Catégorie : Culture

  • Kokou Ekouagou participe à l’exposition RA’ANA à Lomé

    Kokou Ekouagou participe à l’exposition RA’ANA à Lomé

    L’artiste plasticien togolais que l’on ne présente plus, Kokou Ekouagou participe à l’exposition collective dénommée ”RA’ANA” du 21 avril au 4 mai à Lomé. Dans cette interview qu’il a accordée Renouveau228, il décline tout sur cet évènement culturel.

     Vous prendrez part à une exposition collective dénommée ‘’RA’ANA’ du 21 avril au 4 mai 2025 à Lomé ’. Qu’est-ce qu’elle a de particulier par rapport aux autres que vous avez déjà participées ?

    Cette exposition intitulée “LES PREMIÈRES RACINES” est un voyage au cœur de nos origines, là où l’art devient mémoire, émotion et transmission. C’est une exposition collective dont les œuvres interrogent les liens profonds entre traditions africaines et modernité. Un événement chargé d’histoire et de mémoire.

    Chaque tableau est, une racine qui parle, une histoire qui vibre.

    Dans le cadre de cette exposition, les œuvres transcendent les simples catégories géographiques ou stylistiques pour interroger les préoccupations contemporaines, notamment la mémoire, l’identité et la quête de sens dans un monde globalisé.

    Pourquoi le thème « Les premières racines » est choisi pour marquer cette exposition ?

    «Les premières racines» puisque la présente exposition constitue la première d’une série qui va suivre et de surcroît les œuvres à exposer sont une partie de la Collection <<Ra’Limda>>, 2021, qui s’appuie sur des récits cosmogoniques et des traditions orales invitant les artistes à une immersion dans les visions du monde propres à divers peuples où l’art devient ainsi un pont entre les cultures, un vecteur de transmission et une quête perpétuelle de sens.

    Qu’est-ce que ce thème révèle-t-il en réalité ?

    À travers des œuvres, il y a une réflexion profonde sur la mémoire collective, les mythes fondateurs et la place de l’homme dans l’univers. Cet hommage aux racines est une invitation à redécouvrir notre essence. C’est une célébration de la richesse inestimable des œuvres artistiques.

     Qui sont les autres exposants ?

    Cette exposition collective met en lumière des œuvres sélectionnées avec soin parmi les créations des artistes issus de l’Association ART HERITAGE CULTURE.

    Nous invitons le public donc à venir découvrir physiquement les artistes exposants au lieu dit pour vivre ensemble cette sublime immersion artistique dans la convivialité fraternelle et poétique au carrefour du donner et du recevoir.

    Vous êtes proche de l’organisatrice de l’évènement, Atafèïnam Belei, Présidente de l’Association Art Héritage Culture. Est-ce que vous pouvez nous dire dans quelles conditions l’exposition collective est-elle organisée ? Est-ce que vous avez des sponsors ?

    Je pense que tout membre de l’association est déjà proche de l’organisatrice parce que c’est un travail collectif qui se fait et tous les artistes membres ont toujours leur part de responsabilité à assumer pour l’avancement effectif du groupe.

    Faisant suite à la mise en place et à l’exécution du Programme “Promotion de la Carrière Internationale des Artistes de l’Association ART HERITAGE CULTURE le Bureau Exécutif de l’Association a approché l’Agence de Communication MANSA Groupe pour lui confier l’activité de promotion et de vente de quelques œuvres d’arts créées par les artistes plasticiens affiliés.

    L’exposition et les autres contours sont donc gérés par Mansa Groupe en partenariat avec l’Association ART HERITAGE CULTURE.

    Après cette exposition, quel sera la prochaine étape de votre parcours artistique ?

    Beaucoup de surprise en cours comme toujours… Tout récemment, j’ai participé à une exposition collective par une projection du film collectif TRIBUTE TO WOMEN VISUAL ARTISTS présenté en première mondiale le 26 mars 2025 à « La Cura » de Roseto Degli Abruzzi en Italie.

    Le projet est organisé par Véronique Sapin pour FemLink-Art, un collectif artistique international: 18 artistes sont impliqués,18 vidéos artistiques composent le film,17 nations sont représentées.

    La particularité du projet est qu’il s’agit d’un hommage rendu aux artistes femmes par des artistes hommes.

    Une de mes œuvres d’art, peinture sur toile en technique mixte, fera partie du “Mail Art Project” sur les “Migrations” du 13 Mai au 27 Mai 2025 à Lancaster University For The Contemporary Arts (LICA) en Angleterre.

    Et comme je l’avais signifié tout haut, d’autres expositions “RA’ ANA” vont suivre après celle-ci…

    L’aventure artistique continue…

  • Exposition collective ”RA’ANA”: ses contours se précisent

    Exposition collective ”RA’ANA”: ses contours se précisent

    Si on connaissait, depuis quelques jours, la date du déroulement de l’exposition collective ‘’RA’ANA’’, Lomé, la capitale, son comité d’organisation en précise les contours.

    L’exposition collective dénommée “RA’ANA” se déroulera du 21 avril au 4 mai 2025 sur le thème « Les premières racines ». Au lieu dit La BODEGA, sis à Avénou, non loin de la pharmacie de la cité à Lomé.

