Auteur/autrice : La Rédaction

  • Togo: les oppositions se mobilisent contre la nouvelle Constitution

    Togo: les oppositions se mobilisent contre la nouvelle Constitution

    L’opposition togolaise est toujours vent debout contre la nouvelle Constitution promulguée le 6 mai 2024. Deux partis politiques, ainsi que plusieurs organisations de la société civile, ont mis en place ce lundi 3 mars à Lomé un cadre de travail pour se dresser contre la nouvelle Constitution.

    Ce n’est pas une coalition ni une alliance, mais un cadre de travail qui veut se dresser contre la nouvelle Constitution du 6  mai 2024 au Togo. Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile se sont réunies ce lundi 3 mars à Lomé pour le mettre en place : une chose peu aisée pour l’opposition togolaise, après plusieurs déboires ces dernières années.

    Une « forfaiture » pour les opposants

    La Constitution promulguée le 6 mai fait basculer le Togo dans une nouvelle République. Elle instaure un régime parlementaire avec une présidence honorifique dont le mandat est limité. C’est le président du conseil qui détient tous les pouvoirs. Le nouveau texte fondamental du Togo est une « forfaiture », affirme le leader de l’alliance nationale pour le changement, Jean-Pierre Fabre : « Vous avez quelqu’un qui est chef d’un parti, c’est-à-dire qu’il n’est pas élu, en tout cas par le peuple, mais lui, il a la capacité de dissoudre une institution émise par le peuple. Et ça fait partie des incongruités de la Constitution. » 

    Paul Dodji Apévon, président des Forces démocratiques pour la République (FDR) plaide pour des actions pour que les Togolais prennent conscience de la situation : « Qui ose, qui dit non à ce qui se passe dans notre pays ? Qu’est-ce qu’on fera demain pour sortir de la bêtise, si ce n’est pas par des actions de ce genre, pour réveiller la conscience des Togolais ! »

    Appel à la mobilisation

    Ces opposants ont signé une charte ce lundi 3 mars. Elle reste ouverte à toutes les parties engagées contre la Constitution. Pour le professeur David Ekoué Dosseh, membre du nouveau cadre contre la Constitution, l’objectif est de remobiliser et de resensibiliser les populations, contre « cette machine infernale qui n’a que trop duré à la tête de cette nation et qui a détruit la dignité et la liberté du peuple togolais. »

    Un meeting sera organisé le dimanche 23 mars 2025 par toutes les entités qui ont signé le cadre de travail, ont annoncé les participants. 

    Source: rfi.fr/fr

  • Insaisissable développement

    Insaisissable développement

    PNB en entrée, PIB en plat principal, taux de croissance en dessert… Jamais, les agrégats économiques n’ont été servis à table aux populations. Non, ce n’est pas (que) cela, le développement !

    Le Cap, cette semaine, accueillait les dirigeants d’un demi-millier de banques de développement du monde. Avec beaucoup d’annonces, quelques résolutions et engagements, notamment, pour des investissements dans les objectifs du développement durable. Pourquoi subsiste-t-il, malgré tout, le sentiment que le développement est un rêve inaccessible en Afrique ?

    Sans doute parce que la notion même de développement, aux yeux des populations, a perdu son sens. Les rares avancées sont trop souvent contrariées par des reculs brusques, qui obligent à tout recommencer, tel Sisyphe derrière sa pierre. Après soixante ans à courir après le développement, il est, en Afrique, peu de pays où l’on peut dire aux citoyens que, sur un plan précis, le développement a été atteint. Santé, éducation, adduction d’eau, électricité, infrastructures… Pas ou peu de conquêtes irréversibles !

    Dans les années 70 et 80, l’on abreuvait les populations de slogans définitifs, du genre : « Santé pour tous en l’an 2000 ! », que l’on déclinait sur l’éducation, l’agriculture, l’alimentation, et bien d’autres domaines. Nous sommes en 2025, et les populations attendent toujours le mieux-être et la satisfaction de leurs besoins fondamentaux que leur promettaient les politiques, avec l’accession à la souveraineté internationale.

    Et pourtant, presque partout, les États avaient créé des banques nationales de développement !

