Auteur/autrice : La Rédaction

  • William Adjété Wilson, l’indiscipliné

    William Adjété Wilson, l’indiscipliné

    Portrait · Présenté au centre Pompidou (Paris) dans l’exposition collective « Paris noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000 », l’artiste afrodescendant publie au même moment un beau livre sur son œuvre aux éditions Gallimard. L’occasion de (re)découvrir un plasticien discret et rétif à toutes les assignations.

    Il est là, depuis des années. Ses pastels, ses collages colorés, ses sculptures se distinguent entre mille. Et pourtant, William Adjété Wilson ne fait pas de bruit. Artiste aussi talentueux que discret, il n’est pas représenté par une galerie, et il est bien rare de le croiser dans les vernissages ou les travées des foires consacrées à « l’art contemporain africain » (AKAA, 1-54), où se pressent les créateurs issus du continent et de ses multiples diasporas. Cela pourrait pourtant changer : en ce début de printemps 2025, William Adjété Wilson occupe à sa manière le devant de la scène. Plusieurs de ses œuvres sont présentées au centre Pompidou (Paris), dans l’exposition « Paris noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000 », du 19 mars au 30 juin. Par ailleurs, les éditions Gallimard, qui ont réédité son superbe L’Océan noir (96 pages, 23,50 euros) en 2024, publient au même moment un beau livre sur son travail, William Adjété Wilson en noir, en blanc, en couleur (256 pages, 35 euros). Une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir la vie et l’œuvre d’un artiste rétif à toute assignation.

    Silhouette longiligne, large sourire, regard vif, William Adjété Wilson reçoit dans le grand espace de son atelier du 15e arrondissement de Paris. Si tout y est propre et bien rangé, la joie créative du plasticien s’exprime jusqu’au plafond, sur les murs et sur les étagères. Ici, les chaises s’envolent et prennent des allures anthropomorphes ; d’étranges personnages découpés à grands coups de ciseaux semblent sur le point de s’animer ; animaux, objets et végétaux se mélangent en un grand charivari de couleurs. Tout en haut d’une cloison, un personnage noir sur fond rose ouvre grand les bras. Si ce pastel nous parle, c’est parce qu’il a servi d’illustration pour la couverture du Champ de personne (Flammarion Jeunesse, 2012), le best-seller du romancier Daniel Picouly.

    Sans effet de manche et avec franchise, William Adjété Wilson évoque un parcours qui commence à Orléans, dans le centre-nord de la France, au début des années 1950. Un parcours où la création artistique ne se manifeste que bien tardivement.

    J’ai vécu mon enfance à Orléans, raconte le plasticien. C’était assez compliqué. Mon père était togolais, il avait rencontré ma mère à Tours tandis qu’elle faisait ses études de sage-femme. Il ne m’a pas reconnu tout de suite, il ne l’a fait qu’au bout de deux ans. Je n’avais que peu de rapports avec lui. C’était un homme très apprécié socialement, mais nullissime familialement, auprès de sa femme comme de ses enfants. Il jouait au tiercé, on l’attendait tout le temps. C’était ma mère qui portait tout. Il avait coupé avec l’Afrique, il n’y est retourné que pour les obsèques de sa mère. Cela dit, il était là.

    Avec le sourire que le recul des années permet, William Wilson évoque aussi la violence. « Il y avait aussi les coups de bâton à l’africaine. Je me souviens de balades en forêt au cours desquelles il coupait des badines pour pouvoir nous frapper. Je ne garde pas de bons souvenirs avec lui. » À l’école, où il est le seul métis, le jeune garçon affronte le racisme ordinaire : celui de ses camarades, cruel et enfantin, et celui beaucoup plus grave de certains professeurs. Le nom d’un enseignant de français qui l’a humilié en public avec des propos racistes tombe de ses lèvres sans effort de mémoire : c’est l’un de ses pires souvenirs.

    « Noir au pays des Blancs et Blanc parmi les Noirs »

    « Heureusement, il y avait le sport, les scouts et les colonies de vacances », tempère-t-il. Le sport, c’est un peu plus qu’un passe-temps. Dans L’Océan noir, livre tiré de son œuvre éponyme, il écrit ainsi : « En 1968, j’avais 16 ans et je pratiquais l’athlétisme avec passion. Outre l’expression naturelle de la vitalité de la jeunesse, c’était pour moi un domaine où il était enfin possible d’être jugé sur mes performances, sans ambiguïté. J’étais très fier d’être, la même année, champion d’Académie du 110 mètres haies, du saut en longueur et du relais 4×100 mètres avec mes copains du lycée. »

    Et de poursuivre : « Mai 1968 [est] passé par là et la politique a fait irruption dans ma vie. » Devant son téléviseur, en octobre, William Wilson suit les épreuves des Jeux olympiques de Mexico. Bob Beamon explose le record du saut en longueur ; Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres ! L’Afrique commence alors à intéresser le jeune homme, qui, deux ans plus tard, exerce, selon ses dires, un petit chantage auprès de ses parents : « Si j’ai mon bac, vous m’envoyez en Afrique. »

    Le jeune homme obtient gain de cause et se retrouve au Bénin, « chez un oncle qui était alors le plus gros pharmacien de Cotonou ». L’expérience est troublante. S’il se réjouit de ne voir – enfin ! – que des Noirs autour de lui, William Wilson se rend bien vite compte que quelque chose cloche : dans les rues, les enfants l’appellent « Yovo » (« Blanc »). Il raconte dans L’Océan noir :

    […] On m’a rapidement fait comprendre que le Blanc, ici, c’était moi. De Noir au pays des Blancs, je me découvrais après quelques heures d’avion, Blanc parmi les Noirs. Je n’ai pas appris grand-chose de ma famille durant ce court séjour. On ne m’a fait rencontrer que des parents qui occupaient des métiers ou des postes importants et qui étaient, à juste titre, très fiers de leur réussite. Mes hôtes ont été déçus de constater que cela ne m’intéressait pas beaucoup. Je voulais tout au contraire connaître l’Afrique “africaine”, avec naïveté sans doute, mais avec sincérité. Ce malentendu a beaucoup pesé sur mon premier contact avec l’Afrique et je suis rentré en France avec des sentiments très ambivalents.

