre délégué auprès du ministre de l’Aménagement du territoire, chargé de l’Eau et de l’Assainissement.

    Ancien 3ème vice-président de l’Assemblée nationale et figure de proue de l’Union des Forces de Changement (UFC), Séna Alipui incarne aujourd’hui cette technocratie politique que la Cinquième République appelle de ses vœux : un mélange d’expérience législative et de pragmatisme de terrain.

    Dynamisme face à l’urgence

    Dès sa prise de fonction, le ministre Alipui n’a pas choisi le confort des bureaux climatisés de Lomé. Son action est marquée par une mobilité constante, guidée par une urgence : l’accès pour tous à l’or bleu.

    En janvier 2026, alors que la saison sèche accentue le stress hydrique, il a été aperçu sur les chantiers stratégiques des régions de la Kara et des Savanes.

    Son passage au barrage de Dalwak a marqué les esprits. Là, il ne s’est pas contenté de protocoles, mais a exigé une accélération des travaux pour doubler les capacités de pompage. Ce dynamisme se traduit par une volonté de transformer les forages manuels, souvent insuffisants, en systèmes d’adduction d’eau automatique à haut débit. Pour Alipui, chaque minute gagnée sur un chantier est une heure de pénibilité en moins pour les populations rurales, et particulièrement pour les femmes et les enfants.

    Moderniser un secteur vital

    Les défis qui attendent Séna Alipui sont immenses. En effet, il doit piloter la composante « Eau » de la Feuille de route gouvernementale 2025-2026, dans un contexte de changement climatique sévère. Son département ne traite pas seulement de tuyauterie, mais de sécurité nationale et de santé publique.

    Son premier grand chantier, le projet Amélioration des services de l’eau et de l’assainissement en milieu urbain (PASH-MUT) illustre sa méthode : un suivi technique rigoureux. Il s’agit de réhabiliter des réseaux vieillissants dans les centres urbains pour stopper les pertes d’eau et garantir une distribution équitable. Alipui sait que pour réussir, il doit non seulement construire, mais aussi convaincre les bailleurs de fonds internationaux, notamment la Banque mondiale, Agence française de développement (AFD), etc. de la viabilité et de la transparence de ses projets. Sa capacité à dialoguer avec les partenaires au développement est, à ce titre, l’un de ses atouts majeurs.

    Vision

    Le portrait de Séna Alipui en 2026 est celui d’un homme pressé, mais méthodique. Son dynamisme sur le front de l’eau et de l’assainissement redonne espoir aux zones autrefois délaissées. Parallèlement, sa mutation politique personnelle interroge et fascine.

    Sera-t-il capable de transformer l’essai et de faire du Togo un modèle de gestion de l’eau en Afrique de l’Ouest ? Les premiers mois de son mandat indiquent qu’il en a l’énergie et la vision. Entre les forages du grand nord et les couloirs du pouvoir, Séna Alipui trace sa propre voie, celle d’un serviteur de l’État qui n’hésite pas à bousculer les codes pour atteindre ses objectifs.

    Un tournant politique

    L’actualité de Séna Alipui ne se limite pas à sa gestion ministérielle. Sur l’échiquier politique, l’homme s’apprête à opérer une rupture historique. Dans une déclaration qui a fait l’effet d’une onde de choc au sein de la classe politique, il a annoncé son intention de quitter sa formation politique de cœur, l’Union des Forces de Changement (UFC), lors du prochain congrès du parti.

    Ce départ annoncé marque la fin d’un chapitre important. Longtemps considéré comme l’un des lieutenants les plus fidèles et les plus brillants de Gilchrist Olympio, Séna Alipui semble vouloir s’affranchir des cadres partisans traditionnels pour se consacrer pleinement à sa mission républicaine ou, peut-être, pour porter une nouvelle vision politique plus en phase avec les mutations de la Cinquième République. ” En choisissant de quitter l’UFC au moment même où il accède à de hautes responsabilités exécutives, il affirme son indépendance et sa volonté d’être jugé sur ses résultats plutôt que sur son étiquette”, analyse un observateur avisé.

  • Akossiwa Aguze, quand le marché mène à la mairie

    Akossiwa Aguze, quand le marché mène à la mairie

    L’élection d’Akossiwa Aguze à la tête de la commune d’Agoè-Nyivé 1 marque l’arrivée d’un profil singulier à la magistrature municipale : celui d’une femme issue du terrain, forgée dans l’action quotidienne et la gestion de réalités sociales complexes.

    Atouts

    Ancienne présidente des femmes du marché d’Agoè-Assiyéyé, militante de l’Union pour la République (UNIR), la nouvelle maire incarne une trajectoire politique ascendante, construite loin des salons feutrés et au plus près des populations.

