Catégorie : Société

  • Grégoire Adjanouvi Sossou s’en est allé

    Grégoire Adjanouvi Sossou s’en est allé

    L’inspecteur Grégoire Adjanouvi Sossou, un grand serviteur du sport et du développement local, s’éteint ce jeudi 19 mars à 72 ans. Hommage!

    Les villages d’Aklakou-Hétchiavi et d’Agbanakin sont en deuil. Ils pleurent la disparition de l’Inspecteur Grégoire Adjanouvi Sossou, ancien Administrateur civil à la retraite du secteur de la jeunesse et des sports, décédé le 19 mars. Sa disparition survient dans un contexte particulièrement douloureux, alors que les préparatifs pour l’inhumation de son épouse étaient encore en cours. Un double choc qui laisse famille, proches et communautés dans une profonde consternation.

    Ancien footballeur, l’Inspecteur Sossou a marqué de son empreinte le football togolais, notamment en évoluant sous les couleurs de l’Agaza Omnisports de Lomé. Surnommé affectueusement « Petit », il fut un joueur respecté pour son engagement, sa rigueur et son esprit d’équipe. Après sa carrière sportive, il est resté proche du milieu footballistique, évoluant au sein de plusieurs associations d’anciens joueurs au Togo, où il continuait de partager son expérience et sa passion.

    Au-delà du sport, le défunt s’est illustré comme un véritable acteur du développement communautaire. Originaire du village d’Agbanakin, il a consacré une grande partie de son énergie à l’amélioration des conditions de vie de sa localité natale. Il s’est également fortement impliqué dans le village de Aklakou-Hétchiavi, terre d’origine de sa défunte mère, qu’il avait récemment accompagnée à sa dernière demeure, un épisode encore frais dans les mémoires.

    Administrateur civil de la jeunesse et des sports à la retraite, il laisse derrière lui le souvenir d’un homme de terrain, rigoureux, accessible et profondément engagé pour la jeunesse. Son expertise était régulièrement sollicitée par plusieurs structures locales, notamment l’Union Fraternelle des Ressortissants d’Aklakou-Hétchiavi (UFRAH-Lomé), au sein de laquelle il a occupé différentes fonctions importantes. Ses pairs saluent unanimement sa disponibilité, son sens du devoir et sa capacité à fédérer.

    Pour ses proches et les membres de la communauté, la disparition de Grégoire Adjanouvi SOSSOU laisse un vide difficile à combler. Il incarnait à la fois la mémoire vivante du sport local et un pilier du développement communautaire, toujours prêt à soutenir les initiatives en faveur des jeunes et des villages.

    Dans les hommages qui se multiplient, un message revient avec insistance : celui d’un homme généreux, travailleur et profondément attaché à ses racines. Son parcours inspire respect et reconnaissance, tant pour son engagement sportif que pour son implication sociale.

    Inspecteur Sossou, dit « Petit », s’en est allé, mais son œuvre demeure vivante dans les cœurs et dans les actions qu’il a initiées. Les communautés d’Aklakou-Hétchiavi et d’Agbanakin lui rendent un dernier hommage empreint d’émotion.

  • Un père, une promesse, un destin

    Un père, une promesse, un destin

    Dans un pays où le handicap reste encore trop souvent synonyme d’exclusion, certaines trajectoires viennent bouleverser les idées reçues. Celle d’Alipui Enyonam, affectueusement appelée Immaculée, en est une illustration saisissante.

    Née dans une famille nombreuse de quatorze enfants, elle grandit avec un handicap moteur qui aurait pu la reléguer à la marge. Mais son histoire prend une toute autre direction, portée par un pilier essentiel : le soutien indéfectible de son père.

    « Quand un père croit en sa fille, elle peut changer le monde. » Cette phrase, Immaculée ne la prononce pas comme un slogan, mais comme une vérité forgée dans l’épreuve et l’amour familial. Dans son foyer, elle n’a jamais été définie par son handicap. Bien au contraire, ses parents ont fait le choix de l’inclusion et de l’égalité. Son père, en particulier, a posé un principe simple mais puissant : impossible de scolariser les autres enfants sans lui offrir les mêmes chances.

    Ce choix, loin d’être anodin, a marqué un tournant dans la vie de la jeune fille. Là où beaucoup auraient vu des limites, lui voyait un potentiel. Il était prêt, disait-il, à vendre ses biens pour assurer l’éducation de ses enfants. Pour Immaculée, ce soutien constant a été un moteur décisif. « Ma voix comptait. Je participais aux décisions. J’étais simplement leur fille », confie-t-elle.