    Selon le programme dont Renouveau228 a connaissance, il est prévu un vernissage le 21 avril entre 17 h et 20H avec la précision que l’entrée sera gratuite. La journée du 25 avril sera occupée par un afterwork artistique. L’accès est libre également. L’évènement sera clôturé par un finissage couplé d’un dîner de gala le dimanche 4 mai à partir de 20 heures.

    L’art comme vous ne l’avez jamais vu

    Chefs d’entreprise, institutions, cadres influents, promoteurs culturels, collectionneurs et passionnés d’art… Préparez-vous à une immersion artistique où chaque œuvre est une invitation à posséder l’exceptionnel.

    “RA’ ANA”, une exposition où le passé dialogue avec le présent, où l’héritage devient un investissement. Des œuvres uniques, des signatures d’exception, une opportunité à ne pas manquer.

    Rejoignez-nous du 21 avril au 04 mai 2025 et laissez-vous séduire par des créations uniques, entre héritage et modernité.

    Contact : (+228) 70 44 46 55/90 12 46 45

    Art Heritage Culture

    ART HERITAGE CULTURE est une organisation dédiée à la promotion et à la valorisation des arts, du patrimoine et de la culture en Afrique. Basée au Togo, elle œuvre pour la mise en lumière des talents artistiques locaux et internationaux.

  • Togo-Exposition collective ”RA’ANA” du 21 avril au 4 mai

    Togo-Exposition collective ”RA’ANA” du 21 avril au 4 mai

    “Les premières racines”. C’est le thème autour duquel se déroulera du 21 avril au 4 mai 2025 une exposition collective dénommée “RA’ANA” à Lomé, non loin du siège de Café Informatique sur la route de Kpalimé.

    L’art comme vous ne l’avez jamais vu

    Chefs d’entreprise, institutions, cadres influents, promoteurs culturels, collectionneurs et passionnés d’art… Préparez-vous à une immersion artistique où chaque œuvre est une invitation à posséder l’exceptionnel.

    “RA’ ANA”, une exposition où le passé dialogue avec le présent, où l’héritage devient un investissement. Des œuvres uniques, des signatures d’exception, une opportunité à ne pas manquer.

    Rejoignez-nous du 21 avril au 04 mai 2025 et laissez-vous séduire par des créations uniques, entre héritage et modernité.

    Art Heritage Culture

    ART HERITAGE CULTURE est une organisation dédiée à la promotion et à la valorisation des arts, du patrimoine et de la culture en Afrique. Basée au Togo, elle œuvre pour la mise en lumière des talents artistiques locaux et internationaux.

  • William Adjété Wilson, l’indiscipliné

    William Adjété Wilson, l’indiscipliné

    Portrait · Présenté au centre Pompidou (Paris) dans l’exposition collective « Paris noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000 », l’artiste afrodescendant publie au même moment un beau livre sur son œuvre aux éditions Gallimard. L’occasion de (re)découvrir un plasticien discret et rétif à toutes les assignations.

    Il est là, depuis des années. Ses pastels, ses collages colorés, ses sculptures se distinguent entre mille. Et pourtant, William Adjété Wilson ne fait pas de bruit. Artiste aussi talentueux que discret, il n’est pas représenté par une galerie, et il est bien rare de le croiser dans les vernissages ou les travées des foires consacrées à « l’art contemporain africain » (AKAA, 1-54), où se pressent les créateurs issus du continent et de ses multiples diasporas. Cela pourrait pourtant changer : en ce début de printemps 2025, William Adjété Wilson occupe à sa manière le devant de la scène. Plusieurs de ses œuvres sont présentées au centre Pompidou (Paris), dans l’exposition « Paris noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000 », du 19 mars au 30 juin. Par ailleurs, les éditions Gallimard, qui ont réédité son superbe L’Océan noir (96 pages, 23,50 euros) en 2024, publient au même moment un beau livre sur son travail, William Adjété Wilson en noir, en blanc, en couleur (256 pages, 35 euros). Une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir la vie et l’œuvre d’un artiste rétif à toute assignation.

    Silhouette longiligne, large sourire, regard vif, William Adjété Wilson reçoit dans le grand espace de son atelier du 15e arrondissement de Paris. Si tout y est propre et bien rangé, la joie créative du plasticien s’exprime jusqu’au plafond, sur les murs et sur les étagères. Ici, les chaises s’envolent et prennent des allures anthropomorphes ; d’étranges personnages découpés à grands coups de ciseaux semblent sur le point de s’animer ; animaux, objets et végétaux se mélangent en un grand charivari de couleurs. Tout en haut d’une cloison, un personnage noir sur fond rose ouvre grand les bras. Si ce pastel nous parle, c’est parce qu’il a servi d’illustration pour la couverture du Champ de personne (Flammarion Jeunesse, 2012), le best-seller du romancier Daniel Picouly.

    Sans effet de manche et avec franchise, William Adjété Wilson évoque un parcours qui commence à Orléans, dans le centre-nord de la France, au début des années 1950. Un parcours où la création artistique ne se manifeste que bien tardivement.