    La plupart ont fini par faire faillite, plombées par les créances irrécouvrables ou douteuses, sur des débiteurs haut-placés, des dignitaires des régimes en place… La généralisation de ces abus avait conduit les États eux-mêmes au bord de la faillite, les contraignant à l’ajustement structurel et aux plans drastiques d’austérité. Que les gouvernants acceptaient de subir sans rechigner, tant ils avaient mauvaise conscience. Ces institutions de lutte contre le sous-développement savaient, selon la formule d’Aimé Césaire, mal poser les problèmes, pour mieux justifier les mauvaises solutions qu’elles leur apportaient. En plus, elles n’avaient aucune obligation de résultats. Et quand l’ajustement structurel échouait, elles inventaient l’ajustement structurel renforcé. Ou revoyaient à la baisse leurs ambitions : réduire la pauvreté, plutôt de l’éradiquer, c’est bien commode ! À l’image de celui-là, pour qui, à défaut de développer les pays, l’on pouvait juste rendre le sous-développement habitable pour les populations.

    Qui donc assume ce manque d’ambition ? Les États ou les institutions ?

    En général, les institutions rejettent la faute sur les gouvernements. Ce que dénonçait l’économiste égyptien Samir Amin, pour qui ces institutions font de fausses analyses et proposent de fausses solutions, en substituant des recettes techniques à l’analyse des causes et des racines de la faillite du développement de l’Afrique. Du Rapport Berg, intitulé : « Pour un développement accéléré dans l’Afrique sub-saharienne », Samir Amin dénonçait la légèreté et l’irréalisme. Il déplorait que la Banque mondiale, dans ce document publié en 1981, attribue l’échec des politiques à la seule responsabilité des gouvernements africains qui, pour la plupart, n’avaient fait que suivre respectueusement les orientations indiquées par les institutions de Bretton Woods.

    Les reproches que faisaient ces institutions aux Africains au sud du Sahara étaient parfois contradictoires : tantôt, on les accusait de mépriser l’agriculture ; de donner la priorité à l’industrie ; de contribuer au sous-développement de leurs ressources humaines. Puis ce sont les mêmes qui faisaient croire aux populations africaines que les potions amères des programmes d’ajustement structurel suffiraient à opérer des miracles, qui changeraient leur destin. Les mêmes qui, pour « dégraisser » la Fonction publique, recommandaient d’envoyer médecins, enseignants et autres ingénieurs à la retraite à 50 ou 55 ans, âges auxquels, en Occident, les éducateurs et autres soignants étaient considérés comme suffisamment expérimentées pour transmettre le meilleur du savoir et prodiguer les soins les plus efficaces. Les mêmes qui s’étonneront, ensuite, de voir, dans ces pays, l’enseignement piquer du nez, et les hôpitaux se transformer en mouroirs. La triste réalité est que, jamais, les agrégats économiques n’ont été servis à table aux populations : PNB en entrée, PIB en plat principal, taux de croissance en dessert. Non, ce n’est pas cela, le développement !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 1er août 2025 sur RFI

  • Nguissan Djehani, un gardien de l’ombre si…talentueux

    Nguissan Djehani, un gardien de l’ombre si…talentueux

    Actuellement dans les perches de Sporting Club de Gagnoa en deuxième division du championnat ivoirien de football, Nguissan Yao Djehani, fait face à une carrière des plus curieuses. Longtemps dans l’ombre d’un certain Kossi Agassa, sous le sélectionneur français Didier Six, qui lui a fait appel une première fois en 2013, en prélude aux préparatifs des éliminatoires de la Coupe du monde Brésil 2014, sa titularisation dans les perches nationales est intervenue, une année plus tard. Et face à l’Ouganda à Kampala. Ce jour, il l’a remporté sans encaisser le moindre but…

    « Qui est donc, ce dernier rempart aussi affûté, qui évolue si bien et empêche l’adversaire de marquer un but » ?

    On lui dira qu’il est formé à Planète Foot, une École de Football qui n’est autre qu’une Cellule éducative et sociale, dont le rôle est d’assurer une formation morale, éducative, sociale et physique par la pratique du football.

    C’est là où, Yao Nguissan a commencé sa formation. Et ce, durant trois années, avant de rentrer officiellement dans la pratique.