    Les souvenirs qu’elle garde de son enfance et de ses années d’études témoignent de cette complicité. Dans leur quartier régulièrement inondé, les déplacements étaient souvent difficiles. Pourtant, rien ne semblait pouvoir freiner sa détermination. À son retour de l’université, lorsque les rues devenaient impraticables, un simple appel suffisait. Son père venait alors la porter sur son dos jusqu’à la maison. Un geste à la fois simple et profondément symbolique. « Ce n’était pas seulement une aide physique. C’était un message : “Tu peux aller loin.” »

    Aujourd’hui, ce message a porté ses fruits. Immaculée est assistante en gestion de projet au sein de l’APROFEHTO, une organisation engagée dans la promotion des droits des femmes en situation de handicap et des mères d’enfants handicapés. Son parcours professionnel s’inscrit dans une continuité évidente : celle de l’engagement et du combat pour l’égalité.

    À travers son travail, elle contribue à faire entendre des voix longtemps réduites au silence. Son implication dans le projet NAATAANN lui a permis de renforcer ses connaissances sur les droits des femmes en situation de handicap, mais aussi d’acquérir les outils nécessaires pour défendre celles qui n’osent pas encore s’exprimer. Désormais membre du réseau WATCH, qui regroupe jeunes, étudiants et avocats engagés, elle s’impose comme une actrice de terrain dans la défense des droits humains.

    Mais au-delà de ses fonctions, Immaculée incarne une mission. Celle de transmettre ce qu’elle a reçu. « L’encouragement reçu à la maison peut devenir un engagement pour toute une communauté », affirme-t-elle. À chaque occasion, elle sensibilise les parents, en particulier les pères, à l’importance de soutenir leurs enfants en situation de handicap. Elle insiste sur la nécessité de reconnaître leurs capacités, de croire en leurs talents et de leur offrir les mêmes opportunités.

    Son message résonne d’autant plus fort dans un contexte où les préjugés persistent. Pour beaucoup, le handicap reste un frein à l’éducation, à l’emploi et à l’autonomie. Pourtant, des initiatives comme NAATAANN contribuent à changer les mentalités. Grâce au soutien de partenaires internationaux, notamment la Commission australienne au Ghana, et à l’engagement d’organisations locales telles que Fetaph Togo, Alternative Leadership Group, CAJS Officiel, Tantines de la Kara ou encore l’Association des Femmes et Filles Handicapées Vaillantes des Savanes, de nombreuses femmes sont formées et accompagnées.

    Dans les régions Maritime, de la Kara et des Savanes, ces programmes permettent à des femmes de devenir des pairs éducatrices et de véritables défenseures des droits humains. Immaculée fait partie de cette nouvelle génération de leaders engagées, déterminées à transformer leur vécu en levier de changement.

    Son histoire rappelle une évidence souvent oubliée : l’inclusion commence dans le cercle familial. C’est là que se construisent la confiance, l’estime de soi et l’ambition. En croyant en sa fille, le père d’Immaculée n’a pas seulement changé le destin d’un enfant. Il a contribué à faire émerger une voix, une militante, une femme capable d’inspirer et d’agir.

    À travers son parcours, Immaculée incarne un espoir. Celui d’une société plus juste, où chaque enfant, quelle que soit sa condition, peut rêver, apprendre et réussir. Et où, parfois, il suffit d’un père qui croit en sa fille pour commencer à changer le monde.

  • Togo : une avancée sociale majeure sur le temps de travail

    Togo : une avancée sociale majeure sur le temps de travail

    Le pays confirme son positionnement parmi les nations africaines engagées dans des réformes juridiques ambitieuses en faveur de l’inclusion sociale et de la modernisation du marché du travail. Selon le rapport Women, Business and the Law publié par la Banque mondiale, le pays se distingue notamment par des dispositions permettant aux salariés d’aménager leur temps de travail, une mesure encore peu répandue sur le continent.

    Cette possibilité d’adapter les horaires professionnels constitue une évolution significative dans un contexte où l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle reste un défi majeur pour de nombreux travailleurs. En offrant davantage de flexibilité dans l’organisation du temps de travail, le cadre légal togolais contribue à la construction d’un environnement professionnel plus moderne, inclusif et adapté aux réalités sociales actuelles.

    Cette réforme bénéficie particulièrement aux femmes, souvent confrontées à des responsabilités familiales importantes. La souplesse des horaires leur permet de mieux concilier obligations professionnelles et charges domestiques, favorisant ainsi leur maintien dans l’emploi et leur progression de carrière. Dans un pays où la fonction publique comptait près de 71 000 agents à fin 2024, cette dynamique touche une part importante de la population active, avec une présence féminine de plus en plus visible dans l’administration.