    Son premier atout réside précisément dans cette connaissance intime du vécu des habitants. À Agoè-Nyivé 1, commune densément peuplée du Grand Lomé, les enjeux de subsistance, d’assainissement, de sécurité et d’organisation urbaine se posent avec acuité. En dirigeant l’un des plus grands marchés de la localité, Akossiwa Aguze a longtemps été confrontée à ces défis sous une forme concrète : gestion des flux humains, résolution de conflits, mobilisation collective et dialogue permanent avec les autorités administratives. Cette expérience lui confère un avantage certain pour appréhender les urgences municipales avec pragmatisme.

    La gestion de crise constitue un autre pilier de son profil. Lors de l’incendie du marché d’Agoè-Assiyéyé en décembre 2023, elle s’est distinguée par sa capacité à fédérer, rassurer et défendre les intérêts des commerçantes durement touchées. Dans un contexte de détresse sociale, elle a fait preuve de sang-froid, d’écoute et d’un sens aigu des responsabilités. Ces qualités, saluées bien au-delà du cercle des commerçants, lui ont valu d’être élevée au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Une reconnaissance qui renforce sa légitimité morale dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

    Akossiwa Aguze peut également compter sur un leadership inclusif, forgé dans la gestion collective. À la tête d’un marché, l’autorité ne s’impose pas par décret ; elle se construit par la persuasion, la proximité et la capacité à concilier des intérêts parfois divergents. Cette approche participative pourrait s’avérer précieuse dans la conduite des affaires municipales, à l’heure où les citoyens exigent plus de transparence et de concertation dans la gouvernance locale.

    Défis

    Sur le plan politique, son engagement au sein de l’UNIR constitue un levier institutionnel non négligeable. Dans un système où l’alignement avec le pouvoir central peut faciliter l’accès aux ressources et l’aboutissement des projets, Akossiwa Aguze dispose d’une position stratégique. Encore faudra-t-il transformer cet avantage politique en résultats tangibles pour les populations, afin d’éviter que cette proximité ne soit perçue comme un simple label partisan.

    La nouvelle maire hérite toutefois d’une commune aux défis structurels lourds : inondations récurrentes, insuffisance des infrastructures, pression démographique et besoins croissants en services de base. Son prédécesseur, Akoété Kovi Adanbounou, avait amorcé des chantiers importants, notamment à travers le Plan de développement communal (PDC). L’un des tests majeurs pour Akossiwa Aguze sera sa capacité à assurer la continuité de ces projets tout en imprimant sa propre vision.

    Enfin, son image de femme accessible et proche des réalités sociales pourrait renforcer le lien de confiance entre la mairie et les administrés. Dans un environnement souvent marqué par la défiance vis-à-vis des élus locaux, ce capital de sympathie représente un atout précieux, à condition d’être consolidé par des actions visibles et mesurables.

    À la tête d’Agoè-Nyivé 1, Akossiwa Aguze n’est pas seulement attendue sur les symboles, mais sur les résultats. Son parcours, fait de proximité, de résilience et de leadership communautaire, lui offre des bases solides pour réussir. Reste désormais à transformer ces atouts en une gouvernance efficace, capable de répondre aux attentes pressantes d’une commune stratégique du Grand Lomé.

  • 63 ans après l’assassinat de Sylvanus Olympio, une mémoire toujours vive et une vérité toujours attendue

    63 ans après l’assassinat de Sylvanus Olympio, une mémoire toujours vive et une vérité toujours attendue

    Sylvanus Olympio incarna, aux yeux de nombreux Togolais, l’espoir d’une République fondée sur la dignité, l’autonomie politique et le développement maîtrisé. Son assassinat, survenu le 13 janvier 1963, demeure l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire du pays.

    Lomé, 13 janvier 2026 – Soixante-trois ans après l’assassinat de Sylvanus Epiphanio Kwami Olympio, premier Président démocratiquement élu du Togo, la mémoire du père de l’indépendance demeure vivace dans l’esprit des Togolais. Malgré le temps écoulé et les tentatives répétées d’effacement de cette page sombre de l’histoire nationale, la date du 13 janvier continue de susciter recueillement, interrogations et revendications de vérité.

    Ce mardi 13 janvier 2026, plusieurs commémorations ont été organisées à Lomé et à Agoè, localité où repose la dépouille de l’ancien chef de l’État, de l’autre côté de la frontière orientale du Togo. Partis politiques, mouvements citoyens, organisations de la société civile, membres de la diaspora et simples citoyens se sont mobilisés pour rendre hommage à celui que beaucoup considèrent encore comme le père fondateur de la nation togolaise.