    J’ai vécu mon enfance à Orléans, raconte le plasticien. C’était assez compliqué. Mon père était togolais, il avait rencontré ma mère à Tours tandis qu’elle faisait ses études de sage-femme. Il ne m’a pas reconnu tout de suite, il ne l’a fait qu’au bout de deux ans. Je n’avais que peu de rapports avec lui. C’était un homme très apprécié socialement, mais nullissime familialement, auprès de sa femme comme de ses enfants. Il jouait au tiercé, on l’attendait tout le temps. C’était ma mère qui portait tout. Il avait coupé avec l’Afrique, il n’y est retourné que pour les obsèques de sa mère. Cela dit, il était là.

    Avec le sourire que le recul des années permet, William Wilson évoque aussi la violence. « Il y avait aussi les coups de bâton à l’africaine. Je me souviens de balades en forêt au cours desquelles il coupait des badines pour pouvoir nous frapper. Je ne garde pas de bons souvenirs avec lui. » À l’école, où il est le seul métis, le jeune garçon affronte le racisme ordinaire : celui de ses camarades, cruel et enfantin, et celui beaucoup plus grave de certains professeurs. Le nom d’un enseignant de français qui l’a humilié en public avec des propos racistes tombe de ses lèvres sans effort de mémoire : c’est l’un de ses pires souvenirs.

    « Noir au pays des Blancs et Blanc parmi les Noirs »

    « Heureusement, il y avait le sport, les scouts et les colonies de vacances », tempère-t-il. Le sport, c’est un peu plus qu’un passe-temps. Dans L’Océan noir, livre tiré de son œuvre éponyme, il écrit ainsi : « En 1968, j’avais 16 ans et je pratiquais l’athlétisme avec passion. Outre l’expression naturelle de la vitalité de la jeunesse, c’était pour moi un domaine où il était enfin possible d’être jugé sur mes performances, sans ambiguïté. J’étais très fier d’être, la même année, champion d’Académie du 110 mètres haies, du saut en longueur et du relais 4×100 mètres avec mes copains du lycée. »

    Et de poursuivre : « Mai 1968 [est] passé par là et la politique a fait irruption dans ma vie. » Devant son téléviseur, en octobre, William Wilson suit les épreuves des Jeux olympiques de Mexico. Bob Beamon explose le record du saut en longueur ; Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres ! L’Afrique commence alors à intéresser le jeune homme, qui, deux ans plus tard, exerce, selon ses dires, un petit chantage auprès de ses parents : « Si j’ai mon bac, vous m’envoyez en Afrique. »

    Le jeune homme obtient gain de cause et se retrouve au Bénin, « chez un oncle qui était alors le plus gros pharmacien de Cotonou ». L’expérience est troublante. S’il se réjouit de ne voir – enfin ! – que des Noirs autour de lui, William Wilson se rend bien vite compte que quelque chose cloche : dans les rues, les enfants l’appellent « Yovo » (« Blanc »). Il raconte dans L’Océan noir :

    […] On m’a rapidement fait comprendre que le Blanc, ici, c’était moi. De Noir au pays des Blancs, je me découvrais après quelques heures d’avion, Blanc parmi les Noirs. Je n’ai pas appris grand-chose de ma famille durant ce court séjour. On ne m’a fait rencontrer que des parents qui occupaient des métiers ou des postes importants et qui étaient, à juste titre, très fiers de leur réussite. Mes hôtes ont été déçus de constater que cela ne m’intéressait pas beaucoup. Je voulais tout au contraire connaître l’Afrique “africaine”, avec naïveté sans doute, mais avec sincérité. Ce malentendu a beaucoup pesé sur mon premier contact avec l’Afrique et je suis rentré en France avec des sentiments très ambivalents.

    Si la rencontre avec le continent africain ne transforme pas radicalement le jeune homme, Paris va s’en charger, en 1972. « Je fais partie de ces gens dont le prof de philo a changé la vie, raconte-t-il. Il m’a conseillé de m’orienter vers l’anthropologie et je me suis inscrit en fac à Jussieu. » Le lycéen indiscipliné en a déjà « marre de l’école », mais il se rend tout de même dans la capitale française pour étudier. Là, il découvre « la vie » et « un autre monde », arpente les musées et les galeries, rencontre des artistes. « Les images, j’ai toujours aimé, sans vraiment savoir ce que cela voulait dire, être artiste », commente-t-il. C’est d’ailleurs cet attrait qui l’entraîne un temps dans une maison, en Lozère, dans le sud-est de la France, dans une sorte de communauté bohème. « Un jour, j’étais avec un peintre et je lui posais des questions sur son travail. J’avais envie d’essayer. Il m’a donné un crayon et du papier, alors que je ne savais pas dessiner. J’ai commencé. Il a regardé et il m’a dit : “Tu as tout compris, hein ?” »

    « Un effet miroir qui m’aidait »

    Un encouragement qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. À partir de ce moment, William Wilson va peu à peu partager sa vie avec la création. « C’était quelque chose de naturel, se souvient-il. Je sentais que je réalisais quelque chose qui venait vraiment de moi, qu’il y avait un résultat – un effet miroir qui m’aidait. Et c’était quelque chose que je n’avais pas appris. Très rapidement, j’ai compris que c’était ce que je voulais faire. » Et l’art, il l’aborde comme le sportif qu’il fut, par le travail. Quand il regarde autour de lui, il est séduit par les œuvres d’artistes noirs comme le Sud-Africain Ernest Mancoba, membre du groupe CoBrA1, ou comme le Cubain Wifredo Lam, grand ami du poète martiniquais Aimé Césaire, mais ce sont surtout les œuvres surréalistes du « picto-poète » roumain Victor Brauner qui le touchent.