    Le gouvernement togolais affirme d’ailleurs accorder une attention particulière à l’inclusivité dans la gestion des ressources humaines publiques. Les femmes y occupent une place croissante et contribuent activement à la continuité et à la qualité des services administratifs rendus aux citoyens.

    Au-delà de la flexibilité du travail, le rapport met également en lumière les progrès réalisés en matière de protection de la parentalité. Les réformes engagées ces dernières années ont renforcé les droits liés à la maternité et amélioré les conditions de retour au travail après une naissance. Ces avancées participent à la création d’un environnement professionnel plus équitable, dans lequel les contraintes familiales sont mieux prises en compte.

    Cette évolution structurelle permet de réduire les inégalités d’accès à l’emploi et de favoriser une participation plus équilibrée des femmes au marché du travail. En consolidant les dispositifs de protection parentale, le Togo s’inscrit dans une logique de développement social durable, centrée sur le capital humain.

    L’entrepreneuriat féminin constitue un autre axe majeur des réformes. Les autorités ont entrepris des mesures visant à simplifier les procédures de création d’entreprise et à réduire les coûts administratifs. Aujourd’hui, créer une entreprise au Togo peut se faire en quelques heures, avec un coût estimé à environ 30 000 francs CFA pour les nationaux, contre plus de 260 000 francs CFA il y a quelques années. Cette réduction significative des barrières financières et administratives encourage l’initiative privée, notamment chez les femmes.

    Par ailleurs, des efforts sont également déployés dans le domaine de la garde d’enfants. Le développement de services adaptés et l’encadrement réglementaire progressif permettent d’alléger la charge domestique qui repose encore largement sur les femmes actives. Cette évolution favorise leur autonomie économique et leur engagement professionnel durable.

    À travers l’ensemble de ces réformes, le Togo affiche une vision cohérente et stratégique. En intégrant la flexibilité du travail, la protection de la parentalité et la promotion de l’entrepreneuriat féminin dans son architecture juridique, le pays affirme sa volonté de placer l’égalité des chances au cœur de son développement économique et social.

  • Réfugiés au Togo : une réponse forte et solidaire

    Réfugiés au Togo : une réponse forte et solidaire

    Face aux turbulences sécuritaires qui secouent la sous-région et aux déplacements massifs de populations, le Togo fait le choix d’une réponse résolue, fondée sur la protection et la cohésion sociale. Pour les autorités, garantir la sécurité et la dignité de toute personne vivant sur le territoire national n’est pas une option, mais une exigence.

    Dans cette dynamique, le gouvernement a récemment lancé le Plan de réponse conjoint 2026-2027, inscrit dans le Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS). Doté d’un financement de 18 milliards de francs CFA, ce dispositif ambitieux vise à renforcer la protection des réfugiés tout en consolidant le vivre-ensemble.

    Pression démographique bien réelle

    Le Togo accueille aujourd’hui près de 58 945 réfugiés et demandeurs d’asile issus de 28 nationalités. Mais au-delà de ces chiffres, c’est une réalité humaine beaucoup plus vaste qui se dessine. Environ 1,3 million de personnes sont affectées, directement ou indirectement, par les mouvements de populations, incluant déplacés internes, communautés hôtes et ménages vulnérables.

    Dans ce contexte, les défis sont multiples : précarité des conditions de vie, pression sur les ressources locales, et fragilité accrue des zones d’accueil. Une situation qui impose une réponse structurée, coordonnée et durable.

    Priorités pour une action ciblée

    Le Plan de réponse conjoint repose sur trois axes majeurs : protéger, assister et renforcer la résilience.

    Le premier pilier vise à garantir les droits fondamentaux et la sécurité des populations concernées. Plus de 151 000 personnes bénéficieront d’un accès renforcé aux services de protection, avec une attention particulière portée à la protection de l’enfance et à la lutte contre les violences basées sur le genre. L’objectif est clair : offrir un environnement sécurisé où chaque individu peut faire valoir ses droits dans le respect de sa dignité.

    Le deuxième axe s’attaque aux besoins essentiels. Plus de 430 000 personnes sont ciblées, dont 134 000 en situation d’insécurité alimentaire et 47 000 nécessitant un appui en matière d’abris. Cette assistance humanitaire s’inscrit dans la continuité des actions déjà menées sur le terrain.

    Ainsi, en octobre 2025, une opération conjointe a permis de distribuer des kits de biens essentiels et d’hygiène à 1 190 ménages, soit près de 5 800 bénéficiaires, dont une majorité d’enfants. De même, en 2023, plus de 930 000 personnes ont profité de programmes sociaux, incluant réfugiés et déplacés internes.