    Le Togo, un pays réputé pour « fabriquer » des goals de classe

    Le Togo qui a toujours disposé d’une génération exceptionnelle de gardiens de but, comme Tommy, Mayé, Koudadjé, Denaynon, Waké et autre Agassa dans les caisses de l’équipe nationale, et maintenant, Nguissan Yao. Et donc, revenu au pays, après une demi-saison du championnat de football de la Birmanie, cette toute première expérience, lui a permis, comme il le dit, « d’être ce jeune homme, qui sait voyager sans pression ». Et c’est là sans doute où découle sa force…

    Avoir la notoriété de son modèle Kossi Agassa

    Ce n’est donc, pas un hasard quand le Chroniqueur demandait à cet athlète togolais Nguissan Yao, le sportif local, dont il est le modèle et qu’il voudrait se ressembler ? Sans hésiter, sa réponse est Kossi Agassa. Et de poursuivre : « Je l’apprécie énormément. C’est un gardien très moderne que je voyais prester, comme il le faisait, et que je voulais vraiment faire comme lui…et lui ressembler ». Pour son expérience en football, surtout, son expérience dans la vie, pour s’être aventuré jusqu’en Europe (Birmanie) pour une demi-saison. Cependant, il est à retenir que même pour le jeune Epervier, les choses n’ont pas toujours été si simples pour lui… Pourtant il assure que, « chaque fois, sur un terrain de football, ça reste un honneur pour moi, parce que je prends un grand plaisir à défendre », dit-il, en souriant.

    L’ Epervier national tel un pigeon voyageur

    De 2011 à 2016, il est resté à Dyto FC, avant de s’expatrier au Nigéria, porté les couleurs du grand Enugu Rangers. Une nouvelle étape, de nouvelles choses à apprendre, le temps d’une saison au pays de Muhammadu Buhari, et il retourne au pays reprendre avec le club militaire. Ses bons et loyaux services, ont fait que Djehani, retourné à Lomé au sein de Dyto FC. Mais ne pouvait qu’être courtisé par les champions, dont l’ASCK. Le club du nord du Togo et président du club chaudement champion national. C’est pour la saison 2018-19, puis, un appel et une proposition lui est venue de Djibouti. Où dit-il, « J’y ai passé 5 saisons, en jouant pour trois clubs différents ».

    A la découverte du football Djiboutien

    L’ancien joueur et dernier rempart, venu de Dyto FC et qui a fait, ensuite, le bonheur de l’Association Sportive de la Kozah (ASCK) durant une saison pleine et qui aura clairement marqué son petit temps, réalise un deuxième exil vers Djibouti. Une saison passée à l’AS Port de Djibouti, et c’est, trois saisons au profit de l’ACS Hayableh/CNSS. La suite c’est, Arta Solar 7, un club de prestige qui l’accueille. Toujours dans l’élite djiboutienne, et qui frappe fort lors du mercato hivernal, en recrutant l’international franco-camerounais Alexandre Song, l’ex milieu de terrain du FC Barcelone et des Lions Indomptables, a paraphé un bail de deux ans et ça donne de nouveau le sacre final.

    Pour le compte de cette saison (2024-2025) au Sporting club de Gagnoa, tout ne va pas si mal et après 13 rencontres, le classement donne 13 disputées, pour 9 victoires contre 2 défaites et 2 résultats nuls. Ce n’est pas si mal… Même si le club est classé 4e à trois points du leader. Tout en précisant que la Ligue 2 ivoirienne, est aussi difficile que celle du Togo.

    Cependant, en championnat avec des statistiques personnels et le classement sur cette première manche, et qui compte 13 match joués, 5 buts encaissés pour 9 clean sheet, une 4e place semble bien encourageante. Ainsi qu’au niveau de la Coupe nationale où il est enregistré deux matchs de tours préliminaires gagnés (4-1 et 0-3) en faveur du club de Gagnoa.

    Le magnat de l’AS Solar7, devrait en fait commencer par se frotter les mains et sourire à l’avenir…

    Chronique de Yves de Fréau (consultable sur sa page Facebook)

  • Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Après les révélations de la Cour des comptes du Sénégal sur l’état des finances publiques, l’agence américaine Moody’s fait passer le pays de B1 à B3.