    Si la rencontre avec le continent africain ne transforme pas radicalement le jeune homme, Paris va s’en charger, en 1972. « Je fais partie de ces gens dont le prof de philo a changé la vie, raconte-t-il. Il m’a conseillé de m’orienter vers l’anthropologie et je me suis inscrit en fac à Jussieu. » Le lycéen indiscipliné en a déjà « marre de l’école », mais il se rend tout de même dans la capitale française pour étudier. Là, il découvre « la vie » et « un autre monde », arpente les musées et les galeries, rencontre des artistes. « Les images, j’ai toujours aimé, sans vraiment savoir ce que cela voulait dire, être artiste », commente-t-il. C’est d’ailleurs cet attrait qui l’entraîne un temps dans une maison, en Lozère, dans le sud-est de la France, dans une sorte de communauté bohème. « Un jour, j’étais avec un peintre et je lui posais des questions sur son travail. J’avais envie d’essayer. Il m’a donné un crayon et du papier, alors que je ne savais pas dessiner. J’ai commencé. Il a regardé et il m’a dit : “Tu as tout compris, hein ?” »

    « Un effet miroir qui m’aidait »

    Un encouragement qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. À partir de ce moment, William Wilson va peu à peu partager sa vie avec la création. « C’était quelque chose de naturel, se souvient-il. Je sentais que je réalisais quelque chose qui venait vraiment de moi, qu’il y avait un résultat – un effet miroir qui m’aidait. Et c’était quelque chose que je n’avais pas appris. Très rapidement, j’ai compris que c’était ce que je voulais faire. » Et l’art, il l’aborde comme le sportif qu’il fut, par le travail. Quand il regarde autour de lui, il est séduit par les œuvres d’artistes noirs comme le Sud-Africain Ernest Mancoba, membre du groupe CoBrA1, ou comme le Cubain Wifredo Lam, grand ami du poète martiniquais Aimé Césaire, mais ce sont surtout les œuvres surréalistes du « picto-poète » roumain Victor Brauner qui le touchent.

    Gagner sa vie, alors que se succèdent les chocs pétroliers, va néanmoins s’avérer de plus en plus difficile. D’abord étudiant aidé par ses parents jusqu’en 1973-1974, William Wilson vit ensuite de petits boulots. Grand et beau, il travaille comme mannequin pour des photos de mode, signe des piges, exerce dans une agence de voyages, réalise des enquêtes pour des études de marché… À la fin des années 1970, alors que son premier enfant naît en 1977, s’ouvre une douloureuse période de vache maigre. « Ces années ont été très difficiles sur tous les plans et, d’une certaine façon, je m’en suis sorti un peu par miracle, mais totalement détruit à bien des niveaux, précise-t-il. Cette “mort” est, en quelque sorte, devenue le point de départ d’une renaissance. La création artistique a été ma planche de salut. C’était ça ou rien. »

    Sa vie d’artiste commence réellement en 1980, en partie grâce au milieu de la mode et de la publicité qu’il fréquente. « Il y avait alors beaucoup d’énergie dans ces métiers et une assez grande curiosité de la part des gens qui y travaillaient. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de monde. » Sa première exposition, il l’organise chez Pierre Lattès, l’un des fondateurs de Radio Nova et de Fun Radio, dans un loft près de la place de la République. « C’était un ancien atelier où deux perroquets se baladaient en liberté… J’y ai invité des gens de la mode et de la publicité, qui pour certains avaient envie d’acquérir des œuvres originales de jeunes artistes… Les vernissages étaient à la mode… La créatrice de mode Agnès B. m’a acheté deux tableaux ! »

    Des foulards Hermès en série limitée

    Ses premières œuvres exposées sont des pastels, un outil qu’il privilégie encore. « Comme je n’étais pas dans l’idée de faire des tableaux, j’avais tendance à surcharger la toile, à y mettre plusieurs sujets. » Aujourd’hui, il y a toujours foule dans ses œuvres, des personnages plus ou moins difformes, plus ou moins grotesques, des objets, des animaux, des végétaux – le tout découpé à grands traits et saturé de couleurs. Souvent cocasses, rythmées par une vibration interne, les images de William Wilson sont musicales et teintées d’un humour iconoclaste qui peut rappeler les expérimentations dadaïstes. Les lignes brisées y abondent, comme s’il adaptait une partition de jazz, entre improvisations, dissonances, syncopes et notes bleues.

    Je n’étais pas formaté, on ne m’avait pas éduqué, raconte l’intéressé. C’était important pour moi. Tout au long de mon parcours scolaire, j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Je ne savais pas quoi. Le dessin me permettait de me construire et de me connaître. Il y avait de la légèreté, de l’humour, j’en étais conscient. Bien sûr, c’était un travail sérieux, mais il ne fallait pas trop se prendre au sérieux. L’humour permet de garder une certaine distance.

    Indiscipliné mais déterminé, William Adjété Wilson trouve une forme d’équilibre dans un mode de vie d’artiste qui lui permet d’échapper au salariat et de rester indépendant.

    Ce n’est pas toujours simple, et la crise économique vient encore compliquer l’équation. Il multiplie alors les travaux de commande pour des journaux comme Télérama, Libération et The New Yorker, et illustre des livres pour enfants – dont le 365 contes des pourquoi et des comment de la conteuse Muriel Bloch (Gallimard Jeunesse, 1997) et la Déclaration universelle des droits de l’homme (Mango, 1999). Il réalise même, pour Hermès, cinq foulards en série limitée qui lui permettent de vivre « pendant cinq ans » !

    « Blanc côté bourreaux et noir côté victimes »

    Sculptures, collages, pastels, peintures, tissu appliqué, l’artiste ne se laisse pas enfermer dans un genre, il progresse par à-coups, avec des séries qui se répondent sans se répéter. « Je n’aime pas faire deux fois la même chose, assure-t-il. Je change souvent, pour la simple raison qu’au bout d’un moment, je m’ennuie. Comme je n’ai pas appris, ce que je fais est toujours nouveau. Le fil directeur, c’est moi. »

    Ce « moi », pourtant, il l’a cherché longtemps. Et il continue de le faire. Il l’a cherché en lisant le psychiatre martiniquais Frantz Fanon, il l’a cherché en voyageant en Afrique à la rencontre de sa lignée, il l’a cherché parce qu’il fallait « recoller les morceaux », il l’a cherché parce que métis, Noir pour les uns et Blanc pour les autres, jamais à sa place. La quête d’une vie, qui l’a rapproché de ses origines africaines puisque de ses voyages au pays, celui qui était né à Tours sous le nom de William Wilson est revenu un jour William « Adjété » Wilson grâce à son arrière-grand-mère « Babou » Maryam Lawson-Gaizer, qui se souvenait du prénom que la généalogie lui avait réservé.

