Catégorie : Politique

  • Guinée : cinq ans après le putsch, Doumbouya a-t-il trahi la promesse faite aux civils ?

    Guinée : cinq ans après le putsch, Doumbouya a-t-il trahi la promesse faite aux civils ?

    Le 5 septembre 2021, les forces spéciales renversaient Alpha Condé, ouvrant une nouvelle page politique en Guinée. Cinq ans plus tard, celui qui avait promis de rendre le pouvoir aux civils dirige désormais le pays en tant que président, avec un bilan qui suscite autant d’espoirs que de critiques.

    Le 5 septembre 2021 reste une date majeure dans l’histoire politique récente de la Guinée. Ce jour-là, des militaires et des éléments des forces spéciales, conduits par le colonel Mamadi Doumbouya, prenaient le contrôle du pays et mettaient fin au régime d’Alpha Condé.

    À la tête du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), Mamadi Doumbouya justifiait alors son intervention par la nécessité de mettre fin à la crise politique et de refonder l’État. Il promettait surtout de ne pas s’éterniser au pouvoir et de conduire le pays vers un retour à l’ordre constitutionnel.

    Cinq ans plus tard, la promesse de transition a profondément changé de nature. Après avoir dirigé la période de transition, Mamadi Doumbouya est devenu président de la République. La trajectoire du chef militaire illustre ainsi l’évolution d’une transition présentée comme temporaire vers l’installation d’un nouvel ordre politique.

    Des réformes et des réalisations mises en avant

    Depuis son arrivée au pouvoir, les autorités ont mis en avant plusieurs chantiers, notamment dans les infrastructures, la modernisation de l’administration et la transformation économique du pays. Le gouvernement entend également tirer parti des importantes ressources minières de la Guinée pour accélérer le développement national.

    Mais ces avancées sont confrontées à des interrogations sur le respect des engagements initiaux de la transition et sur la place accordée aux forces politiques et à la société civile.

    Une transition devenue présidence

    L’arrivée de Mamadi Doumbouya à la tête de l’État constitue surtout le principal paradoxe de ces cinq années. Le militaire qui avait pris le pouvoir en promettant de le remettre aux civils est désormais lui-même président.

    Le bilan de ces cinq premières années apparaît donc contrasté : des ambitions affichées en matière de développement et de refondation de l’État, mais aussi des interrogations persistantes sur la trajectoire démocratique du pays.

    Cinq ans après le 5 septembre 2021, la Guinée demeure ainsi face à une question centrale : le coup d’État qui devait ouvrir une parenthèse de transition aura-t-il finalement marqué le début d’un nouveau cycle politique durable ?

  • Au Togo, le trompe-l’œil de la nouvelle Constitution

    Au Togo, le trompe-l’œil de la nouvelle Constitution

    Analyse · Un an après son entrée en vigueur, la réforme constitutionnelle instaurant un régime parlementaire et créant le poste de président du Conseil, confié à Faure Gnassingbé, est toujours contestée par l’opposition et la société civile. Pour l’heure, elle n’a fait que conforter le régime dans sa toute-puissance.

    Dapaong, capitale de la région des Savanes, samedi 13 juin 2026. Des centaines de personnes convergent vers l’esplanade du gouvernorat, malgré l’état d’urgence sécuritaire en vigueur depuis quatre ans. À l’appel de Together, une association présentée comme proche du parti au pouvoir, l’Union pour la République (Unir), elles sont venues manifester leur soutien au président du Conseil et ancien président de la République, Faure Gnassingbé, et aux nouvelles institutions issues de la Ve République. Une démonstration de force qui contraste avec la mésaventure subie, quelques mois plus tôt, par une figure de l’opposition.

    Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson, députée de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), avait alors été escortée hors de la ville par des forces de sécurité, alors qu’elle se trouvait dans la région dans le cadre d’une tournée parlementaire destinée à rencontrer les populations et à visiter plusieurs chantiers d’infrastructures à l’abandon. Comme d’habitude, les autorités avaient justifié cette mesure par des raisons de sécurité, invoquant l’activisme des groupes armés djihadistes. Si cet épisode ne permet pas à lui seul de tirer des conclusions sur l’état de la démocratie au Togo, il s’inscrit dans un contexte qui alimente les critiques de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile sur les conditions d’exercice de l’activité politique, deux ans après l’adoption de la réforme constitutionnelle, et un an après son entrée en vigueur.

    Le 25 mars 2024, l’Assemblée nationale adopte une nouvelle Constitution qui marque le passage du Togo à la Ve République et instaure le régime parlementaire. Promulguée le 6 mai 2024, ce vote bouleverse l’architecture institutionnelle du pays. Désormais, le président de la République n’est plus élu au suffrage universel direct, mais par les députés réunis en congrès. Son mandat est fixé à quatre ans, non renouvelable. Il devient le garant de l’unité de l’État avec des prérogatives essentiellement honorifiques. L’essentiel du pouvoir exécutif est transféré au président du Conseil. Issu de la majorité parlementaire, ce dernier dirige l’action du gouvernement et détermine la politique de la nation. Son mandat n’est soumis à aucune limitation.

