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Interview – Kokou Ekouagou, président du Collectif Fragments Nomades : « Nous voulons faire de l’art un pont entre les cultures »

Née à Paris de la rencontre entre un artiste togolais et une historienne de l’art française, l’association Collectif Fragments Nomades ambitionne de faire de la création contemporaine un puissant levier de dialogue entre les cultures. Son président, Kokou Ekouagou, dévoile les ambitions de cette aventure artistique.

Le Collectif Fragments Nomades vient d’être officiellement créé en France. Que représente cette naissance pour vous ?

C’est l’aboutissement d’un projet que nous mûrissions depuis plusieurs années avec Lielie Sellier. La création officielle de l’association, enregistrée à la Préfecture de police de Paris et publiée au Journal officiel de la République française, donne un cadre légal à une vision que nous partageons : faire de l’art un espace de dialogue, de création et de rencontre entre les cultures. C’est le début d’une aventure humaine et artistique que nous souhaitons ouverte sur le monde.

Pourquoi avoir choisi le nom « Collectif Fragments Nomades » ?

Ce nom traduit parfaitement notre philosophie. Les « fragments » évoquent les histoires, les mémoires, les identités et les expériences que chacun porte en lui. Quant au terme « nomades », il symbolise le mouvement, les échanges et la circulation des idées. Nous voulons montrer que les cultures ne sont pas figées ; elles se nourrissent des rencontres et des voyages, qu’ils soient physiques, artistiques ou intellectuels.

Quelles sont les principales missions que s’est fixées votre association ?

Notre ambition est de promouvoir la création artistique contemporaine sous toutes ses formes. Nous souhaitons organiser des expositions, des résidences d’artistes, des ateliers, des performances, des rencontres et des publications. Nous voulons également accompagner les démarches collaboratives et développer des partenariats culturels en France, au Togo et dans d’autres pays. Notre objectif est de permettre aux artistes de différents horizons de créer ensemble et de partager leurs univers avec les publics.

Vous formez un tandem avec Lielie Sellier. Qu’apporte cette collaboration franco-togolaise au projet ?

Notre complémentarité constitue l’une des forces du collectif. Lielie Sellier est historienne de l’art, artiste collagiste et auteure. Elle apporte une approche analytique, une grande connaissance de l’histoire de l’art ainsi qu’une sensibilité créative remarquable. De mon côté, je viens de la pratique artistique et de mon expérience de plasticien. Ensemble, nous partageons la conviction que l’art peut rapprocher les peuples et créer des passerelles durables entre les cultures.

Votre travail artistique est souvent présenté comme une réflexion sur la mémoire et l’identité. Comment cela se traduit-il dans vos œuvres ?

Mes œuvres cherchent moins à représenter des paysages qu’à révéler des territoires intérieurs. J’explore les thèmes de la mémoire, des déplacements, des racines et de l’identité. Les couleurs, les matières et les formes deviennent un langage qui raconte les émotions, les souvenirs et les héritages culturels. Je pars de mon expérience togolaise, mais je souhaite que chacun puisse y retrouver une part de sa propre histoire.

Quel impact espérez-vous pour les artistes togolais grâce à ce collectif ?

Nous souhaitons offrir davantage d’opportunités aux artistes émergents. Le collectif pourra faciliter leur participation à des résidences, des expositions ou des projets collaboratifs avec des partenaires européens. Il s’agit aussi de renforcer la visibilité internationale de la création contemporaine togolaise et de favoriser des échanges où chacun apprend de l’autre, dans un esprit d’égalité et de respect mutuel.

Lielie Sellier a écrit que vos œuvres révèlent « des territoires invisibles ». Comment recevez-vous ce regard porté sur votre travail ?

J’ai été profondément touché par cette lecture de mon univers artistique. Lielie a su exprimer avec beaucoup de justesse ce que j’essaie de transmettre. Effectivement, je m’intéresse aux présences invisibles, aux traces que les individus et les cultures laissent en nous. Son regard d’historienne de l’art enrichit notre dialogue et nourrit notre collaboration au sein du collectif.

Au-delà des expositions, quelle vision souhaitez-vous défendre avec Fragments Nomades ?

Kokou Ekouagou : Nous voulons défendre une vision profondément humaniste de la création artistique. L’art ne doit pas seulement être contemplé ; il doit aussi favoriser la rencontre, la réflexion et le dialogue. À travers nos ateliers, nos publications, nos performances et nos résidences, nous souhaitons créer des espaces où les différences deviennent une richesse plutôt qu’une frontière. Dans un monde souvent marqué par les divisions, nous croyons que la culture peut contribuer à construire un horizon commun.

Quel message adressez-vous aux artistes et aux partenaires qui souhaitent rejoindre cette aventure ?

Je voudrais leur dire que Fragments Nomades est une maison ouverte. Nous invitons les artistes, les institutions culturelles, les chercheurs et tous les amoureux de la création à nous rejoindre pour imaginer ensemble de nouveaux projets. Notre ambition est simple : faire circuler les œuvres, les idées et les sensibilités entre le Togo, la France et, demain, bien au-delà. Chaque rencontre peut devenir une source d’inspiration et chaque collaboration une nouvelle passerelle entre les peuples.

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