    Gagner sa vie, alors que se succèdent les chocs pétroliers, va néanmoins s’avérer de plus en plus difficile. D’abord étudiant aidé par ses parents jusqu’en 1973-1974, William Wilson vit ensuite de petits boulots. Grand et beau, il travaille comme mannequin pour des photos de mode, signe des piges, exerce dans une agence de voyages, réalise des enquêtes pour des études de marché… À la fin des années 1970, alors que son premier enfant naît en 1977, s’ouvre une douloureuse période de vache maigre. « Ces années ont été très difficiles sur tous les plans et, d’une certaine façon, je m’en suis sorti un peu par miracle, mais totalement détruit à bien des niveaux, précise-t-il. Cette “mort” est, en quelque sorte, devenue le point de départ d’une renaissance. La création artistique a été ma planche de salut. C’était ça ou rien. »

    Sa vie d’artiste commence réellement en 1980, en partie grâce au milieu de la mode et de la publicité qu’il fréquente. « Il y avait alors beaucoup d’énergie dans ces métiers et une assez grande curiosité de la part des gens qui y travaillaient. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de monde. » Sa première exposition, il l’organise chez Pierre Lattès, l’un des fondateurs de Radio Nova et de Fun Radio, dans un loft près de la place de la République. « C’était un ancien atelier où deux perroquets se baladaient en liberté… J’y ai invité des gens de la mode et de la publicité, qui pour certains avaient envie d’acquérir des œuvres originales de jeunes artistes… Les vernissages étaient à la mode… La créatrice de mode Agnès B. m’a acheté deux tableaux ! »

    Des foulards Hermès en série limitée

    Ses premières œuvres exposées sont des pastels, un outil qu’il privilégie encore. « Comme je n’étais pas dans l’idée de faire des tableaux, j’avais tendance à surcharger la toile, à y mettre plusieurs sujets. » Aujourd’hui, il y a toujours foule dans ses œuvres, des personnages plus ou moins difformes, plus ou moins grotesques, des objets, des animaux, des végétaux – le tout découpé à grands traits et saturé de couleurs. Souvent cocasses, rythmées par une vibration interne, les images de William Wilson sont musicales et teintées d’un humour iconoclaste qui peut rappeler les expérimentations dadaïstes. Les lignes brisées y abondent, comme s’il adaptait une partition de jazz, entre improvisations, dissonances, syncopes et notes bleues.

    Je n’étais pas formaté, on ne m’avait pas éduqué, raconte l’intéressé. C’était important pour moi. Tout au long de mon parcours scolaire, j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Je ne savais pas quoi. Le dessin me permettait de me construire et de me connaître. Il y avait de la légèreté, de l’humour, j’en étais conscient. Bien sûr, c’était un travail sérieux, mais il ne fallait pas trop se prendre au sérieux. L’humour permet de garder une certaine distance.

    Indiscipliné mais déterminé, William Adjété Wilson trouve une forme d’équilibre dans un mode de vie d’artiste qui lui permet d’échapper au salariat et de rester indépendant.

    Ce n’est pas toujours simple, et la crise économique vient encore compliquer l’équation. Il multiplie alors les travaux de commande pour des journaux comme Télérama, Libération et The New Yorker, et illustre des livres pour enfants – dont le 365 contes des pourquoi et des comment de la conteuse Muriel Bloch (Gallimard Jeunesse, 1997) et la Déclaration universelle des droits de l’homme (Mango, 1999). Il réalise même, pour Hermès, cinq foulards en série limitée qui lui permettent de vivre « pendant cinq ans » !

    « Blanc côté bourreaux et noir côté victimes »

    Sculptures, collages, pastels, peintures, tissu appliqué, l’artiste ne se laisse pas enfermer dans un genre, il progresse par à-coups, avec des séries qui se répondent sans se répéter. « Je n’aime pas faire deux fois la même chose, assure-t-il. Je change souvent, pour la simple raison qu’au bout d’un moment, je m’ennuie. Comme je n’ai pas appris, ce que je fais est toujours nouveau. Le fil directeur, c’est moi. »

    Ce « moi », pourtant, il l’a cherché longtemps. Et il continue de le faire. Il l’a cherché en lisant le psychiatre martiniquais Frantz Fanon, il l’a cherché en voyageant en Afrique à la rencontre de sa lignée, il l’a cherché parce qu’il fallait « recoller les morceaux », il l’a cherché parce que métis, Noir pour les uns et Blanc pour les autres, jamais à sa place. La quête d’une vie, qui l’a rapproché de ses origines africaines puisque de ses voyages au pays, celui qui était né à Tours sous le nom de William Wilson est revenu un jour William « Adjété » Wilson grâce à son arrière-grand-mère « Babou » Maryam Lawson-Gaizer, qui se souvenait du prénom que la généalogie lui avait réservé.

