À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, les deux organisations ont organisé un webinaire consacré à l’écoute, au partage d’expériences et à la lutte contre la stigmatisation.
Parler de sa souffrance psychologique sans craindre le jugement, écouter les personnes en difficulté et favoriser leur orientation vers des professionnels de santé : tels sont les principaux messages portés lors d’un webinaire organisé le vendredi 23 octobre 2026 par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN-Togo), en collaboration avec le Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP).
Placée sous le thème « Une expérience vécue : parlons-en pour impacter le changement autour de nous », cette rencontre en ligne s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, commémorée chaque année le 10 octobre. Elle a permis d’aborder les difficultés psychologiques, l’importance de l’entourage et la nécessité de dépasser les préjugés entourant les troubles mentaux.
Écouter sans juger, accompagner sans stigmatiser
Au cours des échanges, le spécialiste en santé mentale et soutien psychosocial, Dr Matièyédou Bomboma, a attiré l’attention sur certains signes susceptibles de révéler une souffrance psychologique, notamment les troubles du sommeil, la perte d’appétit et la détresse émotionnelle. Ces manifestations méritent une attention particulière, même si elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir un diagnostic.
Le spécialiste a également mis en avant plusieurs facteurs favorables au bien-être mental, parmi lesquels la pratique régulière d’une activité physique, une bonne hygiène de vie et la qualité des relations familiales et professionnelles. Il a, en outre, souligné l’importance d’éviter les drogues et les abus d’alcool, susceptibles d’aggraver certaines difficultés psychologiques.
Au-delà de la prévention, l’accompagnement des personnes en souffrance a occupé une place importante dans les discussions. Dr Bomboma a insisté sur la nécessité de faire preuve de bienveillance, de respecter la confidentialité des confidences et d’orienter les personnes concernées vers des professionnels compétents, notamment les psychologues et les psychiatres.
« Nous devons écouter sans juger, soutenir sans imposer », a-t-il résumé, selon l’Agence togolaise de presse (ATOP). Un principe qui invite à rompre avec les réactions de rejet, les moqueries et les attitudes culpabilisantes auxquelles peuvent être confrontées les personnes souffrant de troubles psychiques.
L’expérience vécue, un levier de changement
Personne ressource ayant pris part au webinaire, Dédé Ajavon a, pour sa part, mis l’accent sur l’écoute active et la bienveillance dans l’accompagnement des personnes concernées. Elle a également appelé à combattre la stigmatisation et à privilégier une prise en charge adaptée auprès des professionnels de santé.
Le choix du thème rejoint l’orientation de la campagne 2026 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), intitulée « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement ». L’organisation internationale rappelle que les personnes ayant traversé des problèmes de santé mentale détiennent une connaissance précieuse de leurs besoins et des obstacles rencontrés. Leur parole ne devrait donc pas se limiter au témoignage : elle doit aussi contribuer à améliorer les politiques et les services de santé mentale.
Dans cette perspective, l’initiative du REMAPSEN-Togo et du PNAPP souligne le rôle que peuvent jouer les médias dans la sensibilisation du public, la diffusion d’informations fiables et la promotion de comportements plus solidaires.
Au Togo, le Plan stratégique de santé mentale 2024-2027 identifie le PNAPP comme un acteur de coordination des interventions en santé mentale et dans le domaine des addictions aux produits psychoactifs. La collaboration avec les médias constitue ainsi un relais potentiel pour rapprocher les messages de prévention des populations.
Le défi reste désormais de traduire les paroles en actes : reconnaître les signes de détresse, éviter les jugements hâtifs, soutenir les personnes concernées et faciliter leur accès aux soins. Car parler de santé mentale ne consiste pas seulement à lever un tabou. C’est aussi contribuer à bâtir un environnement où chacun peut demander de l’aide sans honte ni exclusion.

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