    Moody’s dégrade la note du Sénégal suite aux révélations de la Cour des comptes. En effet,  la juridiction financière a annoncé, le 13 février dernier, qu’en 2023 la dette publique du pays est égale à 100% du Produit intérieur brut (PIB) ; le déficit budgétaire, lui, occupe 12,3%. Alors que la précédente administration chiffré la dette à 65,6%.

    Moody’s s’empare du sujet. : « La dégradation du Sénégal est due aux nouvelles données de la Cour des comptes révélant une situation budgétaire beaucoup plus fragile », souligne l’agence américaine de notation dans un communiqué. Elle va plus loin en dégradant le pays de B1 à B3 avec des perspectives négatives.

    Ousmane Sonko, le Premier ministre, peu après la publication du rapport de la Cour des comptes, a, devant les députés, déployé des « manquements graves » avec la menace que leurs auteurs seront poursuivis par la justice.

  • UA: De l’excès de prudence à l’inefficacité

    UA: De l’excès de prudence à l’inefficacité

    Depuis que l’Organisation de l’Unité Africaine, au tournant du millénaire, est devenue l’Union africaine, dirigée par un Président (de la Commission), en lieu et place du secrétaire général, il est le premier à boucler deux mandats. Cette prouesse, si c’en est une, laisse dans une totale indifférence les peuples africains, peu convaincus de la réelle utilité de l’Organisation panafricaine.

    Dans son discours d’adieu, Moussa Faki Mahamat, le président sortant de la Commission de l’Union africaine s’est félicité de nombreux succès, en déplorant quelques « insuffisances, lacunes, difficultés et défis ». Que retiendront concrètement les Africains de ses deux mandats ? Et à quoi doivent-ils s’attendre, avec Mahmoud Ali Youssouf, qui lui succédera le 15 mars prochain ?

    Pour être franc, les Africains n’en sont déjà plus à se préoccuper de ce qu’a éventuellement réussi (ou n’a pas osé) Moussa Faki Mahamat. Quant à son successeur, ils sauront, avec ce qu’il leur reste de patience, attendre de le voir à l’œuvre, avant de porter un quelconque jugement. Cette indifférence de fait dénote un scepticisme, sinon une grande défiance des peuples du continent, dubitatifs, quant à l’utilité de cette organisation dans leurs vies. Mais cette défiance vise davantage les chefs d’État que les présidents de Commission plus ou moins malléables qu’ils élisent.

    Comme si les déconvenues passées de quelques trop fortes personnalités dans ces fonctions avaient fini par inciter la plupart des titulaires à se complaire dans un excès de prudence, confinant parfois à l’inefficacité. Cela n’est, certes, pas un travers particulier à la seule Union africaine. Mais, en raison de l’importance des défis à relever, les conséquences, ici, sont d’une ampleur colossale.

    Cette fonction requiert du courage, pour oser rappeler à leurs devoirs des chefs d’État plus souvent tentés d’utiliser cette tribune pour conforter leur pouvoir que pour défendre leurs peuples. Elle implique de savoir, à l’occasion, tenir tête aux dirigeants qui prennent des libertés avec les textes qui régissent l’organisation. Lorsqu’un État membre de l’Union européenne viole les règles de l’Union, la Commission de Bruxelles sait le rappeler à l’ordre, et même, au besoin, lui infliger les sanctions prévues par les textes.

    Certains premiers responsables de l’Organisation, qui ont osé tenir tête aux chefs d’État, ont eu à le payer très cher…

    Cela est certain. Le Guinéen Boubacar Diallo Telli, le Camerounais Nzo Ekangaki, le Togolais Edem Kodjo… autant d’expériences, dont les dirigeants africains semblent avoir tiré comme une leçon de médiocrité, préférant des présidents de Commission dociles et obéissants à de trop fortes personnalités. C’est pourtant, à l’échelle continentale, l’une des fonctions qui requièrent le plus de créativité, d’envergure et un leadership convaincant. Car, l’équation personnelle compte toujours pour beaucoup dans une telle fonction.