    Le troisième pilier, quant à lui, se projette dans le long terme. Il ambitionne de renforcer les systèmes locaux de santé et d’éducation, tout en soutenant les moyens de subsistance des populations déplacées et des communautés hôtes. Une approche qui vise à transformer la gestion de crise en opportunité de développement inclusif.

    Engagement salué sur la scène régionale

    L’action du Togo ne passe pas inaperçue. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a salué les efforts du pays, notamment l’organisation du Dialogue de Lomé en mars 2024, destiné à anticiper les défis liés aux flux migratoires et aux risques de déstabilisation.

    Cette dynamique s’est également traduite par une coopération régionale renforcée. Le 4 juillet 2025, à Lomé, le Togo a signé une déclaration commune avec plusieurs pays voisins, affirmant une volonté partagée de gérer de manière concertée les mouvements de populations en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

    Dignité humaine comme boussole

    Au cœur de cette stratégie, une conviction demeure : placer l’humain au centre de l’action publique. Chaque initiative, qu’il s’agisse de protéger les enfants, de fournir une assistance alimentaire ou de renforcer les infrastructures sociales, vise à garantir respect et dignité aux personnes déplacées.

    En conjuguant sécurité, solidarité et vision à long terme, le Togo affirme ainsi une ligne claire : aucune vie ne doit être reléguée au second plan. Dans un contexte régional incertain, cette approche apparaît comme un modèle de résilience et de responsabilité partagée.

  • VO 2 prépare son futur pôle communal

    VO 2 prépare son futur pôle communal

    La commune de VO 2 franchit une étape décisive dans sa politique d’aménagement du territoire. Le 12 mars 2026, le maire a réuni autour de la même table propriétaires terriens, géomètres et autorités traditionnelles pour une rencontre de cadrage consacrée à un ambitieux projet de construction d’un terrain municipal, accompagné d’infrastructures socio-collectives.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de planification structurée visant à doter la commune d’équipements modernes et adaptés aux besoins de sa population. Au cœur des échanges, l’identification d’une réserve administrative d’environ 45 hectares, un espace jugé stratégique pour accueillir non seulement le futur terrain municipal, mais aussi d’autres installations d’intérêt public.

    Dans son intervention, le maire a souligné l’importance de ce projet pour le développement local. Il a rappelé que le site retenu pourrait également abriter les futurs locaux de la mairie ainsi que des infrastructures liées au projet soutenu par la FAO. Une vision globale qui témoigne de la volonté des autorités locales de transformer cet espace en un véritable pôle administratif et communautaire.

    Le géomètre mandaté pour accompagner le projet a apporté des précisions techniques, indiquant que les démarches administratives sont déjà en cours auprès du ministère compétent. Une avancée qui traduit la détermination de la municipalité à faire aboutir ce chantier dans le respect des procédures en vigueur.

    Mais au-delà des aspects techniques, la rencontre a surtout été marquée par des échanges francs et constructifs. Les propriétaires terriens ont exprimé leurs préoccupations, notamment en ce qui concerne la gestion foncière et le respect de leurs droits. Des inquiétudes légitimes auxquelles les autorités ont prêté une oreille attentive.

    Dans un souci d’inclusivité, les participants ont insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des géomètres dans le processus. L’objectif est clair : garantir un travail collectif, transparent et conforme aux normes cadastrales. Cette approche participative vise également à renforcer la confiance entre les différentes parties prenantes.

    Au terme des discussions, un consensus s’est dégagé sur la poursuite des concertations afin de parvenir à un compromis équilibré. Les acteurs présents ont affiché leur volonté commune de privilégier le dialogue et de rechercher des solutions respectueuses des droits fonciers tout en répondant aux impératifs de développement.

    En clôturant la séance, le maire a salué l’esprit de responsabilité et de coopération qui a prévalu tout au long des échanges. Il a réaffirmé l’engagement de son équipe à travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour faire de ce projet une réussite collective.

    Ce futur terrain municipal, au-delà de sa vocation sportive ou administrative, se profile déjà comme un symbole de cohésion sociale et de progrès pour la commune de VO 2. S’il aboutit dans les conditions souhaitées, il pourrait marquer un tournant dans la modernisation du territoire et renforcer durablement l’attractivité de la localité.

  • Ciment sous contrôle au Togo

    Ciment sous contrôle au Togo

    Le Togo franchit un cap décisif dans la régulation de son secteur de la construction. Le lundi 16 mars à Lomé, le gouvernement a officiellement introduit de nouvelles normes nationales obligatoires pour le ciment, marquant une volonté affirmée d’assainir le marché et de renforcer la qualité des infrastructures.