    J’ai compris dès mon premier voyage au Bénin que je n’étais pas africain. Mais je me suis alors intéressé à ce que cela représentait d’être afrodescendant. Je me suis cherché en affrontant le problème essentiel des métis, qui n’ont pas de communauté. En ce sens, j’ai eu de la chance d’être en France – dans ce pays où l’on est les premiers à défendre la révolution et les valeurs de la République en espérant que cela s’applique un jour à tout le monde !

    En découvrant sa famille africaine, à partir des années 1970, William Adjété Wilson a aussi découvert que cette dernière avait été du mauvais côté de l’Histoire, celui des esclavagistes. « Être à la fois Blanc du côté des bourreaux et noir du côté des victimes de l’Histoire, mais aussi Noir du côté des négriers et descendants d’anciens esclaves devenus négriers, m’a fourni de nombreux et vastes territoires de réflexion », écrit-il dans L’Océan noir.

    Sans doute fallait-il regarder la vérité en face pour pouvoir s’en libérer. « Me découvrir coupable m’a rendu mon innocence, me savoir issu d’une histoire d’inhumanité m’a rendu à mon humanité. Les fantômes qui ont accompagné mon enfance de façon sinistre ont perdu leurs masques de silence. Je me sentais prisonnier et agi par des forces incompréhensibles ; j’ai enfin pu leur donner des noms, et les dénoncer ; j’ai pu déjouer leur malédiction plutôt que d’en être le jouet. »

    « Je n’ai jamais eu envie de devenir riche »

    Les dix-huit planches qui composent L’Océan noir – qui est à la fois une exposition et un livre – sont, sans doute, la réponse la plus achevée de William Wilson à la complexité de son histoire personnelle – qui est aussi la nôtre. Le support matériel choisi, des tentures en appliqués de tissus réalisées à Abomey, dans l’ancien royaume esclavagiste du Danxomé (Bénin actuel), avec l’aide d’artisans locaux racontent la traite négrière de manière allégorique, restituant à l’Histoire toute sa complexité. Pour le commissaire d’exposition bassa Simon Njami, c’est une fresque « que l’on pourrait comparer – dans une dimension psychologique – au Guernica de Picasso ». L’œuvre a été exposée plus d’une trentaine de fois, notamment au Fesman de Dakar (Sénégal, 2010) et au Festival Étonnants Voyageurs de Saint Malo (France).

    Ce discours de la complexité n’est pas toujours facile à faire entendre. Et quand, en outre, vous vous méfiez du milieu de l’art et de son rapport paradoxal, mais prégnant, à l’argent, cela ne facilite pas forcément votre carrière. Philosophe, William Wilson confie qu’il a « un peu une phobie du commerce », qu’il « n’est pas diplomate » et qu’il ne saurait répondre aux commandes exigées par une galerie. « Du moment que je peux survivre… Je n’ai jamais eu envie de devenir riche », tranche-t-il. Sa route est un chemin de traverse, il y a des cahots dans le parcours et l’on y croise des humains cabossés. Comme ces chaises auxquelles il offre une seconde vie en les transformant en sculptures (exposition prévue à la Galerie du Montparnasse en septembre), les êtres qui peuplent son imaginaire exhibent tous leurs blessures ou leurs bizarreries dans une forme de comédie humaine endiablée. Englués dans leurs contradictions, leurs histoires, leurs désirs, ils nous ressemblent terriblement.

    Source: afriquexxi.info

  • Francophonie: trois départs, et vive la «bantouphonie»!

    Francophonie: trois départs, et vive la «bantouphonie»!

    Au tournant du millénaire, nombre d’Africains voyaient chez l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) un acteur décisif de la démocratisation du continent. Marquée par ses silences gênés en rapports embarrassés sur de flagrantes fraudes électorales, l’OIF est abandonnée en groupe, désormais. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont choisi la semaine du 55ème anniversaire de l’organisation pour annoncer leur retrait. Une décision qui constitue un coup dur.

    Pour marquer une telle commémoration, le Burkina Faso, le Mali et le Niger auraient pu espérer nouvelle plus réjouissante. Peut-être ces États espéraient-ils un retentissement d’importance, en démissionnant ainsi, en chœur. Mais, dans sa cruauté, l’actualité a fait tomber leur décision à plat, en braquant ses projecteurs sur les présidents rwandais Paul Kagamé et congolais Félix Tshisekedi, à Doha, au Qatar.

    Il n’empêche que, plus que jamais, l’utilité de l’OIF est source de questionnements, dans une Afrique où son rayonnement déclinait déjà passablement. Va-t-elle continuer à feindre l’indifférence ou se repenser, pour inspirer à nouveau confiance à des populations qui ont perdu toute illusion sur ce qu’elle est ?

    Sa secrétaire générale avait décliné, lors du dernier sommet, tout ce que n’est pas la Francophonie. Peut-être que l’OIF serait plus convaincante, si elle se contentait d’être ce qu’elle prétend être. À force de mener une politique qui prête trop souvent à confusion, elle en vient à se voir prêter des défauts qui ne sont théoriquement pas les siens. Comme lorsque cet auditeur, dans « Appels sur l’actualité » de RFI, soutient que le but de la Francophonie est de promouvoir la culture française.

    Ce malentendu s’entraperçoit dans la décision de retrait des trois sortants. À l’évidence, ils semblent certains de faire du tort à la France, en quittant la Francophonie. Alors que, dans les faits, leur départ n’affecte pas plus la France que la Belgique, la Suisse, ou le Canada.

    Seuls perdants sont les citoyens ou organisations du Burkina Faso, Niger et le Mali qui se privent de subventions

    Dans cette rupture, les seuls perdants possibles sont probablement les citoyens ou organismes de ces trois pays qui vont devoir désormais se passer des petites subventions saupoudrées sur eux par la Francophonie.