    En l’occurrence, le président sortant de la Commission dit avoir laissé aux dirigeants un document portant sur certaines questions relatives à la survie de l’organisation… N’est-ce pas courageux ?

    C’est ce qu’il semble suggérer, lorsqu’il affirme qu’un chef d’État a qualifié son document de « brûlot ». Mais il s’est aussi enorgueilli d’avoir passé dix-sept ans au Conseil exécutif de l’Union, qu’il nomme « Club des ministres des Affaires étrangères », entre l’époque où il y siégeait comme chef de la diplomatie tchadienne et ses deux mandats de président de la Commission. Cette longévité ne lui aura manifestement pas permis d’anticiper et de surmonter les « insuffisances, lacunes, difficultés et autres défis » qu’il décrit, par ailleurs.

    Pondre un « brûlot », alors que votre poste n’est plus en jeu, donc pas menacé, ce n’est ni du courage ni de la témérité. D’autres ont connu des difficultés pour avoir, justement, osé des actions qui valaient brûlots… Et il ne s’agit pas que de l’emblématique Boubacar Diallo Telli, sujet d’élite, achevé de manière inhumaine dans les geôles du panafricaniste et néanmoins dictateur Ahmed Sékou Touré.

    L’Afrique qui s’acharne à achever ses propres héros doit-elle s’étonner d’en manquer dans des positions aussi importantes ? Les peuples du continent sont plus que mal à l’aise, pour se plaindre du tort que leur font les autres, lorsqu’ils réalisent que, pour ne pas respecter les textes et les règles qu’elle se donne, l’Organisation panafricaine s’évertue à dissuader, sinon à casser les prétendants les plus courageux à tout leadership continental.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 22 février 2025 sur RFI

  • Togo- Orabank ferme une de ses agences de Lomé

    Togo- Orabank ferme une de ses agences de Lomé

    L’agence Orabank de la rue des chemins de fer à Lomé cessera ses activités à compter du 31 mars prochain. Pourquoi une telle décision? La direction n’en donne pas d’explication, se contentant de “rassurer que tous les comptes actuellement détenus dans cette agence seront disponibles dans toutes les autres agences environnantes et que les détails de vos comptes ne seront pas modifiés”.

    AVIS A LA CLIENTELE

    Chers clients,

    Nous voudrions vous informer qu’à compter du 31 mars 2025 votre agence de la rue des chemins de fer sera fermée.

    Ainsi tous les services fournis par cette agence cesseront, mais un guichet automatique sera mis à votre disposition afin de vous faciliter les opérations courantes.

    Nous tenons à vous rassurer que tous les comptes actuellement détenus dans cette agence seront disponibles dans toutes les autres agences environnantes et que les détails de vos comptes ne seront pas modifiés.

    Nous restons engagés à vous offrir un service de qualité et restons à votre disposition pour toute information complémentaire aux numéros suivants : +228 99 800 800 /+228 22 53 64 00.

    Bien cordialement.

    La direction Générale

  • Suspension de l’USAID: «L’annonce américaine peut servir de réveil pour les dirigeants africains» selon Kako Nubukpo

    Suspension de l’USAID: «L’annonce américaine peut servir de réveil pour les dirigeants africains» selon Kako Nubukpo

    Le 27 janvier, le président Donald Trump gelait pour trois mois les aides extérieures américaines. Plus de 68 milliards de dollars en 2023, gérés en majorité par l’agence USAID. Cette mesure a provoqué une onde de choc, particulièrement en Afrique, où l’avenir de millions de bénéficiaires est en jeu. L’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo appelle à repenser la solidarité internationale, et incite les dirigeants africains à sortir « d’une certaine posture misérabiliste ». Il répond aux questions de Liza Fabbian.

    RFI : Comment avez-vous réagi en apprenant la suspension de l’aide au développement américaine ? 

    Kako Nubukpo : Ce fut brutal comme annonce et, j’allais dire, un peu excessif. C’est quand même 20 milliards de dollars qui vont vers l’Afrique, normalement en provenance des États-Unis, qui n’arriveront pas cette année.

    Est-ce que vous pensez que cette décision de Donald Trump était prévisible en quelque sorte ? 