    Portées par le ministère délégué chargé de la promotion des investissements et de la souveraineté économique, ces normes — baptisées TGN 001, TGN 002 et TGN 003 — encadrent désormais strictement la production, l’importation et la commercialisation du ciment sur le territoire. Elles définissent des exigences précises en matière de composition, de performance et de méthodes d’évaluation des produits, afin de garantir leur conformité.

    Ces référentiels sont le fruit d’un long processus collaboratif impliquant les acteurs du secteur, sous la coordination de la Haute autorité de la Qualité et de l’environnement (HAUQE) et de l’Agence Togolaise de normalisation (ATN). Leur mise en œuvre vise plusieurs objectifs majeurs : améliorer la qualité des matériaux, protéger les consommateurs contre les produits défectueux et renforcer la compétitivité des entreprises togolaises sur les marchés national et international.

    Pour les autorités, l’enjeu est aussi social qu’économique. Le ministre délégué, Arthur Trimua, a rappelé que la construction d’un logement représente pour de nombreux Togolais l’investissement d’une vie. Garantir la fiabilité du ciment devient alors une nécessité pour sécuriser ce patrimoine souvent unique. À travers cette réforme, le gouvernement entend faire de la qualité un pilier de la transformation industrielle du pays, mais aussi un levier de souveraineté économique.

    Au-delà du ciment, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de normalisation du secteur de la construction. Les autorités annoncent déjà l’élaboration prochaine de nouvelles normes, notamment pour le fer à béton, autre composant essentiel des ouvrages.

    Cette réforme pourrait ainsi contribuer à réduire les risques d’effondrement de bâtiments, un problème récurrent dans plusieurs pays de la région, souvent lié à l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité. Elle envoie également un signal fort aux opérateurs économiques : désormais, la conformité ne sera plus une option, mais une obligation.

    Avec ces nouvelles règles, le Togo affiche clairement son ambition de bâtir sur des bases solides, au sens propre comme au figuré.

  • PURS : 18 milliards pour renforcer la résilience

    PURS : 18 milliards pour renforcer la résilience

    Doté d’un budget conséquent de 18 milliards de FCFA, le PURS marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de gestion des crises humanitaires et sécuritaires.

    Faure Essozimna Gnassingbé a officiellement lancé, le mercredi 25 février 2026, le Plan de réponse conjoint 2026-2027 du Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS). Dotée d’un budget conséquent de 18 milliards de FCFA, cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de gestion des crises humanitaires et sécuritaires.

    Une réponse structurée aux crises

    Face à la multiplication des défis sécuritaires et aux déplacements forcés de populations dans la sous-région, le Togo renforce son dispositif d’intervention. Le PURS s’inscrit dans une dynamique proactive visant à protéger, stabiliser et accompagner durablement les communautés les plus exposées.

    Le Plan de réponse conjoint 2026-2027 cible directement 433 758 personnes vulnérables, tout en impactant plus de 1,3 million d’individus affectés par les déplacements forcés. L’objectif est clair : apporter une assistance rapide tout en consolidant les bases d’un développement local résilient.

    Trois axes stratégiques prioritaires

    La mise en œuvre du plan repose sur trois piliers essentiels.

    Le premier axe concerne la protection des populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes déplacées. Il s’agit de prévenir les risques liés à l’insécurité, aux violences et à la précarité accrue.

    Le deuxième pilier est dédié à l’assistance d’urgence. Il prévoit des interventions rapides en matière d’alimentation, d’abris, d’accès à l’eau potable, de soins de santé et d’éducation. Cette approche vise à répondre immédiatement aux besoins vitaux des communautés affectées.

    Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement de la résilience. Au-delà de l’urgence, le PURS ambitionne de soutenir les systèmes locaux, de dynamiser les moyens de subsistance et de consolider les mécanismes communautaires capables de faire face aux chocs futurs.

    Une mobilisation partenariale renforcée

    La réussite du Plan de réponse conjoint repose sur une coordination étroite entre le gouvernement togolais, les agences du Système des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, les organisations non gouvernementales et les collectivités territoriales.

    Selon Coumba D. Sow, représentante du Système des Nations Unies au Togo, ce plan constitue un investissement concret susceptible de transformer durablement les conditions de vie des bénéficiaires. Cette synergie d’actions garantit la cohérence des interventions et optimise l’utilisation des ressources mobilisées.

    Vers une stabilisation durable

    Au-delà de l’urgence humanitaire, le PURS se positionne comme un véritable outil de stabilisation nationale. Il traduit la volonté des autorités togolaises d’anticiper les crises et de structurer des réponses adaptées, durables et inclusives.