    Certes, au fil des décennies, certaines attitudes ou décisions ont pu conforter une partie de l’opinion dans la certitude que l’OIF servait, à l’occasion, de variable d’ajustement à la diplomatie française. Ainsi, lorsqu’en dépit du soutien de Paris, Boutros Boutros-Ghali est poussé vers la sortie par la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright et a échoué à obtenir un second mandat comme secrétaire-général des Nations unies, le chef de l’État français Jacques Chirac lui offre comme lot de consolation, le secrétariat général de l’OIF.

    Comme il l’offrira, en 2002, au président Abdou Diouf, qui avait entre-temps perdu le pouvoir au Sénégal. Même le choix de l’actuelle secrétaire générale a été perçu comme un moyen, pour la France, sceller des relations enfin apaisées avec le président Kagamé, intraitable, jusqu’alors, en raison du génocide.

    Mais, le fait, pour la France, de tirer avantage diplomatique de son poids dans l’OIF ne rend pas illégitime l’application aux régimes putschistes des sanctions prévues par les textes.

    D’ailleurs, au Commonwealth, l’équivalent anglophone de la Francophonie, les États-membres réunis par la langue, l’histoire, la culture se revendiquent tous de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit. Cela alors que leur charte précise que ces États n’ont aucune obligation les uns envers les autres, et que l’intitulé du Commonwealth – littéralement « prospérité partagée » – insiste sur la notion de partenaires libres et égaux qu’ils sont.

    Discréditée au sujet de régimes putschistes

    Sans doute cette capacité à trouver des excuses à certains putschistes, tout en tenant d’autres à distance. Ces contorsions pour trouver « des évolutions positives en Guinée », alors que les méthodes du général Mamadi Doumbouya sont à peine différentes de celles de ses homologues burkinabè, nigérien et malien. Tant de discrédit enlève à quiconque l’envie de plaider la cause de l’OIF, lorsque, d’un coup, trois de ses membres l’abandonnent.

    Quant à la langue française, elle n’appartient plus depuis bien longtemps à la seule France. Se proclamer francophone, pour nombre d’Africains, n’est qu’une commodité. Ils sont aussi anglophones, lusophones et, comme dirait l’Ougandais Yoweri Museveni, « bantouphones ».

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 22 mars sur RFI

  • Cédéao: la part ghanéenne du gâchis !

    Cédéao: la part ghanéenne du gâchis !

    Savoir distinguer les putschistes aux idées claires, capables de porter leur patrie sur la rampe de la démocratie et du développement, des aventuriers qui s’emparent du pouvoir avant de commencer à improviser un avenir, pour eux, plutôt que pour leurs peuples…

    Dans la crise existentielle que vit la Cédéao avec sa gestion des putschs et des régimes qui en sont issus, un paramètre supplémentaire vient d’être introduit par John Dramani Mahama, président du Ghana : il appelle à une reconnaissance de l’Alliance des États du Sahel par la Cédéao. A-t-il quelque chance d’être entendu ?

    Dans cette communauté où certains chefs d’État ont une fâcheuse tendance à faire prévaloir leur agenda personnel sur les principes et objectifs communs, d’une manière ou d’une autre, il sera entendu. À quelques semaines de son demi-siècle d’existence, la Cédéao pouvait espérer mieux que cette confusion et cette cacophonie ! À la veille de sa tournée sahélienne, le dirigeant ghanéen avait reçu, à Abidjan, la bénédiction de son homologue ivoirien pour une ultime main tendue aux pays frères, visiblement dans l’impasse.

    Le président Ouattara s’attendait-il à ce que John Dramani Mahama, interlocuteur nouveau et théoriquement neutre, déploie plutôt une stratégie personnelle, dans le seul intérêt du Ghana ? Probablement pas ! Mais, comment oublier que cet homme a déjà perdu le pouvoir, pour ses contreperformances économiques, et la chute vertigineuse du cedi, la monnaie ghanéenne ! Comme si cette cour maladroite qu’il fait aux pays enclavés découlait d’une envie irrépressible de mieux réussir, cette fois, en économie…

    Faut-il croire le président du Ghana capable de sacrifier ainsi les règles et les principes de la Cédéao, dans l’intérêt de son seul pays ?

    Aujourd’hui, tous les dirigeants peuvent tout sacrifier à l’économie. Le tort de la Cédéao a été de brandir les menaces et de déclencher les sanctions contre les putschistes de l’hinterland, sans en avoir mesuré les conséquences pour leurs voisins côtiers. Exportateurs de matières premières, les États du Sahel sont surtout importateurs d’une multitude de produits arrivant par l’océan, et pesant lourd dans le chiffre d’affaires des installations portuaires du Golfe de Guinée. Tout comme la petite économie des centaines de localités traversées jusqu’aux frontières du Burkina, du Mali et du Niger, transitaires et transporteurs routiers des pays de transit en profitent. Tous risquaient gros et ont, partout, beaucoup perdu. Au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Bénin, au Nigeria. Seul le Togo a ramassé la mise dans cette crise de la gestion des putschs par la Cédéao qui aura, au moins, montré l’intérêt d’une communauté économique, l’utilité d’une union douanière.

    Pour le reste, sacrifier ses principes pour des gains économiques vous expose souvent au discrédit, sans même vous garantir les parts de marché convoitées.

    Est-ce à dire qu’il faut craindre des conséquences pour la Cédéao, et pour John Dramani Mahama lui-même ?

    En faisant passer les putschistes pour des victimes innocentes, le dirigeant ghanéen a passablement terni l’image déjà dégradée d’une Cédéao qui n’a fait qu’appliquer ses textes. Certes, elle n’a pas toujours montré le même zèle dans d’autres cas similaires. Mais, président d’une des démocraties les plus fiables d’Afrique, John Dramani Mahama ne pouvait s’autoriser cette apologie de fait, comme si la baïonnette pouvait se substituer au bulletin de vote ! Comme si cette épidémie de putschs n’affectait pas la crédibilité de cette communauté économique scrutée par les marchés financiers ! Cela est d’autant plus désastreux que ce qui se joue, ici, c’est aussi la signature des États. Y compris celle du Ghana, qui n’a pourtant plus connu de coup d’État depuis quarante-quatre ans. 

