Catégorie : Culture

  • Au Togo, un acteur de la web-série Ahoé a passé l’arme à gauche

    Au Togo, un acteur de la web-série Ahoé a passé l’arme à gauche

    Les membres de la web-série Ahoé sont en deuil. Ils ont perdu un des leurs, en la personne d’Antoine Folly Edoh, connu sous le nom de Gninin Messan dans la série.

    « C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès d’Antoine Folly Edoh, alias Gninin Messan dans la web-serie AHOE… », confirme une publication officielle.

    Peu d’informations filtrent sur la cause de son décès. « Antoine nous quitte, mais son sourire, son énergie et son talent continuent de vivre à travers son œuvre », poursuit le communiqué.

    L’acteur, peut-on également lire, « a marqué nos cœurs et restera à jamais une partie intégrante de la famille AHOE ».

  • Ghana-Togbui ADJIKOU-LANKLIVI en visite de courtoisie chez Togbui ADZONUGAGA Amenya Fiti V d’Aflao

    Ghana-Togbui ADJIKOU-LANKLIVI en visite de courtoisie chez Togbui ADZONUGAGA Amenya Fiti V d’Aflao

    Comme le recommande la tradition africaine, c’est chez le sage qu’on apprend à vivre, à poser ses premiers pas et qu’on apprend surtout à parler en public. Et dans la gibecière du sage, il y a tout pourvu qu’on soit poli et courtois.

    Cette courtoisie, cette volonté d’apprendre et recevoir du conseil du sage, le nouveau chef du quartier d’Adakpamé Kpota-Colas, Togbui Neuville Kodjo ADJIKOU-LANKLIVI 1er  l’a vite.

    C’est dans cette optique que, seulement deux mois après de son intronisation, le nouveau chef quartier  d’Adakpamé Kpota-Colas s’est rendu chez l’un des sages de la chefferie traditionnelle d’Afrique pour recevoir  de conseils afin de bien diriger ses administrés. 

    En effet, le 22 septembre dernier, Togbui Neuville Kodjo ADJKOU-LANKLIVI 1er, a pris la  tête d’une délégation composée de certains membres du conseil du trône et de sa famille pour aller chez le Président du Forum des Rois, Sultans et Chefs traditionnels d’Afrique, Chef traditionnel d’Aflao dans la région de Volta au Ghana, Togbui ADZONUGAGA Amenya Fiti V dans son Palais royal au Ghana.

    Le nouveau chef du quartier d’Adakpamé Kpota-Colas, Togbui Neuville Kodjo ADJIKOU-LANKLIVI et sa délégation ont rendu une visite de courtoisie au Chef des Chefs. Une occasion saisie pour solliciter des conseils pour la meilleure gouvernance du nouveau trône qui désormais est revenu dans sa famille.

    C’est avec immense une joie que le Président du Forum des Rois, Sultans et Chefs traditionnels a rencontré le ce nouveau chef quartier d’Adakpamé Kpota-Colas. Ce dernier  aussi ne connaissait pas de visu le grand Chef traditionnel d’Aflao dans la région du Volta. Il s’agit donc de leur première rencontre.  

    Les échanges entre les deux têtes couronnées, outre la courtoisie, ont porté sur les questions du développement des peuples et l’épanouissement des pays africains qui sont à la traîne.

    Le Roi a profité de l’occasion pour vanter la tradition africaine qui a une valeur inestimable. « Nous devons  garder et préserver nos valeurs cultures et ancestrales que nos aïeux nous ont léguées », a déclaré Toghui Fiti V à ses hôtes.

    En ce jour du dimanche béni, le visiteur a droit à tous les honneurs de la part de Togbui ADZONUGAGA Amenya Fiti V dans son Palais royal. Lui et sa délégation qui l’accompagne ont eu également droit à un déjeuner.

     « Nous sommes venus chez Togbuigan ADZONUGAGA Amenya Fiti V pour d’abord lui présenter notre fils et frère nouvellement reconnu comme chef du quartier d’Adakpamé Kpota-Colas et ensuite profiter de l’occasion pour recevoir ses sages conseils », a expliqué le porte-parole de la collectivité ADJIKOU-LANKLIVI Yété, Boni ADJIKOU LANKLIVI d’entrée à l’assistance.