    Sous le leadership de Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo affirme ainsi son engagement à consolider la sécurité des communautés et à renforcer leur capacité de résilience face aux chocs. Avec 18 milliards de FCFA mobilisés pour les deux prochaines années, le pays entend non seulement répondre à l’urgence, mais aussi bâtir des bases solides pour un développement plus stable et sécurisé.

  • Edouard Akakpo-Lado, l’audace togolaise

    Edouard Akakpo-Lado, l’audace togolaise

    Edouard Akakpo-Lado est devenu l’un des visages les plus inspirants de l’innovation au Togo et, plus largement, en Afrique. Ingénieur en électromécanique, inventeur infatigable et entrepreneur engagé, il incarne l’avenir des jeunes innovateurs africains qui refusent de subir la technologie importée et préfèrent créer des solutions locales adaptées aux besoins réels de leur communauté.

    Né au début des années 1990, Edouard Akakpo-Lado s’intéresse très tôt à la science et à la mécanique. Encore adolescent, il construisait des petits jouets mécaniques, avions, hélicoptères, bateaux, avec des matériaux qu’il achetait lui-même. Cette passion enfantine pour la création allait rapidement se transformer en vocation réelle.

    Un inventeur au service des besoins locaux

    Alors qu’il poursuit des études universitaires en physique, Akakpo-Lado est frustré par l’approche trop théorique de l’enseignement. Il choisit alors de se former en électromécanique, convaincu que c’est par la maîtrise des technologies pratiques qu’il pourra avoir un impact concret.

    Sa réputation commence à se faire connaître en 2012, lorsqu’il met au point Merlinox, une machine multifonction permettant de piler, écraser et râper les noix de palme en quelques minutes. Cette invention vise à alléger les tâches pénibles effectuées par les ménagères et les travailleurs agricoles, qui passent traditionnellement de longues heures à traiter ces produits à la main.

    La machine prend rapidement de l’importance : elle peut produire de l’huile de palme rouge ou blanche, ainsi que d’autres dérivés alimentaires. Rapide, efficace et adaptée au contexte local, Merlinox illustre parfaitement la vision d’Akakpo-Lado — créer des technologies “made in Togo” pour résoudre des problèmes bien réels.

    Une créativité prolifique et diversifiée

    Loin de s’arrêter à Merlinox, Edouard a développé de nombreuses autres machines destinées à optimiser la transformation agroalimentaire. Parmi elles :

    • Araricomax : une décortiqueuse pour arachides, haricots et soja.
    • Tomatomixer : destinée à la transformation de tomates.
    • Conpalmi : un concasseur de noix de palme.
    • Foyeco : un fourneau amélioré écologique qui réduit la consommation de bois.

    Ces inventions ont été conçues non pas dans un laboratoire isolé, mais dans un atelier humble, où chaque pièce et outil, même désuet, est utilisé pour améliorer constamment les prototypes.

    Des ambitions qui dépassent les frontières

    Au-delà de ses réalisations techniques, Edouard Akakpo-Lado est un penseur visionnaire. Il a fondé en 2015 le Centre de Recherche, d’Inventions et d’Innovations Technologiques (CRIIT Lado Concept), une structure dont l’objectif est d’encourager la créativité scientifique et technologique des jeunes au Togo et en Afrique. L’idée est d’insuffler une culture d’innovation qui puisse répondre aux défis du développement local, plutôt que de rester dépendant des technologies importées.

    En 2017, il met aussi sur pied l’Association des Jeunes pour la Promotion des Énergies Renouvelables et le Développement Durable (AJPER2D), qui œuvre pour des solutions respectueuses de l’environnement, notamment dans le domaine des foyers économiques et de la lutte contre la déforestation.

    Reconnaissances et distinctions

    Le travail d’Akakpo-Lado n’est pas passé inaperçu. En 2016, il figure dans la prestigieuse liste des “100 personnalités qui transforment l’Afrique” publiée par Financial Afrik, aux côtés d’éminents leaders africains. Cette reconnaissance souligne non seulement ses réalisations techniques, mais aussi son influence grandissante dans la pensée entrepreneuriale africaine.

    En 2019, il est élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du mérite au Togo, une distinction honorifique qui récompense son engagement au service de la communauté par l’innovation technologique.

    Sa carrière est également marquée par plusieurs prix internationaux, des programmes d’accompagnement d’entrepreneurs africains, et des reconnaissances dans le domaine de l’environnement et du développement durable.