    Pour avoir, tour à tour, connu le pouvoir et l’opposition, alterné échecs et victoires par la seule volonté des électeurs, John Dramani Mahama n’avait pas le droit de se muer ainsi en chantre des putschistes. Et, même s’il devait en tomber amoureux, lui, qui doit ses premières responsabilités politiques à Jerry John Rawlings, devrait savoir distinguer les putschistes aux idées claires, capables de porter leur patrie sur la rampe de la démocratie et du développement, des aventuriers qui s’emparent du pouvoir avant de commencer à improviser un avenir, pour eux, plutôt que pour leurs peuples.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 15 mars sur RFI

  • Togo: un pas de plus vers une intégration à l’Alliance des États du Sahel ?

    Togo: un pas de plus vers une intégration à l’Alliance des États du Sahel ?

    Le Togo n’a jamais caché sa proximité avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, trois pays qui ont rompu avec la CEDEAO pour créer l’Alliance des États du Sahel. Après les dernières déclarations des autorités locales, le Togo fait-il un pas de plus vers l’Alliance des États du Sahel en envisageant intégrer l’organisation ? 

    Le ministre des Affaires étrangères du Togo revient à la charge. Après ses déclarations du début de l’année (sur la chaîne de télévision VoxAfrica, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine du Togo réaffirmait en janvier la proximité de Lomé avec l’AES), Robert Dussey assure cette fois sur les réseaux sociaux que le Togo envisage d’adhérer à l’AES, l’Alliance des États du Sahel, l’organisation des trois putschistes galonnés : le Malien Assimi Goïta, le Burkinabè Ibrahim Traoré et le Nigérien Abdourahamane Tiani.

    À Lomé pour le moment on se veut très peu bavard après la déclaration du chef de la diplomatie togolaise, souligne notre correspondant régional, Serge Daniel. Injoignable pour le moment sur les réseaux sociaux, il justifie sa sortie : le Togo membre de l’AES pourrait devenir le port préféré pour l’économie des trois autres pays qui n’ont pas accès à la mer. Il y aurait donc un avantage économique pour le Togo à intégrer l’organisation régionale.

    Si cette intégration devient effective, elle peut se révéler être un joli coup politique au moment où la posture en vogue dans la sous-région est de défier l’ancienne puissance coloniale. Le Togo, face à l’offensive de charme du Ghana, prend de nouvelles initiatives, analyse de son côté un diplomate de la région qui ajoute : le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, n’a pas pu parler de possible intégration de son pays à l’Alliance des États du Sahel sans le feu vert du président du Togo.

    Source: Rfi

  • KAR’ARTS Evala  2025 : la promotrice fait le point des préparatifs au PM

    KAR’ARTS Evala  2025 : la promotrice fait le point des préparatifs au PM

    La cheffe du gouvernement a reçu en audience Atafèinam BELEI, présidente de l’Association ART HERITAGE CULTURE, structure organisatrice de KAR’ARTS Evala, qui aura lieu en juillet prochain.

    La quatrième édition de KAR’ARTS Evala, événement artistique, se déroulera en juillet 2025 dans la ville de Kara.

    La visiteuse est allée faire le point des préparatifs à Victoire Sidémého TOMEGAH-DOGBE, le Premier ministre. Une occasion pour la promotrice de l’évènement de remercier la cheffe du gouvernement pour sa visite de l’exposition “Mystère Evala” d’œuvres d’arts ethnographiques, au Centre Incubateur TILITU LAB (FAIEJ), à Kara, au mois de juillet 2023 et de lui transmettre toute sa reconnaissance pour son soutien matériel et financier à la mise en place du Programme à Kara.

    Elle n’a pas manqué de lui faire le point sur l’état d’avancement des travaux de créations des œuvres d’arts plastiques ethnographiques, dont une partie participera à l’exposition, lors des cérémonies traditionnelles annuelles d’initiation des jeunes garçons et filles du Pays Kabyè à Kara, marquant ainsi le début du prochain quinquennat dans le calendrier liturgique kabyè.

    Pour les autres détails, cliquez sur le document ci-après

  • Les Show Boys, dans la perspective de la remontada…

    Les Show Boys, dans la perspective de la remontada…

    Avant d’affronter le CDF Haknour, lors de la 6e journée de la D1 Lonato, Gomido FC, était lanterne rouge de l’exercice 2024-2025. Les Show Boys n’avaient qu’un seul point au compteur, et leurs supporters étaient la risée de leurs semblables … Surtout, avec un certain slogan “Ezobibi”, qui semblait plutôt amuser et faire sourire leurs adversaires ! Pour le match programmé à Kara entre les Rochers Bleus et les Show Boys, l’opposition a tenu toutes ses promesses. Et Gomido FC a offert au public d’Evala Stadium, un spectacle de bon niveau, face au protagoniste (CDF Haknour), groupe d’Académiciens qui a eu la témérité de déculotter le champion en titre, Asko… Certes, une victoire contre, les Kondonas, forts de leurs 5 titres d’affilée, ça devrait avoir un goût particulier pour les promus des Rochers Bleus…

    En effet, à la suite de son probant succès face à Doumbe FC de Mango (1-4), Gomido FC en déplacement à Kara, à l’issue de la 11e journée, se classe au milieu du tableau (9e), avec 13 points. Les Show Boys, malgré, leurs trois contreperformances aux premières heures de la compétition, se retrouvent à l’issue de la première phase des rencontres aller, devant l’AS Tambo de Datcha (10e), Etoile Filante (11e), CDF Haknour (12e), AC Barracuda (14e) et Doumbe FC dernier de la classe…

    Le groupe de 5 clubs qui s’amuse avec le feu…

    La phase aller du championnat terminée, il est important d’inviter ces 5 dernières formations, qui se sont « arrangées » pour s’aligner derrière les poulains de Jean-Paul Dosseh Abalo ! C’est d’ailleurs, pour cette raison que le Chroniqueur national, leur demande humblement de faire gaffe ! Parce que c’est bien appris…« qui va loin ménage sa monture ». C’est bien connu, celui qui s’amuse à se balader au sein et autour d’un cimetière, doit parfois s’attendre à voir un fantôme. On sait que plus, un club, s’entête à tourner autour de la zone dangereuse, plus l’effectivité de sa descente, est réalisable. Alors, s’il plaise à cette demi-douzaine du damné groupe de clubs de se laisser interpeller par le Chroniqueur… Avant qu’il ne soit trop tard !