    Après avoir salué l’initiative et remercié ses hôtes pour l’intérêt, sa Majesté  Togbui ADZONUGAGA Amenya Fiti V a indiqué que c’est dans l’union que les communautés grandiront pour développer après nos Etats. Il a par ailleurs abordé plusieurs sujets concernant le développement des peuples.

    Tout comme Togbui Fiti V, Togbui ADJIKOU-LANKLIVI 1er dans le sens des intérêts des projets du développement a reçu des conseils chez son ‘’papa’’qui s’y connait déjà dans le domaine pour avoir faire le Canada et obtenu son Doctorat et développé plusieurs projets au Ghana dans plusieurs domaines dont l’agriculture.

    « J’attends parler du roi mais je ne l’ai jamais rencontré. L’occasion m’a été offerte aujourd’hui de le rencontrer pour parler de tout. De la paix aussi et du développement en Afrique et dans nos deux pays », a souligné Togbui ADJIKOU-LANKLIVI 1er à l’issue de la visite.

    Il y a lieu de rappeler que cette visite de courtoisie de la délégation de la collectivité ADJIKOU-LANKLIVI Yété à sa Majesté Fiti V s’est déroulée dans une ambiance conviviale et confraternelle.

     D’autres rencontres entre les deux personnalités sont annoncées très prochainement pour le bonheur des deux communautés.

    Elom Dodji

  • Togo- Mansa invite à une session d’information sur le financement des projets culturels

    Togo- Mansa invite à une session d’information sur le financement des projets culturels

    Mansa groupe invite le public à une session d’information sur le thème « Accompagnement et Financement des Arts, Cultures et Innovations » ce vendredi à Lomé

    Cette session vous permettra de découvrir notre nouveau projet dénommé : Salon des Arts Novateurs et de la Culture en Afrique (SANCA).

    Les objectifs de cette session est d’explorer des opportunités concrètes de soutien et de financement pour les projets culturels et innovants. Ce sera également une occasion privilégiée pour échanger avec des acteurs clés du secteur.

    🗓 Date : Vendredi 27 septembre

    📍 Lieu : Salle de délibération de la CCIT

    Rejoignez-nous pour cette rencontre enrichissante et boostons nos initiatives créatives !

    renseignements: +228 70 70 48 48

    Mail:mansagroupeconsulting@gmail.com

  • Commensalité des rivaux: causes et conséquences…Les explications de Togbui Dagban-Ayivon

    Commensalité des rivaux: causes et conséquences…Les explications de Togbui Dagban-Ayivon

    La commensalité des rivaux (Alokpli en langue Ewé), est source de beaucoup de jeunes au Togo et même dans la sous-région ouest-africaine. De quoi parle-t-on exactement? Quelles sont ses causes et conséquences? Togbui Dagban-Ayivon, le chef traditionnel d’Adakpamé, lève le voile sur ce phénomène.

    La tête couronnée s’est exprimé sur les plateaux de la radio Nana FM lors de l’émission “Grand débat”. Une opportunité pour lui de livrer encore quelques secrets…

  • Elom 20ce, un conteur hors du temps

    Elom 20ce, un conteur hors du temps

    Elom 20ce créé l’évènement en ce mois de septembre 2024 avec la sortie de son cinquième album studio Hors-Temps. Un projet dense de 17 titres que le Togolais a composés en toute spontanéité, accompagné du pianiste de jazz ghanéen Kamarou Kwaku Anthony, et qu’il défendra sur la scène de la Dame de Canton, à Paris, le 18 septembre. Entre poésie, rap et rituels vaudou, rencontre avec un artiste définitivement hors du temps.

    RFI Musique : Dans votre présentation, vous décrivez Hors-Temps comme une composition live. Pouvez-vous nous expliquer le concept de cet album ? 

     
    Elom 20ce : C’est une histoire de deux passionnés de musique, un pianiste et un cogneur de l’invisible, qui se sont retrouvés en studio il y a quatre ans. Et un album est sorti de cette rencontre musicale. Cet album, c’est aussi pour vomir beaucoup de choses qu’on a longtemps gardé en nous. Il était important de les sortir. C’était une séance de transe en studio parce que ce n’est que quatre ans après qu’on est finalement prêts à partager cet album. Ce n’est qu’en écoutant l’album que le public va comprendre pourquoi. Hors-Temps est un concept que moi-même, je continue de méditer. L’inspiration m’est venue au Togo. En langue éwé, le mot qui signifie “futur” est aussi le même qui signifie “passé”. Donc être Hors-Temps, c’est ne pas être dans la gamme ni dans le mouvement que nous demande le système. C’est être un peu aussi en avance sur son temps. Parfois, c’est juste être décalé, c’est important.