    Un modèle pour les jeunes entrepreneurs africains

    Ce qui distingue Edouard Akakpo-Lado, au-delà de ses inventions, c’est son attitude entrepreneuriale. Il ne se contente pas de créer des machines : il veut créer un écosystème. Un écosystème où les jeunes inventeurs peuvent non seulement concevoir des solutions, mais aussi les produire, les commercialiser et les adapter en continu pour améliorer la vie de leurs communautés.

    Dans un continent où les défis d’accès à la technologie et aux financements restent importants, son exemple montre qu’avec de la passion, de la créativité et de la persévérance, il est possible de transformer de simples idées en outils concrets qui répondent aux besoins du quotidien.

    L’Afrique, source d’innovation

    Pour Edouard, l’innovation africaine ne doit pas imiter ; elle doit s’inspirer des réalités locales. Sa vision est claire : l’Afrique doit produire ses propres technologies, adaptées à ses défis économiques, sociaux et environnementaux, plutôt que d’importer des solutions qui ne prennent pas en compte ces spécificités.

    À travers ses machines, ses projets et son leadership, Akakpo-Lado inspire toute une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs africains qui voient désormais la technologie comme un outil pour transformer leurs communautés, stimuler l’emploi et renforcer l’indépendance technologique du continent.

    Edouard Akakpo-Lado n’est pas seulement un inventeur, il est aussi la preuve vivante que, dans chaque contrainte, il y a une opportunité de créer, d’innover et de redéfinir l’avenir.

  • Femmes : le Togo brille en Afrique

    Femmes : le Togo brille en Afrique

    Le Togo confirme son ascension en matière de promotion des droits économiques des femmes. Selon le rapport annuel Women, Business and the Law publié le 24 février 2026 par la Banque mondiale, le pays se classe deuxième en Afrique, avec un score global de 79,33 sur 100. Une distinction majeure qui place Lomé parmi les économies les plus engagées du continent en faveur de l’égalité juridique entre hommes et femmes.

    Une performance continentale saluée

    Au-delà de cette deuxième place africaine, le Togo s’impose également comme le premier pays de la CEDEAO, de l’UEMOA et de l’Afrique francophone. Il devance ainsi plusieurs États aux économies et aux populations plus importantes. Le rapport, qui évalue 190 économies à travers le monde, examine les cadres juridiques encadrant la participation des femmes à la vie économique, de l’emploi à la retraite, en passant par l’entrepreneuriat.

    Des avancées juridiques solides

    L’édition 2026 du rapport se veut plus rigoureuse que les précédentes. Pour la première fois, l’étude ne se limite pas à l’analyse des textes de loi : elle prend aussi en compte leur application effective et les dispositifs institutionnels qui les soutiennent. Sur le plan strictement juridique, le Togo affiche des performances remarquables.

    Le pays obtient la note maximale de 100 sur 100 dans quatre domaines clés : la rémunération, le mariage, les actifs et la pension. Autrement dit, la législation togolaise ne prévoit aucune discrimination formelle entre hommes et femmes en matière de salaire, de droits matrimoniaux, de propriété ou de retraite. Le principe « à travail égal, salaire égal » est clairement consacré, tout comme l’égalité dans la gestion des biens et l’accès aux prestations de pension.

    Par ailleurs, le Togo se distingue par l’introduction de mesures favorisant l’aménagement du temps de travail à la demande des salariés, une disposition encore peu répandue en Afrique subsaharienne. Les réformes engagées ces dernières années, notamment dans le secteur de l’emploi et de la garde d’enfants, ont contribué à lever certains obstacles structurels à l’activité professionnelle féminine.

    Liberté de mouvement : un progrès tangible

    Sur la question de la mobilité, le Togo obtient un score de 75 sur 100 en droit. Cette dimension concerne notamment la capacité pour une femme d’obtenir un passeport, de choisir son lieu de résidence ou de se déplacer sans autorisation maritale.

    Plus significatif encore, l’effectivité de ce droit est évaluée à 68,75 sur 100. Ce chiffre reflète une réalité relativement positive sur le terrain, dans un contexte régional où les restrictions informelles demeurent fréquentes. Le contraste est notable et traduit une évolution des pratiques au-delà des textes.

    Des défis institutionnels à relever

    Malgré ces performances encourageantes, des marges de progression subsistent. Les mécanismes de soutien institutionnel n’obtiennent que 31,95 sur 100, révélant des dispositifs d’accompagnement encore fragiles. De même, la perception de l’application concrète des droits atteint 64,54 sur 100, soulignant l’écart persistant entre les réformes légales et leur mise en œuvre quotidienne.

    La Cellule Climat des Affaires reconnaît la nécessité de renforcer ces cadres institutionnels. Les autorités togolaises, pour leur part, assurent vouloir consolider les acquis et accroître la participation des femmes au développement économique national. Si le Togo se positionne aujourd’hui comme un modèle régional, le chantier de l’égalité réelle reste, lui, pleinement ouvert.

