Vogan : après un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, les inquiétudes persistent autour des militants du CNCC
Le meeting du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC), organisé le dimanche 26 juillet à Vogan, continue d’alimenter les débats. Alors que cette manifestation politique, autorisée par les autorités, constituait la première grande activité du regroupement en dehors de Lomé depuis son rassemblement du 9 mai dernier à Akassimé, plusieurs incidents rapportés par des participants ont ravivé les interrogations sur l’état de l’espace civique et politique au Togo.
Une altercation qui suscite des interrogations
Selon plusieurs témoignages concordants recueillis auprès de participants, Pascal Kéko, militant de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), aurait eu une vive altercation avec des éléments des forces de sécurité à l’entrée de Hahotoé, non loin de l’espace occupé par les revendeuses de poissons et d’autres produits de première nécessité. Des témoins affirment que l’échange verbal aurait été particulièrement tendu et aurait pu dégénérer en confrontation physique, avant que la situation ne soit finalement maîtrisée.
« Cet incident aurait été causé par le fait que le convoi transportant les militants a été stoppé pendant plusieurs minutes et que les hommes en uniforme les filmaient et les photographiaient. », glisse un témoin.
D’après ces mêmes sources, Kéko se trouvait en compagnie d’A. A. Assou et d’autres militants ayant quitté le domicile de Fovi Katakou (qu’on ne présente plus) pour rejoindre le meeting du CNCC à Vogan. Plusieurs participants soutiennent également que la scène aurait été filmée et photographiée par des gendarmes et des policiers présents sur les lieux. Ces affirmations n’ont toutefois pas fait l’objet d’une confirmation officielle de la part des autorités.
Par ailleurs, des restrictions de circulation ont été constatées ce jour-là sur certains axes menant à Vogan, malgré l’autorisation accordée pour la tenue du rassemblement, comme l’ont également relevé plusieurs observateurs et médias locaux.
Un climat politique qui nourrit les inquiétudes
Connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir, Pascal Kéko aurait, selon son entourage, exprimé depuis cet épisode des inquiétudes quant à sa sécurité. Ces craintes interviennent dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains, ainsi que des observateurs nationaux et internationaux, évoquent régulièrement un rétrécissement de l’espace civique au Togo, marqué par des arrestations de militants, d’opposants ou d’acteurs de la société civile à la suite de leurs activités ou de leurs déclarations publiques.
L’autorisation accordée au meeting de Vogan avait d’ailleurs surpris de nombreux observateurs, tant les rassemblements politiques de l’opposition sont souvent entourés d’importants dispositifs sécuritaires. Pour certains analystes, les restrictions de circulation constatées le jour de l’événement illustrent les limites qui continuent d’encadrer l’exercice des libertés de réunion et de manifestation, même lorsqu’elles sont officiellement autorisées.
Si les circonstances exactes de l’incident de Hahotoé restent à établir, cet épisode relance le débat sur les conditions d’exercice des libertés publiques au Togo et sur la nécessité de garantir à tous les acteurs politiques un environnement apaisé, dans le respect des lois, des droits fondamentaux et des impératifs de sécurité.