    Vous dévoilerez les 17 titres de l’album sur scène le 18 septembre, ce n’est pas courant de le faire. Pourquoi avez-vous privilégié cette approche ? 


    Rien qu’avec le titre Hors-Temps, vous comprenez que ce ne sera pas quelque chose d’habituel. Imaginez-vous sur l’eau, sur une péniche, avec un pianiste qui apporte de la tendresse. Lorsqu’on enregistrait cet album, j’ai demandé à mon pianiste de s’inspirer de Herbie Hancock qui mange la sauce aloma (plat togolais “djenkoumè” ndlr). Donc il y aura un chef cuisinier (le pianiste), et puis un storyteller, pas un rappeur. Moi, un cogneur de l’invisible. Parce qu’on sait que le verbe, chez nous, c’est porteur d’imaginaire. Et on a envie que les gens se réveillent. Ce concert sera une communion entre ceux qui aiment la musique profonde et les textes profonds aussi.

    Et justement, parlons du processus de création de cet album, comment se sont connectés le pianiste et le storyteller ?


    Kamarou Kwaku Anthony, c’est mon pianiste. On s’est rencontré grâce à un grand musicien jazz du Togo et du Ghana qui s’appelle Fafa. Un jour, Fafa m’a fait croire qu’il ne se sentait pas bien. Il m’a dit Kamarou va me remplacer. Et Kamarou avait assisté à toutes les répétitions, et on ne s’est plus quitté depuis. Ce que j’aime chez ce frère, c’est cette envie de toujours se dépasser, de ne pas rester enfermé. Et je suis allé vers lui parce que je pense que c’était lui qui comprenait le mieux ce que je voulais faire. Je pense qu’il complète mon travail parce que mes propos peuvent être parfois très durs. Et j’ai compris avec le temps que ce qui est lourd, c’est avec légèreté qu’on le porte. En définitive, c’est une belle alchimie entre deux cogneurs de l’invisible. Lui avec ses doigts et moi avec ma voix.

    Combien de temps cela vous a pris pour composer ce disque ?


    Hors-Temps est un recueil de textes, c’est le travail de plusieurs artistes visuels plasticiens togolais. Par exemple, il n’y aura qu’un seul vinyle qu’on va vendre aux enchères. J’ai véritablement travaillé sur ce projet de mars à juin 2020. J’ai écrit les textes à cette époque-là. Puis je suis allé au studio avec plein de textes que je prenais au pif, sans répéter, sans ordre d’enregistrement, jusqu’à épuisement. Je disais à Kamarou “essaye tel truc comme ça” tu vois. Et le résultat est intéressant. Hors-Temps, c’est comme une invitation studio, pour plonger le public dans l’ambiance d’enregistrement. Et je pense que c’est important aussi qu’on montre ça aux gens qui nous soutiennent. Pour que, nous aussi, on prenne conscience que la place qu’on a, ce sont ces gens-là qui nous la donnent. En 2020, je n’étais pas prêt à défendre ce projet. C’est comme une nuit, j’ai traversé. J’ai été traversé par plein d’histoires. Et ce sont ces histoires que je raconte. Il y a des histoires qui m’ont semblé très invraisemblables. Mais j’ai voulu quand même m’offrir cette vulnérabilité-là pour raconter certaines choses dures. Donc trois mois d’écriture, une nuit pour l’enregistrer, attendre quatre ans pour le donner au public.

    Hors-Temps est un projet que vous avez créé également pour les artistes, car vous souhaitez éveiller les consciences des acteurs de l’industrie du disque et du divertissement. Dites-nous en plus ?


    Aujourd’hui, je pense souvent à la façon dont les artistes vivent. Hors-Temps c’est aussi se poser ces questions. Quand on ne contrôle pas notre musique. J’essaie de me battre pour contrôler ma production, mais aujourd’hui la distribution, c’est compliqué. Puis je pense que, aujourd’hui plus que jamais, l’artiste doit monter sur scène. C’est comme ça qu’on doit le faire. C’est de cette pensée qu’est partie l’idée de faire des live sessions. C’est un projet qui a été écrit pour la scène, même si j’ai envie de ne faire que sept concerts, pas plus. Ça commence à Paris le 18 septembre, ça finira à Lomé. Je dirai les dates au fur et à mesure.