  • Transport routier: l’affaire Parou Bonante, au-delà de l’accident, le vrai débat

    Transport routier: l’affaire Parou Bonante, au-delà de l’accident, le vrai débat

    Le climat reste tendu dans le secteur du transport routier togolais. Au centre des discussions : les divergences persistantes entre l’Union nationale des transporteurs routiers du Togo (UNATROT) et le groupe Progrès Transport, dont l’un des membres influents reste Parou Bonante.

    Si certains commentaires ont rapidement personnalisé le débat, plusieurs acteurs du secteur appellent aujourd’hui à la prudence et à une lecture plus nuancée des faits.

    Une conférence de presse aux accents revendicatifs

    Le 17 février 2026, Progrès Transport a organisé une conférence de presse au cours de laquelle ses responsables ont exprimé leurs préoccupations sur les conditions de travail et de vie des transporteurs affiliés. Selon les organisateurs, la démarche visait à attirer l’attention sur des difficultés structurelles, notamment les charges d’exploitation élevées, les contrôles administratifs jugés parfois déséquilibrés, le besoin de meilleure représentation syndicale et le dialogue renforcé avec les autorités.

    Des observateurs du secteur estiment que ces revendications ne sont pas nouvelles et s’inscrivent dans un contexte de tensions internes qui traversent l’UNATROT depuis plusieurs années. Plusieurs voix appellent ainsi à éviter toute personnalisation excessive du débat.

    Un accident regrettable, une enquête en cours

    Trois jours après cette sortie médiatique, le 20 février 2026, un camion appartenant à l’entreprise dirigée par Parou Bonante, cadre du Progrès Transport, a été impliqué dans un accident aux abords de la station Total de Kégué, à Lomé.

    Selon des sources proches du dossier, le véhicule aurait percuté un autre engin par l’arrière. Les circonstances exactes restent à établir par les autorités compétentes. Une procédure aurait été ouverte afin de déterminer les responsabilités éventuelles.

    Toujours selon ces mêmes sources, le camion disposait des documents administratifs requis et était assuré auprès de la compagnie Sanlam. Il est cependant évoqué que la visite technique du véhicule aurait expiré au moment des faits, un élément qui devra être confirmé officiellement par l’enquête.

    À ce stade, aucune conclusion définitive n’a été rendue publique.

    Éviter les procès d’intention

    Dans l’opinion, certains commentaires ont rapidement associé cet accident aux critiques formulées quelques jours plus tôt contre l’UNATROT. D’autres acteurs du secteur jugent toutefois excessif d’y voir la preuve d’un manquement généralisé ou d’une volonté délibérée de contourner les règles.

    Des responsables du Progrès Transport rappellent que Parou Bonante   gère plusieurs camions et emploie de nombreux conducteurs, et qu’un incident isolé, aussi regrettable soit-il, ne saurait résumer l’ensemble de ses pratiques.

    Ils indiquent par ailleurs que la structure profite de cet événement malheureux pour renforcer les messages internes de sensibilisation au respect strict du Code de la route, à l’auto-discipline et au suivi rigoureux des échéances administratives. Une mission normalement dévolue à l’UNATROT.

    Une crise plus ancienne au sein du secteur

    Au-delà de l’accident, plusieurs observateurs soulignent que les tensions actuelles trouvent leurs racines dans des désaccords plus anciens concernant la gouvernance syndicale, la représentativité et les orientations stratégiques du secteur.

    Le transport routier, pilier essentiel de l’économie nationale, fait face à des défis majeurs : la modernisation du parc automobile, le respect des normes techniques, la sécurité des usagers et l’adaptation aux nouvelles exigences réglementaires.

    Dans ce contexte, certains acteurs appellent les autorités compétentes à favoriser le dialogue et à clarifier les responsabilités afin d’éviter l’escalade des tensions.

    Priorité à la sécurité et au dialogue

    L’accident du 20 février reste un événement regrettable qui mérite toute la lumière nécessaire. Mais au-delà des polémiques, la priorité demeure la sécurité des usagers et la stabilité d’un secteur stratégique pour le pays.

    Plusieurs professionnels insistent sur le fait que seule une approche équilibrée, celle-ci fondée sur l’enquête, la responsabilité individuelle et le dialogue institutionnel, permettra d’éviter que les tensions actuelles ne fragilisent davantage la profession. Surtout que les autorités compétentes sont, pour le moment, silencieuses sur la crise à laquelle certains opposent des relents personnels.

Radio Renouveau228

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