    Oui et non. Oui, parce que durant son premier mandat, il a eu parfois des propos qui marquaient, quasiment du mépris par rapport à l’Afrique. Et puis le fait d’avoir demandé à Elon Musk de faire un peu la revue des dépenses publiques américaines pouvait laisser présager des coupes sombres. Mais c’est clair que c’est surprenant parce qu’on a l’impression qu’il est resté dans une vision de l’aide « charité », alors que de toute évidence, aujourd’hui, l’aide, c’est de l’investissement gagnant-gagnant. 

    On peut peut-être parler de l’impact de cette décision américaine sur les populations et les pays africains. Est-ce qu’il y a une manière de mesurer cet impact ? 

    Il y a déjà les gens qui travaillent dans ces agences d’aide, comme l’USAID, qui se retrouvent au chômage technique. Il y a beaucoup d’ONG qui dépendent des financements de l’USAID qui vont se retrouver également à court d’argent. Et puis il y a surtout les populations bénéficiaires de cette aide. 

    Vous savez, depuis les programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, plusieurs secteurs, notamment sociaux en Afrique, dépendent quasiment de l’aide publique au développement : la santé, l’éducation. C’est-à-dire que le fonctionnement est assuré par le budget national. Mais pour l’essentiel, les budgets d’investissement dépendent en fait des aides. 

    Pourtant, vous appelez aussi à relativiser le poids et l’importance de cette aide américaine… 

    L’Afrique exporte à peu près 600 milliards de dollars en termes de recettes d’exportation qui ne sont pas forcément rapatriés. Et en plus, la CNUCED nous indique qu’il y a à peu près 90 milliards de dollars chaque année de flux financiers illicites qui quittent l’Afrique en direction du reste du monde. Donc en net, l’Afrique apporte plus au reste du monde que l’inverse. Et donc c’est une question au fond de narratif. 

    Alors que peuvent faire les États africains ? Est-ce que ce n’est pas justement le moment pour eux de repenser certaines de leurs politiques budgétaires notamment ? 

    Nous nous sommes complus dans l’acceptation du narratif occidental qui consistait à dire qu’on nous aide. Dans les faits, ce n’est absolument pas vrai. 

    Et comme en plus, nous avons toujours eu des dirigeants qui donnaient l’impression d’aller quémander auprès du reste du monde ce dont ils avaient besoin pour piloter leurs nations, il s’est installé ce narratif. Et donc il est temps d’assumer les fonctions régaliennes des États. 

    On ne peut pas laisser les fonctions régaliennes de l’État aux aléas des flux d’aide publique au développement. Et de ce point de vue, l’annonce américaine peut servir au fond de réveil pour les dirigeants africains qui doivent comprendre qu’ils doivent assumer pleinement la souveraineté économique. 

    Et alors, quels sont les défis qui se posent à eux ?  

    Il y a un enjeu autour de la dette parce qu’aujourd’hui, ce que nous constatons, c’est que le ratio du service de la dette sur les recettes totales est de 54 % en Afrique, contre 10 % dans les pays développés. 

    Ça veut dire que plus de la moitié de vos recettes fiscales et non fiscales est consacrée au remboursement de la dette. Donc, vous voyez, au moment où vous votez votre budget, vous savez déjà que vous êtes amputé de plus de la moitié de vos recettes. Et donc, comment vous voulez piloter les politiques économiques si vous n’avez que la moitié des ressources budgétaires. 

    Et c’est pour ça que moi, je plaide pour une annulation de la dette parce qu’on voit qu’aujourd’hui le service de la dette empêche les États d’avoir de vraies politiques publiques volontaristes. 

    Il me semble aussi que vous, vous faites partie de ceux qui ont appelé en fait à une refonte du système de solidarité internationale, vous n’êtes pas non plus pour une suppression totale des mécanismes d’aide. Qu’est-ce que vous entendez par là ?  

    C’est simplement revenir aux fondamentaux. L’aide est utile, mais il faut qu’elle soit bien pensée, bien utilisée et bien évaluée. Et du coup, j’ai quasiment envie de dire par rapport à l’annonce américaine qu’il ne faut pas jeter l’aide avec l’eau du populisme.