    Qu’aimeriez-vous que l’on retienne de vous avec cet album Hors-Temps ?
    Avec ce projet, j’aimerais assumer le fait que je sois hors temps parce que pendant longtemps, je ne l’ai pas assumé. Ça peut sembler prétentieux de le dire. Je cogne l’invisible, c’est une façon de reconnaître le côté spirituel du travail qu’on fait. Je ne parle pas que de moi, mais de tous ceux qui nous ont précédés. Tous les ancêtres qui sont encore avec nous parce que nous sommes une continuité de ce qui nous a précédé. C’est ça être hors temps : traverser les époques et se poser les questions existentielles que chaque génération pourra se poser. On ne peut pas être sûr de ce que sera demain, mais au moins, on peut regarder dans le passé de temps en temps et se dire qu’on a accompli quelque chose de bien. Rendez-vous à Paris pour en découvrir plus.

    Elom 20ce, Hors-Temps (Asrafo Records) 2024
    Site officiel d’Elom 20ce / Facebook / Instagram / YouTube

    Source: RFI/musique

  • Tradition dans l’air du temps : faut-il réformer le rite initiatique au Togo ?

    Tradition dans l’air du temps : faut-il réformer le rite initiatique au Togo ?

    Le débat sur la place actuelle de la tradition dans les sociétés africaines n’est pas nouveau. Il a d’ailleurs resurgi en ces temps fiévreux du « panafricanisme ». Dans les discussions formelles et informelles deux camps s’affrontent souvent : conservateurs et réformateurs encore appelés progressistes. Le Togo n’échappe pas aux forums de discussions sur les réseaux sociaux où récemment la problématique d’adaptation des rites traditionnelles à la modernité a suscité des approches de réformes de la cérémonie Adifo.

    Aperçu

    Les échanges ont porté sur Adifo. C’est une institution séculaire par laquelle les jeunes filles sont éduquées dans le but de devenir de bonnes épouses, de bonnes mères ou des prêtresses. Elle est un rite éducatif qui se déroule dans un couvent à travers lequel la société contrôle l’éducation des jeunes filles et les prépare à l’exercice de leurs futurs rôles sociaux féminins. Cette tradition se pratique dans une aire géographique du sud du Togo, Adangbé.

    Anani Akakpo-Ahianyo, ancien enseignant chercheur à l’Université de Lomé a consacré une étude à cette dans tradition. Dans son ouvrage intitulé « Histoire des Adangbé », il renseigne que ces jeunes filles apprennent la poterie et la vannerie, l’économie domestique, la morale sociale et la morale religieuse.

    « L’initiation des « Adifosi » constitue pour la jeune fille Adangbé, la porte d’entrée dans une nouvelle société, celle des adeptes d’ « Adifo ». C’est l’appartenance à une nouvelle classe sociale. Et l’initiée est intégrée dans son humanité sociale. Elle est donc née à nouveau parce qu’ayant changé de statut et familiarisée avec les normes qui cimentent la société adulte et devient par conséquent un exemple de moralité. Cette initiation est scellée par la scarification, une marque indélébile que portent les initiées », précise l’universitaire.

    L’universitaire, de son côté, va au-delà d’une simple scarification. « La triple scarification consacre cette métamorphose, elle authentifie ce nouveau statut supérieur. Elle est un signe social d’appartenance à une classe d’âge supérieure et une expression pertinente du passage de la vie biologique à la mort, et de la mort à la renaissance sociale. Cette mutilation inventée par les ancêtres symbolise les transmutations invisibles afin de souligner à quel point l’« Adifosi» répond au modèle archétypal de la société, puisque le paraître exprime l’être », explique-t-il.

    Tout le rite, poursuit le chercheur, « est jalonné de prières à Mawu (Ndrl Dieu Tout-Puissant), à « Adifo » et aux ancêtres souvent invoqués sous forme litanique ». « Certaines attitudes des « Adifosi » reflètent leur désir de communion avec le Tout-Puissant par le truchement d’« Adifo » l’onction fréquente durant la claustration, le port de colliers faits d’intestins prélevés sur les chèvres rituelles, les offrandes alimentaires et financières à « Adifo » et la consommation des mêmes mets que ce dernier », fait savoir Anani Akakpo-Ahianyo.