    Une « manœuvre » pour perpétuer la dynastie Gnassingbé

    Présentée par le pouvoir comme une réforme destinée à renforcer les institutions, à favoriser la participation citoyenne et à assurer la protection des droits, la nouvelle Constitution a rapidement suscité une controverse sur les modalités de son adoption et ses conséquences politiques. Pour ses promoteurs, la réforme doit rééquilibrer les rapports entre les pouvoirs législatif et exécutif et permettre une plus grande stabilité gouvernementale. Interrogé sur TV5 Monde le 17 avril 2024, Gilbert Bawara, membre du parti au pouvoir, s’était montré optimiste : « Nous avons la conviction que le nouveau régime politique va favoriser une gouvernance et une gestion beaucoup plus concertées. »

    À l’inverse, l’opposition y voyait une modification destinée à conforter le pouvoir en place. « Nous avons compris que c’est une manœuvre qui a été orchestrée pour permettre la perpétuation d’un système qui régente le Togo depuis cinquante-sept ans »1, avait rétorqué David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo Debout, une organisation de la société civile. De fait, la nouvelle Constitution a permis à Faure Gnassingbé de s’éterniser au pouvoir : après avoir dirigé le pays en tant que président de la République pendant vingt ans (2005-2025), il a été désigné à la tête du Conseil en mai 2025.

    Deux jours après l’adoption de la nouvelle réforme par les députés, une trentaine de partis politiques de l’opposition et plusieurs organisations de la société civile avaient tenté d’organiser une conférence de presse au siège de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), à Lomé, afin de dénoncer cette manœuvre. La rencontre avait été interrompue par les forces de sécurité, les autorités invoquant l’absence d’autorisation.

    Dans son rapport de 2024, l’ONG Amnesty International indique qu’au moins trois conférences de presse et réunions rassemblant des partis politiques et des organisations de la société civile opposées à la réforme ont été interdites à Lomé et à Tsévié cette année-là. Les personnes présentes avaient été dispersées par les forces de l’ordre. Amnesty ajoute que le ministère de l’Administration territoriale a en outre interdit trois manifestations prévues les 11, 12 et 13 avril pour protester contre les réformes. Encore une fois, les autorités avaient invoqué des considérations liées au maintien de l’ordre public.

    Un déséquilibre accru

    Pour Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, ces événements illustrent les conséquences politiques de la réforme. « Ce changement inconstitutionnel selon les juges de la Cour de justice de la Cedeao [Communauté économiques des États de l’Afrique de l’Ouest, NDLR]2 a abîmé l’embryon de la démocratie dont les bases avaient été jetées par la Constitution de 1992 », affirme-t-elle. Pour l’opposante, le changement de Constitution a encore davantage restreint l’espace politique et institutionnel.

    Le politologue El Hadj Madi Djabakaté, essayiste et président honoraire du Centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC), un think tank, partage le constat d’un déséquilibre accru, tout en le replaçant dans une perspective institutionnelle. « La réforme n’a pas créé un nouveau rapport de force. Elle a constitutionnalisé la concentration du pouvoir en réduisant les mécanismes de contrôle démocratique et d’alternance », analyse-t-il.

    Depuis son boycott des élections législatives de décembre 2018, l’opposition a progressivement perdu du terrain. Aux municipales de juin 2019, l’Unir, de Faure Gnassingbé, a recueilli plus de 60 % des suffrages. Les législatives d’avril 2024 n’ont laissé qu’une représentation marginale aux principaux partis d’opposition (5 sièges sur 113). Les municipales de 2025 ont confirmé cette tendance : l’Unir a remporté 1 150 des 1 527 sièges de conseillers municipaux, soit environ 75 % des sièges. Ces scores ne sont toutefois pas le résultat de la réforme constitutionnelle. Ils prolongent une érosion électorale et des divisions internes amorcées plusieurs années auparavant.

    À cette faiblesse électorale s’ajoutent des divisions qui ont progressivement fragmenté l’opposition. La crise autour de la C14 (une coalition de 14 partis politiques de l’opposition créée en 2017) puis les divergences sur la participation aux élections ou le boycott ont profondément affecté sa capacité à présenter un front commun.