    J’ai compris dès mon premier voyage au Bénin que je n’étais pas africain. Mais je me suis alors intéressé à ce que cela représentait d’être afrodescendant. Je me suis cherché en affrontant le problème essentiel des métis, qui n’ont pas de communauté. En ce sens, j’ai eu de la chance d’être en France – dans ce pays où l’on est les premiers à défendre la révolution et les valeurs de la République en espérant que cela s’applique un jour à tout le monde !

    En découvrant sa famille africaine, à partir des années 1970, William Adjété Wilson a aussi découvert que cette dernière avait été du mauvais côté de l’Histoire, celui des esclavagistes. « Être à la fois Blanc du côté des bourreaux et noir du côté des victimes de l’Histoire, mais aussi Noir du côté des négriers et descendants d’anciens esclaves devenus négriers, m’a fourni de nombreux et vastes territoires de réflexion », écrit-il dans L’Océan noir.

    Sans doute fallait-il regarder la vérité en face pour pouvoir s’en libérer. « Me découvrir coupable m’a rendu mon innocence, me savoir issu d’une histoire d’inhumanité m’a rendu à mon humanité. Les fantômes qui ont accompagné mon enfance de façon sinistre ont perdu leurs masques de silence. Je me sentais prisonnier et agi par des forces incompréhensibles ; j’ai enfin pu leur donner des noms, et les dénoncer ; j’ai pu déjouer leur malédiction plutôt que d’en être le jouet. »

    « Je n’ai jamais eu envie de devenir riche »

    Les dix-huit planches qui composent L’Océan noir – qui est à la fois une exposition et un livre – sont, sans doute, la réponse la plus achevée de William Wilson à la complexité de son histoire personnelle – qui est aussi la nôtre. Le support matériel choisi, des tentures en appliqués de tissus réalisées à Abomey, dans l’ancien royaume esclavagiste du Danxomé (Bénin actuel), avec l’aide d’artisans locaux racontent la traite négrière de manière allégorique, restituant à l’Histoire toute sa complexité. Pour le commissaire d’exposition bassa Simon Njami, c’est une fresque « que l’on pourrait comparer – dans une dimension psychologique – au Guernica de Picasso ». L’œuvre a été exposée plus d’une trentaine de fois, notamment au Fesman de Dakar (Sénégal, 2010) et au Festival Étonnants Voyageurs de Saint Malo (France).

    Ce discours de la complexité n’est pas toujours facile à faire entendre. Et quand, en outre, vous vous méfiez du milieu de l’art et de son rapport paradoxal, mais prégnant, à l’argent, cela ne facilite pas forcément votre carrière. Philosophe, William Wilson confie qu’il a « un peu une phobie du commerce », qu’il « n’est pas diplomate » et qu’il ne saurait répondre aux commandes exigées par une galerie. « Du moment que je peux survivre… Je n’ai jamais eu envie de devenir riche », tranche-t-il. Sa route est un chemin de traverse, il y a des cahots dans le parcours et l’on y croise des humains cabossés. Comme ces chaises auxquelles il offre une seconde vie en les transformant en sculptures (exposition prévue à la Galerie du Montparnasse en septembre), les êtres qui peuplent son imaginaire exhibent tous leurs blessures ou leurs bizarreries dans une forme de comédie humaine endiablée. Englués dans leurs contradictions, leurs histoires, leurs désirs, ils nous ressemblent terriblement.

    Source: afriquexxi.info

  • KAR’ARTS Evala  2025 : la promotrice fait le point des préparatifs au PM

    KAR’ARTS Evala  2025 : la promotrice fait le point des préparatifs au PM

    La cheffe du gouvernement a reçu en audience Atafèinam BELEI, présidente de l’Association ART HERITAGE CULTURE, structure organisatrice de KAR’ARTS Evala, qui aura lieu en juillet prochain.

    La quatrième édition de KAR’ARTS Evala, événement artistique, se déroulera en juillet 2025 dans la ville de Kara.

    La visiteuse est allée faire le point des préparatifs à Victoire Sidémého TOMEGAH-DOGBE, le Premier ministre. Une occasion pour la promotrice de l’évènement de remercier la cheffe du gouvernement pour sa visite de l’exposition “Mystère Evala” d’œuvres d’arts ethnographiques, au Centre Incubateur TILITU LAB (FAIEJ), à Kara, au mois de juillet 2023 et de lui transmettre toute sa reconnaissance pour son soutien matériel et financier à la mise en place du Programme à Kara.

    Elle n’a pas manqué de lui faire le point sur l’état d’avancement des travaux de créations des œuvres d’arts plastiques ethnographiques, dont une partie participera à l’exposition, lors des cérémonies traditionnelles annuelles d’initiation des jeunes garçons et filles du Pays Kabyè à Kara, marquant ainsi le début du prochain quinquennat dans le calendrier liturgique kabyè.