    Réformes

    Dans l’air du temps actuel que le continent africain traverse, il est observé la résurgence des traditions africaines. Ce renouveau culturel et cultuel porté par la ferveur d’un certain panafricanisme avec l’arrivée des putschistes aux pouvoirs dans certains pays ravive des positions voire des tensions. Comme cela a été le cas quelques jours sur une plateforme WhatsApp au Togo.

    Les chantres du soudain regain de fascination pour les cultures africaines font des émules. Ces derniers n’hésitent pas à inviter à un certain passé « glorieux » des cultes ancestraux. « Ces gardiens du temple » recouvrent du poil de la bête par le vent « panafricain ». Cependant, leurs chevauchées subites rencontrent ceux qu’ils qualifient à tort ou à raison de mécréants. Ces derniers, des progressistes n’hésitent pas à faire savoir leur position. Dans la discussion sur le réseau social cité plus haut, ils proposent des réformes dans la pratique du rite initiatique Adifo.

    « Je n’ai rien contre un quelconque rite initiatique. Je déplore le fait de forcer un enfant par à entrer dans un couvent pendant que ses camarades sont à l’école ou sont en apprentissage », dénonce Adjo Djokidou, une revendeuse, elle-même Adifosi. Aujourd’hui, propose l’Adifosi, « on doit trouver une formule qui ne prive pas certains de leur droit élémentaire c’est-à-dire, la scolarisation ». « Notre époque est révolue », rappelle celle qui est passée par le couvent.

    Lui nous allons l’appeler Roger. Il a préféré garder l’anonymat et renchérit. « On ne peut plus priver un jeune aujourd’hui de l’école parce qu’il doit entrer dans un couvent ou suivre une cérémonie initiatique », dit-il catégorique. « La logique voudrait qu’on la fasse pendant les vacances où le concerné a le temps tant est qu’il le veuille », suggère-t-il.

    Certains de ceux qui appellent à la réforme de la tradition pointent du doigt le rapt subi par des enfants au nom de la tradition. Selon eux, des adolescentes sont parfois retirées par force à leurs parents pour suivre l’initiation. Elles paient ainsi le prix des vœux que leurs familles ont fait préalablement avant leur naissance, d’après toujours les détracteurs des conservateurs.

    En toile de fond du débat sur le poids de la tradition, son adaptation sur les réalités actuelles. Yao Ameyitovi, un guide spirituel basé à Lomé, la capitale togolaise, semble couper la poire en deux. « Dans les traditions, il y a des choses qui doivent rester en l’état. D’autres doivent évoluer », tranche -t-il.

    Pour lui, beaucoup de traditionnalistes aujourd’hui ont compris qu’il est plus que nécessaire de déroger sur certaines règles. Le shaman déplore toutefois que certains rechignent à suivre la nouvelle dynamique qui consiste à ne plus perdre du temps à quelque dans un couvent. « Ce qui peut se faire en trois mois voire une année, pourrait l’être de nos jours en une journée, une semaine tout au plus », préconise Yao Ameyitovi.

    Kossivi AMETOWOGBLONA

  • Littérature : “Ma Maison d’initiation”,  ”un roman atypique”

    Littérature : “Ma Maison d’initiation”,  ”un roman atypique”

    Universitaire et critique littéraire, le Professeur  Ayayi Togoata Apédo-Amah analyse le roman « Ma maison d’initiation » de Koutchoukalo Tchassim et en déduit qu’il s’agit d’ « un roman atypique », laissant « peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration ».

    Lisez plutôt son observation, sans concession mais objective.

    ””MA MAISON D’INITIATION” de Koutchoukalo TCHASSIM, (Roman, Christon Éditions, Cotonou, 2017.)

    Par Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique de l’écrivaine togolaise Koutchoukalo Tchassim. Ce roman échappe à la linéarité textuelle, car il est composé de récits enchassés mais qui ne dispersent pas l’attention du lecteur. D’où la difficulté de le résumer. Le centre d’intérêt demeure le même jusqu’au bout, puisqu’il s’agit de la maison d’initiation, une métaphore polysémique qui oblige parfois le lecteur à décoder le texte au second degré. C’est l’école, l’université, le pouvoir, la vie politique, la religion, les rites de passage, la corruption, le droit de cuissage, etc.