    À Lomé, des gerbes de fleurs ont été déposées devant l’ancien domicile de Sylvanus Olympio ainsi qu’aux différents lieux symboliques liés à ses derniers instants. À Agoè, un moment de recueillement particulier a été observé au cimetière catholique où il repose, dans une atmosphère empreinte de gravité et de dignité.

    Parmi les participants figuraient des représentants de formations politiques, des mouvements citoyens et des groupes de la diaspora, notamment le Groupe des Neuf (G9), représenté pour l’occasion par Augustin Gloukpon. Tous ont salué la mémoire d’un homme dont l’engagement pour l’indépendance et la souveraineté du Togo reste une référence majeure de l’histoire nationale.

    Sylvanus Olympio incarna, aux yeux de nombreux Togolais, l’espoir d’une République fondée sur la dignité, l’autonomie politique et le développement maîtrisé. Son assassinat, survenu le 13 janvier 1963, demeure l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire du pays. Plus de six décennies plus tard, ce drame n’a toujours pas livré tous ses secrets, nourrissant frustrations et incompréhensions au sein de la population.

    À l’occasion de cette commémoration, plusieurs voix se sont encore élevées pour réclamer l’ouverture complète des archives et l’accès à la vérité historique. Pour ces citoyens, connaître les circonstances exactes de l’assassinat du premier Président togolais n’est pas seulement une exigence mémorielle, mais un impératif moral et politique pour les générations présentes et futures.

    Justin ANANI

  • Affaire Yaya Touré-Anicette Konan : diplôme affiché, texte défaillant

    Affaire Yaya Touré-Anicette Konan : diplôme affiché, texte défaillant

    La publication annoncée du livre d’Anicette Konan Blessing, centré sur sa relation supposée avec l’ancien international ivoirien Yaya Touré, continue de susciter débats et réactions. Mais au-delà du tumulte médiatique autour de la vie privée d’une personnalité publique, c’est un autre sujet, plus profond et plus inquiétant, qui émerge : la question de l’exigence intellectuelle, de la rigueur professionnelle et de la valeur réelle des diplômes dans nos sociétés.

    Car qu’Anicette Konan revendique une relation avec Yaya Touré, en soi, n’a rien de répréhensible. Comme le résume sans détour l’écrivain togolais David Kpelly, ce n’est « pas grave. Chacun s’accroche à ses propres illusions et démons ». La littérature testimoniale existe, la confession personnelle aussi, et personne ne peut contester à une femme le droit de raconter son vécu, aussi intime soit-il.

    Malaise

    Il naît précisément dans la dissonance entre le statut revendiqué de l’auteure et la qualité du texte présenté, notamment à travers une quatrième de couverture qui a largement circulé sur les réseaux sociaux. Une page censée être la vitrine intellectuelle d’un ouvrage, son premier pacte avec le lecteur, mais qui, selon de nombreux observateurs, se révèle « bancale sur le fond, imbuvable sur la forme ».

    La critique la plus sévère, et la plus structurée, est venue de David Kpelly, écrivain et intellectuel respecté, qui ne s’attaque pas à la personne, mais à ce que le texte symbolise. « Qu’on insiste autant sur un master en journalisme dont on est titulaire, qu’on se présente comme journaliste dans un média public aussi puissant et respectable que la RTI, tout en endossant cette 4e de couverture… c’est alarmant », écrit-il sa sur page Facebook.

    Alarme

    Car lorsqu’un ouvrage se réclame implicitement d’une légitimité universitaire et professionnelle, il s’expose naturellement à une exigence plus élevée. Or, ce que beaucoup ont cru lire dans cette quatrième de couverture, ce sont des phrases maladroites, une syntaxe fragile, des fautes élémentaires, et une pauvreté stylistique qui interrogent. Pour certains critiques, le texte ne serait « pas même digne du dernier de la classe d’un collège de bourgade », assène M. Kpelly.

    Dès lors, la question dépasse largement ce livre précis. Elle touche à un problème structurel : que faisons-nous de l’enseignement supérieur et des diplômes dans nos contrées ? À quoi servent-ils, s’ils ne garantissent plus ni maîtrise de la langue, ni rigueur intellectuelle, ni sens de la responsabilité éditoriale ?

    Le journalisme, surtout lorsqu’il est exercé ou revendiqué dans un média public comme la RTI, suppose une éthique, une discipline et une compétence linguistique minimales. Non par élitisme, mais parce que la langue est l’outil central du métier. Publier un livre en mettant en avant un master en journalisme tout en livrant un texte perçu comme négligé revient à exposer toute une profession à la suspicion.