    « Ce n’est pas gai, c’est difficile »

    Le rétrécissement de l’espace politique ne concerne pas uniquement les partis d’opposition. Les organisations de la société civile sont elles aussi confrontées à des restrictions croissantes. En juillet et août 2025, Novation internationale, une organisation de défense des droits humains, a tenté à trois reprises d’organiser des activités destinées à « rendre hommage aux victimes de la manifestation du 6 juin 20253 et lancer un appel à la cohésion nationale et au respect de la vie humaine ». Toutes ont été empêchées.

    Le gouvernement a justifié ces interdictions par le contexte politique tendu, notamment le contentieux postélectoral des municipales de juillet. « Le climat actuel ne permet pas d’organiser en toute sécurité un rassemblement de cette nature », avait alors expliqué le ministre de l’Administration territoriale. Pour les organisations de la société civile, ces interdictions témoignent du rétrécissement de l’espace civique. Une situation que résume Rodrigue Ahégo, journaliste et coordinateur national du mouvement pro-démocratie Tournons La Page-Togo (TLP-Togo) : « J’ai plusieurs fois été menacé et intimidé. J’avais déjà été arrêté en septembre 2024. Craignant pour ma sécurité, j’ai été obligé de quitter le Togo. Ce n’est pas gai, c’est difficile », témoigne-t-il.

    Les médias ne sont pas non plus épargnés. Le 6 juin 2025, Flore Monteau, correspondante de TV5 Monde à Lomé, a été interpellée alors qu’elle couvrait une manifestation contre le régime. Son matériel a été confisqué et, selon son témoignage, elle a été conduite dans un commissariat où elle a été contrainte de supprimer ses images. Deux mois auparavant, le 8 avril, à Tsévié, le journaliste Albert Agbéko avait lui aussi été arrêté puis contraint par la police à supprimer les images prises alors qu’il couvrait le recensement électoral. L’un des journalistes les plus combatifs, Ferdinand Ayité, a été contraint à l’exil en 2023.

    Une asymétrie institutionnalisée

    Au-delà de la liberté de presse, c’est la capacité de la société civile à faire vivre la contradiction qui se trouve mise à rude épreuve. Avoir plusieurs partis suffit-il à prétendre au pluralisme politique ? Pour El Hadj Madi Djabakaté, « le pluralisme politique ne se mesure pas seulement au nombre de partis politiques, mais à leur capacité réelle à concourir au pouvoir dans des conditions équitables ». Or, poursuit-il, « l’asymétrie des ressources entre majorité et opposition, les restrictions des libertés publiques et l’accès inégal aux médias fragilisent cette compétition ».

    En l’absence d’institutions perçues comme impartiales et de garanties effectives des libertés, conclut-il, « le pluralisme demeure davantage formel que le socle d’une alternance politique crédible ».

    Un constat qui ramène au cœur de la question posée par la nouvelle Constitution : au- delà de l’architecture institutionnelle, la Ve République a-t-elle créé les conditions d’une compétition politique plus équitable ou a-t-elle au contraire institutionnalisé un rapport de force déjà largement favorable au pouvoir ? Une question rhétorique, un an après l’entrée en vigueur de la réforme.

    Source: https://afriquexxi.info

  • Trois ans après le putsch : le général est devenu président, mais la rupture est-elle réelle ?

    Trois ans après le putsch : le général est devenu président, mais la rupture est-elle réelle ?

    Trois ans après la chute d’Ali Bongo, le général Brice Clotaire Oligui Nguema célèbre un pouvoir né d’un coup d’État et désormais légitimé par les urnes. Entre promesses de rupture, réformes institutionnelles et défis économiques, l’heure du premier véritable bilan a sonné.

    Le 30 août 2023 devait être une rupture. Ce jour-là, au lendemain d’une élection présidentielle contestée, des militaires annonçaient la fin du régime d’Ali Bongo Ondimba et la dissolution des institutions. À la tête de cette prise de pouvoir, le général Brice Clotaire Oligui Nguema devenait quelques jours plus tard président de la Transition.

    Trois ans plus tard, le Gabon ne parle plus seulement de « coup d’État ». Le pouvoir préfère désormais évoquer une « libération ». Depuis 2024, le 30 août est ainsi célébré comme la Fête de la Libération. Pour cette troisième édition, les cérémonies officielles se tiennent à Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, avec notamment une parade militaire.

    Du putsch à la présidence

    La trajectoire d’Oligui Nguema est singulière. Chef de la Garde républicaine sous Ali Bongo et issu du sérail, il devient l’homme fort du pays après avoir participé au renversement d’un système politique dominé par la famille Bongo depuis plus d’un demi-siècle.

    Le pari du général était alors de transformer la rupture militaire en refondation politique. La Transition a notamment conduit à l’adoption d’une nouvelle Constitution et à la préparation d’un nouveau cadre électoral. En avril 2025, Oligui Nguema franchit une étape décisive en remportant l’élection présidentielle avec un score très largement majoritaire, avant d’être investi président de la République le 3 mai 2025.