    Ce genre de texte, laisse peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration. C’est pourquoi les deux personnages qui se distinguent des autres comme Gorki Le Filou et Almadine, ne sont pas indispensables à la compréhension du récit ou plutôt des récits. Cette architecture textuelle fonctionne comme les tableaux dans les pièces du théâtre épique négro-africain par rapport à leur autonomie relative eu égard à l’ensemble des parties.

    En littérature, un texte s’insère dans un contexte. Le contexte est le Togo, la fameuse “maison d’initiation”, qui apparaît comme une suite de cercles concentriques, dans laquelle l’auteure nous promène de l’époque de la dictature du parti unique avec ses danses d’animation et son griotisme politique jusqu’à nos jours. Toute la vie nationale est passée au crible de la critique avec ironie. Dans ce contexte, l’autocensure est de règle pour les écrivains, mais Tchassim ne bride pas trop sa liberté d’expression d’écrivaine pour délivrer son message dans un pays où tout fout le camp, où les valeurs sont égarées. Des temps douloureux d’anomie.

    Le tout est dit dans un style qui mérite qu’on en parle. Tchassim recourt beaucoup aux néologismes, aux citations d’écrivains qu’elle enchasse dans son texte. Le ludisme apparaît dans la titrologie de livres d’autres auteurs pour construire ses phrases. Elle cite beaucoup en utilisant l’intertextualité. Il est évident qu’elle maîtrise l’art littéraire.

    Le style est basé sur l’usage de la parataxe, des phrases sans liens logiques. L’abondance de points dans la ponctuation segmente souvent les phrases telles qu’elles doivent apparaître dans l’ordre habituel: sujet, verbe, complément, en les atomisant. J’avoue qu’en tant qu’écrivain qui use beaucoup de la ponctuation dans un autre registre, cela m’a posé un problème de souffle au niveau de la lecture. J’étais parfois obligé de m’arrêter face à la brisure de la linéarité des phrases pour reprendre du souffle. Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. J’en conclus que Tchassim a une respiration scripturale différente de la mienne. En effet, selon les écrivains, l’abondance ou la parcimonie des signes diacritiques est souvent liée à leur respiration ou à leur volonté stylistique de casser le rythme mormal de la phrase ou de l’allonger. Le style parataxique est celui de Koutchoukalo Tchassim au niveau de la construction de la phrase et de sa segmentation.

    Par ailleurs, son esthétique littéraire recourt beaucoup aux effets d’accumulation des mots plus ou moins synonymes pour qualifier une même chose ou réalité. Cette accumulation est à inscrire dans sa volonté d’orienter la lecture dans le sens de l’exagération. Il y a du carnavalesque dans l’esthétique littéraire de Tchassim. Le tout contribue à l’effet d’ironie et d’humour par lequel elle pose un regard critique sur la société sans prendre de gant.

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique dans le champ littéraire togolais. À ce titre, il mérite d’être lu.

    Toutes les réactions :

    13Sebastien Vondoly et 12 autres personnes

    “MA MAISON D’INITIATION” de Koutchoukalo TCHASSIM, (Roman, Christon Éditions, Cotonou, 2017.)

    Par Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique de l’écrivaine togolaise Koutchoukalo Tchassim. Ce roman échappe à la linéarité textuelle, car il est composé de récits enchassés mais qui ne dispersent pas l’attention du lecteur. D’où la difficulté de le résumer. Le centre d’intérêt demeure le même jusqu’au bout, puisqu’il s’agit de la maison d’initiation, une métaphore polysémique qui oblige parfois le lecteur à décoder le texte au second degré. C’est l’école, l’université, le pouvoir, la vie politique, la religion, les rites de passage, la corruption, le droit de cuissage, etc.

    Ce genre de texte, laisse peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration. C’est pourquoi les deux personnages qui se distinguent des autres comme Gorki Le Filou et Almadine, ne sont pas indispensables à la compréhension du récit ou plutôt des récits. Cette architecture textuelle fonctionne comme les tableaux dans les pièces du théâtre épique négro-africain par rapport à leur autonomie relative eu égard à l’ensemble des parties.