    Pour les autres détails, cliquez sur le document ci-après

  • Queen Rima, Prix Découvertes RFI 2025

    Queen Rima, Prix Découvertes RFI 2025

    Depuis ce lundi 17 février, la chanteuse guinéenne Queen Rima est sacrée Prix Découvertes RFI 2025. C’est la décision du jury présidé par la star béninoise Angélique Kidjo.

    Une bonne nouvelle dans la carrière de Queen Rima. Elle est décroche le prestigieux Prix Découvertes RFI. La spécialiste de dancehall est enfin couronnée après la troisième tentative. Elle chante en langues guinéennes, en pular ou en soussou  mais aussi en anglais ou en français.

    Cette récompense va renforcer son engagement à défendre, dans ses chanson, les inégalités, le sexisme, entre autres.

  • Médecine traditionnelle : forces et faiblesses selon Togbui Dagban-Ayivon

    Médecine traditionnelle : forces et faiblesses selon Togbui Dagban-Ayivon

    Ce mercredi 12 février, à Lomé, l’antenne togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement a organisé une conférence, placée sous le thème « La place de la pharmacopée dans le domaine de la santé au Togo » et animée par la tête couronnée Dagban-Ayivon en présence d’un représentant de l’Organisation mondiale de la santé et du chef de la division de la médecine traditionnelle au ministère de tutelle.

    La section togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a démarré la nouvelle année par une conférence animée par le chef traditionnel d’Adakpamé avec la modération de Kossivi Amétowogblona, le Secrétaire général dudit réseau. Parmi l’assistance, composée de journalistes, il y avait aussi Dr Malou Koboyo, le chef division de la médecine et pharmacopée traditionnelle au ministère en charge de la Santé et de  Joseph Koivogui, le représentant du Représentant de l’OMS au Togo.

    D’entrée de jeu, le conférencier a insisté sur le fait que la médecine traditionnelle togolaise, africaine, existe bel et bien. Il a expliqué le cheminement qui aboutit à la préparation des remèdes. « Nous avons notre propre paradigme, différent de celui de l’Occident », a-t-il ajouté, rappelant que la médecine traditionnelle intègre la dimension spirituelle.

     « Grâce à un cauri, il est possible d’interroger la pharmacopée, de questionner le remède pour savoir s’il sera efficace dans un cas donné. Si la réponse est négative, on explore d’autres solutions complémentaires jusqu’à obtenir une confirmation », a-t-il expliqué.

    Et de regretter qu’ « au Togo, la pharmacopée ne soit pas intégrée dans les protocoles de soins hospitaliers et soit trop souvent assimilée au charlatanisme ».

    La médecine traditionnelle a des limites. En effet, a poursuivi la tête couronnée, «Les affections qui nous sont importées, qui nous viennent d’ailleurs nous limitent dans nos prestations et il va falloir faire des recherches pour venir à bout ».

    « Généralement il y a certains types de cancer que nous ne savons pas guérir. Nous faisons des guérisons symptomatiques et à force de les guérir nous atteignons le résultat», a-t-il renchéri.

    Pour finir, Togbui Dagban-Ayivon a souhaité que les démarches de la médecine traditionnelle soient intégrées dans un protocole de telle sorte à aboutir à la complémentarité entre la pharmacopée togolaise et la médecine conventionnelle comme on en voit dans certains pays de la  sous-région. Objectif, « mettre au point des solutions efficaces pour les patients ».

    En résume, comme l’a retenu Ambroisine Mêmèdé, la coordinatrice du REMAPSEN-Togo, la médecine traditionnelle et celle conventionnelle « doivent travailler en complémentarité pour le bien des populations », d’autant qu’elles « ne s’opposent pas » en réalité. Une approche également souhaitée par Dr Malou Koboyo et  Joseph Koivogui.

    Avant l’entame de la conférence, les membres du bureau du REMAPSEN-Togo ont validé le plan d’action 2025, identifié les partenaires, entre autres.

  • La célébration de VODUN EGOUN-GOUN acte 10 à Agatogbo (Bénin) du 28 février au 2 mars 2025

    La célébration de VODUN EGOUN-GOUN acte 10 à Agatogbo (Bénin) du 28 février au 2 mars 2025

    La 10è édition de la grande célébration de VODUN EGOUN-GOU (KOUVITO) aura lieu comme d’habitude à Gbame, dans la maison  YEHOUEGBE, située dans l’arrondissement d’Agatogbo, au Bénin.

    La grande célébration de VODUN EGOUN-GOUN (KOUVITO) acte 10 à Agatogbo

    COMMUNIQUE

    La 10è édition de la grande célébration de VODUN EGOUN-GOU (KOUVITO) aura lieu comme d’habitude à Gbame, dans la maison  YEHOUEGBE, située dans l’arrondissement d’Agatogbo.

    Date : du 28 février au 2 mars 2025

    Contact : +229 65 71 93 73 / +228 98 02 00 05

  • Les RICAC 2025 appartiennent désormais à l’histoire

    Les RICAC 2025 appartiennent désormais à l’histoire

    Les Résidences internationales de créations artistiques et culturelles  2025 ont pris fin ce vendredi à travers une cérémonie de récompenses. Le rendez-vous est pris pour l’année prochaine avec plus d’innovations.