    Le pouvoir militaire de 2023 est donc devenu un pouvoir constitutionnel. Mais cette transformation ne suffit pas à clore le débat sur la rupture du 30 août. Elle place surtout Oligui Nguema devant une nouvelle exigence : démontrer que le changement de régime a produit une amélioration durable de la gouvernance et des conditions de vie.

    Le temps du bilan

    Dans son discours du 29 août 2026, à la veille de la Fête de la Libération, le chef de l’État a défendu les réformes engagées depuis le putsch. Il a notamment mis en avant la nouvelle Constitution, le nouveau code électoral et la loi sur les partis politiques. Son message : le 30 août 2023 aurait ouvert au Gabon une nouvelle séquence politique.

    Sur le terrain, le gouvernement met également en avant les investissements dans les infrastructures, la santé, l’éducation et la modernisation de l’administration. Dans son bilan de première année de mandat, la présidence souligne notamment la réhabilitation de routes, la construction d’établissements scolaires et sanitaires ainsi que différents projets structurants.

    Mais les attentes restent considérables. Avant le renversement d’Ali Bongo, le Gabon disposait d’importantes ressources pétrolières, minières et forestières tout en étant confronté au chômage, aux insuffisances des services publics, aux difficultés d’accès à l’électricité et à l’état préoccupant de certaines infrastructures.

    Trois ans après le 30 août 2023, la question n’est donc plus seulement de savoir si Oligui Nguema a réussi à renverser l’ancien système. Il faut désormais mesurer ce qu’il a construit à sa place.

    Le général putschiste devenu président élu dispose encore d’un capital politique important. Mais le temps de la justification par la rupture est terminé. Celui des résultats commence véritablement.

    Le 30 août 2023 avait promis une « libération ». Le défi d’Oligui Nguema est désormais de convaincre que cette libération peut se traduire par davantage de démocratie, de prospérité et de justice sociale pour les Gabonais.

  • Arrêt de la Cour de la CEDEAO : l’opposition togolaise propose une sortie de crise

    Arrêt de la Cour de la CEDEAO : l’opposition togolaise propose une sortie de crise

    Un mémorandum présenté par des partis d’opposition, des organisations de la société civile et des acteurs de la diaspora formule plusieurs propositions à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur la réforme constitutionnelle de 2024.

    Une lecture politique et juridique de la crise

    Le document, intitulé « Mémorandum pour une sortie de crise au Togo à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur le changement anticonstitutionnel de gouvernement », revient sur l’évolution institutionnelle du pays et met en avant plusieurs réformes constitutionnelles intervenues depuis 1992. Les signataires estiment que ces différentes modifications ont progressivement réduit les possibilités d’alternance politique.

    Le mémorandum accorde une place centrale à la réforme constitutionnelle de 2024. Selon ses auteurs, celle-ci a modifié en profondeur l’architecture institutionnelle, notamment avec la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Le document affirme que la Cour de justice de la CEDEAO a qualifié cette réforme de « changement inconstitutionnel de gouvernement » et l’a mise en relation avec les dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

    Les signataires considèrent que cette décision régionale donne une nouvelle dimension juridique au débat sur l’ordre constitutionnel togolais. Ils proposent notamment de replacer au centre du processus politique la souveraineté populaire, la stabilité des règles constitutionnelles, la séparation des pouvoirs, les libertés publiques et la garantie d’une alternance démocratique.

    Une transition politique proposée

    Dans la deuxième partie du mémorandum, les auteurs exposent leur interprétation des conséquences de l’arrêt de la juridiction communautaire. Ils estiment notamment que son exécution devrait conduire à une remise en cause des institutions issues de la réforme constitutionnelle de 2024 et à l’ouverture d’une période de transition politique.

    Cette transition aurait, selon le document, pour objectif d’engager des réformes institutionnelles destinées à rétablir l’ordre démocratique et l’État de droit. Les signataires y associent également plusieurs priorités, dont les questions sociales et sécuritaires, la situation des détenus politiques, le retour des exilés politiques et la refondation des institutions.

    Le mémorandum appelle par ailleurs à un accompagnement de la communauté internationale, notamment de la CEDEAO, de l’Union africaine, de l’Union européenne, des États-Unis et des Nations unies, dans un éventuel processus de retour à l’ordre constitutionnel.

    Enfin, les signataires appellent à une mobilisation citoyenne qu’ils présentent comme pacifique, autour du respect de la Constitution, des décisions de justice et de la volonté populaire. Le document est signé par plusieurs partis politiques, organisations de défense des droits humains et regroupements de la société civile.