    Il ne s’agit pas ici d’humilier, encore moins de nier le vécu personnel de l’auteure. Il s’agit de rappeler que l’émotion ne dispense pas de la forme, et que la souffrance alléguée n’excuse pas la faiblesse rédactionnelle lorsqu’on prétend occuper un espace intellectuel et médiatique.

    En somme, ce livre, plus que son contenu, agit comme un révélateur. Il met en lumière une crise silencieuse : celle de la dévalorisation du savoir, de la banalisation du diplôme et de la confusion entre notoriété médiatique et légitimité intellectuelle. Et c’est sans doute là, plus que dans son récit intime, que réside sa véritable portée, involontaire mais profondément inquiétante.

  • Le prophète Cephas Antonio visé par des accusations graves

    Le prophète Cephas Antonio visé par des accusations graves

    L’affaire a émergé à la suite d’un direct diffusé en ligne, suivi par plusieurs milliers d’internautes, au cours duquel une femme identifiée comme Dame Ester et sa sœur ont pris la parole en mis les pieds dans le plat.

    Le prophète Cephas Antonio, fondateur de l’église Ministère Jésus en Action (MIJA), est au centre d’une controverse née de témoignages rendus publics sur les réseaux sociaux, notamment sur la plateforme TikTok. Son ex-compagne ainsi que plusieurs personnes se présentant comme victimes ou témoins accusent celui qui se présente comme un prophète d’escroquerie financière, de manipulation spirituelle et de pratiques qu’elles jugent abusives. À ce stade, ces accusations n’ont pas encore donné lieu à une décision judiciaire.

    L’affaire a émergé à la suite d’un direct diffusé en ligne, suivi par plusieurs milliers d’internautes, au cours duquel une femme identifiée comme Dame Ester et sa sœur ont pris la parole. Selon cette dernière, le leader religieux aurait obtenu de sa sœur des sommes importantes sur plusieurs années, pour un montant qu’elle estime à plus de 30 millions de francs CFA.

    Elle affirme également que le pasteur aurait exercé une influence spirituelle déterminante sur sa sœur à travers des révélations présentées comme divines. Ces déclarations auraient, selon elle, contribué à une rupture durable des liens familiaux.

    « Il lui aurait affirmé que notre mère pratiquait la sorcellerie, ce qui l’aurait poussée à s’éloigner de toute la famille », a-t-elle déclaré lors du direct.

    L’ex-compagne de Cephas Antonio, invitée à intervenir au cours du même live, a livré un témoignage personnel portant sur les années passées à ses côtés. Elle affirme avoir été victime d’une emprise psychologique et spirituelle, précisant qu’il s’agit de son ressenti et de son expérience propre.

    Selon ses déclarations, elle aurait apporté un soutien financier régulier au prophète, notamment durant la période de la pandémie de COVID-19. Les sommes avancées et non remboursées atteindraient, d’après elle, environ 20 millions de francs CFA. Face à ses demandes de remboursement, Cephas Antonio lui aurait proposé un terrain situé à Avépozo en guise de compensation.

    Toujours selon son témoignage, le terrain, présenté comme ayant une valeur estimée à 40 millions de FCFA, devait lui être cédé pour un montant total de 25 millions. Elle affirme avoir complété la somme due en ajoutant 4 millions de FCFA.

    « J’ai par la suite découvert qu’une maison avait déjà été construite sur cette parcelle, ce qui m’a amenée à douter de la régularité de la transaction », explique-t-elle.

    D’autres intervenants ont évoqué, au cours du direct, des pratiques religieuses qu’ils estiment troublantes au sein de l’église MIJA. Ils affirment avoir assisté à des mises en scène présentées comme des miracles ou des révélations. Ces affirmations reposent exclusivement sur des témoignages et n’ont pas été corroborées par une enquête indépendante.

    L’ex-compagne du pasteur a également mentionné une affaire de fraude présumée sur un compteur électrique de la CEET dans une maison lui appartenant. Elle affirme avoir dû s’acquitter de pénalités financières importantes afin de régulariser la situation.

    Interrogé lors du direct, Cephas Antonio, de son vrai nom Akpa Ayité Antonio, a contesté toute intention frauduleuse. Il reconnaît l’existence de différends financiers et affirme envisager un règlement ultérieur, notamment par la cession d’un terrain situé à Sagbado, dont la situation foncière serait toutefois contestée par les plaignantes.

    À ce jour, aucune procédure judiciaire aboutie n’a été rendue publique. Cette affaire relance néanmoins le débat sur la régulation des activités religieuses, la protection des fidèles et les risques d’abus liés à certaines formes d’autorité spirituelle, dans un contexte où les témoignages continuent d’alimenter l’opinion publique.

Radio Renouveau228

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