Au Togo, un réquisitoire sévère contre le discours du 27 avril
Une coalition d’acteurs politiques et citoyens dénonce un discours présidentiel jugé déconnecté et appelle à une rupture urgente face à la crise politique et sociale au Togo.
Dans une déclaration conjointe rendue publique le 28 avril 2026 à Lomé, plusieurs organisations politiques et citoyennes ont vivement critiqué le discours prononcé par le président Faure Gnassingbé à l’occasion de la fête de l’indépendance. Le document, signé notamment par Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, dresse un constat sans concession de la gouvernance actuelle et appelle à une rupture politique immédiate.
Discours jugé déconnecté
Les auteurs de la déclaration dénoncent un discours « surréaliste », éloigné des réalités quotidiennes des Togolais. Selon eux, l’intervention présidentielle du 27 avril 2026 s’apparente davantage à un exposé académique qu’à une véritable adresse à la nation. Ils regrettent surtout l’absence d’un bilan clair après plus de deux décennies de pouvoir.
Pour ces organisations, ce discours traduit l’essoufflement d’un régime incapable de répondre aux attentes de la population. Elles estiment que les propos du chef de l’État, bien que soignés sur la forme, ne parviennent pas à masquer les difficultés croissantes auxquelles font face les citoyens.
21 ans de pouvoir sans résultats
Le communiqué insiste sur ce qu’il qualifie de « vide comptable » après 21 ans de gouvernance. Les signataires reprochent au président d’avoir évité toute reddition de comptes, préférant des discours généraux à une évaluation concrète des politiques publiques.
Ils évoquent une économie fragilisée, marquée par une dette croissante et une corruption persistante. Cette situation aurait, selon eux, contribué à accentuer les inégalités et à maintenir une grande partie de la population dans la précarité.
Crise sociale
Les auteurs dressent un tableau préoccupant des conditions de vie au Togo. Ils pointent notamment les difficultés d’accès aux soins, devenus inabordables pour de nombreux citoyens, ainsi que les pénuries d’électricité et d’eau potable, y compris dans les grandes villes.
Le système éducatif est également critiqué pour son manque d’infrastructures et de moyens. À cela s’ajoute le désarroi d’une jeunesse qui, selon le document, voit son avenir compromis et envisage de plus en plus l’exil.
Le communiqué évoque également des atteintes aux libertés, affirmant que certains citoyens seraient emprisonnés ou contraints à l’exil en raison de leurs opinions politiques.
5è République toujours contestée
Un autre point central de la déclaration concerne le passage à la 5e République. Les signataires y voient une « fuite en avant institutionnelle » destinée à prolonger le pouvoir en place.
Ils estiment que cette réforme, imposée sans véritable consensus, ne répond en rien aux défis politiques et sociaux du pays. Au contraire, elle renforcerait, selon eux, une concentration du pouvoir et éloignerait davantage les citoyens des processus décisionnels.
Rejet du dialogue proposé
Les organisations rejettent également l’idée d’un dialogue évoqué dans le discours présidentiel. Elles considèrent cette initiative comme une manœuvre visant à consolider le pouvoir plutôt qu’à engager de véritables réformes.
Face à cette situation, elles appellent à une « transition inclusive » comme seule issue pacifique à la crise politique actuelle. L’objectif serait d’éviter des tensions majeures et de poser les bases d’un nouveau départ pour le pays.
Appel à la mobilisation
En conclusion, les signataires lancent un appel direct au peuple togolais. Ils exhortent les citoyens à sortir de leur silence et à s’engager pour un changement profond.
La déclaration, portée par la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), le parti Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas A Ma Constitution », se veut un signal fort.
À travers les signatures de Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, ce texte s’inscrit dans une volonté affichée de mobilisation collective pour un avenir politique différent au Togo.