  • Congrès de l’UFC : l’Ablodé face au défi d’un nouveau départ

    Congrès de l’UFC : l’Ablodé face au défi d’un nouveau départ

    À l’ouverture de son congrès de ce 8 juillet à Lomé, l’UFC entend conjuguer fidélité à l’héritage de l’Ablodé, engagement dans la Ve République et renouvellement de ses forces pour renforcer son influence politique.

    Réunis en congrès à Lomé, les militants de l’Union des forces de changement (UFC) entendent tourner une nouvelle page de leur histoire politique. Placés sous le thème « De l’Ablodé à développement harmonieux », les travaux s’inscrivent à la croisée de l’héritage historique du parti, de son positionnement dans la Ve République et de la nécessité affichée de préparer la relève. Dans son discours d’ouverture, la direction de l’UFC a appelé à l’unité, à la paix et à une participation active à la transformation du pays.

    De l’Ablodé à une opposition revendiquée comme constructive

    Le discours d’ouverture a d’abord replacé l’UFC dans une histoire politique dont le parti revendique la continuité. L’Ablodé, présenté comme l’héritage fondateur, est défini comme une aspiration à la « libération politique, libération économique, libération sociale et culturelle ». Une référence qui renvoie directement à l’indépendance du Togo et à la figure de Sylvanus Olympio, présenté dans le discours comme l’un des pères de cette ambition nationale.

    Créée le 1er février 1992, dans le contexte de la transition du parti unique vers le multipartisme, l’UFC affirme avoir été portée sur les fonts baptismaux avec l’objectif de faire souffler « un vent de liberté dans tous les aspects de la vie des Togolais ». Sous le leadership de Gilchrist Olympio, le parti a ensuite participé aux différentes séquences de la vie politique nationale, jusqu’à la signature, le 26 mai 2010, d’un accord de paix avec le pouvoir d’alors. Le discours présente cet épisode comme ayant contribué à permettre au Togo de se concentrer davantage sur les enjeux de développement.

    Cette orientation vers une politique moins frontale semble demeurer au cœur du positionnement revendiqué par l’UFC. Le parti se présente désormais comme une « opposition constructive », appelée à formuler des propositions et à participer, selon ses moyens, à la réalisation des politiques publiques. Eau, emploi, éducation, électricité, santé, sécurité et salubrité sont identifiés comme les principaux axes sur lesquels l’UFC entend continuer à agir en faveur des populations.

    Le changement institutionnel intervenu avec la Ve République constitue, dans cette perspective, un autre enjeu majeur. L’UFC rappelle avoir choisi de soutenir le régime parlementaire après les débats internes suscités par la réforme constitutionnelle. Pour le parti, ce nouveau système constitue une occasion de renforcer son implantation territoriale et d’améliorer ses performances électorales. Le discours revendique d’ailleurs le statut de troisième force politique du pays à l’issue des premières élections organisées dans le cadre de la Ve République, derrière l’UNIR et l’ANC.

    Le défi de la relève et d’un nouveau souffle

    Au-delà des considérations institutionnelles, le congrès apparaît surtout comme un moment de réflexion sur l’avenir de l’UFC. Les élections désormais derrière elle, la formation politique doit déterminer le rôle qu’elle entend jouer dans la nouvelle architecture institutionnelle. « Les élections étant passées, quel rôle jouera le parti de l’Ablodé dans un contexte de 5e République ? Ce sera l’objet des débats de notre congrès », souligne le discours d’ouverture.

    L’appel à l’unité est ainsi omniprésent. « Nous devons être Unis pour bâtir un Togo de Paix et de Solidarité », affirme le discours, avant d’insister sur la nécessité de « protéger et transformer » le pays. Cette ligne traduit la volonté de l’UFC de conserver son identité tout en participant davantage aux politiques publiques destinées à améliorer les conditions de vie des Togolais.

    Mais le véritable enjeu pourrait se situer dans la succession et le renouvellement générationnel. Le discours reconnaît que « les défis auxquels nous sommes confrontés restent énormes » et que l’heure de la relève approche. Après deux mandats, le responsable qui s’exprime annonce qu’il mérite « une retraite paisible » et appelle à l’émergence de « nouveaux talents, plus de jeunes, plus de femmes, plus cadres ». Le congrès est donc invité à réfléchir à une nouvelle configuration de la direction et à renforcer l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire.

    L’enjeu est désormais de traduire cette volonté de renouvellement en actes. En affirmant que « la discipline du parti oblige » et qu’il se pliera à la décision du congrès, la direction laisse aux instances du parti la responsabilité de trancher sur la suite à donner à cette transition. Le congrès doit ainsi déboucher sur une « feuille de route claire » destinée à optimiser l’action politique de l’UFC.

    Entre fidélité à l’Ablodé, ancrage dans l’opposition constructive et volonté de renouvellement, l’UFC cherche donc à écrire une nouvelle séquence de son histoire. Reste à savoir si cette nouvelle étape permettra au parti de convertir son héritage historique et ses ambitions de transformation en une influence politique durable dans le Togo de la Ve République.