    En littérature, un texte s’insère dans un contexte. Le contexte est le Togo, la fameuse “maison d’initiation”, qui apparaît comme une suite de cercles concentriques, dans laquelle l’auteure nous promène de l’époque de la dictature du parti unique avec ses danses d’animation et son griotisme politique jusqu’à nos jours. Toute la vie nationale est passée au crible de la critique avec ironie. Dans ce contexte,  l’autocensure est de règle pour les écrivains, mais Tchassim ne bride pas trop sa liberté d’expression d’écrivaine pour délivrer son message dans un pays où tout fout le camp, où les valeurs sont égarées. Des temps douloureux d’anomie.

    Le tout est dit dans un style qui mérite qu’on en parle. Tchassim recourt beaucoup aux néologismes, aux citations d’écrivains qu’elle enchasse dans son texte. Le ludisme apparaît dans la titrologie de livres d’autres auteurs pour construire ses phrases. Elle cite beaucoup en utilisant l’intertextualité. Il est évident qu’elle maîtrise l’art littéraire.

    Le style est basé sur l’usage de la parataxe, des phrases sans liens logiques. L’abondance de points dans la ponctuation segmente souvent les phrases telles qu’elles doivent apparaître dans l’ordre habituel: sujet, verbe, complément, en les atomisant. J’avoue qu’en tant qu’écrivain qui use beaucoup de la ponctuation dans un autre registre, cela m’a posé un problème de souffle au niveau de la lecture. J’étais parfois obligé de m’arrêter face à la brisure de la linéarité des phrases pour reprendre du souffle. Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. J’en conclus que Tchassim a une respiration scripturale différente de la mienne. En effet, selon les écrivains, l’abondance ou la parcimonie des signes diacritiques est souvent liée à leur respiration ou à leur volonté stylistique de casser le rythme mormal de la phrase ou de l’allonger. Le style parataxique est celui de Koutchoukalo Tchassim au niveau de la construction de la phrase et de sa segmentation.

    Par ailleurs, son esthétique littéraire recourt beaucoup aux effets d’accumulation des mots plus ou moins synonymes pour qualifier une même chose ou réalité. Cette accumulation est à inscrire dans sa volonté d’orienter la lecture dans le sens de l’exagération. Il y a du carnavalesque dans l’esthétique littéraire de Tchassim. Le tout contribue à l’effet d’ironie et d’humour par lequel elle pose un regard critique sur la société sans prendre de gant.

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique dans le champ littéraire togolais. À ce titre, il mérite d’être lu”.

    Source: page Facebook de Sébastien Vondoly, directeur général de la maison d’édition Continents

  • Institut français du Togo: rencontre avec le photojournaliste Bernard Brisé

    Institut français du Togo: rencontre avec le photojournaliste Bernard Brisé

    Le photographe Bernard Brisé présentera ce samedi 14 septembre à l’Institut Français du Togo son dernier livre. Fruit de deux résidences artistiques réalisées à Lomé, il est publié aux éditions Le Bord de L’Eau.

    Rejoignez-nous le samedi 14 septembre à 10h30 à la médiathèque pour la présentation du dernier livre du photographe Bernard Brisé, intitulé « Lomé / Paris ». Cet ouvrage, publié aux éditions Le Bord de L’Eau, est le fruit de deux résidences artistiques réalisées à Lomé en 2022 et 2023 en partenariat avec l’association Filbleu et la Commission Nationale de la Francophonie du Togo.

    À travers ses photographies et les textes de l’écrivain Kangni Alem, Bernard Brisé explore les liens entre Lomé et Paris, ainsi que notre histoire commune. Ses clichés, chargés de sens, nous invitent à repenser nos perceptions et à imaginer ensemble un avenir meilleur .

    À cette occasion, un exemplaire du livre sera offert aux modèles et partenaires qui ont contribué à ce magnifique projet.

    Ne manquez pas cette opportunité unique de découvrir l’œuvre de Bernard Brisé et d’échanger avec lui sur son processus créatif !

    Entrée libre et ouverte à tous.

    Source: Institut français du Togo

  • Togo-OAPEC revient  avec de nouvelles bourses d’études au Maroc

    Togo-OAPEC revient  avec de nouvelles bourses d’études au Maroc

    L’Organisation africaine pour l’éducation et la culture (OAPEC), comme il est de coutume, revient à la veille de la nouvelle rentrée scolaire, avec des bourses d’études supérieures au Maroc.