     La communauté internationale construit depuis un demi-siècle quelque chose d’important dans lequel nous nous inscrivons, nous les Africains. Et donc ce multilatéralisme équitable, moi, je prône qu’il ne soit pas abandonné. Et c’est pour ça que je dis qu’il y a en fait tous les outils qui existent déjà pour qu’on fasse du bon travail collectivement. L’enjeu, c’est de sortir des dépendances subies et d’opter pour des interdépendances choisies. 

    Ça pourrait aussi inciter les pays africains à se tourner vers d’autres partenaires, j’imagine ? 

    Ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le « Sud global » avec des pays comme la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran et d’autres, vont certainement prendre la place que les Américains sont en train de laisser vide en Afrique. 

    Et c’est pour ça que, au fond, on a l’impression que l’Occident se tire une balle dans le pied par ce type d’annonce. Au fond, ça accrédite la thèse d’un retrait de l’Occident et ça légitime aussi une montée en puissance des BRICS. 

    Et donc c’est très intéressant, d’un point de vue géopolitique, de comprendre que ce type d’annonce n’est pas neutre.

    Source: rfi.fr

  • Togo: une audience contre le poète «Affectio», poursuivi pour ses écrits

    Togo: une audience contre le poète «Affectio», poursuivi pour ses écrits

    Au Togo, l’activiste « Affectio » est retourné en prison mercredi 19 février après son audition devant le juge d’instruction de la cour d’appel.

    Interpellé le 12 janvier 2025, il a été incarcéré à la prison civile de Lomé, 48 heures après, pour avoir publié sur les réseaux sociaux un poème intitulé « Fais ta part ». Il est poursuivi pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État, il doit attendre encore huit jours pour connaître son sort.

    Honoré Sitsopé Sokpor, alias « Affectio », est arrivé à la cour d’appel de Lomé peu avant 8h30, menottes aux poignets et a été directement conduit dans le couloir n°3 où se trouve la salle d’instruction.

    C’est ici que, quelques minutes plus tard, il s’est retrouvé devant trois juges, en compagnie de ses deux avocats. L’audience n’est pas publique, comme à l’instruction, nous confie un avocat. Les juges doivent examiner l’appel interjeté par ses conseils en vue de sa libération.

    Accusé d’appel à l’insurrection

    « Affectio » est poursuivi pour avoir publié un poème sur les réseaux sociaux intitulé « Fais ta part » dans lequel il dénonce l’arbitraire, l’oppression et ajoute « indignez-vous ». Cette phrase est interprétée comme un appel à l’insurrection, à la révolte contre les institutions du pays.

    L’incarcération d’« Affectio » a provoqué un grand émoi dans l’opinion publique et a suscité auprès des acteurs politiques et des organisations des droits de l’homme des questionnements sur le respect de la liberté d’expression au Togo.

    Mercredi 19 février, des parents, amis et acteurs des droits de l’homme, venus en grand nombre le soutenir, sont retournés chez eux déçus et tristes.

    « Affectio » est ramené en prison, le délibéré est attendu dans huit jours.

    Source: rfi.fr

  • Géraldine Faladé, une pionnière de la lutte féministe, n’est plus

    Géraldine Faladé, une pionnière de la lutte féministe, n’est plus

    Considérée comme la gardienne de l’héritage féministe africain, Géraldine Faladé a tiré sa révérence ce dimanche 16 février en terre française à l’âge de 90 ans.

    La journaliste franco-béninoise Géraldine Faladé est décédée en France. L’ancienne journaliste à la Sorafom et à l’Ocora, les structures ancêtre de RFI, est née en 1935 à Porto-Novo au Bénin. Issue d’une famille intellectuelle et militante, c’est tout naturellement qu’elle épouse dès son enfance les idées de la décolonisation et de la liberté. Bien que son engagement pour la lutte pour l’indépendance des pays africains ait été discret, Géraldine Faladé a contribué par ses écrits à ouvrir les yeux à beaucoup de ses lecteurs sur les enjeux de l’époque.

    Ancienne employée du ministère de l’information du Tchad, elle a publié en 2020, tout récemment donc, ”Turbulentes chez la Présence africaine, un livre qui retrace le parcours des femmes pionnières dans la lutte féministe.