  • Bénin : Patrice Talon prend la tête du Sénat, un retour au sommet de l’État qui interroge

    Bénin : Patrice Talon prend la tête du Sénat, un retour au sommet de l’État qui interroge

    Deux mois après avoir quitté la présidence de la République, Patrice Talon devient le premier président du Sénat béninois, relançant le débat sur son influence dans le nouveau paysage institutionnel.

    À peine deux mois après avoir transmis le pouvoir à son successeur, Romuald Wadagni, l’ancien président béninois Patrice Talon effectue un retour remarqué au sommet des institutions. Ce jeudi 6 août, il a été élu président du tout premier Sénat de l’histoire récente du Bénin, avec 24 voix sur 25, devenant ainsi le premier dirigeant de cette nouvelle chambre du Parlement créée par la révision constitutionnelle de 2025.

    L’élection était largement attendue. En vertu des dispositions constitutionnelles, les anciens présidents de la République sont membres de droit du Sénat, dont les plus hautes fonctions leur sont réservées. Patrice Talon prend ainsi la tête d’une institution appelée à jouer un rôle dans l’examen des lois et la régulation de la vie politique béninoise.

    Un scénario longtemps évoqué

    Cette élection ravive toutefois une interrogation qui circulait déjà au moment de la réforme constitutionnelle : la création du Sénat répondait-elle uniquement à une volonté de renforcer les institutions ou constituait-elle également un cadre permettant à Patrice Talon de demeurer au cœur du pouvoir après son départ de la présidence ?

    À l’époque de la révision constitutionnelle, plusieurs observateurs et acteurs politiques avaient estimé que cette nouvelle architecture institutionnelle pouvait offrir à l’ancien chef de l’État une position stratégique lui permettant de continuer à peser sur les grandes orientations nationales, tout en respectant la limitation à deux mandats présidentiels. Ces analyses avaient été rejetées par les partisans de la réforme, qui défendaient avant tout un renforcement du bicamérisme et de l’équilibre institutionnel.

    Le fait que Patrice Talon devienne le tout premier président du Sénat donne aujourd’hui un nouvel écho à ces interrogations, même si aucun élément ne permet d’affirmer que cette réforme avait été conçue dans cette seule perspective.

    Une proximité institutionnelle avec le nouveau pouvoir

    La présidence du Sénat confère à Patrice Talon une visibilité politique et une influence institutionnelle importantes. Sans exercer directement les fonctions exécutives désormais assumées par le président Romuald Wadagni, il conserve une place centrale dans le fonctionnement de l’État.

    Cette situation nourrit déjà les débats au sein de la classe politique béninoise. Pour certains analystes, elle pourrait favoriser une continuité des réformes engagées durant la dernière décennie. D’autres s’interrogent sur la capacité du nouveau chef de l’État à exercer pleinement son autorité politique face à un prédécesseur qui demeure l’une des personnalités les plus influentes du pays.

    Une question revient ainsi avec insistance : Patrice Talon a-t-il véritablement quitté le pouvoir ou a-t-il simplement changé de fauteuil ? Seul l’exercice concret des nouvelles institutions permettra de mesurer si le président du Sénat se limitera au rôle que lui confère la Constitution ou s’il continuera à peser, de près ou de loin, sur les grandes décisions du Bénin. Une interrogation qui devrait alimenter le débat politique dans les prochains mois, à mesure que le nouveau pouvoir prendra ses marques.

  • L’UFC en congrès : bilan, réorganisation et perspectives au menu

    L’UFC en congrès : bilan, réorganisation et perspectives au menu

    Réunie en congrès ordinaire le 8 août à Lomé, l’Union des Forces de Changement (UFC) entend faire le bilan de ses activités, définir ses orientations politiques et réaffirmer son attachement à l’héritage de l’« Ablodé » dans un contexte institutionnel renouvelé.

    L’Union des Forces de Changement (UFC) tiendra son congrès ordinaire le samedi prochain à Lomé. Cette rencontre statutaire réunira les délégués du parti autour du thème : « De l’Ablodé au développement harmonieux », avec pour objectif de faire le point sur la vie de la formation politique et de définir ses orientations pour les prochaines années.

    Un rendez-vous statutaire pour dresser le bilan et fixer les perspectives

    Prévu trois ans après le précédent congrès organisé en août 2023, ce nouveau rendez-vous intervient dans un contexte marqué par l’évolution du paysage institutionnel togolais. Selon les organisateurs, les travaux permettront d’évaluer les actions entreprises depuis le dernier congrès, d’examiner le fonctionnement interne du parti et de débattre de ses perspectives dans le cadre de la Cinquième République.