    Une organisation apolitique à caractère social, culturel et à capital variable, basée à Lomé avec des antennes dans plusieurs pays  dans la sous-région, elle offre des bourses aux bacheliers pour des études universitaires au Maroc.

    Avoir le BAC datant au plus de deux ans, avoir au moins 12 de moyenne, disposer d’un passeport en cours de validité sont les conditions à remplir pour postuler. « Seuls les candidats sélectionnés seront contactés pour la suite du processus », peut-on lire sur une affiche de l’OAPEC.

    Signe de confiance ?

    En septembre 2023, une délégation de l’université marocaine Universiapolis, partenaire de l’Organisation africaine pour l’éducation et la culture, était en visite à Lomé en prélude aux préparatifs du voyage des nouveaux boursiers d’alors.

    Cette visite faisait suite aux « Bourses d’excellence OAPEC » offertes aux bacheliers, le tout s’inscrivant dans le cadre de la promotion de  l’excellence académique, la recherche et le financement des bourses d’études supérieures, la promotion des outils technologiques dans l’éducation.

    L’OAPEC promeut l’éducation, l’excellence académique ; développe les  projets linguistiques avec des élèves. C’est parce qu’aujourd’hui, l’éducation passe également par l’utilisation des techniques modernes de la communication que l’OAPEC en a fait son biotope.

  • Littérature : les cinq ouvrages finalistes du Prix Ivoire 2024

    Littérature : les cinq ouvrages finalistes du Prix Ivoire 2024

    On connait désormais les cinq ouvrages retenus pour la phase finale du Prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone 2024. Les détails dans le communiqué ci-dessous.

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Liste des ouvrages finalistes du Prix Ivoire 2024

    L’association Akwaba Culture a l’honneur de porter à la connaissance des professionnels du livre et du public que le jury chargé de la sélection des ouvrages finalistes du Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2024 a achevé ses travaux.

    A l’issue de ses délibérations, le jury, composé de Michel Koffi (critique littéraire ; président), Solange Anoh (libraire), Serge Grah (critique littéraire), Koffi Koffi (critique littéraire), Henri N’koumo (critique littéraire), a sélectionné les cinq (05) ouvrages ci-dessous. Il s’agit, par ordre alphabétique, de :

    1. Charline Effah  (Gabon), Les  Femmes de   Bidibidi, roman, éd. Emmanuel  Colas, 2023, 224 p ;

    2. Azza Filali (Tunisie), Malentendues, roman, éd. Elyzad, 2024, 326 p ;

    3. Hary Rabary (Madagascar), Zakoa, roman, éd. Dodo Vole, 2023, 144 p ;

    4. Marie-George Thébia (Guyane), Ames tembé, éd. Feed Back, 2023, 248 p ;

    5. Gary Victor  (Haïti), Le Violon d’Adrien, roman,  éd. Mémoire d’Encrier,  2024, 192p.

    Soixante-seize (76) ouvrages en provenance de seize (16) pays ont été régulièrement enregistrés pour l’édition 2024 du Prix Ivoire. L’écrivaine et dramaturge Werewere-Liking est la présidente du jury final chargé de la désignation du lauréat parmi les cinq (05) finalistes ci-dessus. Le nom de ce dernier sera communiqué le 18 octobre 2024, par voie de presse.

    Le 16ème Prix Ivoire pour la Littérature   Africaine d’Expression Francophone, doté d’un montant de trois mille (3.000) euros, sera décerné le samedi 23 novembre 2024 à Abidjan (Côte d’Ivoire).

    Conformément au règlement en vigueur, seul le lauréat sera pris en charge par le comité d’organisation pour la réception de son prix à Abidjan.

    Créé   en   2008   par   Akwaba   Culture,   association   de   droit   ivoirien,   le   Prix   Ivoire pour   la Littérature Africaine d’Expression Francophone est placé sous le parrainage du Ministère de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, de l’ambassade de France à Abidjan, de la Fondation Orange Côte d’Ivoire, de la Librairie de France Groupe.

    L’association Akwaba Culture félicite tous les participants au Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2024 et souhaite bon vent aux cinq (05) finalistes cités plus haut.Fait à Abidjan, Côte d’Ivoire, le 09 août 2024.

    Pour l’association AKWABA CULTURE,

    La Présidente

    Isabelle Kassi-Fofana

    prixivoire@yahoo.fr Tél. : (+225) 07 07 05 74 05 ; (+225) 07 07 90 52 52.

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