  • Le jour où « j’ai pris deux balles dans le dos », par Serge Akakpo, ancien international togolais

    Le jour où « j’ai pris deux balles dans le dos », par Serge Akakpo, ancien international togolais

    L’ex-défenseur des Éperviers du Togo était à bord du bus qui a été attaqué le 8 janvier 2010 par les Forces de libération de l’enclave du Cabinda, quelques jours avant le début de la CAN en Angola.

    C’était le 8 janvier 2010. Le matin même, l’entraîneur du FC Vaslui, le club où je jouais en Roumanie, m’avait appelé pour me souhaiter bonne chance, en me demandant de faire attention à ne pas me blesser. Si j’avais su ce qui allait se passer quelques heures plus tard…

    Nous étions au Congo pour y disputer des matches amicaux et devions rejoindre la ville de Cabinda, distante d’une soixantaine de kilomètres, pour les rencontres du premier tour de la CAN 2010 contre le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que nous avons passé la frontière angolaise, impressionnés par la taille de l’escorte – plusieurs 4×4, des soldats armés jusqu’aux dents – qui nous accompagnait. On a pensé que c’était normal pour ce type de compétition. Ce n’est qu’après que j’ai compris que les Angolais savaient que le risque était réel.

    « Ça a été long, très long »

    Nous avons roulé quelques minutes, au milieu de la forêt. Moi-même, j’écoutais de la musique dans mon casque. Et puis j’ai entendu des sifflements, sans parvenir à les identifier immédiatement. C’était des tirs de roquette. Il y a eu des bruits de vitre aussi et, pendant quelques instants, j’ai pensé que des supporters étaient venus pour caillasser notre bus. Et puis tout est allé très vite. Une première personne a été touchée, il y a eu des cris, notre escorte a riposté… Notre bus a d’abord continué à avancer en zigzaguant, avant de s’arrêter quand le chauffeur a été mortellement touché. On a tenté de se coucher au sol, mais il n’y avait pas assez de place. C’est à ce moment-là que j’ai pris deux balles dans le dos.

    Je ne suis pas le seul à avoir été touché. Kodjovi Obilalé, l’un de nos gardiens de but, a été atteint. Le docteur aussi, ainsi qu’un membre du staff et que notre attaché de presse. Les tirs étaient nourris, ils voulaient en finir avec nous. Ça a été long, très long. Effrayant aussi.

    À quoi pense-t-on dans ces cas-là ? On prie, on se demande si on va s’en sortir vivants. Un de mes coéquipiers, Alaixys Romao, me donnait des claques pour me maintenir éveillé. Je me souviens qu’un homme est monté dans le bus, sans que l’on sache tout de suite s’il faisait partie de l’escorte ou des assaillants. Je me rappelle ses rangers. Il nous a fait signe de ne pas bouger, a brisé une vitre et a commencé à tirer sur les terroristes.

    « Le foot m’a empêché de sombrer »

    Quand tout s’est arrêté, nous avons été pris en charge. J’ai été conduit dans un dispensaire, puis dans un hôpital angolais. J’y suis resté plusieurs jours. C’est là que j’ai appris que plusieurs membres de notre délégation étaient décédés, dont notre sélectionneur adjoint, Abalo Amélété, et Stanislas Ocloo, l’attaché de presse. Là aussi que j’ai su qu’Obilalé ne pourrait plus jamais rejouer au football. Plus tard, j’ai été transféré à Lomé puis en France, où j’ai fini ma rééducation. J’ai pu rejouer dès le mois d’avril suivant.

    Je n’ai jamais suivi de thérapie. Je parle assez facilement de ce qui nous est arrivé, mais on ne me pose jamais de questions. C’est comme si les gens avaient peur de me déranger. Parfois, je me demande comment j’ai fait pour tenir. La vérité, c’est que le foot m’a empêché de sombrer. Je m’y suis accroché. Quinze ans plus tard, je n’ai rien oublié. J’ai du mal à assister à un feu d’artifice, j’évite de trop me mêler à la foule, d’aller à un concert… Et quand mon fils aîné me demande pourquoi j’ai des marques dans le dos, je lui réponds que ce sont des blessures dues au foot. Quand il sera plus grand, je lui dirai la vérité.

    Source: jeuneafrique.com

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