    Les congressistes devraient également adopter plusieurs résolutions portant sur le renforcement de l’organisation de l’UFC et sur ses orientations politiques en vue des prochaines échéances.

    Fondée en 1992, l’Union des Forces de Changement figure parmi les plus anciennes formations politiques du Togo. Dirigée par Gilchrist Olympio, elle se revendique de l’héritage de Sylvanus Olympio, premier président du Togo indépendant.

    Entre héritage historique et vision du développement

    Le thème choisi, « De l’Ablodé au développement harmonieux », traduit la volonté affichée par l’UFC d’établir un lien entre les idéaux ayant marqué sa création et les enjeux actuels du développement national. Le terme « Ablodé », qui signifie « liberté » ou « indépendance » en éwé, occupe une place importante dans l’histoire politique du pays et dans l’identité du parti.

    À travers cette thématique, l’UFC entend mettre en avant une réflexion axée sur le développement économique, la cohésion nationale et la stabilité, tout en réaffirmant les valeurs qui fondent son engagement politique.

    Au-delà des travaux statutaires, ce congrès offrira également aux responsables du parti l’occasion de s’adresser à leurs militants et sympathisants sur la place que l’UFC entend occuper dans le paysage politique togolais. Les conclusions et résolutions issues des délibérations sont attendues à l’issue de cette journée de congrès.

  • Togo : des OSC réclament des sanctions après l’arrêt de la CEDEAO

    Togo : des OSC réclament des sanctions après l’arrêt de la CEDEAO

    Des organisations de la société civile africaine et togolaise sollicitent l’intervention des instances régionales et internationales, tandis que le gouvernement togolais rejette les conclusions de la Cour de justice de la CEDEAO.

    Quarante-trois organisations de la société civile (OSC) d’Afrique, du Togo et de la diaspora ont adressé une lettre ouverte à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à l’Union africaine (UA) et aux Nations unies pour demander des mesures à l’encontre des autorités togolaises. Cette démarche intervient à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO relatif à la réforme constitutionnelle adoptée au Togo en mars 2024.

    Les signataires estiment que cette décision judiciaire constitue une étape importante dans l’interprétation des textes régionaux en matière de gouvernance démocratique. Ils s’appuient notamment sur l’arrêt n° ECW/CCJ/JUD/01/26, dans lequel la juridiction communautaire a jugé que la réforme constitutionnelle est contraire aux principes consacrés par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).

    Selon les organisations, la réforme, qui instaure un régime parlementaire avec un président du Conseil exerçant l’essentiel du pouvoir exécutif, constitue un « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». Elles soutiennent également que son adoption par une Assemblée nationale dont le mandat était arrivé à son terme, sans recours à un référendum, soulève des interrogations sur sa légitimité.

    Des mesures réclamées aux organisations régionales

    Dans leur lettre, les 43 organisations invitent la CEDEAO, l’Union africaine et les Nations unies à traduire les conclusions de la Cour en actions concrètes. Elles demandent notamment la suspension du Togo des instances de la CEDEAO, la suspension de ses droits de participation au sein de l’Union africaine, ainsi que l’ouverture de procédures devant les juridictions compétentes contre les personnes qu’elles estiment impliquées dans ce qu’elles qualifient de changement anticonstitutionnel de gouvernement.

    Le collectif plaide également pour le réexamen de certaines missions diplomatiques confiées aux autorités togolaises et pour la désignation d’un Rapporteur spécial des Nations unies chargé du suivi de la situation des droits humains et de la gouvernance au Togo.

    Au-delà du cas togolais, les organisations proposent une révision du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance afin d’y inscrire explicitement une limitation à deux mandats pour tous les détenteurs du pouvoir exécutif dans les États membres. Selon elles, une telle réforme renforcerait les mécanismes régionaux de prévention des changements anticonstitutionnels de gouvernement et consoliderait les objectifs de la Vision 2050 de la CEDEAO.

    Le gouvernement togolais rejette les conclusions de la Cour

    Les autorités togolaises contestent pour leur part les conclusions de la Cour de justice de la CEDEAO. Dans une déclaration publiée à la fin du mois de juillet 2026, le gouvernement a rejeté l’arrêt rendu le 29 janvier 2026, dont le contenu a été rendu public en juin, estimant que la juridiction communautaire ne dispose d’aucune compétence pour exercer un contrôle de constitutionnalité sur les lois internes ou sur le pouvoir constituant d’un État.

    Lomé soutient que la réforme constitutionnelle de mars 2024 relève exclusivement de la souveraineté nationale et de l’ordre constitutionnel interne. Le gouvernement affirme également que cette réforme instaure un régime parlementaire et ne saurait être assimilée à un changement anticonstitutionnel de gouvernement ni à une violation des engagements régionaux.