    Des artistes venus de cinq pays africains (RDC, Ghana, Bénin, Sénégal et Togo) ont pris part à la deuxième édition des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (Les RICAC), organisées à Tsévié, préfecture de Zio, du 27 janvier au 9 février 2025.

    Organisé par l’Association ART HERITAGE CULTURE, ce rendez-vous artistique et culturel a été placé sous le thème « Au-dessus du réveil » et a été l’occasion pour les participants de partager un « espace à la fois mystérieux et fascinant », de « redéfinir ce que nous connaissions du monde et de nous-mêmes », résumé Kokou Ekouagou, le directeur artistique des RICAC 2025.

    C’était dans un cadre orné par les œuvres issues de cette rencontre de deux semaines que s’est déroulée la cérémonie de clôture.

    Atafèinam Belei, promotrice culturelle, commissaire d’exposition et présidente de l’Association ART HERITAGE CULTURE, a confié que Les RICAC visent un retour aux sources et doivent permettre, espère-t-elle, de relancer la culture togolaise de sorte que les artistes puissent vivre dignement de leur art.

    Cette soirée riche en couleurs a été une belle opportunité pour magnifier le talent des artistes et découvrir qu’en eux se trouvent les valeurs que prône  Atafèinam Belei.

    « Ce soir, nous avons l’immense privilège de découvrir nos œuvres. Chaque création est un témoignage de notre parcours personnel, mais aussi du pouvoir de l’art : celui de tordre le réel, de redéfinir les frontières et de rendre visibles des pensées et des émotions que l’on ne perçoit pas toujours à première vue. Nous avons su créer des ponts entre l’imaginaire et la réalité, entre les cultures et les idées », a résumé l’artiste togolais Kokou Ekouagou dans un discours très apprécié par le public.

    Le clou de la cérémonie, dénommée ART’ PLASTIC AWARDS, a été la remise des prix à une quinzaine de personnes et d’institution.

  • RICAC 2025: Ekouagou “invite à dépasser la simple réalité du quotidien pour plonger dans des univers inexplorés”

    RICAC 2025: Ekouagou “invite à dépasser la simple réalité du quotidien pour plonger dans des univers inexplorés”

    L’un des moments forts du premier jour des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) a été la conférence animée par l’artiste et manager culturel Kokou Ekouagou. Une intervention qui part du thème “Au-dessus du réveil” pour déboucher sur ce que l’auteur appelle la “naissance (…) des œuvres inspirées”, convaincu que la thématique abordée “est une proposition poétique, philosophique, presque mystique”. Lire plutôt sa communication pour mieux cernée ses idées.

    Conférence d’ouverture de la résidence internationale : “Au-dessus du réveil”

    Mesdames, Messieurs les autorités à vos rangs et grades respectifs.

    Chers collègues Artistes,

    Amateurs d’Art et de Culture,

    Chers invités.

    C’est avec un grand plaisir que je prends la parole ce matin, dans ce cadre sobre mais riche en histoire.

    Avant d’aller loin dans mes propos, je dis un grand merci à toutes et tous d’avoir répondus présents à l’invitation afin d’assister, à ce jour, à la cérémonie d’’ouverture des Résidences Internationales de Créations Artistiques et Culturelles (Les RICAC) << ART TO GO >> 2025.

    Nos sincères remerciements au ministère en charge de la Culture, à la Mairie de la Commune du Zio 1  et aux membres du Comité d’Organisation pour leurs efforts si efficacement conjugués pour une parfaite tenue de cette grande messe culturelle.

    C’est un véritable honneur pour nous de nous rassembler pour faire de la culture une expression de la liberté, destinée à consolider l’unité nationale pour en faire un vecteur de développement et de coopération internationale par les échanges culturels.

    Mesdames et Messieurs, chers artistes, chers invités, 

    C’est avec un immense plaisir et une grande émotion que je me tiens devant vous aujourd’hui, à l’ouverture de cette résidence internationale de créations artistiques et culturelles, qui s’annonce riche en échanges, en découvertes et en collaborations.

    Nous sommes réunis ici pour donner naissance à des œuvres inspirées, des idées nouvelles et des expériences partagées.

    “Au-dessus du réveil” est le thème de cette résidence. Il aussi simple que complexe. Car cette problématique nous invite à dépasser la simple réalité du quotidien pour plonger dans des univers inexplorés, dans des horizons où l’imaginaire et la conscience se rencontrent, se confrontent et se métamorphosent.

    “Au-dessus du réveil” est une proposition poétique, philosophique, presque mystique.

    En effet, sur le plan artistique, un réveil se manifeste !

    Il est initié par le Réseau International des Artistes en Arts Visuels (RIA-AV), avec des Artistes venus de divers horizons !

    Le mouvement s’implante et fait intégrer la dynamique des Résidences Internationales de Créations Artistiques et Culturelles, encore appelées les RICAC!

    Des talents novateurs se manifestent dans la Sculpture et la Peinture !