    Silence… Le club de Datcha, classé 10e, à 8 points de la lanterne rouge, a une manière un peu bizarre de se comporter depuis le retour de Joël Agbessi à la manette technique des Flèches Pimentées. L’assurance-même que le groupe affichait en tapant dans le ballon, s’en trouve émietter un tout petit peu… N’eut été, le tapis vert dressé par les Tam-tam parlant lors de la 12e journée, les comptes seraient surement insuffisants. Ainsi donc, pour la phase retour, un changement de vision s’impose dans cet Ogou…

    Concernant l’Etoile Filante, son président Maître Yves Tété Wilson-bahun, n’a pas résisté à la volonté du coach Ben Adjakpa de quitter son poste, sans aucune explication. Ce que le poète sait, c’est qu’à l’issue de la rencontre Etoile Filante-ASCK (3-2) de la 9e journée, disputée à Gbossimé, un fervent supporter des Bleus de la capitale a semblé murmurer : « il faut un vrai entraineur pour les Vivas ». Le staff dirigeant du club de la zone commerciale, a semblé agir. Toutefois, les Show Boys n’en ont foutre, et c’est sans état d’âme qu’ils ont craché « l’ ézobibi » mortel à la dernière minute du duel « Shooting Star-Show Boys ».

    Qu’ils sortent de là, en phase retour, ces Académiciens du Rocher bleu !

    Les Académiciens du Rocher bleu, constituaient une véritable terreur pour les clubs de Lomé. On se rappelle, la saison dernière, c’est recto-verso qu’ils ont aisément triomphé avec audace, technique, mobilité, pour enfin minimiser Agaza FC, Etoile Filante et Asfosa… Ces jeunes éléments, s’étaient produits avec beaucoup de conviction, de maitrise et une bonne mesure d’efficacité. Aussi, c’est tellement dingue que, arrivés dans l’élite cette saison, ils prennent le quintuple champion national (Asko), comme un club ordinaire qu’ils ont ridiculisée sur ses propres installations. Tout ça finalement, pour dominer l’autre leader du moment (Entente II), et se retrouver au bas du tableau à la fin de la première phase du championnat ? Le poète ne saurait répondre ni croire non plus.

    La situation de l’AC Barracuda (ancienne AS Togo Port) coaché par Ouadja Lantame (ancien milieu de terrain des Eperviers), et ancien coach de AS Gbohloe-su si séduisant, l‘année dernière, a été vainqueur le 28 septembre 2024, parmi les meilleurs entraîneurs de la saison. Ceci, lors de la Soirée des Lauréats. Eh bien, pour ce brillant coach, les choses paraissent moins reluisantes pour celui qui est passé également à l’AS Binah de Pagouda. Faisant partie des recalés provisoires, Ephraïm est appelé à mieux faire, au premier coup du sifflet de la reprise de cet exercice retour, sinon, l’histoire, elle, ne saurait aucunement se taire. Tant, ce constat est tristement symptomatique.

    Mettre fin à tradition d’une demi-douzaine d’années par les Kondonas !

    Reste que le football-même est fabuleux. Et pour une fois depuis 6 ans, le trône de la D1 Lonato a été alternatif par plusieurs clubs. D’abord, ASCK, à l’issue des deux premières journées. Puis, l’Entente II durant 5 journées et 2 journées « prêtées » à Unisport FC. Et la tête du classement, confisquée jusqu’au terme de cette phase aller par les Jaune et Bleu de Kodjoviakopé-Nyekonakpoè. Alors, tout en rappelant que les Jaunes et Bleus sont arrivés à des prestations de qualité qu’aucune autre formation, ne pouvait l’arrêter, à part ces bouffeurs impénitents des champions à leur guise. Descendus, s’il vous plait, des…Rochers ! Ce qui importe aux observateurs sportifs du football togolais, pour la suite… C’est que les responsables et le coach Sedzro Koffi Gakpe de l’Entente II brisent la tradition instaurée depuis plus de 6 années, par l’ASKO de Kara.

    Chronique de Yves de Fréau (consultable sur sa page Facebook)

  • En attendant le bonheur des partis uniques…

    En attendant le bonheur des partis uniques…

    Après la généralisation, dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, des détentions arbitraires, des procès expéditifs, des coups d’État et de leur cortège de kakistocratie, il n’est pas exclu que, bientôt, certains réclament le retour au monopartisme.

    Au Gabon, le général Brice Oligui Nguema se déclare candidat à la présidentielle du mois prochain, au grand dam de ses potentiels adversaires et d’une partie de l’opinion qui pensait qu’au terme de la transition engagée depuis le coup d’État d’août 2023, il rendrait, comme il l’avait promis, le pouvoir aux civils. Que dit cette candidature de l’engagement des militaires en politique en Afrique ?

    S’il subsistait, dans l’opinion, une quelconque illusion sur l’aptitude des militaires africains à tenir parole, celle-ci s’est envolée avec cette déclaration de candidature. Ces cinq dernières années, il était, sur le continent, le dernier à s’être emparé du pouvoir par un coup d’État. Il semblait plus cohérent, se distinguant même, en étant le premier à revenir, aussi vite, à l’ordre constitutionnel. Sauf qu’en choisissant de se porter candidat à une élection qu’il peut difficilement perdre, il a décidé de garder le pouvoir. Il conforte l’impression, plutôt désagréable, que les militaires putschistes sont davantage motivés par la soif du pouvoir que par une quelconque volonté de rétablir l’état de droit et la démocratie. L’on est loin des gestes majestueux des militaires justiciers, dont quelques-uns sont entrés dans l’Histoire comme semeurs de démocratie et de développement. Certes, à Libreville, beaucoup encensent le général. Mais, il n’empêche. Son seul fait de gloire, pour le moment, est d’avoir renversé l’impopulaire Ali Bongo.

    Ne pensez-vous pas que ceux qui chantent les louanges du général Oligui Nguema sont convaincus qu’il est le seul à avoir l’envergure pour relever le pays ?