    Ce débat intervient dans un contexte où les interprétations de la décision de la Cour continuent d’alimenter les échanges entre les autorités togolaises, les organisations de la société civile et les institutions régionales sur les questions de gouvernance démocratique et de respect des textes communautaires.

  • Cameroun : des nominations militaires signées par Paul Biya alimentent les interrogations sur son état de santé

    Cameroun : des nominations militaires signées par Paul Biya alimentent les interrogations sur son état de santé

    Malgré les interrogations persistantes sur son état de santé et son absence prolongée, Paul Biya a signé une série de décrets de nominations militaires stratégiques qui renforcent le dispositif sécuritaire du Cameroun tout en relançant le débat sur l’exercice réel du pouvoir au sommet de l’État.

    Alors que les spéculations se multiplient autour de l’absence prolongée du président camerounais Paul Biya, 93 ans, de nouveaux décrets présidentiels portant d’importantes nominations au sein des forces armées viennent raviver le débat. Une question revient avec insistance dans les cercles politiques comme sur les réseaux sociaux : le chef de l’État, annoncé par certains comme très affaibli, est-il réellement l’auteur de ces décisions stratégiques ?

    Les autorités camerounaises ont publié plusieurs décrets attribués au président de la République. Ces textes consacrent la nomination de cinq nouveaux généraux de brigade, de nouveaux commandants territoriaux des armées ainsi que de responsables à la tête de plusieurs unités d’élite, dont la Garde présidentielle. Un nouveau major général de l’État-major des armées a également été désigné.

    Au-delà de leur portée administrative, ces nominations apparaissent comme un véritable verrouillage du dispositif sécuritaire camerounais. Elles interviennent dans un contexte marqué par une forte incertitude politique, alimentée par les nombreuses rumeurs sur l’état de santé du chef de l’État, dont les apparitions publiques se font de plus en plus rares.

    Pour de nombreux observateurs, le choix de renouveler les principaux postes militaires à un moment aussi sensible dépasse largement le cadre d’une simple réorganisation. Il traduit une volonté de consolider les leviers de commandement de l’appareil sécuritaire à l’approche d’échéances politiques majeures, tout en rassurant les cercles du pouvoir sur la continuité de l’État.

    Mais ces décrets soulèvent également une interrogation devenue récurrente : Paul Biya exerce-t-il encore personnellement la plénitude de ses fonctions ? Si le gouvernement n’a donné aucune indication laissant penser à un empêchement du président, le silence entretenu autour de son état de santé continue d’alimenter les doutes. Dans un pays où le secret entoure traditionnellement les questions liées au sommet de l’État, ces nouvelles nominations, loin de mettre fin aux spéculations, pourraient au contraire les renforcer.

  • Mali : après un an de prison, Moussa Mara retrouve la liberté dans un climat politique toujours sous tension

    Mali : après un an de prison, Moussa Mara retrouve la liberté dans un climat politique toujours sous tension

    L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a recouvré la liberté samedi 1er août, après avoir purgé une peine d’un an de prison ferme. Sa libération intervient dans un contexte de durcissement du régime militaire, où les opposants et les voix critiques continuent de faire face à une forte répression.

    Selon un responsable de son parti, Le Changement (Yelema), ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, « Moussa Mara a été libéré ce samedi après avoir purgé sa peine. Notre leader est en route pour son domicile » à Bamako. Une source judiciaire a également confirmé qu’il avait quitté la prison de Koulikoro, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

    Ancien chef du gouvernement entre 2014 et 2015, Moussa Mara avait été arrêté le 1er août 2025 après avoir annoncé sur les réseaux sociaux avoir rendu visite à des prisonniers qu’il qualifiait de « détenus d’opinion », auxquels il avait promis qu’ils obtiendraient un jour justice. Ces déclarations lui avaient valu des poursuites pour « atteinte au crédit de l’État et opposition à l’autorité légitime ».

    En février 2026, la Cour d’appel de Bamako avait confirmé sa condamnation à deux ans de prison, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA, validant ainsi le jugement prononcé en première instance en octobre 2025.

    La libération de Moussa Mara ne modifie toutefois pas le climat politique qui prévaut au Mali. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays est gouverné par une junte dirigée par le général Assimi Goïta. Les autorités militaires sont régulièrement accusées de restreindre les libertés publiques, de réduire au silence les médias et les opposants, et d’avoir dissous les partis politiques ainsi que plusieurs organisations à caractère politique.

    Alors que la transition devait aboutir à un retour des civils au pouvoir en mars 2024, cette échéance n’a jamais été respectée. En juillet 2025, les autorités ont accordé au général Assimi Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable sans limitation et sans élection, consolidant ainsi le pouvoir de la junte dans un pays toujours confronté à une grave crise sécuritaire, économique et politique.

Radio Renouveau228

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