    Le mouvement <<de MARTO à MARMO>>, autrement dit le Mouvement des Artistes du Togo (MARTO) au Mouvement des Artistes du Monde (MARMO), tente de fédérer des Créateurs, notamment dans les Arts plastiques avec des influences réciproques, de nombreux autres Créateurs émergents, avec force et créativité exceptionnelle !

    Antoine de Saint-Exupéry le résume bien :  “pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible”. De ce réveil, ensemble, nous devons travailler avec des actions concrètes dans un accompagnement ciblé, pour permettre aux Artistes de sortir des situations difficiles qui prennent beaucoup d’énergie et freinent l’élan, et pour lesquelles différentes tentatives de solution sont restées sans effet.

    ‘’Au-dessus de ce réveil’’, nous devons avoir l’accès par l’art au trou dans le savoir !

    En fait, il est question de se concentrer sur la construction de la muraille à l’œuvre artistique et culturelle avec l’amour de la passion du domaine.

    Transmettre son savoir, être au rendez-vous comme pédagogue pour permettre à l’individu de comprendre et de répondre à ce qu’on attend de lui.

    L’observation effectuée à partir d’un atelier de création artistique et culturelle nous a permis d’aller plus loin et de proposer une conceptualisation des enjeux de cette rencontre artistique internationale.

    Une rencontre artistique qui permettrait de cerner le point intime d’un dispositif à l’œuvre, pour permettre d’ouvrir une fenêtre sur l’existence d’un point de fuite pour aller au-dessus de notre réveil artistique et culturel.

    Sortir de la conformité et aller au-delà de nos inspirations artistiques et culturelles avec l’audace du désir pour s’orienter dans la réalité, en accord avec le monde contemporain.

    ‘’Au-dessus du réveil’’, il est essentiel de s’intéresser à l’évolution dans l’affirmation de notre identité culturelle, tout en gardant ses racines pour mieux nous aider à communiquer plus efficacement, et de diverses manières avec les autres cultures.

    Une résidence comme celle-ci est un espace de liberté. C’est ici, loin des jugements extérieurs et des pressions commerciales, que nous pourrons nous libérer des frontières habituelles de notre propre pratique artistique. Il s’agit d’un moment suspendu, un creuset d’expérimentation et de réflexion. C’est un espace où l’on peut prendre le temps de réfléchir à l’essence de nos œuvres, de tester de nouvelles formes d’expression et d’imaginer de nouvelles façons d’être ensemble à travers l’art. À travers nos échanges, nos créations et nos rencontres, une résidence artistique devient un lieu de transformation.

    Ce qui rend cette résidence particulièrement précieuse, c’est sa dimension internationale.

    Tous les artistes venus de différents horizons, apportent, chacun,  des visions uniques, des traditions culturelles, des savoir-faire différents.

    Chacun portera un regard singulier sur le thème “Au-dessus du réveil”.

    Ensemble, nous sommes invités à croiser nos regards, nos pratiques et nos histoires, à déconstruire et reconstruire, à inventer un langage commun à travers l’art.

    Les échanges entre les cultures, la confrontation des idées et des sensibilités vont nourrir  cette résidence, la rendre plus vivante, plus intense. Et, au-delà de la simple coopération, ces échanges permettront à chacun de se réinventer, de redéfinir sa propre vision, d’aller “au-dessus” de ce que l’on croyait impossible. La rencontre des différences est toujours une source d’enrichissement, et c’est dans cette diversité que réside la véritable force de notre action collective.

    L’art a un pouvoir magique, celui de nous transporter, de nous faire voir autrement, de réinventer nos réalités et d’ouvrir des fenêtres vers des mondes insoupçonnés. C’est aussi un outil de résistance et de transformation. Dans un monde où les défis sont multiples, l’art offre une possibilité de réflexion, de contestation et, surtout, de réinvention.

    À travers nos créations, nous avons le pouvoir de poser des questions, de bousculer les certitudes, d’apporter des perspectives nouvelles.

    Je nous invite à prendre ce temps pour nous immerger pleinement dans nos processus créatifs. Ne nous limitons pas. Dépassons les évidences, allons chercher au plus profond de nous-mêmes ce qui émerge “au-dessus du réveil”. Que ce soit dans la lumière de l’aube ou dans les ombres qui précèdent le jour, explorons ces territoires indéfinis où tout est encore possible.

    Écoutons ce que votre art a à nous dire. Laissez-le nous guider, nous transformer.

    Ensemble, nous serons témoins de la beauté de la rencontre entre l’imaginaire et la réalité, entre le silence et l’expression, entre la pensée et l’émotion.

    Je nous souhaite tous une expérience créative enrichissante, nourrissante et pleine de surprises.

    Que ces moments de partage et de travail collectif soient pour chacun de nous une source d’inspiration profonde et un tremplin pour nos futures créations.

    Merci de faire de cette résidence un lieu vivant, un lieu de rencontre, de dépassement de soi et de créativité.

    À l’issue de cette semaine de travail, j’ai hâte de découvrir les fruits de nos réflexions et de nos créations.

     Ensemble, faisons de ce projet une aventure unique, audacieuse et inoubliable.

    Je vous remercie.

    Kokou Ekouagou

    Artiste Plasticien | Consultant | Manager Culturel

    Les RICAC 2025

Radio Renouveau228

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