    Ils ne se sont manifestement pas donnés beaucoup de peine à chercher. Il est intriguant de voir des politiciens connus naguère pour leur virulence à l’égard du pouvoir des Bongo, se muer subitement en laudateurs obséquieux du général Brice Oligui Nguema, issu du même système. Comme s’ils le remerciaient pour la place qu’il leur a conférée dans le système nouveau. Et que, pour chacun d’eux, sa candidature était juste vitale. Après tout, ils ne peuvent espérer conserver leur rang et leurs privilèges au bord de la mangeoire que si le général est confirmé dans ses fonctions actuelles. Mais il n’y a pas qu’au Gabon que l’on admire aussi facilement un militaire, pour juste avoir déposé un chef d’État. La servilité de la plupart des laudateurs est d’autant plus déconcertante qu’elle n’est nullement désintéressée…

    La virulence des détracteurs l’est-elle davantage ?

    Non, évidemment pas ! Et le plus désespérant, au Gabon comme dans de trop nombreux pays africains, est que, entre les champions de la complaisance cupide et les détracteurs stériles, il n’y a pratiquement pas d’espace pour des voix qui soient dans la mesure, avec ce qu’il faut de crédibilité, pour indiquer le cap de l’intérêt général, avec quelque chance d’être écoutées. Pendant que les profiteurs d’hier ruminent à l’écart leur rancœur, les profiteurs d’aujourd’hui embouchent leur trompette de griots, en attendant qu’un jour les rôles s’inversent. Ou que s’opèrent des ralliements, ou des défections, au nom de la transhumance si répandue dans certaines contrées.

    À l’indépendance du Ghana, le Dr Kwame Nkrumah se réjouissait de ce que l’Afrique avait conquis le droit de commettre ses propres erreurs. Certains semblent l’avoir pris au mot, au-delà de la caricature. Mais, en oubliant d’en assumer les conséquences. En oubliant de s’améliorer à partir des expériences malheureuses. Comme s’ils avaient délibérément fait le pari du recul permanent, certains peuples s’évertuent à répéter sans cesse les mêmes erreurs. C’est ainsi que l’on glisse subrepticement vers ce que l’on appelle la kakistocratie. Et, à ce rythme, il ne faut pas s’étonner, demain, dans la continuité de la mode des coups d’État, que l’on vienne convaincre les Africains de l’utilité, sinon du bonheur des partis uniques.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 8 mars 2025 sur RFI

  • Togo: l’état d’urgence prolongé de 12 mois dans les Savanes

    Togo: l’état d’urgence prolongé de 12 mois dans les Savanes

    Le Togo prolonge d’un an l’état d’urgence sécuritaire dans les Savanes, qui devait prendre fin la semaine prochaine. Cette région de l’extrême nord du pays, frontalière du Burkina Faso, est en proie à la menace de groupes terroristes depuis plus de trois ans. Une situation sur laquelle les autorités togolaises communiquent très rarement.

    « Face à la persistance des menaces sécuritaires », l’état d’urgence est prorogé jusqu’en mars 2026, dans les Savanes. Le projet de loi a été adopté hier à la majorité absolue par les députés réunis en session extraordinaire depuis mardi.  Il doit permettre au gouvernement d’adapter sa riposte à l’évolution de la menace, de renforcer la protection des citoyens et de leurs biens et de préserver davantage l’ordre public et l’intégrité du territoire, précise l’Assemblée nationale.

    L’état d’urgence sécuritaire est en vigueur depuis juin 2022 dans les Savanes. C’est la quatrième fois qu’il est renouvelé. Cette région de l’extrême nord, frontalière du Burkina Faso, est confrontée à des attaques depuis plus de trois ans.

    Il est toutefois difficile d’avoir une vision précise de la situation. Les autorités togolaises ne communiquent que très rarement sur les attaques dans le nord. Les derniers chiffres officiels donnés par le gouvernement faisaient état de 31 morts sur l’année 2023.

    Source: rfi.fr/fr

  • Au Togo, Faure Essozimna Gnassingbé nomme 20 sénateurs après l’instauration du régime parlementaire

    Au Togo, Faure Essozimna Gnassingbé nomme 20 sénateurs après l’instauration du régime parlementaire

    Parmi les 61 membres du Sénat, 20 ont été désignés par le président. Le reste de la chambre haute a été élu lors du scrutin qui a eu lieu mi-février et a consacré une large victoire au parti au pouvoir, l’Union pour la République.

    La transition vers un régime parlementaire permise par la nouvelle Constitution s’achève. Alors que 41 sénateurs ont déjà été élus le 15 février dernier, le chef de l’État togolais Faure Essozimna Gnassingbé a nommé les 20 sénateurs restants, mercredi 5 mars, selon un décret lu à la télévision publique.

    En plus de membres de son parti, l’Union pour la République (Unir), le président du Togo a aussi nommé quelques responsables de petits partis politiques de l’opposition, ainsi que Joseph Kokou Kofigoh, ancien Premier ministre sous Gnassingbé père.

    Faure Gnassingbé, nouveau président du Conseil

    D’après Togo Actu, la session inaugurale du Sénat est prévue ce jeudi 6 mars, dans l’après-midi. Il s’agit d’une première, puisque la chambre haute a été instaurée avec l’adoption, en avril 2024, de la nouvelle Constitution, qui supprime l’élection présidentielle au suffrage universel et institue un régime parlementaire à deux chambres.

    Le Parlement sera chargé d’élire le président, mais ce dernier n’aura pas de réelles prérogatives. Le pouvoir exécutif sera en grande partie dans les mains du président du Conseil, le chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. L’Unir y détenant la majorité absolue, le poste revient de fait à Faure Essozimna Gnassingbé.

    L’opposition est vent debout contre la Constitution de la Vᵉ République, qui risque d’entraîner selon elle une « monarchisation » du pays. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) et les Forces démocratiques pour la République (FDR), appuyées par plusieurs organisations de la société civile, ont lancé un nouveau regroupement contre cette réforme, lundi dernier. Un premier meeting doit se tenir, le 23 mars, à Lomé.

    (Avec AFP)

  • L’égalité des genres est un élément essentiel du  développement inclusif et durable

    L’égalité des genres est un élément essentiel du développement inclusif et durable

    Malgré leurs contributions significatives à l’économie africaine, les femmes ont un accès limité aux opportunités dans divers aspects de la vie.

    PRESENTATION VOIX ESSENTIELLES
    REMAPSEN FÉVRIER 2025

    À PROPOS DE VOIX ESSENTIELLES

    L’égalité des genres est un élément essentiel du développement inclusif et durable, mais les femmes et les filles continuent de se heurter à des obstacles les empêchant de participer de manière significative aux espaces de prise de décision. Malgré leurs
    contributions significatives à l’économie africaine, les femmes ont un accès limité aux opportunités dans divers aspects de la vie. La voix, la prise de décision et le leadership sont des facteurs essentiels pour l’autonomisation des femmes. Ces facteurs garantissent
    que les femmes peuvent exprimer leurs préférences, leurs demandes, leurs points de vue et leurs intérêts et qu’elles peuvent accéder aux postes de décision.

    Mise en œuvre par l’organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer, Speak Up Africa, et en partenariat avec la Fondation CHANEL, l’initiative Voix EssentiELLES vise à fournir un soutien significatif aux organisations de femmes et de filles
    œuvrant au niveau communautaire en Afrique francophone de l’Ouest.

    QUE VEUT DIRE LE SOUTIEN SIGNIFICATIF ?

    Speak Up Africa et La Fondation CHANEL reconnaissent que les organisations communautaires de base dans la société civile disposent de ressources limitées dans leur fonctionnement avec des financements restrictifs très souvent axés uniquement sur la mise en œuvre des activités de terrains, excluant donc les coûts associés aux activités de plaidoyer mais aussi ceux nécessaires s’agissant de la durabilité et du maintien de ces associations telles que le renforcement de capacité. Voix EssentiELLES fournit par le biais
    d’un fond catalytique un financement non restrictif pour soutenir ces besoins et permettre aux organisations de renforcer leurs capacités institutionnelles.

    LES OSC CIBLÉES

    ➢ Être une organisation communautaire de base de femmes.
    ➢ Être une organisation axée sur le genre et l’amélioration de la condition de la femme.
    ➢ Avoir des activités dans le domaine de : formation et de plaidoyer dans le secteur de la santé sur les thèmes tels que le VIH/SIDA, la Tuberculose (TB), la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR), le Paludisme, les Violences basées sur le genre (VBG), le Changement Climatique et la Vaccination.
    ➢ Avoir au moins 2 ans d’existence.

    OBJECTIFS DU PROJET

    La phase 1 du projet Voix EssentiELLES lancée en juillet 2021 au Sénégal, Burkina Faso et en Côte D’Ivoire, a mobilisé 38 organisations à base communautaire (OCBs) dans le secteur de la santé qui ont reçu un soutien technique et financier. L’objectif principal visait à
    renforcer les politiques et les programmes qui soutiennent la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles et investir dans la réduction des inégalités en matière de santé et des disparités liées au genre et à l’âge.

    Les organisations de la société civile participantes ont pu bénéficier d’une assistance financière dédié à l’engagement significatif et une assistance technique d’autre part fournie par l’Université de l’ExcELLEnce, sous la forme d’un renforcement des capacités sur
    mesure des organisations bénéficiaires et d’un programme de leadership ouvert à toutes les organisations communautaires partenaires.

    Ces organisations ont pu renforcer leurs compétences en leadership, en plaidoyer et en communication afin d’amplifier l’impact de leurs activités communautaires. Cette phase a aussi vu la création de réseaux dirigés par des femmes dans chaque pays et l’établissement de feuilles de route qui ont permis la mise en place d’un plaidoyer pour influencer positivement les plateformes de prise de décision.

    QUELQUES RÉSULTATS:

    ➢ 21 OSC ont été orientées par l’équipe locale du FM sur le NFM 4 et 19 ont participé au dialogue national
    ➢ Le CCM s’est engagé dans les 03 pays pour soutenir les OSC dans les processus du Fonds mondial
    ➢ 27 femmes leaders ont intégré des instances de décisions publiques
    ➢ 02 OSC du Burkina Faso sont devenues bénéficiaires de subventions du Fonds mondial
    ➢ 1100 personnes formées dans les 3 pays (2023/2024)
    ➢ 487 activités mises en œuvre dans les 3 pays

    La phase 2 du projet (2024-2027) voit l’expansion de l’initiative dans deux nouveaux pays – Togo et Bénin avec pour objectif de transformer les normes sociales et culturelles, et lutter contre les lois, politiques et pratiques discriminatoires qui contribuent aux inégalités entre les sexes et augmentent la vulnérabilité des femmes et des filles aux maladies. Cet appui consistera à identifier 10 organisations communautaires de base dans chacun de ces pays afin de soutenir leurs efforts de plaidoyer autour de l’accès des femmes et des filles aux espaces de décision et l’amélioration de leurs conditions de vie.

    QUE COUVRE CE SOUTIEN ?

    L’objectif est de renforcer la capacité de ces OCBs à relever efficacement les défis liés à la santé, notamment le VIH, la violence basée sur le genre (VBG), la tuberculose (TB), la santé sexuelle et reproductive (SSR), le paludisme, le changement climatique et la vaccination
    et à faciliter l’intégration des femmes dans les espaces de décisions publiques et sanitaires.

    Chaque organisation sélectionnée pourra accéder à un financement d’un maximum de 9.000.000 F CFA sur la base d’un plan d’action de plaidoyer et de renforcement des capacités. Ce financement pourra être utilisé pour la réalisation d’activités durant l’année calendaire 2025, renouvelable une fois pour l’année 2026.

    Les organisations sélectionnées pourront utiliser les financements et soutien mis à disposition pour la mise en œuvre de plans d’action pour du plaidoyer et atteindre les objectifs suivants :

    • Renforcement des capacités institutionnelles : Améliorer les compétences et les
      aptitudes du personnel des OCBs permettant de mettre en place des programmes et des services plus efficaces.
    • Développement organisationnel : Soutenir la croissance et la durabilité de l’organisation, y compris la planification stratégique, la gestion financière et la gouvernance.
    • Communication stratégique : Élaborer et mettre en œuvre des stratégies de communication qui amplifient le plaidoyer de l’organisation, mobilisent les parties prenantes et défendent la santé et l’équité entre les sexes.
    • Mise en place de stratégies de plaidoyer et de participation dans les sphères
      nationales, régionales et internationales dans le secteur du Genre et de la santé.

Radio Renouveau228

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